jeudi 8 juillet 2010

Un contrat en or pour Haïti


Au cours du mois de mai écoulé, sur une station de radio Montréalaise, j'ai entendu une voix familière parler de contrat minier qu'il a signé avec une compagnie international de haute voltige, La Eurasian Mineral New Mount, (EMX). C'était Dannel Bélizaire, ingénieur minier très connu dans le milieu des affaires de P-au-P. Il était interviewé à propos du contrat que sa compagnie, la Société Minière Citadelle S.A. venait de signer avec la compagnie EMX pour l'exploitation de deux gisements d'or dans la localité de Grand Bois et de Morne Bossa, dans le nord de l'île. A l'entendre, Haïti a trouvé le pactole en obtenant 50% du profit net de l'exploitation des gisements stipulés, sans y avoir investir un sou. Féru de sciences minières, Dannel, qui a étudié le génie en Haïti, avec une spécialisation en Italie et une maîtrise es science à l'Université de Montréal, connaissait très bien son dossier. Il parlait en maître. Fier de sa réussite, il expliquait aux auditeurs son exploit avec la satisfaction du devoir accompli.

Je ne pouvais me fier à mes oreilles pour avoir été au courant du dossier de Dannel durant les années 90. Dans le journal «La Presse de Montréal», j'avais entendu parler de ce contrat, mais aucun détail sur la distribution du profit n'a été mentionné. Pour me situer et être sûr de l'affaire, j'ai été effectivement vérifié le journal officiel du gouvernement Haïtien «Le Moniteur » du mercredi 4 mai 2005. En effet, l'ingénieur Bélizaire a convaincu Eurasian Mineral d'acheter le contrat selon les conditions préalablement stipulées et signées par son entité, La Société Minière Citadelle S.A. avec le Gouvernement Haïtien, en vertu de la Convention minière inscrite dans le Numéro Spécial du dit journal.

Selon les prescrits de l'article 26.4 de la page 18, « Le montant total des valeurs a verser à l'État par la société à titre de redevance pour enlèvement de minerai, de droit minier spécial, d'impôt sur le revenu et de taxe sur les dividendes, ne devra en aucun cas, dépasser, ni être inférieur à 50% des revenus nets du projet ». «A cet égard, l'impôt sur le revenu a été fixé à 33% des revenus nets, la taxe sur les dividendes à 15% des dividendes réputés distribués à des actionnaires, les redevances pour enlèvements de minerai à 2,5% de la valeur du doré, et, enfin, le droit minier spécial à 0,20$ US par tonne de minerai extrait ». « Aucune autre obligation financière existante ou à intervenir ne pourra affecter la présente disposition ».

Depuis plus de vingt ans, Dannel travaillait ce dossier. En 1985, un sac de cinq livres de gravats, extraits de Morne Bossa, a été analysé à Montréal par les laboratoires de la firme internationale SNC-Lavalin inc, l'un des plus gros bureaux d'ingénierie du Canada. A son compte, M. Bélizaire défrayait les coûts des études de faisabilité, les analyses de risques. Il était en contact permanent avec les compagnies minières du Canada, telle, la Sainte Geneviève Inc, les compagnies américaines Brew X, s'il faut énumérer que ces deux là. Une dizaine d'années de cela, il m'avait fait visionner le film d'une prestation qu'il avait donnée à P-au-P, à l'hôtel Holiday In Plaza, en vue de mettre plein la vue aux hommes d'affaires du pays invités à investir dans sa société. Tout le gratin de la haute bourgeoisie d'Haïti s'y était donné rendez-vous. Le caviar ne se faisait pas prier ce jour là. Et encore, toujours à ses propres frais.

Parmi ses études du risque, Dannel en avait négligée la plus imprévisible : celle des «grands mangeurs» des pouvoirs éphémères de 1986 à 2004. A l'arrivée de chaque nouveau locataire au Palais, certains magouilleurs professionnels qui avaient préalablement ciblé les activités de l'ingénieur pour sa potentialité économique passèrent à l'attaque pour l'évincer du décor. A chaque fois, ce dernier devrait se mettre à couvert et laisser passer la caravane, car, ces assoiffés de billets verts ne s'embarrasseraient d'aucun scrupule pour l'éliminer.

