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mercredi 7 novembre 2012

Seuls 22 pays n'ont jamais été envahis par l'Empire britannique



22. C'est le nombre de pays qui n'ont jamais été envahis par l'Empire britannique, un chiffre cité par le quotidien britannique le Daily Telegraph, et tiré d'un livre que vient de publier Stuart Laycock intitulé All the Countries We've Ever Invaded : And the Few We Never Got Round To. 

Le Telegraph rapporte qu'il s'agit d'une étude sans précédent, que M. Laycock a entreprise après que son fils de 11 ans lui a demandé combien de pays avait envahi la Grande-Bretagne au cours de l'histoire. Le journal précise que ce résultat est surprenant car il dépasse de très loin l'image d'Epinal montrant un atlas mondial dont seulement le quart du globe était colorié en rose à l'apogée de l'Empire, entre les deux Guerres mondiales. 

Parmi les pays non envahis, on trouve Andorre, le Liechtenstein, le Luxembourg, Monaco, la Suède et la Cité du Vatican pour l'Europe ; le Biélorussie, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et la Mongolie pour le centre de l'Eurasie (si cher à MacKinder) ; le Burundi, la République Centrafricaine, le Tchad, la République du Congo, la Côte d'Ivoire et le Mali pour l'Afrique ; la Bolivie, le Guatemala, et le Paraguay pour les Amériques.

mercredi 15 août 2012

Le siècle menteur de Panetta



Prendre une figure médiocre  aux pouvoirs considérables est le symbole de la politique U.S et la France ne réagit que peu à cette situation, tout comme ces journalistes parisiens  qui viennent de s’apercevoir que leur confrère en « mission » à Damas, a été tué par une balle des « rebelles syriens », et  exposé  pour faire retomber sa mort à charge du « régime » ! Comme le dit une journaliste de Russia Today, tout n’est pas  si net qu’on veut le faire accroire !
     La raison d’Etat va bien sûr étouffer l’affaire.
Ce « siècle de Panetta » est celui du culot ; ainsi le secrétaire à la défense qui arme les ennemis de la Syrie reproche à l’Iran d’entraîner non   pas les forces syriennes, -ce qui est on ne peut plus légal, mais « les milices » du régime ; le terme est péjoratif, et les preuves sont inutiles, mais cela montre que lorsqu’une explosion a lieu en Syrie, c’est l’immeuble iranien que l’on veut atteindre.
 Tout se passe comme si le désordre syrien avait été l’œuvre de l’Iran ! C’est le monde renversé !
 Le siècle de Panetta est aussi celui de la « dronophilie », selon  un talk show de la chaîne  russe qui réunissait adversaires et partisans de l’arme US, dont on apprend qu’elle n’a jamais reçu l’approbation du congrès, qu’elle  causa 53 morts sous l’administration Bush et 400 sous celle du Prix Nobel de la Paix , locataire de la Maison Blanche ; pareille arme, justifiée d’abord humainement parce qu’elle évite des « pertes » américaines –tout comme fut  présentée ainsi l’agression atomique contre le Japon civil-, et qu’elle supprime des « militants » du terrorisme : que cela se produise dans des pays avec lesquels les USA ne sont pas en guerre, comme le Yémen ou le Pakistan ne semble pas causer de difficultés légales aux juristes américains, ni même la difficulté d’identifier et de prouver la culpabilité d’un activiste dans la préparation éventuelle d’un spectacle macabre de 11 septembre ! A cela s’ajoute que les dommages collatéraux englobant tous les hommes autour, suspects d’être des complices du « militant » en question, font de cette affaire une imposture criminelle !
  « Puis-je vous poser une question » interrompt l’animateur de RT- «  comment pouvez-vous justifier en droit international de telles pratiques d’exécutions sur un territoire étranger, sans du reste avoir un dossier suffisant ? » Bref la réponse est un aveu de taille : le 11 septembre nous met au-dessus des procédures ordinaires, car nous avons affaire à une terreur et il s’agit d’agir préventivement ! Autant affirmer que le sens du 11 septembre et de l’invention d’un terrorisme insaisissable, permet d’étreindre le monde dans sa propre terreur, et ainsi, au siècle de Panetta, fleurit un arbre de la justice, aux fleurs couleurs de sang, mais sans enracinement réel : c’est l’arbitraire qui organise et détruit, car  l’on se calque sur une figure de terrorisme qui devient son propre miroir !
    >Il semble, à voir l’assurance du secrétaire d’Etat US que le sens d’une preuve lui échappe, et les historiens de l’impérialisme US –successeur du Britannique- c’est-à-dire voulant occuper le monde- peuvent depuis  l’incident du navire américaine Le Maine, à la Havane, qui servit de prétexte à l’invasion et de Cuba et des Philippines espagnoles, jusqu’à Pearl Harbour et à l’incident de la fausse attaque des navires US dans le Golfe du Tonkin, tout soit rodé au Pentagone !
     L’audace de M. Panetta est plus obsessionnelle que celle de Mme Clinton : à chaque événement, le secrétaire  à la défense pointe l’Iran, tout comme les policiers du Conseil de Coopération du Golfe voient la main iranienne dans la révolte de Bahreïn, certainement aussi dans certains lieux d’Arabie Saoudite : la résistance syrienne à l’invasion-subversion n’aura point d’autre explication, sinon comment justifier qu’une tyrannie occupée de bombardement de son peuple puisse durer ?
       Cet art de convertir ses propres crimes en ceux d’autrui fait du Panettisme une forme de dialectique redoutable, d’illusionnisme  bien plus terrible que les jérémiades des tribuns ou colons sionistes que tout un chacun craint, mais que peu croient au fond d’eux-mêmes.
      Le siècle de Panetta est celui de l’inversion des valeurs :
1.   Un pays qui a déjà sans utilité militaire usé de l’arme atomique et son allié oriental armé jusqu’aux dents et menaçant –selon le dernier scénario dit « opération Samuel » de faire retomber le monde imaginé en temple des Philistins sur les épaules du peuple favori des New Yorkais, - pointe du doigt l’Iran comme un danger international.

