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mardi 15 mars 2016

LES RACINES RACISTES ET COLONIALES DE LA CPI



Aucun américain du nord ou du sud, aucun asiatique, aucun australien, aucun européen, aucun arabe ne se trouve juger ou incarcérer à La Haye.

"L’Afrique doit sortir de la CPI, tous les Etats africains membres de cette Cour, doivent voir avec l’Union africaine comment en sortir. (...) Je le crie haut et fort que les Etats africains membres se retirent de la Cour pénale internationale (CPI) qui ne juge que les Africains" - Obiang Nguema

Patrick Mba´lla

jeudi 28 février 2013

CPI : Le journaliste Frédéric Taddeï s'indigne, en signant sur Newsring une tribune intitulée "Arrêtons les frais" :


Les juges de la Cour pénale internationale de La Haye examinent en ce moment les preuves rassemblées contre Laurent Gbagbo afin de décider s’il y a lieu de poursuivre l’ancien président ivoirien pour crime contre l’humanité. Ne devrions-nous pas en profiter pour examiner de notre côté les preuves accumulées contre la CPI et juger si cette cour mérite, oui ou non, de poursuivre son travail ?

- Depuis sa création, en 2002, dans le cadre du Statut de Rome, la CPI ne s’attaque qu’à des Africains. Racisme? Impuissance? Aveuglement? Chacun peut en déduire ce qu’il veut. Toujours est-il qu’au cours des dix dernières années, selon la CPI, massacres et crimes de guerre ont été, comme par hasard, l’exclusivité de la Côte d’Ivoire, de la Libye, du Darfour, de la Centrafrique, de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda… Le reste du monde? Rien à signaler. L’Irak et l’Afghanistan? Cool! Le Tibet? La Syrie? Pas de problème…

- Non contente d’invoquer un soi-disant droit international qui, en réalité, ne s’applique pas de la même manière à tous les Etats puisque des pays comme la Russie, la Chine ou les Etats-Unis n’ont pas signé ou ratifié le Statut de Rome et que les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU peuvent mettre un veto à la saisine de la CPI, celle-ci ne s’en prend jamais aux vainqueurs, seulement aux vaincus. Prenant exemple sur le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, créé en 1993, qui condamne tous les Serbes lui tombant sous la main et blanchit systématiquement leurs adversaires, qu’ils soient Croates ou Bosniaques, la CPI incrimine ce pauvre Gbagbo, mais se garde bien d’enquêter du côté des partisans d’Alassane Ouattara, soutenus par les grandes puissances. De même avait-elle attendu que Kadhafi soit sur le point de perdre la guerre contre les Français, les Anglais et les Américains pour l’accuser de crime contre l’humanité… Peut-on encore parler de justice quand on se montre à ce point faible avec les forts et fort avec les faibles?

- D’ailleurs, depuis dix ans, la CPI n’a cessé de dévoyer le concept de crime contre l’humanité. Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour punir et rendre imprescriptibles des crimes d’une atrocité exceptionnelle, celui-ci se retrouve aujourd’hui confondu avec n’importe quel massacre. Comme si le camp d’extermination d’Auschwitz, le bombardement de Dresde et le massacre de Sétif, c’était la même chose ! Comme si une tentative de génocide et la répression d’une manifestation devant la télévision ivoirienne revenaient exactement au même!

Les preuves de forfaiture étant nombreuses et répétées, ne devient-il pas urgent de mettre un terme à cette parodie de justice internationale qui agit comme un instrument de domination supplémentaire au service des pouvoirs en place et finit par déshonorer les 121 pays ayant ratifié le Statut de Rome ?

Frédéric Taddeï (Directeur éditorial de Newsring)

dimanche 17 juin 2012

SELON BBC, OCAMPO EST UN PROCUREUR SÉLECTIF


La nouvelle procureure de la Cour pénale internationale (Cpi), la Gambienne Fatou Bensouda, a prêté serment, hier, succédant à l’Argentin Luis Moreno- Ocampo.

En neuf ans, ce dernier a ouvert sept enquêtes en Ouganda, en RDC, au Darfour, en Centrafrique, au Kenya, en Libye et en Côte d’Ivoire. Mais le bilan de Luis Moreno-Ocampo est contesté : il lui est reproché d’avoir été sélectif dans ses enquêtes sur les violations des droits de l’Homme. La nouvelle procureure aura la lourde tâche de redresser la barre et donner une nouvelle crédibilité à la Cour.