A quoi peut-on attribuer sa chance de survie? C'est simple à expliquer : Ces grands mangeurs, (GM), habituellement des amis du pouvoir du moment, veulent s'enrichir vite, très, très vite. C'est pressant leur tactique, car en Haïti, le pouvoir est comme une étoile filante. Il ne dure que l'espace d'un éclair. En essayant de mettre la main sur l'or du sous sol de Morne Bossa ou de Grand Bois, ils constatent qu'il n'y a que de la terre et de gros cailloux à bouffer. L'or n'est pas accroché aux feuilles des arbres. Par conséquent, pour l'extraire, faut investir ses propres billets verts. Donc, les GM viennent de faire une entorse à leur vocation expresse, à savoir, mettre la main sur toutes espèces sonnantes et trébuchantes. Ils sont là pour spolier et non pour investir. Devant cette déconvenue, ils ont ravalé leurs prétentions et abandonné leur rêve du Klondike River. Ainsi, Dannel pouvait à chaque fois, retourner en Haïti, le cœur léger, et, continuer à négocier avec des compagnies étrangères, d'où le contrat avec EMX, la Eurasian Mineral New Mount, aujourd'hui.

Ce qu'il y a d'intéressant et de particulier dans le contrat de EMX, c'est l'interpellation qui s'impose par rapport à celui signé en 1956 par la Reynolds Haitian Mines inc avec l'État haïtien, pour l'extraction de la bauxite¹ de Miragoâne. Ce contrat avait permis au consortium américain de siphonner le pays économiquement. En 1975, après la création de l'INAREM, l'institut National des Ressources Minérales, le gouvernement d'alors réclama de la taxe supplémentaire à la Reynolds. Cette dernière ne remettait qu'un p'tit 120 000,00$ par année au pays. Ainsi, le 27 août 1975, «un nouveau contrat financier a été signé en vue de réviser le montant des taxes pour les années 1974, 75 et 76». L'État haïtien en retira 1 000 000,00$ US de cette transaction. Fort de cette tournure, Haïti réclama la réouverture du contrat initiale. «Le 19 août 1980, un nouveau contrat fut signé entre la Reynolds et le DMRE, le Département des Mines et des Ressources Énergétiques. Ce nouveau document «a tenu compte du contrat original et des différends amendements». Pour la période allant de 1978 à 1979, l'État Haïtien encaissa 14 000 000,00$ US. Et pour comble, «la Reynolds Haïtian Mines inc cessa ses activités à Miragoâne en octobre 1982, après avoir extrait 14, 227, 138 tonnes de bauxite de 1956 à 1982».

Quelle en fut la raison de cette tardive réclamation? Les instances haïtiennes avaient-elles commis l'irréparable où y avait-il eu collusion lors de la signature du contrat original?

Laissons à Jacques Barros, un chercheur de renom international qui s'était penché sur l'histoire de notre pays, nous résumer les raisons de cet échec.

Dans son ouvrage, « Haïti de 1804 à nos jours », Barros soutient que lors de la signature du contrat avec la Reynolds, les fonctionnaires haïtiens manquaient de formation et d'informations sur la teneur en minerai de Miragoâne. Pire encore, ils ne possédaient aucune technique de négociation. Ils furent royalement roulés par les spécialistes américains. D'où l'origine de la pitance qu'Haïti recevait depuis lors. C'était une façon doucereuse à Barros de dire que les négociateurs haïtiens de l'époque n'étaient purement et simplement que des incompétents.

Au contraire de 1956, l'ingénieur Bélizaire possède très bien le dossier aurifère d'Haïti. Or, dans la convention inscrite dans le journal Le Moniteur sus mentionné, il est dit que les conditions seront les mêmes pour tout autre gisement d'or découvert dans le futur sur le territoire de la République. Cette notion sera-t-elle respectée? Oui! À condition que l'ingénieur Bélizaire fasse partie de la solution. Non! Si l'égoïsme aveugle des futurs tenants du pouvoir les empêcheraient de penser «Pays».