2.   Une presse disciplinée caricature un « régime » syrien au point de faire honte aux Musulmans qui s’aviseraient de porter secours à leur voisin, comme il est connu dans la morale inspirée par les Hadiths prophétiques ! Et ceci touche naturellement le Christianisme subsistant en Occident puisque dans le périodique « La Croix » l’on peut lire  un appel raisonnable et charitable des frères maristes d'Alep (organisation religieuse  catholique d'enseignement née au 19ème siècle à l'Ouest de la France pour rechristianiser le pays) présents en Syrie à "arriver à une solution politique qui éviterait au pays plus de destruction" (page 3) .  , cependant que la rédaction parisienne  laisse faire du Président Assad le même portrait que l’on faisait du sultan ottoman Abd Ul Hamid à la fin du 19ème siècle! Le chapeau du ridicule est ainsi porté par un ancien diplomate dont le nom de plume est Ignace  Leverrier, ce mardi 14 août: "Bachar ..est capable de tuer davantage, de rayer des villes de la carte.." (sic) peut-on y  lire en grosse lettre bleue! 
3.   Un point de vérité cependant, dans les carnets de Théodore Herzl, il est précisément
marqué que le « sultan rouge » (du sang versé) aurait déclaré au pèlerin sioniste que de son vivant, jamais il ne tolèrerait le découpage de la Palestine. Un tel courage se retrouve aussi dans ..les pro-Assad, comme on dit, dont la lutte est un démasquage de la cruauté du siècle menteur de Panetta !

Pierre Dortiguier

mercredi 8 août 2012

Impérialisme olympien




Parmi les équipes présentes aux Jeux Olympiques de Londres,il y en a une, multinationale, formée de journalistes qui, entraînés par des coach politiques, excellent dans toutes les disciplines de la falsification. La médaille d’or revient aux Britanniques, premiers dans la discréditation des athlètes chinois, décrits comme des «embrouilleurs, farces de la nature, robots». Une seconde après que la nageuse Ye Shiwen a gagné, la BBC a insinué le doute du dopage. Le Mirror parle de «brutales fabriques d’entraînement», dans lesquelles les athlètes chinois sont «construits comme des automates» avec des techniques «aux limites de la torture», et d’«athlètes génétiquement modifiés». La médaille d’argent va au Sole 24 Ore [1] qui, par son envoyée Colledani, décrit ainsi les athlètes chinois : «La même tête carrée, la même concentration militaire, photocopie les uns des autres, machines sans sourire, automates sans héroïsme», créés par une chaîne de montage qui «produit des gosses comme des boulons», en les obligeant au choix : «plutôt que la faim et la pauvreté, mieux vaut la discipline et le sport». Il y a à Londres une nostalgie des belles années d’antan, quand au 19ème ,les Chinois étaient «scientifiquement» décrits comme «patients, mais paresseux et fripouilles» ; quand les impérialistes britanniques inondaient la Chine de leur opium, en la saignant à blanc et en l’asservissant ; quand, après que les autorités chinoises en avaient interdit l’usage, la Chine fut contrainte par la guerre à céder aux puissances étrangères (dont l’Italie) des parties de son propre territoire, définies comme «concessions» ; quant à l’entrée du parc Huangpu, dans la «concession» britannique, à Shanghai, se trouvait le panneau «Entrée interdite aux chiens et aux Chinois».

  Quand elle se fût libérée, en 1949, la nouvelle Chine, n’étant pas reconnue par les USA et leurs alliés, fût de fait exclue des Jeux Olympiques auxquels elle ne pût participer qu’en 1984. Depuis lors ses succès sportifs sont allés crescendo. Ce n’est cependant pas cela qui préoccupe les puissances occidentales, mais le fait que la Chine est en train d’émerger comme puissance capable de défier la prédominance de l’Occident à l’échelle globale. Il est emblématique que même les uniformes de l’équipe étasunienne aux J.O. soient made in China. A partir de 2014 ne seront utilisés que ceux made in America, a promis le Comité olympique étasunien, organisation « no profit » financée par les multinationales. Qui, avec les miettes de ce qu’elles retirent de l’exploitation des ressources humaines et matérielles d’Asie, Afrique et Amérique Latine, financent le recrutement d’athlètes de ces régions pour les faire concourir sous la bannière étoilée. La Chine au contraire considère «le sport comme une guerre sans usage d’armes», accuse le Mirror. Ignorant que le drapeau olympique a été hissé par des militaires britanniques, qui ont utilisé leurs armes dans des guerres d’agression. La Chine est la dernière à avoir des «athlètes d’Etat», accuse Il Sole 24 Ore. Ignorant que, sur les 290 olympiens italiens, 183 sont des employés de l’état en habit de membres des forces armées, car celles-là seulement (par un choix politique précis) leur permettent de se consacrer à plein temps au sport. Une militarisation du sport, que le ministre Di Paola appelle «binôme sport-vie militaire, fondé sur une éthique partagée, caractéristique de l’appartenance à un corps militaire comme à un groupe sportif».

Alors ce n’est pas une guerre, qui a eu lieu contre la Libye, mais un entraînement, pour les Jeux Olympiques.

Manlio Dinucci



Edition de mardi 7 août 2012 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

[1] Organe de presse de Cofindustria, l’organisation du patronat italien, NdT.

jeudi 10 mai 2012

De Chine en Inde: Clinton se déballe pour généraliser l'embargo contre l'Iran!



Les trois jours passés par la secrétaire d'état américaine Hillary Clinton en Inde auront été inutiles. New Delhi refuse toujours de se joindre à l'embargo pétrolier que les puissances occidentales voudraient imposer à l'Iran.

