Espérance - consternation
Tu as posé un baiser sur mes lèvres comme on pose un regard enfiévré sur un rêve. Je l’ai habillé du crépuscule comme on lite des renoncules et j’ai illuminé les aurores pour épreindre ta chaleur.
Errance - divagation
Et tout conspire, que tu ne sois
La rive nous sépare
Guéer la rivière à dos de pierre
Afin de rallier ta présence
Mais les confluences divergent.
Evidence – destruction
Je m’assieds sur le quai
J’endors mon cœur
Mon être indésiré
Rague des bas-fonds
L’indifférence s’entrouvre
Porte ouverte à l’affection délitée
Je ne peux m’empêcher !
Evariste Zéphyrin
Blog d'informations politiques, économiques, sociologiques et culturelles offrant une vision alternative du monde et des problèmes internationaux auxquels sont confrontés le monde.
samedi 13 mars 2010
Cap-Haïtien
Une amie m'écrit :" Cap-Haïtien et le chaos des bâtiments, un tremblement de terre serait terrible. Le pire c'est qu'aussi les mornes autours du centre sont pris pour des constructions sauvages sans aucune attention au risques d'éboulement. Hier un séisme de 4.1 Richter c'est produit à Ouanaminthe pas loin de Cap-Haïtien."
Le Lamentin

Toujours cette lumière novembrale sur un cadre semi-urbain, un paysage verdoyant recelant des maisons de standing où l'aperçoit des fumées nées d'un brulage de feuilles ou bois mort.





Drive / L’errance ensorcelée : nouvelles réunies par Gerry L’Étang

Gerry L’Étang, maître de conférences à l’UAG, vient de publier à HC Editions un recueil de nouvelles écrites sur le thème de la « drive », appelée encore « errance ensorcelée ». Ont contribué à cet ouvrage : Alfred Alexandre, Auguste Armet, Jean-Pierre Arsaye, Dominique Aurélia, Jean Bernabé, Daniel Boukman, Nicole Cage-Florentiny, Raphaël Confiant, Fernand Tiburce Fortuné, Serghe Kéclard, Gerry L’Étang, Thierry L’Étang, Lévi of the Tik, André Lucrèce, Philippe Montjoly, Louis-Félix Ozier-Lafontaine, Roger Parsemain, Eric Pezo, Jean-Marc Rosier, et Marie Françoise Bernabé en tant que traductrice.
Ces auteurs, parmi lesquels il y a quatre enseignants-chercheurs de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (D. Aurélia, J. Bernabé, R. Confiant et G. L’Étang), explorent, chacun dans un style particulier, le monde de l’errance, cet univers à la fois physique et mental auquel un nombre sans cesse croissant de nos compatriotes se voient acculés par la drogue, l’alcool ou l’inadaptation à une société de plus en plus aliénante et désespérante. En les lisant, on découvre donc une « drive » aux racines socio-économiques et psychologiques profondes, et non seulement cette « drive » dans laquelle la croyance populaire voit traditionnellement la conséquence de quelque acte malveillant réalisé par le biais de la magie.
La nouvelle est un genre littéraire peu cultivé en Martinique mais riche en possibilités esthétiques. Le défi auquel est confronté celui qui s’y adonne est de condenser un maximum de tension dramatique dans un espace textuel restreint, beaucoup plus restreint que celui du roman. L’auteur doit s’efforcer de captiver le lecteur dès le début de la narration et de le maintenir sous son empire jusqu'au dénouement, lequel, pour atteindre son maximum d’efficacité, doit surprendre par son côté inattendu. La sobriété lui sied mieux donc que la prolixité, et il doit se livrer à un patient travail sur la langue afin d’éliminer le superflu, de trouver le mot juste et percutant.
Certains de ces 19 auteurs sont bien connus du public martiniquais et jouissent même d’une renommée internationale comme romanciers. D’autres sont moins connus, ou carrément inconnus en tant que nouvellistes. Même s’ils n’ont manifestement pas tous le même talent, ils contribuent tous à faire de cet ouvrage un texte passionnant et original, à lire à tout prix car miroir de notre société en crise, malade de la tête.