Haïti, va-t-elle encaisser les 50% du profit net stipulés et obtenus par l'ingénieur Bélizaire avec la EMX? Cela reste à voir. C'est une toute autre histoire.

Toutefois, mon vieux Dan, tu as fait ta part en dotant ton pays d'un contrat solide au meilleur de tes connaissances, de tes capacités et de tes propres frais. Suite à tes nombreux voyages d'affaires à l'étranger, plusieurs amis de ton entourage s'interrogeaient à savoir si tu n'allais pas laisser ta chemise ou ta peau dans cette entreprise risquée à tous les niveaux. Tu étais le seul à y croire. Donc, aujourd'hui, ils saluent ton courage et souhaitent bonne chance à Haïti. Toutes mes félicitations. Avec dix natifs comme toi, l'espoir a un pays.

Max Dorismond
Max Dorismond mx2005_at_yahoo.ca

Discours du député Alfred MARIE-JEANNE lors de la discussion générale du projet de loi relatif à la modernisation de l’agriculture



Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Collègues de l’Assemblée Monsieur le Ministre,

Les récentes émeutes de la faim dans le monde, la dilapidation du foncier agricole, l’arrachage des plantes alimentaires de subsistance et leur remplacement par des productions spéculatives, l’exploitation intensive des ressources halieutiques, la déforestation inconsidérée..., sont des preuves patentes d’un productivisme outrancier. Il est temps de corriger le tir. Le projet de loi sur la modernisation de l’agriculture et de la pêche, pour louable qu’il soit, apporte-t-il les réponses appropriées ?
Pour la Martinique je pense qu’on est loin du compte.
Cette modernisation pour être viable, ne saurait seulement se cantonner à ces deux secteurs, tant les choses sont compartimentées à souhait, tant les obstacles à surmonter sont nombreux, tant les remises en cause sont nécessaires.
Pour preuve, la Martinique est devenue de plus en plus dépendante de l’extérieur pour ses moindres approvisionnements. Je dirai même que c’est un fait exprès. En un mot, c’est l’import qui domine, c’est l’import qui prédomine. C’est encore lui qui étouffe en grande partie l’embryon de développement endogène malgré les efforts persistants déployés par ailleurs en ce domaine. C’est une lutte sans merci pour atteindre les objectifs fixés.
Les chiffres parlent d’eux mêmes. Pour un pays qui regorge de fruits : c’est plus de 75% d’importation. Pour la viande porcine : c’est plus de 80 % Pour la viande bovine : c’est plus de 80 % Pour la volaille : c’est plus de 90 % Pour la viande ovine et caprine : c’est plus de 95% Pour les produits de la pêche : c’est au moins 50% Cet énoncé non exhaustif démontre qu’il y a largement place pour un développement endogène de qualité générateur d’emplois pérennes.
Encore faut-il ne plus lésiner à l’enclencher très hardiment et sans relâche. Car la cohérence et la synergie requises en la matière, ont été volontairement et profondément mises à mal par tous ceux qui n’y trouvaient pas intérêts immédiats.
Et j’explique : Les cultures vivrières et maraîchères sont loin de couvrir les besoins. Cette part va en diminuant du fait de la pollution exécrable des sols. D’où renforcement prévisible de l’import. Pourquoi alors ne pas prévoir une aide substantielle en faveur des petits exploitants pour la culture hors sol ?
La transformation des produits à valeur ajoutée est plutôt marginale jusqu’à présent. Et pourtant la matière première ne manque pas. D’où renforcement de l’import.
La Surface Agricole Utile (SAU) se rétrécit d’année en année nous éloignant de plus en plus du seuil requis pour un autosuffisance optimum. De 80 000 ha en 1960, elle n’est que de 25 000 aujourd’hui. Cette déperdition qui s’est accélérée au cours de ces dernières années, handicapent assurément un développement conséquent.
Dans ces conditions, c’est l’import qui sortira renforcé.