Lors d'une conférence de presse commune avec son homologue américaine, le ministre indien des Affaires étrangères S.M. Krishna a tenu à signaler que l'Iran "reste une importante source pétrolière pour nous", ajoutant que la baisse des importations reflétait "la décision que prennent les raffineries, fondée sur des considérations commerciales, financières et techniques". Ce qui signifie que l'Inde qui importe 12% de son pétrole de l'Iran refuse que sa baisse d'importation de pétrole suive des considérations autre que celle citées ci-dessus. La secrétaire d'Etat américaine avait exhorté l'Inde à réduire ses importations de brut iranien alors que les Etats-Unis s'apprêtent à imposer des sanctions, à compter du 28 juin, aux institutions financières de tous les pays qui continueront à acheter à l'Iran du pétrole. Il semble aussi que l'Inde diverge avec les Etats Unis dans leur façon de traiter cette affaire : «  Nous avons fortement intérêt à ce que les questions liées au programme nucléaire iranien soient résolues de façon pacifique", a ajouté le responsable indien. Tout en disant que son pays partage l'objectif américain visant à empêcher l'Iran de mettre au point l'arme atomique. Sachant que le département d'Etat américain a déjà accordé des dérogations aux membres de l'Union européenne et au Japon, tout en déclarant qu'ils faisaient des efforts importants pour réduire leurs achats de pétrole iranien. Comme s'il voulait en obtenir une lui aussi, l'Inde aussi a dit avoir réduit "de façon substantielle" son approvisionnement. Au moment de la visite américaine, une grande délégation iranienne comprenant  50 personnalités se trouvait en Inde pour renforcer les liens économiques entre les deux pays. Une rencontre a eu lieu avec l'Union des sociétés d'export indiennes. (Selon le journal Shark el-Awssat, saoudien). Avant sa visite indienne, la responsable américaine s'était rendue en Chine également gros importateur de pétrole iranien. Les agences ont mentionné  qu'elle a demandé à Pékin de former un front uni contre l'Iran, arguant que «  la meilleure façon de parvenir à une solution diplomatique est de tenter de rester forts et unis ». «  Si nous allégeons les pressions et si notre volonté faiblit, l'Iran aura mois de motivation pour négocier avec de bonnes intentions ou de prendre des démarches nécessaires pour dissiper les appréhensions internationales sur son programme nucléaire », a-t-elle dit pour persuader les responsables chinois, qui refusent de rejoindre davantage de sanctions contre l'Iran et prônent exclusivement les négociations pour résoudre le contentieux sur le programme nucléaire iranien. Aucune réponse chinoise n'est ressortie de cette rencontre. Sachant que Pékin et New Delhi, tout comme Moscou refusent de rejoindre les sanctions imposées par les puissances occidentales et soutenues fermement par les pays arabes du Golfe persique  dont à leur tête l'Arabie saoudite qui a renouvelé son engagement à fournir davantage aux pays consommateurs. Quant aux Iraniens, ils ne gardent les bras croisés. Des sources du renseignement de Debkafile dévoilent que Téhéran a mis en place des mécanismes financiers alternatifs avec la Chine et la Russie pour faire acquitter son pétrole en d'autres monnaies que le dollar américain. Autant Pékin que Moscou gardent top secret les fonctionnements de ces mécanismes. Alors que le Financial Times, citant des dirigeants de l'industrie pétrolière à Pékin ainsi que des banquiers de Dubaï et du Koweit révèle que l'Iran serait prêt à accepter le renminbi, nom officiel du yuan chinois, en règlement d'une partie du pétrole qu'il fournit à la Chine. Selon le journal français le Monde, Le quotidien britannique ajoute que Washington a fait pression sur Pékin pour que les transactions à partir de comptes chinois cessent. Une grande partie de l'argent serait désormais transférée à Téhéran par des banques russes, qui prennent d'importantes commissions sur les transactions, affirme le FT. Pour l'Iran, le client chinois représente 21 % de ses exportations. Côté chinois, l'utilisation du yuan dans les échanges offre le considérable avantage de transférer le risque de taux de change à ses contreparties - qui sont, elles, forcées d'acheter en dollars, à un moment donné. D'après le journal français, si les Etats-Unis ont imposé des sanctions à l'entreprise Zhuhai Zhenrong en début d'année (une des deux sociétés chinoises qui gèrent la plupart de l'or noir entre les deux pays) et font du chantage à leurs partenaires commerciaux (faire des échanges avec eux ou avec l'Iran), ils restent impuissants face au rééquilibrage des forces en présence sur le marché de l'énergie. Le Monde rapporte l'avis de certains observateurs qui pointent l'hypocrisie de la politique de sanction : alors que les Etats-Unis vont imposer des sanctions à compter du 28 juin aux institutions financières de tous les pays qui continueront à acheter du pétrole à l'Iran, le département d'Etat a déjà accordé des dérogations aux membres de l'Union européenne et au Japon, estimant qu'ils faisaient des efforts importants pour réduire leurs achats de pétrole iranien. Washington serait également en train de réfléchir à une dérogation pour l'Inde, qui a fait part, comme la Chine, de son opposition à cette loi. Pour sa part, l'Arabie s'efforce tant bien que mal de faire réussir les sanctions contre l'Iran. Mardi, le ministre saoudien du Pétrole s'est déplacé en personne au Japon (pays jusquà présent exempté de l'embargo) pour rassurer ce pays qui a également besoin de pétrole iranien que son pays était prêt à élever sa fourniture aux pays consommateurs en utilisant ses capacités de production supplémentaires et ses réserves. "Nous avons une capacité de production inutilisée de 2,5 millions de barils par jour et des réserves de 80 millions de barils", a expliqué Ali al-Nouaïmi à des journalistes à Tokyo, a l'issue de sa rencontre avec le ministre japonais de l'Industrie, Yukio Edano, ajoutant que le royaume produisait actuellement quelque 10 millions de baril quotidiennement. Pour subvenir aux besoins de marché, les saoudiens devraient élever leur production à hauteur de 12 millions de barils par jour. Ce qu'elle a encore du mal à atteindre. Le responsable saoudien a convenu que les prix du pétrole restaient "trop élevés", sur fond de tensions internationales autour du programme nucléaire de l'Iran. Mardi, vers 10H20 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin s'échangeait à 112,47 dollars et le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance abandonnait cotait 96,94 dollars. Al-Nouaïmi s'est toutefois gardé d'anticiper sur la prochaine réunion de l'Opep en juin, se contentant d'indiquer que ses pays membres devaient "discuter de cela". Dénué de ressources naturelles, le Japon est largement dépendant de ses achats de pétrole du Moyen-Orient. L'Arabie Saoudite lui procure 30% de ses importations d'or noir et les Emirats arabes unis 20%. Les autorités nippones assurent avoir réduit d'environ 40% leurs importations de pétrole d'Iran depuis cinq ans. Le pétrole iranien représentait toutefois encore 8,8% des achats nippons d'or noir à l'étranger en 2011. L'archipel cherche à s'assurer de nouveaux approvisionnements non seulement pour compenser cette réduction mais aussi pour pouvoir doper la production de ses centrales thermiques, la totalité de ses réacteurs nucléaires étant stoppés, au moins provisoirement, 14 mois après l'accident de Fukushima.

