mercredi 16 décembre 2009

Message de remerciement de M. Alain Plénel


lors de la remise du Prix Carbet de la Caraïbe
lu par son fils, Edwy Plenel, le 12 décembre 2009, à l’Hôtel de Région de la Martinique

Adolescent à Rennes en Bretagne, je voyais souvent au grand jardin du Thabor une stèle dédiée à Vaneau et Papu, deux polytechniciens qui, comme 300 autres jeunes, furent tués au cours des journées de juillet 1830. C’est ce souvenir qui me revint en mémoire, voici cinquante ans, alors que je coupais le ruban d'inauguration d'une nouvelle école au Morne-Rouge. Très ému par la mort injuste et inadmissible du jeune Christian Marajo, âgé de 15 ans, le 21 décembre 1959 à Fort-de-France, je ne pus m'empêcher de comparer les « Trois Glorieuses » de Paris et de Martinique. Mêmes frustrations des jeunes et même aspiration romantique à l'émancipation, au progrès et à la liberté.

Cinquante ans, c’est peu de chose dans la longue durée de l’histoire. A tel point qu’à mes yeux, les événements de février 2009 sont les conséquences des événements de 1959. Il faut toujours du temps aux prises de conscience, du temps pour réviser les idéologies installées, en l’occurrence, celle de l’assimilation de 1946, dont les « Trois Glorieuses du peuple martiniquais » marquèrent, en 1959, le premier ébranlement. De même, si le 22 mai 1848 a marqué la fin officielle de l’esclavage, nous savons bien que la fin de la servitude n’a été réalisée qu’avec l’insurrection du Sud en 1870. Oui, de 1959 à 2009, c’est une même trace. Et en 2009, tout le monde a compris, même ici en Europe où je vis, que les Antilles ne changeront que lorsqu’il y aura une transformation profonde des structures sociales.

A l’époque, certains, mal intentionnés, virent là l'occasion de régler son compte à une

jeunesse frondeuse qui, non plus sur la plantation, mais en ville même, défiait la domination d'une caste. Et ils s’empressèrent de mettre en cause ses éducateurs, ceux qui formaient cette jeunesse, l’ouvraient au monde et aux autres et, surtout, lui faisaient entrevoir des idéaux de liberté et d’égalité que la réalité quotidienne trahissait. On commença donc (car bien d'autres actes de répressions suivirent) à frapper à la tête, celle du responsable administratif de l'Education, le vice-recteur que j’étais.

Je garde pour toujours en mon cœur le souvenir de la solidarité qui m’a alors été témoignée par le peuple martiniquais, et notamment ses éducateurs, face à cette épreuve qui devait déterminer toute ma vie. Cinquante ans plus tard, en ce mois de décembre 2009, c'est aux instituteurs, aux professeurs, à tous les enseignants des Antilles, ces patients porteurs de lumières, que doit revenir le mérite de recevoir ce prix prestigieux. Je les associe donc dans l’honneur qui m’est fait, en ce vingtième anniversaire du Prix Carbet, ce prix qui symbolise toute la vitalité de la Caraïbe, de ses peuples et de leurs imaginaires.

Cette mer Caraïbe que bien des fleuves ont enrichie… Trop souvent fleuves de larmes, fleuves de sang, mais aussi fleuves d'amour. C'est l'un de ces fleuves qui me fit connaître Edouard Glissant et je me souviens avec émotion de mon enthousiasme quand, en 1958, je découvris La Lézarde, symbole d'une subtile et poétique étude de l'âme martiniquaise, et de mon désir de le faire partager au plus vite avec mes amis de Martinique.

Plus tard, au delà d'un océan et non plus d'une mer, nous nous retrouvâmes alors que nous animait ce même désir de voir couler l'onde bienfaisante de l'émancipation. C’est un chemin de lente impatience, et Edouard Glissant le sait mieux que quiconque pour en avoir fait la matrice de son œuvre. Je le remercie chaleureusement de cette occasion, inattendue et imprévisible comme le Tout-Monde, de lui témoigner de ma durable amitié et de ma profonde admiration.