Quant à l’élevage, il est insuffisamment développé au point que l’abattoir départemental n’atteint pas son quota d’abattage ce qui l’a conduit au bord du dépôt de bilan. Là encore, c’est l’import qui sortira renforcé.
Je veux également signaler une anomalie aggravante de la situation. C’est le fameux Plan de Prévention des Risques qui interdit carrément la pratique agricole sur des superficies autrefois largement exploitées. C’est du jamais vu ! Allez comprendre pourquoi ! En tout cas, au bout, c’est l’import qui sortira renforcé.
L’un des corollaires de cette situation déplorable est que les superficies de friches augmentent. La
conséquence inéluctable à terme est de les voir classer en zones intouchables. D’où réduction des possibilités et des activités. C’est l’import qui sortira renforcé.
La SAFER, quant à elle, par manque cruel de moyens, a perdu de facto l’exercice de son droit de préemption.
Elle, dont la mission de service publique est de protéger le foncier agricole, se trouve démunie. Qui plus est, son action est jugée illégale lorsqu’elle intervient en cas de vente avec réserve d’usufruit ou de nue-propriété.
Ces pratiques consistent à contourner et à détourner le droit de la SAFER. Et rien n’est fait jusqu’ici pour les interdire malgré mon interpellation au gouvernement en février 2008. C’est le démembrement de la Surface Agricole Utile qui continuera à prévaloir au détriment de la production. In fine, c’est encore l’import qui sortira renforcé.
Quant à la pollution des sols agricoles par le chloredécone, c’est le coup de grâce donné à bon nombre de petits paysans. Quel gâchis ! La nocivité notoire de ce produit est telle, que les nombreux arrêtés d’interdiction de planter par-ci, de pêcher par là, pleuvent sans cesse, tandis que que les découragés, les nouveaux précarisés pleurent sur le sort qui leur est tristement réservé. C’est l’import qui sortira encore renforcé. Dans le même ordre d’idée, une directive européenne a prévu l’interdiction de l’épandage aérien. A cet égard, ôtez-moi d’un doute. Il paraît qu’une dérogation aurait déjà été demandée, comme ce fut le cas en son temps pour le chloredécone,molécule mortifère qui ne finit pas de sévir. Saurez vous éviter les mêmes errements pour ne pas reproduire les mêmes effets désastreux ? Et pour parfaire ce cycle infernal, au prétexte de voler aux secours des énergies renouvelables, indispensables certes, on empiète allègrement sur la Surface Agricole Utile par centaines d’hectares, en déployant au sol le photo-voltaïque ; comme si l’un des moyens de se moderniser, passait obligatoirement par le bradage des terres d’un pays d’étendue réduite et vulnérable. Quant à la défiscalisation, son effet pervers le plus pernicieux a été de bouffer une partie des terres agricoles et de faire flamber les prix du foncier. Concernant la pêche, Les directives européennes nous sont appliquées le plus souvent de façon draconienne et sans discernement. Or, l’essentiel des embarcations concernées ont recours à la pêche côtière.
Leur longueur moyenne est de 7 m et pour les plus longues moins de 12 m. Ai-je besoin de plaider plus avant !
On a complexifié à outrance et les freins sont partout. Quelle logique ! Sinon celle du pourrissement qui fait son œuvre de déstabilisation. C’est l’exclusif de Colbert revisité et réaménagé à l’aune des temps présents. En conclusion : Je viens de vous décrire l’univers dans lequel le développement endogène devra se frayer un chemin.
En tout cas,
Existent les potentialités
Existent les hommes en qualité et en quantité Existent les moyens
Existent les marges de manoeuvre
Mais, Exit la spéculation si l’on tient vraiment à réussir ce challenge.
Exit aussi, l’usage exclusif des ordonnances
Pour conserver le savoir
Pour amplifier le savoir-faire
Pour conquérir le pouvoir-faire."

Alfred MARIE-JEANNE

Paris le mercredi 30 juin 2010

Afro et burqa même combat ?