Source : Al Manar

mardi 17 avril 2012

L’art de la guerre : L’école de mort de l’OTAN


Contrairement à ce qu’il semble, l’OTAN aussi apprend. « Elle tire toujours des leçons de ses opérations, et c’est ce que nous sommes déjà en train de faire avec la Libye », explique l’amiral étasunien James Stavridis, commandant suprême allié en Europe. A cette fin l’OTAN dispose d’un centre adéquat, le Joint Analysis & Lessons Learned Centre (Jallc) : une sorte d’école, dans laquelle on enseigne les « leçons apprises ». Ainsi l’OTAN apprend à toujours mieux faire la guerre. Au début de celle contre la Libye, en mars 2011, le Jallc envoya une équipe d’analystes suivre les opérations auprès du centre allié de commandement à Naples. Les « leçons apprises » sont exposées dans un rapport réservé, présenté en février dernier, dont le New York Times a maintenant obtenu une copie. Que doivent apprendre les alliés, surtout ceux européens ? Que la guerre contre la Libye n’a pas été l’opération modèle qu’on pensait, mais a mis en évidence de graves lacunes. Avant tout, le fait que les alliés européens et le Canada ont dû compter de façon excessive sur les Etats-Unis. Même avec l’aide étasunienne, l’OTAN ne disposait que de 40% des avions pour la guerre électronique, qui auraient été nécessaires dans cette opération. Et ce sont les Etats-Unis qui ont fourni aux alliés la quasi totalité des munitions les plus avancées à guidage de précision : 7.700 bombes et missiles utilisés dans l’attaque contre la Libye (dont une grande partie probablement fournie par la base étasunienne de Camp Darby, à Pise). Il faut se dépêcher de combler ces lacunes. « Le président Obama a déjà demandé au Pentagone de préparer des options militaires préliminaires en Syrie ». Toutefois, « une opération militaire contre la Syrie constituerait un plus gros défi par rapport à celle qui a renversé le pouvoir de Kadhafi ». La Syrie dispose en effet de forces armées et systèmes de défense aérienne plus efficients, plus difficiles à détruire par les attaques aériennes. De plus, l’opposition syrienne est plus désarticulée et dispersée que celle de Libye pendant la guerre, « rendant plus difficiles les efforts des alliés OTAN pour se coordonner avec les rebelles ». En conséquence, pour attaquer la Syrie, les alliés européens et le Canada devraient « s’appuyer lourdement sur les capacités des USA ». En prévision de cette guerre et d’autres (dans le collimateur il y a aussi l’Iran), les alliés et le Canada sont donc en train d’accélérer les cadences pour potentialiser leurs propres capacités militaires. C’est dans ce cadre que s’insère l’accord, conclu en février dernier, de créer à Sigonella (Sicile) le système Ags (Alliance Ground Surveillance) qui, assorti des drones Global Hawk déposés dans cette base, fournira à l’OTAN un cadre détaillé des territoires à attaquer, permettant aussi de frapper des véhicules en mouvement.

Immédiatement après, en mars, les ministres européens de la défense se sont mis d’accord sur un « plan ambitieux» qui comble une autre lacune : l’insuffisance des avions pour l’approvisionnement en vol des chasseurs bombardiers qui, dans la guerre en Libye, ont été mis à disposition en grande partie par les Etats-Unis. Bravo, vous avez compris la leçon -disent les enseignants du Jallc- mais vous devez vous impliquer davantage : « L’achat d’avions et appareils électroniques coûteux peut nécessiter des années pour être réalisé ». Voilà la leçon apprise par la guerre en Libye. Les élèves qui ont réussi l’examen passent dans la guerre suivante.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 17 avril 2012 de il manifesto


Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

mardi 7 février 2012

Un million de morts en Irak : la "supériorité" de la civilisation américaine ne fait plus de doute !


Plus d’un million d’Irakiens sont morts dans la guerre américaine, mais qui compte quand il s’agit des crimes américains ?

Scène d’enterrement en Irak - Pour avoir le droit d’être comptabilisé comme victime par les médias occidentaux, il faut être blanc et chrétien

"Plus d’un million d’Irakiens sont morts dans la guerre américaine. Cette phrase est un test décisif. La réaction immédiate de certaines personnes est de dire "Ce n’est pas possible" parce que les Etats-Unis ne pourraient pas faire une chose pareille. Ou parce que des crimes d’une telle envergure ne se produisent plus. Ou parce qu’ils se produisent mais seulement dans des endroits épouvantables que les Etats-Unis n’ont pas encore libérés.

Un million de morts c’est un chiffre qui vous fait dire "Grand-papa, pourquoi n’as-tu rien fait pour empêcher ça ?". C’est un chiffre qui place indéniablement les Etats-Unis au rang des méchants de l’histoire. Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas accepter cela ne peuvent pas non plus admettre qu’un million d’Irakiens soit mort. Leur cerveau rejette cette éventualité comme s’il s’agissait d’un virus étranger.

Noam Chomsky a écrit un jour que "le signe d’une culture vraiment totalitaire est que des vérités importantes ont tout simplement perdu tout sens pour les gens et sont assimilées à des provocations du niveau de ’Va te faire foutre !’ et ne peuvent générer en réponse qu’une torrent parfaitement prévisible d’injures."

C’est en effet à peu près la manière dont les médias ont réagi au chiffre de un million quand il a été annoncé en 2007 par la firme de sondages britannique, Opinion Research Business (ORB) (nn fait la firme estimait que 1 220 580 Irakiens étaient morts, ce qui confirmait en la mettant à jour une étude réalisée l’année précédente par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et publiée dans le journal médical The Lancet).

Prenons par exemple Kevin O’Brien, le rédacteur en chef du Cleveland Plain Dealer. Quand il a reçu le mail qui l’informait des résultats des recherches de ORB qui a parmi ses clients le Parti Conservateur Britannique et Morgan Stanley, il a répondu : "Enlevez-moi de votre mailing list et épargnez-moi votre propagande cousue de fil blanc".

"Nous ne tenons pas le compte des cadavres" est la célèbre réponse que le Général Tommy Franks a faite à un reporter qui l’interrogeait sur les pertes civiles. Il n’est pas le seul dans son cas.

Dans les commentaires moroses du mois dernier sur la fin de la guerre en Irak, on a rarement trouvé un chiffre correspondant au nombre d’Irakiens morts. Les reporters ont répété que les chiffres des pertes irakiennes "n’étaient pas connus", ce qui montre que les médias ont à peu près le même intérêt pour le nombre de morts en Irak que pour le nombre d’écureuil morts dans un feu de forêt.

Ce que Mary Milliken de Reuters a écrit est typique : "Aujourd’hui nous avons commémoré la mort dans cette guerre d’un nombre inconnu d’Irakiens et celle de presque 4 500 Etasuniens."

Combien d’Etasuniens sont morts, Mary ? - Presque 4 500. Et combien d’Irakiens ? - Oh, vous savez, beaucoup. Un grand nombre.