Je voudrais dire enfin au jury que, pour moi peu porté sur l'écriture mais géographe admirateur des paysages, historien soucieux des mémoires, et surtout homme curieux des richesses humaines, il réunit un trésor. Dans le divers qui le tisse, ce Prix Carbet porte une promesse. Une promesse, encore inaccomplie, mais déjà féconde. La promesse que, dans ce diadème, encore incomplet, de Cuba à Curaçao, de Port-au-Prince à Port-of-Spain, s’enrichissent et se renforcent tous les espoirs qu'un jour, toutes ces perles enfin réunies, l’archipel caraïbe offre au Tout-Monde le plus beau des cadeaux.

Je remercie, avec autant de surprise que d'humilité et de sentiment, ceux qui me font cet insigne honneur et, comme le poète Mallarmé, je vous salue, « moi déjà sur la poupe, vous, l'avant fastueux qui coupe le flot de foudres et d'hivers ».

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ATTENDUS PRIX CARBET DE LA CARAIBE




C’est par leurs blessures que les nations s’expriment.
1959 fut la porte d’entrée d’une nouvelle histoire des Caraïbes. Je dis bien la porte d’entrée car les années 1960 furent traversées par de nombreux bouleversements dont l’un des derniers fut le massacre de guadeloupéens en Mai 1967 alors qu’ils réclamaient une augmentation de leurs salaires.
Pour en revenir à 1959, comment oublier que des étudiants martiniquais furent tués et que ce fait a remis singulièrement en cause la donne issue de 1946 : date de la départementalisation. Suivirent les procès de l’OJAM, le Front Antillo-Guyanais, la naissance du GONG, les indépendances de nombreux pays de la Caraïbe et de l’Afrique.
Comment oublier également qu’il se trouva un homme, fonctionnaire de l’Etat français, qui sut faire le choix de la dignité, de la fraternité, de la solidarité face à une situation où le colonialisme durcissait ses positions dans un contexte où la guerre d’Algérie, l’arrivée de Fidel CASTRO à La Havane, semaient nombre d’inquiétudes parmi les possédants.
Cet homme là, non seulement n’approuva pas les exactions mais encore proposa de donner à un établissement scolaire le nom de Christian MARAJO. C’était pour l’époque un tremblement de terre, que ce juste paya cher tout au long de sa carrière.
Il y a là une conscience à l’œuvre dont tout nous donne à croire qu’elle est un symbole.
Symbole d’un anti-colonialisme.
Symbole d’une foi en un autre avenir.
Symbole d’une idée noble des rapports entre les sociétés.
Il nous semble, que les questions posées par les mouvements sociaux de 2009 en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane donnent un éclat particulier au message de 1959. Souvenez-vous que dans un mouvement de crispation, l’Etat promulgua l’ordonnance de 1960 qui soumettait tout fonctionnaire jugé subversif à la sanction d’une mutation d’office, ce dont furent victimes trois enseignants martiniquais, Guy DUFFOND, Georges MAUVOIS et Armand NICOLAS.
Il nous semble, qu’il y à la, à nouveau, un tremblement, une interpellation, qui en appelle à la conscience et qui oblige au respect.
Nous, jury du Prix Carbet, croyons fermement que l’imaginaire, la poétique, la conscience, sont les seules crêtes d’où le monde est vraiment visible, les piliers sur lesquels reposent la beauté du monde, les leviers qui permettent de soulever les montagnes de l’injustice.
Ce Prix Carbet 2009 a décidé d’honorer un principe, une vie, un exemple.
Un geste.
Une conscience.
La bonne conscience peut être anesthésiante.
La mauvaise conscience crée des enfers solitaires.
La conscience ouverte est de l’ordre de la Relation.
C’est cette dernière qui fait sens pour nous et nous invite à considérer le signal fort que cet homme envoya en 1959 en faisant comprendre que les victimes de cette guerre incarnaient et manifestaient un rempart contre la barbarie.
Cinquante ans après, alors que rôdent tant de démons, que se multiplient tant d’appels à la justice, que se soulèvent tant d’espérances, il nous a paru faire acte non seulement de mémoire mais encore de la plus haute des exigences esthétiques en décernant à M. Alain PLENEL, et à l’unanimité, le Prix Carbet de la Caraïbe 2009.
Cela revient, pour nous, à ouvrir le grand chantier d’un renouvellement du Prix Carbet qui, désormais s’engage dans le champ turbulent du Tout-Monde en recherchant une poétique qui sans déserter le champ littéraire illustrerait la diversité de l’expression humaine et l’audace des esthétiques du XXIème siècle.