Manifestation contre le port de la burqa.

Les politiques sont parfois irritants, que le gouvernement ait instrumentalisé cette histoire de burqa, un vêtement intégral ressemblant à une camisole, qui cache toutes les parties du corps ainsi que le visage, porté par 350 femmes musulmanes, au gré des besoins manipulatoires soit devenu une cause nationale, qu'il convient de régler par la loi. Nous convenons que c'était une urgence, vu que cette histoire de burqa permettait de couvrir l'échec de la politique sarkozienne et d'occuper l'espace médiatique pendant que ces messieurs détruisaient tout le système social à la française, vendaient ce pays à leurs amis de la CITY et se comportaient de manière outrageuse en confusionnant les genres, pratiques pour l'instant contrariées par les révélations de Médiapart, peut s'en faut, mais que l'opposition participe à ce jeu me dépasse!

La député socialiste George Pau-Langevin, titre un post :" LA BURKA DEVOILE UN MALAISE PROFOND" dont le contenu indique :" Les femmes portant le voile intégral "nous adressent un message et nous avons le devoir de le décrypter", comparant leur attitude à celles des Noirs américains qui portaient leurs cheveux longs et crépus dans les années 70."

Je crois qu'à des moments de la vie, même politique, il ne faut pas jouer le jeu que l'on vous impose, il faut rester taisant si on n'a pas les moyens de contrer l'adversaire, voire ne rien dire, ne rien faire, refuser de parler, de répondre, ne pas alimenter la mascarade.

Puis, je ne vois pas en quoi est-ce comparable la situation des noirs américains, qui portaient l'afro, clamaient haut et fort Black is beautiful ou Black and proud avec ces femmes portant une burqa, afin de plaire à leur dieu ?

Dans le cas des Afro-américains, il y avait des revendications politiques, des revendications d'égalité de droits, d'égale justice, formulées par des millions d'hommes et de femmes, dont la couleur de la peau les excluait d'une plénitude de droit.


Souvenons-nous, les Noirs américains vivaient ou vivent dans des conditions de grande pauvreté et de violence, dans un apartheid social et économique, dans des espaces ségrégués ou relégués, dans la discrimination et le racisme même encore en 2010, quoique que le président des États-Unis (Barack Obama) soit Noir, les choses n'ont pas radicalement changé depuis les années 70.


Quoi de commun avec ces 350 femmes, qui souhaitent vivre pleinement leur foi, s'abonnir par le respect d'une croyance voulant que pour plaire à Dieu, il faut se cacher des hommes ?

Certes, elles font une lecture particulière de cette religion, mais nous savons qu'il existe des sectes dans ce pays ayant des milliers d'adeptes dont le comportement vestimentaire est tout aussi singulier.

Je comprends le besoin d'exister des politiques, mais il faut se garder des amalgames de ce genre.



Evariste Zephyrin

Audrey Pulvar en mode limitation !


La journaliste Audrey Pulvar annonce sur son Facebook, que du fait d'être la compagne d'Arnaud Montebourg, quelle ne recevra pas d'hommes politiques dans son émission matinale.

Grand bien lui fasse, attitude noble dont certaines de ces consœurs et confrères auraient pu s'inspirer.

E.Z

La crise a accentué les phénomènes racistes en Europe

STRASBOURG (Reuters) - La crise économique a provoqué un développement des phénomènes racistes en Europe, estime la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (Ecri) dans son rapport 2009.

Cet organe du Conseil de l'Europe souligne l'impact de l'augmentation du chômage et de la baisse parallèle des dépenses publiques dans le domaine social sur les populations les plus vulnérables telles que les Roms et les immigrés.

"Nous constatons une augmentation générale des attitudes xénophobes et intolérantes, accompagnée d'attaques verbales virulentes et d'incidents violents, ainsi qu'une perception grandissante que les flux migratoires ont un impact négatif sur les pays concernés", affirme le rapport publié jeudi à Strasbourg.