"Un nombre inconnu" signifie qu’il n’y a pas d’estimation disponible du nombre exact de morts irakiens. En fait, il y en a deux : une organisation intitulée Iraq Body Count (IBC) a estimé à environ 110 000 le nombre d’Irakiens morts, sur la base des rapports des médias et des statistiques du ministère de la Santé. IBC admet que ce total est sûrement inférieur à la réalité parce que les armées d’occupation et les combattants de guerres civiles sectaires n’ont pas l’habitude de bien tenir leurs livres de comptes, mais il n’est pas d’accord avec le chiffre plus élevé de ORB et Johns Hopkins indiqué plus haut.

Sans vouloir entrer dans un débat méthodologique, il y a des chiffres disponibles qui permettraient de se faire une bonne idée des pertes civiles en Irak. Mais les reporters comme Kevin O’Brien et Mary Milliken ne les font pas "connaître".

Le silence qui entoure les chiffres n’est pas tant une conspiration que l’évidence que certains chiffres sont absolument incompatibles avec la mentalité impériale étasunienne.

Prenons un autre chiffre funeste d’une décennie antérieure : selon le Fond pour les Enfants de l’ONU, 500 000 enfants irakiens sont morts dans les années 1990 à cause des sanction imposées par l’ONU (sous la pression des Etats-Unis) qui empêchaient les médicaments et autres produits de première nécessité d’entrer dans le pays.

En 2000, le coordinateur des l’aide humanitaire de l’ONU a donné sa démission pour protester contre les sanctions, deux ans après que son prédécesseur ait fait la même chose. Ces deux diplomatiques expérimentés ont plus tard utilisé le mot "génocide" pour décrire la politique étasunienne.

Si vous ignorez ces faits ou les avez oubliés, vous n’êtes pas le seul. Il en est de même pour ceux qui ont décidé d’attaquer l’Irak. Il n’y a pas d’autre explication au fait que la stratégie de guerre et d’occupation étasunienne reposait sur la présomption que leur soldats seraient accueillis en libérateurs par les parents de ces 500 000 enfants. (Les sanctions d’ailleurs n’avaient pas été imposées au nord kurde, la seule partie d’Irak qui n’a pas offert de résistance massive à l’occupation étasunienne).

Ce n’est pas par hasard que la plupart des militants pacifistes les plus engagés sont des révolutionnaires d’une couleur ou d’une autre. Nous sommes capables d’appréhender l’atrocité du crime commis contre l’Irak parce que nous sommes radicaux. Et vice-versa.

Nous, les révolutionnaires, nous sommes confrontés ironiquement à la sagesse conventionnelle qui nous accuse d’être des adeptes fanatiques de "la fin justifie les moyens" sans aucun souci du sang versé, parce que nous voulons transformer la société.

Mais c’est Madeleine Albright, la Secrétaire d’Etat de l’époque, qui a dit en parlant de la mort des 500 000 enfants irakiens que "c’était le prix à payer". Et c’est Leon Panetta, le secrétaire de la Défense actuel qui a utilisé exactement la même expression à propos de la seconde invasion et occupation de l’Irak.

Ces paroles sont l’expression d’une ordre fanatique auquel nous devrions tous nous opposer de toute notre force."







lundi 16 janvier 2012

L’Occident s’emploie à installer le chaos au Sud de la planète (Dissident Voice)



La crise économique qui a commencé en 2008 et que la presse occidentale nous a dûment décrite comme imprévisible et complètement imprévue était en fait tout sauf cela. En effet le cycle capitaliste d’expansion et de récession s’est répété si souvent pendant des siècles que son existence est ouvertement admise par tous les économistes, y compris ceux de la pensée régnante, qui l’appellent par euphémisme, le "cycle des affaires". Seuls ceux qui tirent profit de notre ignorance de cette dynamique — les profiteurs milliardaires et les laquais qu’ils se paient dans les médias et au gouvernement — essayent de le nier.


Une dépression se produit lorsque la "production dépasse la demande" c’est à dire quand les gens n’ont plus les moyens d’acheter tout ce qui est fabriqué. C’est inévitable dans un système capitaliste où les moyens de production sont privatisés parce que la classe laborieuse mondiale dans son ensemble n’est jamais assez payée pour pouvoir acheter tout ce qu’elle fabrique collectivement. Les produits non vendus commencent donc à s’accumuler et les installations de production — usines, etc, — sont fermées. Les employés sont licenciés, leurs revenus diminuent et le problème s’aggrave. C’est exactement ce qui se passe en ce moment sous nos yeux.


Dans de telles circonstances les opportunités d’investissements profitables se tarissent — les détenteurs de capital ne trouvent plus d’endroits sûrs où placer leur argent. Pour eux, c’est la crise — et non le chômage, la famine, la pauvreté, etc (qui après tout demeurent un trait endémique de l’économie capitaliste mondiale même pendant les "périodes de boum" quoiqu’un peu atténué). Les gouvernements sous leur contrôle — par l’intermédiaire des médias qu’ils possèdent, de la spéculation sur la monnaie et du contrôle de l’économie — s’efforcent alors de leur trouver de nouveaux domaines d’investissement rentables.


Une manière de le faire est de détruire les services publics et de créer de la sorte des opportunités d’investissement dans les compagnies privées qui les remplacent. Dans l’Angleterre des années 1980, Margaret Thatcher a privatisé l’acier, le charbon, le gaz, l’électricité, l’eau et beaucoup d’autres choses encore. Cela a rapidement plongé des millions de personnes dans le chômage à mesure que les usines et les mines fermaient et sur le long terme cela a provoqué l’augmentation massive des prix des services de première nécessité. Mais cela a eu l’effet désiré —cela a fourni des opportunités d’investissements rentables (pour ceux qui avaient du capital à placer) à un moment où de telles opportunités étaient rares et a créé une source de fabuleux profits sur le long terme. Cet été par exemple, l’ancienne compagnie de gaz publique Centrika a encore augmenté ses prix de 18% pour arriver à 1,3 milliards de livres de profit. Cette hausse provoquera la mort de milliers de retraités qui ne pourront pas se chauffer cet hiver, mais le gaz —comme tout ce qui existe dans le système capitaliste — n’est pas là pour fournir de la chaleur mais pour augmenter le capital.