Il est difficile et sans doute injuste de manifester un intérêt particulier pour telle ou telle nouvelle. Mais comment résister à l’envie de saluer l’extrême sobriété et la force expressive de Zeb-Mouch de Thierry L’Étang, l’écriture élégante et le surprenant dénouement de La photo de Clara de Jean-Pierre Arsaye, l’art avec lequel Fernand Tiburce Fortuné nous fait voyager à travers la tête d’un intellectuel fou dans Boug-tala fou an mitan tet !, le mélange de sarcasme, d’humour amusé et de lucidité de Petits arrangements avec la vie de Dominique Aurélia, ou encore le déroutant et extraordinaire travail sur le langage et la langue réalisé par Lévi of the Tik dans Qu’il n’a la drive ?
Cette nouvelle, dont l’auteur semble s’appeler en réalité Charles-Henri Fargues, est un savant mélange de langues (créole, français standard, français banane, anglais, espagnol, latin) ; un migan de religions (catholicisme, religion rasta, hindouisme). Malgré l’incohérence verbale provoquée par la drogue, le texte est structuré de telle manière qu’on arrive à y percevoir une certaine cohérence qui en facilite le décodage et la compréhension.
Raphaël Confiant et Jean Bernabé, écrivains confirmés, ainsi que Éric Pezo, ont opté pour l’écriture en langue créole, mais tandis que les deux premiers ont fait traduire leur texte en français par Marie-Françoise Bernabé, le dernier s’est contenté de la version créole. Cela pose évidemment le problème de la relation entre français et créole d’une part, et auteur et lecteur d’autre part. Que peut signifier en effet la traduction en français d’un texte écrit en créole? On peut penser qu’il s’agit de démonter que le créole, comme toute langue, est traduisible dans une autre, en l’occurrence le français. Mais on peut penser aussi que Confiant et Bernabé doutent de la capacité du lecteur à lire un texte créole relativement long et en apprécier la dimension esthétique, d’où le recours à la traduction.
On ne saurait terminer ce bref article sans souligner qu’en 2007 la Martiniquaise Widad Amra a publié chez L’Harmattan un long poème intitulé Regards d’errance / Drive poétique. L’ouvrage dirigé par Gerry L’Étang est la preuve que la « drive » n’a pas fini de nous passionner.
* Article de Maurice Belrose paru dans l’hebdomadaire Justice (Fort-de-France) du 4 mars 2010.
Maurice Belrose
mardi 9 mars 2010
Edito de la nuit
Quant à la terre, elle nous rappelle qu'elle est une planète vivante et notre survie dépend d'elle, pour l'heure elle s'ébroue, se secoue, la presse à travers les experts rassurent, il n'y aurait pas de lien entre tous ces tremblements de terre, les plaques... et le regain d'activité volcanique détectée.
Ils oublient simplement de dire que la tectonique des plaques n'est qu'une théorie, de même que la circulation des vents, ils supputent mais ne savent pas plus que moi sur ce qui se passe en ce moment au centre de la terre.
Autrement, il fait froid en France, neige dans le sud, il semblerait que la climat s'emballe du moins que les changements sont plus rapides que les climatologues ne le pensaient.
L'actualité se cherche dans les faits divers et une campagne politique pour les régionale qui peine à se trouver. La population est psychologiquement atteint par une crise qui s'installe, une croissance du chômage, bref une situation économique déprimante, à la foire de Paris certains scandaient Chirac reviens !
Ailleurs, nous avons le vice-président d'un pays horrible qui tente de relancer un processus de paix moribond entre les Palestiniens et l'occupant.