L'Ecri "regrette que, dans de nombreux pays d'Europe, le débat sur l'intégration se concentre quasi exclusivement sur les 'lacunes' réelles ou perçues des populations minoritaires, sans tenir compte tant de leur contribution économique, sociale et culturelle que du peu d'efforts déployés par la population majoritaire (pour les intégrer)".

Ce comité d'experts issus des 47 Etats membres constate "un phénomène relativement nouveau qui consiste à proposer ou à introduire des restrictions d'ordre juridique visant spécifiquement les musulmans - matière là encore à la récupération politique".

Si aucun exemple n'est mentionné, la remarque s'applique à l'interdiction des minarets en Suisse, que l'Ecri a déclarée contraire aux droits de l'homme, mais aussi aux lois sur le voile, notamment en France, sur lesquelles elle a émis des réserves.

L'Ecri a commandé en 2009 une étude relative à l'impact de la crise économique sur le racisme et la discrimination raciale à Jean-Michel Belorgey, ancien député socialiste français et ancien membre du Conseil d'Etat.

Elle n'a pas encore été rendue publique.

Gilbert Reilha

mercredi 7 juillet 2010

Conférence-débat sur la PROBLEMATIQUE des DISCRIMINATIONS en GUADELOUPE


INVITATION RECUE de M. Emile Hassan-Dib, Délégué Antilles Guyane de la Halde
Tél : 05.90.81.02.94


INVITATION adressée par la HALDE, Délégation Antilles-Guyane

Dans le cadre d’une campagne d’information et de sensibilisation à la lutte contre les discriminations dans notre département, suite à l’empêchement de la Présidente de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), Madame MARIE-ANGELIQUE, déléguée aux droits des femmes, Mme CAVROIS, Magistrate, directrice des affaires juridiques et M. MARTY directeur de l’action territoriale à la HALDE organisent

Le samedi 10 juillet de 10H00 à 12H00, au lycée Carnot de Pointe à Pitre, 28 rue Jean-Jaures,

une rencontre avec les femmes du département (salariées, responsables d’associations, militantes syndicales, juristes...).

Vous êtes cordialement invitées au forum de discussion libre qui est proposé afin d’échanger sur les cas de discrimination les plus courants dont sont victimes les femmes :

- discrimination à l’embauche ;
- harcèlement sexuel ou moral au travail ;
- inégalités de traitement en raison de l’état de grossesse ou de la situation de famille ;
- disparités de salaire par rapport aux hommes ;
- difficultés rencontrées lors de l’exercice d’un mandat syndical ;
- stigmatisation en raison de l’orientation sexuelle…

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I°) Objectifs de l’installation de la Halde aux Antilles Guyane

Discriminer signifie séparer, distinguer, différencier.
La discrimination est foncièrement un refus de l’altérité qui se fonde ainsi sur les clichés ou préjugés racistes, sexistes, homophobes…pour traiter de manière moins favorable les personnes pourtant dans une même situation pour l’accès au travail, au logement, à une promotion professionnelle, à un bien, à un service public ou privé ou à des soins.

Les discriminations, directes ou indirectes peuvent être comme les autres risques identifiés, aux Antilles et en Guyane, un enjeu social majeur que l’on doit intégrer dans la gestion administrative de ces trois départements. Les mouvements sociaux du début de l’année 2009 ont révélé les dangers de la discrimination systémique très sournoise. Pour écarter celui qui est différent ou qui dénonce les injustices, on décrétera alors en toute mauvaise foi, son manque de qualification, son inadaptation socioculturelle voire des défauts de casting imaginaires.

Une action nécessaire pleinement justifiée dans les départements français d’Amérique.
Notre présence signifie que les difficultés de la diversité ultramarine au sein de la communauté nationale veulent être mieux prises en compte (Délégation interministérielle à l’Egalité des chances, ACSé, les COPEC, le Commissaire chargé de la diversité et de l’Egalité.