Au sud de la planète, la privatisation a été plus féroce encore. les organismes comme le FMI et la Banque Mondiale ont utilisé le levier du mécanisme de l’extorsion par la dette (selon lequel les taux d’intérêt étaient indexés sur des prêts impossibles à rembourser contractés par des dirigeants corrompus sur l’ordre des gouvernements occidentaux et qui ont rarement bénéficié aux populations) pour forcer les gouvernements d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine à réduire des dépenses publiques aussi essentielles que l’éducation et la santé ainsi que les subventions à l’agriculture. C’est une des principales causes de l’incroyable taux de mortalité infantile, des décès dus à des maladies évitables et de l’épidémie de Sida qui sévit en Afrique. Mais cette fois encore le but recherché par ceux qui orientent la politique a été atteint : de nouveaux marchés ont été créés et ceux qui possédaient d’énormes réserves de capitaux pouvaient désormais les investir dans des entreprises privées qui offraient les services que l’état n’assurait plus. Cela a donné une nouvelle vie au système du profit et le spectre de son effondrement a été écarté une fois de plus.


Lorsque la Banque Mondiale a fait fermer le service de rationnement et de distribution de grain du gouvernement indien, elle a mis fin à un système qui fournissait du grain à un prix raisonnable à tous les citoyens indiens et elle a permis aux compagnies privées de venir vendre leur grain à des prix infiniment supérieurs (parfois 10 fois plus cher). Un grand nombre d’Indiens n’ont pas pu acheter de grain et 200 millions de gens sont actuellement menacés de famine en Inde, mais les multinationales qui détiennent les stocks de grain ont fait des profits énormes — et c’est ça l’essentiel.


Cette série de privatisations à partir des années 1980 a cependant été si exhaustive que lorsque la crise de 2008 est arrivée, il ne restait que quelques fonctions étatiques à privatiser. Créer des opportunités d’investissement est devenu beaucoup plus difficile qu’il y a 30 ans parce qu’une grande partie de ce qui est potentiellement lucratif est déjà exploité au maximum.


En Europe ce qui reste des services publics est démantelé en toute hâte par les dirigeants politiques de droite, trop heureux de privatiser ce qu’il en reste, et ceux qui spéculent sur la monnaie se servent de leur pouvoir de nuisance pour détruire les pays qui tentent de résister. David Cameron, dans le droit chemin de ce qui a été imposé au Sud de la planète ces dernières dizaines d’années, se dépêche d’ouvrir le Service National de la Santé britannique aux entreprises privées et de réduire massivement les budgets des services publics en faveur des plus démunis comme les personnes âgées et les chômeurs.


Au Sud de la planète il ne reste malheureusement presque plus rien que l’Occident puisse encore privatiser car le FMI a depuis longtemps forcé les pays qu’il tenait en son pouvoir à renoncer complètement à leurs services publics.


Mais il y a une chose qui, si elle était entièrement privatisée dans le monde, engendrerait des profits à côté desquels les profits réalisés sur des nécessité de base comme la santé et l’éducation paraîtraient ridicules. Il s’agit de la fonction la plus centrale et essentielle de l’état, sa seule raison d’être, en fait : la sécurité.
Les multinationales de sécurité privée sont un des rares secteurs en croissance dans une époque de récession globale où l’augmentation du chômage et de la pauvreté génèrent le chaos et l’agitation sociale et où ceux qui ont de la fortune se demandent comment protéger leurs biens et leur vie. De plus, comme l’économie chinoise progresse à pas de géants, la supériorité militaire est en passe d’être le seul "avantage compétitif" de l’Occident — le seul domaine dans lequel sa compétence est vraiment supérieure à celle de ses rivaux. Transformer cet avantage en opportunités d’investissements et de profits à grande échelle est aujourd’hui une des tâches principales des leaders occidentaux.


Selon un article récent du Guardian, la firme de sécurité privée anglaise Group 4 est désormais "le plus grand employeur du secteur privé en Europe" avec 600 000 employés — 50% de plus que le total des forces armées françaises et anglaises combinées. Avec une croissance de 9% dans son département "nouveaux marchés" l’année dernière, l’entreprise a "déjà bénéficié des soulèvements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient". La Libye est une aubaine pour Group 4 maintenant que la sécurité n’y est plus de tout assurée probablement pour des dizaines d’années grâce à la destruction par l’OTAN des forces armées et de tout l’appareil d’état du pays. Comme la guerre entre les factions rebelles rivales a remplacé l’état de droit et qu’il n’y a aucun espoir qu’une police gouvernementale puisse fonctionner dans un avenir proche, les Libyens qui ont réussi à atteindre des positions de pouvoir ou de richesse auront sûrement besoin de s’assurer les services d’entreprises privées de sécurité pendant encore de nombreuses années.


Quand Philip Hammond, nouveau Secrétaire à la Défense britannique et homme d’affaires multi-millionaire, a suggéré que les entreprises britanniques "fassent leur valises pour aller en Libye" il ne pensait pas seulement aux entreprises spécialisées dans la reconstruction et le pétrole, il voulait aussi parler des entreprises privées de sécurité.


Les entreprises militaires privées deviennent aussi d’énormes multinationales — la plus célèbre est la compagnie étasunienne Blackwater, rebaptisée Xe Services après que son nom soit devenu synonyme des massacres commis par ses forces en Irak. Aux Etats-Unis, Blackwater a déjà relayé l’état dans beaucoup de ses fonctions régaliennes — elle a facturé ses services au Département de la Sécurité Intérieure 1000 dollars par jour et par personne à la Nouvelle Orléans après l’ouragan Katrina par exemple. "Quand vous avez un courrier urgent, utilisez-vous le service postal ou FedEx ?" a demandé Erik Prince, le fondateur et président de Blackwater. "Le but de notre entreprise est de faire dans le domaine de la sécurité ce que FedEx a fait pour la distribution du courrier". Un autre officiel de Blackwater a déclaré que "aucun d’entre nous n’aime l’idée de tirer profit de la dévastation. C’est tout à fait déplaisant. Mais c’est la réalité. Les docteurs, les hommes de loi, les employés des pompes funèbres et même les journalistes, gagnent tous leur vie parce que des choses pénibles se produisent. C’est pareil pour nous, il faut bien que quelqu’un fasse ce travail".