En Afrique, toujours en phase avec sa légendaire barbarie, c'est le Nigeria qui fait l'actualité :" LES MASSACRES INTERCONFESSIONNELS SE MULTIPLIENT SUR FOND « D’INDIGÉNÉITÉ » ET DE TRIBALISME " les images sont horribles, des femmes et des enfants massacrés au nom d'un dieu qui l'un comme l'autre est étranger à ce peuple.
En matière d'aliénation, les Nigérians en tienne une couche !
Quant aux Antilles, la campagne bat son plein, chacun se félicite de sa campagne, entre nous comment pourrait-il être autrement.
En Martinique ce sont les gauches qui s'affrontent quoiqu'il y ait une liste d'ouverture, bref c'est la grande incertitude, il faudrait attendre les résultats pour savoir qui gagnera, car ce qui se dit n'est pas forcément ce qui passera dans les urnes, les Martiniquais ont une psychologie pour le moins absconse, et ce peuple est en passe de devenir indigne depuis le refus de s'assumer.
En Guadeloupe, c'est plus simple auront-ils la peau de Lurel le socialiste et de Carabin l'umpéiste ?
Nos deux compères se sont alliés pour barrer la route à Aldo et Penchard, que vous voulez-vous en politique, il 'y a que de grande haine qui font avancer les hommes et leur ego surdimensionné.
La liste dissidente de l'UMP et des socialiste mis en congé du parti pour ne pas soutenir le candidat officiel, font leur petit bonhomme de chemin.
Un ami me disait que le maire des Abymes (Jalton) n'avait pas encore la carrure pour diriger la région.
Pour ma part les grands gagnants des régionales seront les abstentionnistes.
Fos ba zot épi arrêter de croire tout ce que 'on vous raconte !
EZ
Le Canal Levassor
Compulsant mes archives voila que je mets la main sur cette série de photos du Canal Levassor, c’est un lieu qui à travers le viseur de l’appareil se teinte d’une certaine poésie à moins que ce ne soit l’œil du photographe qui embellit le lieu, je ne saurais dire, si ce n’est que j’entretiens une relation avec la riviè...re madame étant né à quelques km de son embouchure, et ce lieu dans les années 60 à début 80 fut le véritable centre-ville de Fort de France, celui du Marché aux Poissons, là où tous les Foyalais venaient se ravitailler en poissons frais, on trouvait aussi des marchandes de légumes et autres bazars le long de ses rues, mais avec le développement des hyper et supermarchés, cette zone a vu son attrait et activité décroitre.
De rares pécheurs alimentent les rares vendeuses du Marché aux Poissons, qui se partagent cet espace avec les bouchers vendant de la viande locale à des prix relativement prohibitifs, (au Moule en Guadeloupe j’achetais 3kg de bœuf local pour 20 euros, sur ce marché le kg d’entrecôte est de 16 à 18 euros le kg) mais comme vous le savez tout est cher en Martinique.
Il n’y a guère d’effervescence dans les rues bordant ce canal ou son long, plus d’aboyeurs vantant les marchandises des Syriens en haranguant la foule curieuse, les bazars sont ternes, en bernes et la foule ne fait pas foule, il n’y a que d’interminables embouteillages sur cette portion de territoire qui sera je l’espère un jour rénové, car il offre un beau paysage, il ne faudrait qu’un projet urbanistique et des moyens financiers.
EZ
CARNET DE BORD À HAÏTI PAR LYONEL TROUILLOT 13

La presse écrite recommence timidement à fonctionner
La presse écrite recommence timidement à fonctionner. Déjà, il y a quelques semaines, un numéro spécial du quotidien Le Nouvelliste s'arrachait dans les rues. En ce début de semaine, on peut lire un numéro de la version hebdomadaire du Matin ... imprimé en République dominicaine. Les presses ont été affectées, et cela va être dur pour les deux quotidiens haïtiens de reprendre. Quant aux relations entre Haïti et la République dominicaine, elles sont, sur le plan économique, nettement en faveur de la RD, mais de nombreux Haïtiens sont surpris de la réaction de solidarité venue de l'autre côté de la frontière.