Les délégués régionaux ultramarins de la Halde ont cinq missions : Instruction des dossiers – Animation de l’action des correspondants locaux – Développement de la notoriété de la Halde – Initiation d’actions LCD avec les partenaires locaux – Promotion des bonnes pratiques. Ils mettent alors à la disposition de tous les acteurs luttant contre les discriminations des formations, des méthodes et outils très élaborés. Nous sommes aidés par des correspondants locaux bénévoles qui effectuent un premier filtre des réclamations lors de l’accueil des victimes. …

S’agissant des syndicats l’instruction des dossiers a montré la prépondérance de la discrimination en raison de l’activité syndicale et permis de constater que l’employé ou le fonctionnaire qui milite ou adhère à un syndicat est traité moins favorablement que son collègue pourtant dans la même situation que lui au travail ; la victime n‘est pas ménagée : harcèlement moral discriminatoire, entrave à l’activité syndicale, mise au placard, blocages ou retard de promotion, difficultés relationnelles avec la hiérarchie, provocation, brimades, refus d’avantages comme les primes par exemple, refus d’autorisation d’absence pour mission syndicale, mise à pied, menaces, manœuvres dilatoires avec alourdissement des procédures d’autorisations d’absence légale, demandes d’explications excessives voire écrites, lettre recommandée, surveillance, remontrances en public…

La présence territoriale de la Halde peut faire office d’observatoire des discriminations, lorsqu’elle instruit les réclamations, elle peut ainsi voir quelle est la prépondérance de tel ou tel critère et faire apparaître au grand jour les questions qui constituent ici une vraie préoccupation dans le monde du travail : entrave à l’activité syndicale, harcèlement moral discriminatoire, à raison de l’activité syndicale.

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Quelques Statistiques de l’activité 2009 de la Délégation ANTILLES GUYANE DE LA HALDE

Nous avons traité 65 réclamations ; elles relevaient des domaines et motifs suivants :
Domaines :
• Emploi : 53 (emploi public 45 - emploi privé 8) soit 92,30% des réclamations
• Biens et services publics : 7 cas
• Education Nationale : 3 cas
(NB : les réclamations concernant les 3500 mineurs non scolarisés en Guyane comptent pour une seule réclamation dans nos statistiques 2009)
• Biens et services privés : 1 cas
• Logement : 1 cas
Critères
• Opinion et activités syndicales : 19 réclamations 29,20% (dont 40% en Guadeloupe contre 6% dans l’hexagone)
• Origine : 16 réclamations 24,60%
• Etat de santé : 8 réclamations 12,30%
• Nationalité : 7 réclamations 10,80%
• Opinion politique : 4 réclamations 6,10%
• Handicap : 3 réclamations 4,61%
• Situation de famille : 2 réclamations 3,10%
• Apparence physique : 2 réclamations 3,10%
• Religion : 2 réclamations 3,10%
• Age : 1 réclamation 1,50%
• Orientation sexuelle : 1 réclamation 1,50%


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Êtes-vous victime ?

Vous trouverez ci-dessous toute l’information nécessaire pour mieux connaître les discriminations et vous permettre d’identifier et de repérer les situations de discriminations.

Qu’est ce qu’une discrimination ?

Une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi, dans un domaine visé par la loi.

Quels sont les principaux critères prohibés par la loi ?

18 critères de discriminations sont prohibés par la loi : âge, sexe, origine, situation de famille, orientation sexuelle, mœurs, caractéristiques génétiques, appartenance vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race, apparence physique, handicap, état de santé, état de grossesse, patronyme, opinions politiques, convictions religieuses, activités syndicales.

Quelles formes peut prendre la discrimination ?

Il existe plusieurs formes de discrimination. Elles peuvent se manifester dans différents domaines visés par la loi : l’emploi, l’éducation, le logement, le service public et l’accès aux biens et aux services.

La discrimination est directe lorsqu’elle est délibérée et que la différence de traitement se fonde sur un critère prohibé par la loi.
Exemple : une offre d’emploi qui précise que les femmes ne peuvent postuler est une discrimination directe.