Cela devient dangereux quand le climat économique est tel que la gouvernement le plus puissant du monde croit devoir faire de son mieux pour créer de telles opportunités pour ses entreprises. Pendant la guerre froide, l’armée étasunienne a oeuvré (et continue à oeuvrer) pour maintenir le Sud de la planète dans la pauvreté en attaquant tout gouvernement qui essayait sérieusement d’améliorer le sort du peuple et en imposant des dirigeants qui écrasaient les syndicats et tenaient la population en respect. Cela a crée des opportunités d’investissement parce que cela a maintenu la plus grande partie de la force de travail mondiale dans des conditions si désespérées qu’elle était prête à travailler pour rien. Mais maintenant ça ne suffit plus. En période de récession, le fait que la main d’oeuvre soit bon marché ne sert plus à rien si personne n’achète plus vos produits. Pour créer des opportunités pour leurs entreprises — un grand marché mondial pour ses services militarisés — les gouvernements occidentaux doivent faire régner non seulement la pauvreté mais la dévastation. Le chaos est le meilleur moyen de transformer leur compétence en matière de sécurité en une opportunité commerciale susceptible de devenir une voie royale d’investissements au moment où toutes les autres sources de profit se tarissent.


Comme le Times l’a écrit récemment, "dans l’Irak d’après guerre, la branche d’affaires qui a fait un bond spectaculaire n’est pas le pétrole. C’est la sécurité". En Irak comme en Afghanistan, une situation d’insécurité et de guerre civile chronique et persistante a été créée par une méthode très précise. D’abord on détruit complètement le pouvoir gouvernemental existant. Ensuite on rend impossible le recours aux compétences locales pour reconstruire l’état en empêchant les anciens officiels de travailler pour le nouveau gouvernement (un procédé qu’on a baptisé en Irak la "dé-Ba’athisation). En même temps, on bannit l’ancien parti au pouvoir — la formation politique la plus importante et la mieux organisée du pays — et comme il ne peut plus jouer aucun rôle dans le processus politique, il n’a d’autre choix que de prendre les armes pour avoir de l’influence, condamnant de ce fait le pays à la guerre civile. Ensuite on attise le sectarisme le plus virulent ainsi que les divisions existantes qu’elles soient religieuses, tribales ou ethniques, la plupart du temps par des opérations clandestines des services secrets occidentaux. Enfin on privatise toutes les ressources, ce qui engendre des niveaux dangereux de chômage et d’inégalités chroniques. La situation est sans issue car ceux qui ont un diplôme ou une qualification — et qui ont aussi des moyens et des relations — émigrent, laissant derrière eux une pénurie catastrophique en main d’oeuvre qualifiée et une société qui a encore moins de chance de sortir du chaos.


L’instabilité ne s’arrête pas aux frontières du pays qui a été détruit. Dans un effet domino d’un superbe cynisme, par exemple, l’agression contre l’Irak a aussi contribué à déstabiliser la Syrie. Trois quart des 2 millions d’Irakiens qui fuyaient la guerre en Irak se sont réfugiés en Syrie accentuant la pression sur l’économie syrienne qui est une des causes principales de l’agitation actuelle dans ce pays.


La destruction de la Libye sera aussi un important facteur de chaos dans la région. Selon la Mission de soutien à la Libye de l’ONU "la Libye avait accumulé de grandes quantités de Manpads (des missiles anti-aériens) provenant de tous les pays qui en fabriquaient. Bien que des milliers d’entre eux aient été détruits pendant les 7 mois d’opérations de l’OTAN, on craint de plus en plus que ces systèmes de défense portables n’aient été pillés et ne prolifèrent tout comme les munitions et les mines, augmentant de la sorte le risque potentiel d’instabilité locale et régionale". Par ailleurs, un grand nombre de pays africains instables jouissent actuellement d’une paix fragile garantie par des forces de paix dans lesquelles les troupes libyennes jouaient un rôle central. Le retrait de ces troupes pourrait bien nuire au maintien de la paix. De plus la Libye de Kadhafi avait généreusement contribué à des projets de développement africains ; une politique qui ne sera certainement pas reconduite par le CNT — avec là encore des conséquences potentielles de déstabilisation.


Il est clair qu’un politique de destruction et de déstabilisation n’alimente pas seulement le marché de la sécurité privée mais aussi les ventes d’armes — et dans ce domaine aussi les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France sont encore leaders. En fait une politique de dévastation au moyen de guerres éclairs est en parfaite adéquation avec les trois objectifs stratégiques à long terme des planificateurs occidentaux :
1. Accaparer une part aussi grande que possible des ressources mondiales qui commencent à diminuer, et surtout le pétrole, le gaz et l’eau. Le gouvernement d’un pays dévasté est à la merci d’une puissance occupante en matière de contrats. La Libye de Kadhafi, par exemple, avait réussi à passer des accords sur le pétrole notoirement exigeants avec les puissances occidentales — en profitant de la hausse du pétrole en 1973 et à nouveau en 2009 au point d’être accusé par leFinancial Times de "Nationalisme des Ressources". Mais le nouveau gouvernement du CNT de Libye a été choisi pour sa servilité aux puissances étrangères — et il sait que le pouvoir lui serait ôté s’il cessait de servir leurs intérêts.
2. Empêcher le développement du Sud de la planète, principalement en détruisant tous les pouvoirs régionaux indépendants (comme l’Iran, la Libye, la Syrie, etc) et en déstabilisant, isolant et encerclant les puissances mondiales montantes (en particulier la Chine et la Russie).


3. Surmonter ou limiter l’impact de l’effondrement économique en utilisant leur supériorité militaire pour créer et conquérir de nouveaux marchés par la destruction et la reconstruction des infrastructures et l’élimination de la compétition.


Cette politique de dévastation totale se différencie des politiques menées pendant la guerre froide par les puissances occidentales. Pendant la guerre froide, la stratégie centrale était la même mais les méthodes différaient. On déstabilisait et envahissait régulièrement les états indépendants du Sud de la planète mais habituellement avec l’objectif d’y installer des "dictateurs complaisants". C’est ainsi que Lumumba a été renversé et remplacé par Mobutu ; Sukarno par Suharto ; Allende par Pinochet ; etc, etc. Mais le danger de cette politique "d’imposer un homme fort" était que ces hommes forts pouvaient se rebeller. Saddam Hussein en a été l’exemple parfait. Après avoir été soutenu pendant une dizaine d’année par l’Occident, il a attaqué le Koweït, un laquais de l’Occident. Les gouvernements que l’on contrôle peuvent facilement devenir incontrôlables. Cependant, aussi longtemps que les Occidentaux ont eu besoin des services que lui procuraient les armées de ces leaders (pour protéger leurs investissements, réprimer les travailleurs, etc) ; ils les ont soutenus. La crise économique qui sévit aujourd’hui en Occident nécessite des mesures plus drastiques. Et grâce au développement des entreprises privées de mercenaires et de sécurité, les armées de ces hommes forts deviennent de plus en plus inutiles.