Dans certains camps, des divisions s'établissent, comme si, même dans l'exception, on reproduisait les vieilles normes anormales. Il y a des quartiers, dans certains camps, avec des dénominations qui rappellent la vie d'avant : Pétion-Ville et Cité Soleil. Il y a aussi des camps très pauvres, dont on parle peu... Plastique transparent et débris pour constituer des abris. Au moins un, vers le nord de Port-au-Prince. Certaines compagnies locales ou installées à Haïti multiplient les dons. Parmi elles, des compagnies de téléphonie mobile. Elles font quand même partie du groupe d'entreprises qui réalisent le plus de profit à Haïti. Elles ont même depuis longtemps contribué au délabrement de la compagnie d'État, la Teleco, qui n'est plus qu'un fantôme. Que dis-je ? Elle n'appartient plus à l'État, l'une des priorités du gouvernement était de la vendre. Il l'a vendue, et elle a été achetée, au moins en partie, par une entreprise privée, étrangère.
La saison cyclonique sera bien pourvue. Comme si on avait besoin de ça.
Haute intensité de main-d'oeuvre. Dans de nombreuses rues, tee-shirts jaunes, opération balayage. Ils sont nombreux sur des superficies pas très grandes. Et il y a beaucoup d'autres lieux où rien ne se passe. Les débris sont à la même place. Rien n'a bougé depuis que la Terre a fait tomber des maisons. En passant près des décombres, des restes d'odeur de mort, comme pour ne pas oublier qu'il y avait autrefois des vivants dans ces lieux, et que la chair pourrit. Dans les rues de Port-au-Prince, les fous. Du côté de l'ambassade de France, une femme a pris l'habitude de se laver dans la rue. Au haut de Delmas*, un homme à demi nu traverse la rue, casseroles et antennes, voyageant sans doute dans un vaisseau imaginaire. Le séisme a sorti les fous des asiles psychiatriques et il a créé de nouveaux traumatismes qui font peur et sourire.
La question de l'aide aux villes qui ont reçu le gros des citoyens ayant fui Port-au-Prince ne fait pas la une de l'actualité. On en parle, mais pas assez. Car il faudra bien qu'ils mangent, qu'ils soient logés, qu'ils reçoivent des soins, tous ces gens qui se retrouvent soudain à Jérémie ou dans le Plateau central. Affluence d'étudiants dans les ambassades, en quête de bourses. Les universités privées, comme l'université d'État, ne sont pas encore en état de fonctionner. Il y a des réunions, des plans, mais les étudiants ont peur. L'année est probablement perdue. Il ne faudrait pas que l'avenir le soit aussi. Alors, ils cherchent, guettent. Un appel à l'aide dont on ne mesure peut-être pas l'ampleur. La République n'a déjà pas assez de cadres. La seule exigence qu'on devrait leur faire est une garantie qu'ils retourneront mettre au service de leur pays ce qu'ils auront appris.
Les pluies. Belle avance sur la saison. Et l'annonce que la saison cyclonique sera bien pourvue. Comme si on avait besoin de ça, en plus du reste. Dans le désordre, des actions sérieuses et ponctuelles. Discrètement, Sean Penn et un groupe mènent une action rigoureuse en faveur des sinistrés. Voeu de silence ? Il y a d'autres actions de ce type qui sont louables. Mais le gros semble désormais s'orienter vers la reconstruction. Beaucoup de projets, d'initiatives dans ce sens, où se côtoient l'appât du gain et la volonté de bien faire, d'aider vraiment. En ces premiers mois de l'après, Haïti est devenue l'un des hauts lieux de combat entre le pire et le meilleur, le vice et la vertu, la cupidité et la fraternité.
* Arrondissement de Port-au-Prince
http://www.lepoint.fr/culture/2010-03-09/carnet-de-bord-a-haiti-par-lyonel-trouillot-13-la-presse-ecrite-recommence-timidement-a-fonctionner/249/0/431691
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