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Les Chevaux du rêve


Un dicton Brésilien dit : Dieu fit d’abord l’homme. Puis il a pensa bien faire en faisant la femme et quand il eut le temps fit le cheval qui a le courage et l’esprit de l’homme, la beauté et la grâce de la femme.

Je pense qu’on peut dire la fascination que beaucoup de femmes ont pour les chevaux commença quand elles étaient petites filles. Qui a-t-il d’aussi fascinant entre une petite fille et un cheval ? Il n’y a pas de réponse. C’est peut être une combinaison de facteur: la beauté, la force, le mystère et l’esprit d’aventure qui entoure cette belle créature

En effet, les chevaux ont les pieds sur terre, ils sont élégants, amusants et réellement nous donne du plaisir à les monter.

Un cheval est la projection des rêves de l’homme à leur propre sujet, la noblesse, l’élégance, la beauté, le pouvoir puis vous ne pouvez ne pas être touché de leur « gentleness »

Animal véritablement magique. Le cheval est un spectacle à part entière vrai acteur pour des manifestations fastueuses. Les chevaux captivent la foule et sont a l’honneur depuis des siècles donc finalement l’homme et son cheval tel un centaure deviennent un seul être.

Pour ma part, cette attirance magnifique remonte à ma plus petite enfance, lorsqu’ à chaque été nos parents nous envoyaient, mes cousins et moi à Boury près de Thorbecke sur une plantation de cocotier que possédait notre oncle et père. Là à cette époque il n’y avait que le cheval comme moyen de transport. Je me souviens de ces moments de bonheur intense où nous allions à cheval à la source chercher de l’eau ou faire le marché sur le grand chemin.

En définitif, lorsque je pains les chevaux c’est en plus d’un retour a ma plus tendre enfance, c’est surtout une façon de me servir de mes pinceaux comme moyen d’exprimer avec respect et admiration ces superbes qualités du cheval que j’ai tant aimé enfant. Jamais je n’oublierai nos longues promenades avec Léonce (gérant de l’habitation) faisant sa tournée d’inspection accompagné de ses deux petites filles Anozica et Valsina nos petites compagnes et nos guides.


Huguette Mevs
Nee en 1929 vit en Haiti.

L’homme et l’arbre pêché avant d’être sculpté …




L’artiste redessine le réel en apportant de lui-même dans son œuvre, il diffuse ainsi la perception de ce qui l’entoure, sa conception du monde.

C’est un regard purement narcissique mais dont la finalité est l’échange, la rencontre avec l’autre.

Son travail est solitaire. Une plume, une mèche, un clavier d’ordinateur, une vieille machine à taper, un microphone, un burin, de l’argile ou plus extraordinairement une tronçonneuse.

C’est un sculpteur saintanais (Guadeloupe) Alex Boucaud qui a fait de cet engin, plus accoutumé à détruire, scier, couper, étêter, le prolongement de sa main et de sa pensée.

Un sculpteur engagé pour la défense de son peuple, un nationaliste tout en étant un universaliste, une posture qui prête à confusion - pour le commun sans doute, pour l’artiste non, car étant à la fois profondément en lui et dans l’autre.

Une inclination toute personnelle le porte vers le végétal, une attirance qu’il ne serait pas à même de rationaliser, simplement il sculpte le bois. Un bois rencontré lors de ses promenades ou rapporté par la mer, un bois ayant séjourné dans l’eau salée et devenu autre, qui porté par la vague s’échoue sur la plage ou bien le tronc d’un arbre ou une branche mis à bas par un fort vent cyclonique.

Là où le verbe fut à l’origine du monde, l’inspiration naît de la rencontre de l’homme et du végétal sans qu’aucune parole ne fut prononcée. Une osmose se crée et l’œuvre de création commence. La forme du tronc assigne l’œuvre, elle détermine la sculpture créée.