En prenant ses fonctions en 2003, Luis Moreno-Ocampo avait promis de s’attaquer à l’aspect financier des crimes contre l’humanité. De poursuivre, disait-il, les entreprises d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord qui pillent les sous-sols congolais et alimentent des guerres fratricides. Neuf ans plus tard, seul un milicien congolais a été reconnu coupable, du seul crime d’enrôlement d’enfants dans ses troupes. Thomas Lubanga est un chef de guerre de niveau intermédiaire dont les crimes auraient été impossibles sans ses soutiens ougandais et rwandais. Ceux-là n’ont jamais été inquiétés. En déclarant Thomas Lubanga coupable de crimes de guerre, les juges ont pointé les faiblesses de l’enquête du procureur.

Comme ailleurs, Luis Moreno-Ocampo a enquêté via des intermédiaires, pas toujours dénués d’intérêts politiques, comme en Libye. Le Conseil national de transition a largement fourni les dossiers du procureur qui affirme être dans l’impossibilité d’enquêter sur le terrain. Ses limiers ne se sont pas plus rendus au Darfour.

En neuf ans, 28 mandats d’arrêt et citations à comparaître ont été délivrés, à sa demande. Quinze des cibles du procureur ont comparu devant les juges. Les autres sont soit en fuite, soit décédés. Quatre fois, les juges ont prononcé le non lieu, jugeant trop faibles les preuves du procureur. C’est presque un quart de ses dossiers. Certains observateurs ont vu des choix politiques, non judiciaires, dans la sélection de ses cibles. A ce jour, seul le Président Gbagbo a été inculpé pour la Côte d’Ivoire, rien du côté de son rival, Alassane Ouattara.

Jean-Pierre Bemba est en procès pour les crimes en Centrafrique, l’ex-chef d’Etat aujourd’hui décédé, Ange Felix Patassé, n’a jamais été inquiété.

Emettant un mandat d’arrêt pour génocide contre le président Omar Al Bachir, il l’avait notamment comparé à Hitler. Des propos qui ont durablement heurté l’Union africaine, qui dans une résolution qualifiait le procureur de «grossier et condescendant». Avec l’arrivée de Fatou Bensouda, beaucoup espèrent que la Cour pénale internationale pourra enfin redresser la barre et prendre une nouvelle direction.

(Source : BBC)

vendredi 2 décembre 2011

Jacques Verges : A la CPI, tous les inculpés sont noirs


Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?

Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ? J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps.

La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi. Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah.

Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abugraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?

… Comme c’est le cas de Hissène Habré ! Mais le Sénégal dit vouloir s’en débarrasser...

Et où va-t-il être jugé ?

La Belgique serait prête à accueillir ce procès…

La Belgique ! Ils ont tué Lumumba. Ils l’ont fait dissoudre dans de l’acide et c’est eux qui vont donner des leçons aujourd’hui ?

Vous êtes donc anti-TPI ?

Ce n’est pas à un ramassis de gens venus de toute sorte de pays de juger les Africains, surtout que tout est orienté vers le noir.

Avez-vous la conviction que les Etats africains sont-ils vraiment indépendants 50 ans après leur accession à l’Indépendance ?

Certains, oui, d’autres non. La raison est simple. Certains ont encore trop de liens avec cette métropole.

Vous considérez-vous comme Algérien ou comme Français ?

Je me considère comme les deux.

Et si on vous demandait de choisir…

Qui va me le demander et à quel titre (rires) ?

Vous sentez-vous lorsque vous venez en Algérie ?

Vous avez vu comment les Africains et les Algériens m’accueillent. C’est la plus belle récompense qu’on puisse avoir.

L’avocat de nos jours est-il toujours le défenseur de la veuve et de l’orphelin ?

Certains continuent de l’être. D’autres, par contre ne le sont plus.

Cela peut-il être dû à quoi ?

L’Homme est faible. Il ne sait pas résister à la tentation. Il veut devenir riche. Quand tu nais dans la case et tu prends l’ascenseur social, tu es dans la vie noble. Mais dans un ascenseur, il n’y a pas de vie. On doit accepter de défendre même un fou parce qu’il reste un être humain.

Propos recueillis à Alger par Alexandre Le Grand ROUAMBA

Le Pays