La discrimination est indirecte lorsqu’une disposition, un critère, une pratique apparemment neutre, est susceptible d’avoir le même impact qu’une discrimination directe et d’entraîner un effet défavorable pour une personne ou un groupe de personnes en raison d’un critère prohibé par la loi.
Exemple : Demander à des candidats à l’emploi de satisfaire à des critères de taille peut par exemple entraîner l’exclusion de beaucoup de femmes. Dans la mesure où l’auteur de cette exigence n’arrive pas à démontrer qu’une taille spécifique n’est pas indispensable pour exécuter le travail, il s’agit d’une discrimination indirecte.

Le harcèlement peut devenir un comportement discriminatoire lorsqu’il est lié à un critère de discrimination prohibé par la loi. Le harcèlement a pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne et de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

Il y a du chômage dans le pays, j'ai donc le droit de faire ce que je veux...


Le tribunal administratif a donc condamné, sans aucune ambiguïté, la pratique du président de région actuel qui consistait à ouvrir systématiquement toutes les correspondances des élus de l'opposition. Il lui a été sommé de" donner toutes instructions "pour mettre "immédiatement" fin à "ces agissements."

Et le président du conseil régional qui, dans une conférence de presse tenue le lundi 21 juin à la région, avait hurlé qu'il continuerait à ouvrir les courriers, s'est fait tout petit devant l'injonction du Tribunal Administratif et a déclaré qu'il se soumettra à la décision de justice...Finies donc les fanfaronnades puériles...On ne joue plus au major de quartier, on s' exécute .

Après cette véritable humiliation publique, le président de région aurait pu prendre de la hauteur, reconnaître ses torts et s'excuser de ses actes auprès de l'oppostion. Il en serait sorti grandi...Un proverbe de chez nous dit, avec sagacité : Gran nonm pa ka wont. Au lieu de quoi, il rejette la faute sur les autres et refuse d'assumer ses actes, comme l'aurait normalement fait un adulte responsable.

Il met même en accusation Alfred MARIE-JEANNE !!! Mais, que l'on sache,Alfred ne lui a pas conseillé de faire ce genre de choses ! Et puis, personne n'a jamais porté plainte contre Alfred pour violation du secret des correspondances ! Enfin, en 12 ans de mandat d'Alfred MARIE-JEANNE, avez-vous entendu ,une seule fois, un des élus hargneux du ppm dénoncer ces pratiques à la région ? L'occasion eût été top belle pour ces gens qui étaient à l'affût du moindre faux pas de l'ancien président de région pour le traiter de dictateur...

Mais-et plus grave sans doute ! - pour tenter de se dédouaner de ce qui est bien une faute politique grave, l'ancien maire de Fort-de-France évoque le chômage, le P.I.B. du pays, le développement, les difficultés de la Martinique et j'en passe...Qu'est-ce à dire ? Que l'état du pays lui donnerait tous les droits ? Que ce serait un crime de lèse-majesté de faire condamner des pratiques au relent d'autoritarisme ? En substance : Fermez vos gueules et laissez la lumière des lumières sauver le pays ! Où sommes-nous donc ? Je le dis solennellement : C'est ce discours-là, ce sont ces croyances-là en un homme providentiel, ce sont ces postures-là qui ont donné naissance à toutes les dérives autoritaires, à tous les obscurantismes,à tous les petits dictateurs de pacotille.

C'est dans la transparence, dans l'application de normes démocratiques, dans le respect des oppositions, dans la parole et l'attitude justes par rapport au peuple que nous sortirons notre pays de l'impasse.Aucune crise économique et sociale ne saurait justifier une dérogation à ces normes. Nous devons sans cesse travailler à renforcer la culture démocratique de notre nation, pour aujourd'hui et pour demain.

La plainte du groupe des patriotes et sympathisants contre la violation du secret des correspondances et la victoire claire obtenue doivent rappeler chacun de nous à son devoir de préserver un minimum de règles dans l'intérêt du pays. Certains peuples, contre les crises, ont choisi l'aveuglement : ils y ont perdu leur âme...et ils se sont enfoncés dans la crise.

Martinique
Francis Carole

7 juillet 2010