L’artiste privilégie les masques et statues. La tronçonneuse entaille le bois, elle anthropomorphise le tronc de l’arbre mort, qui devient une œuvre surréaliste, sa matérialité même change comme son aspect, ce n’est plus un bois, un tronc ; il est devenu une œuvre d’art.

L’imaginaire du sculpteur s’inscrit dans des représentations de l’art africain sous certains aspects et de l’art amérindiens. Je ne le qualifierai pas de primitif, mais d’art totémique, car dès apostées, la statue symbolise l’ancêtre éponyme et offre une protection, cette magie perceptible par l’œil. Nos sensations sont la prière qui nous vaut le don.

Le sculpteur joue sur les configurations du bois, évide le tronc, donne des formes éclairant la statue et permettant à la lumière de la traverser ou de se refléter pour nous offrir comme un jeu d’ombre.

Une des statues au regard émerveillé donne à croire qu’il est un être habité par des peurs, mais conserve une posture fraternelle.

Certaines œuvres s’octroient une impression de massivité, elles sont brutales, d’autres élongées, presque fluettes, les statuettes surréalistes ont des lignes épousant l’obliquité, elles sont affilées, parfois presque tranchantes, toutefois la production du sculpteur n’est pas uniforme, le sens n’est univoque.

Si nous pouvons lui assigner une géographie, nous ne pouvons la figer dans une seule et unique émotion.

Evariste Zephyrin

jeudi 10 décembre 2009

Le site d'information et de vote sur l'évolution statutaire dans les DOM

Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français d’Outre-mer, a lancé aujourd’hui officiellement par un tchat (discussion en direct) avec les internautes le site Internet interactif www.consultationoutremer.fr consacré à la consultation sur l’évolution statutaire en outre-mer*.

Ce portail web est le seul qui offre une information complète sur ces questions avec des contributions d’élus de tous les départements d’outre-mer et d’experts. Il permettra en outre d’alimenter le débat dans les quatre départements d’outre-mer et dans l’Hexagone. Le vote des citoyens résidant hors des départements de la Guyane et de la Martinique n’étant pas possible pour des raisons constitutionnelles, cette initiative constitue une réponse forte aux attentes d’un grand nombre de nos compatriotes.

Ce portail web vouspermettra notamment aux internautes de s’informer et de s’exprimer à la fois en votant pour l’évolution institutionnelle désirée et en publiant des messages dans le forum sur cette question majeure, et ce, pour le département de leur choix à savoir la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique ou La Réunion.

D’autres tchats seront prochainement organisés avec des experts (constitutionnalistes, économistes, politologues…) et des élus des DOM qui pourront dialoguer avec les internautes depuis leurs territoires de résidence.

*Les électeurs guyanais et martiniquais s’exprimeront les 10 et 24 janvier prochain pour approuver ou rejeter le passage au régime prévu à l’article 74 de la Constitution. En clair, aller vers davantage d’autonomie. S’ils rejettent cette évolution, un second scrutin leur permettra d’approuver ou de rejeter le passage à une collectivité unique avec la fusion des Conseils régionaux et généraux dans le cadre actuel de l’article 73.

http://www.consultationoutremer.fr/
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“L’EUROPE DEPUIS L’AFRIQUE” d’Alain Mabanckou


“L’Europe va mal, on le sait. Elle est alitée, entourée de médecins dont les panacées aggravent son état plus qu’elles ne la guérissent. Elle est victime de l’effet boomerang de sa propre civilisation. De son incapacité à gérer l’immédiat. De ses tergiversations à se mirer. Fière d’elle à tort, elle n’ose prendre le taureau espagnol par les cornes et le coq gaulois par la crête. Elle a été le théâtre de guerres impliquant d’autres continents—qui n’avaient d’ailleurs rien à voir avec ses querelles de voisinage, ses différends de frontières, ses appétits de Grande Puissance. Les circonstances de la mobilisation d’autres peuples venus aux côtes de l’Europe importaient peu : la cause à défendre était noble.

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mercredi 9 décembre 2009

Exposition de Karine Taïlamé

L'exposition est intitulé fragments de paysage. Vernissage le 10 décembre 2009 à la Galerie André Arsenec à l'Atrium à 18H30. Exposition visible du 11 au 24 décembre