Le Congo est un bon exemple. Pendant 30 ans, les puissances occidentales ont soutenu la loi d’airain de Mobutu Sese Seko sur le Congo. Puis, au milieu des années 1990, elles l’ont laissé renverser. Cependant, au lieu de laisser les forces de la résistance congolaise prendre le pouvoir et établir un gouvernement, elles ont sponsorisé une invasion du pays par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Bien que ces pays aient largement retiré leurs milices, l’Occident a continué à sponsoriser des milices qui ont empêché le pays de connaître un seul instant de paix en 15 ans, ce qui a engendré le plus grand massacre depuis la seconde guerre mondiale : environ 5 millions de morts. Comme le gouvernement est dans l’incapacité totale de fonctionner, les entreprises occidentales qui pillent les ressources du Congo ont pu le faire à peu près gratuitement. Bien que le Congo soit le plus grand fournisseur de coltane et de cuivre, entre autres métaux précieux, le montant total des taxes perçues par le pays sur ces produits en 2006-2007 a été d’à peine 32 millions de livres. C’est sûrement beaucoup moins que n’importe quel marionnette néo-coloniale aurait exigé.


Cela change complètement le sens du mot "gouvernement". Au Congo, les efforts du gouvernement pour stabiliser et développer le pays ont été réduits à néant par les stratégies de déstabilisation de l’Occident et de ses hommes de main. En Afghanistan, tout le monde sait que la signature du gouvernement ne signifie rien en dehors de Kaboul, et encore. Mais justement c’est ça le but. Le rôle des gouvernements imposés à l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, comme celui qu’on essaie d’imposer à la Syrie, n’est pas de gouverner ni de fournir aux populations ce dont elles ont besoin — et pas même la sécurité minimale. Ils sont là pour donne une apparence de légitimité à l’occupation d’une pays et pour octroyer des contrats d’affaires au pouvoir colonial. Ils n’ont absolument aucune autre fonction, du moins aux yeux de leurs sponsors.


Il va sans dire que cette politique de dévastation transforme les pays qui en sont victimes en enfers. Après plus de 30 de déstabilisation occidentale et 10 ans d’occupation, l’Afghanistan a les plus mauvais indices dans toutes les statistiques disponibles sur le développement avec une espérance de vie de 44 ans, et un mortalité des enfants de moins de 5 ans de un sur quatre. Mathew White, un professeur d’histoire qui vient de publier une étude des pires atrocités commises dans l’histoire dit dans sa conclusion qu’il ne fait pas de doute que "le chaos est beaucoup plus meurtrier que la tyrannie". C’est une parole de vérité que beaucoup d’Irakiens peuvent confirmer.


Dan Glazebrook


Dan Glazebrook écrit pour le Morning Star et il fait partie de l’équipe éditoriale des publications OURAIM. 
Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/12/the-west-aims-to-turn-the-...
Traduction : Dominique Muselet pour LGS
URL de cet article 15603 

vendredi 4 novembre 2011

La fameuse CHARTE DE L'IMPERIALISME


Ce texte circule sur Facebook, mais son authenticité reste à démontrer, elle est plus que douteuse, il peut être vu comme un élément de propagande, il ne faut pas lui accorder de crédit.  


La présente « charte » a été élaborée à Washington pendant la « traite négrière », ensuite discrètement négociée à la « conférence de Berlin en 1885 » pendant que les puissances Occidentales se partageaient l’Afrique ; renégocié secrètement à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la deuxième guerre mondiale et pendant la création de la « Société des Nations », l’ancêtre de l’« ONU ». Source : « Musée de Tervuren [*] » 
  
Un accord. 
I. DISPOSITION GÉNÉRALE

Article 1° :
De la Devise : - Devise  de  l’impérialisme : Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète ; Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde.

Article 2° :
Aucun pays du tiers-monde ne constitue un Etat souverain et indépendant.


Article 3° :
Tout pouvoir dans les pays du tiers-monde émane de nous, qui l’exerçons par la pression sur les dirigeants qui ne sont que nos marionnettes. Aucun organe du tiers-monde ne peut s’en attribuer l’exercice.


Article 4° :
Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières  déplaçable selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde.


Article 5° :
Tous les dictateurs doivent mettre leurs fortunes dans nos banques pour la sécurité de nos intérêts. Cette fortune servira des dons et crédits accordés par nous comme assistance et aide au développement aux pays du tiers-monde.


II. DU RÉGIME  POLITIQUE


Article 6° :
Tout pouvoir et gouvernement établi par nous est légal, légitime et démocratique. Mais tout autre pouvoir ou gouvernement qui n’émane pas de nous est illégal, illégitime et dictatorial, quelle que soit sa forme et sa légitimité.


Article 7° :
Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité et sa crédibilité. Il doit disparaître.

III. DES TRAITES  ET  DES  ACCORDS

Article 8° :
On ne négocie pas les accords et les contrats avec les pays du tiers-monde, on leur impose ce qu’on veut et ils subissent notre volonté.


Article 9° :
Tout accord conclu avec un autre pays ou une négociation sans notre aval est nulle et de nul effet.

IV. DES DROITS  FONDAMENTAUX

Article 10° :
Là où il ya nos intérêt, les pays du tiers-monde n’ont pas de droit, dans les pays du sud, nos intérêts passent avant la loi et le droit international.


Article 11° :
La liberté d’expression, la liberté d’associations et les droit de l’homme n’ont de sens que dans le pays où les dirigeants s’opposent à notre volonté.


Article 12° :
Les peuples du tiers-monde n’ont pas d’opinion ni de droit, ils subissent notre loi et notre droit.


Article 13° :
Les pays du tiers-monde n’ont ni culture ni civilisation sans se référer à la civilisation Occidentale.


Article 14° :
On ne parle pas de génocide, de massacre ni des « crimes de guerre » ou des « crimes contre l’humanité » dans les pays où nos intérêt sont garantis. Même si le nombre des victimes est très important.


V. DES FINANCES PUBLIQUES


Article 15° :
Dans les pays du tiers-monde, nul n’a le droit de mettre dans leurs  banques un plafond d’argent fixé par nous. Lorsque la fortune dépasse le plafond, on la dépose dans l’une de nos banques pour que les bénéfices retournent sous forme des prêts ou d’aide économique au développement en espèce ou en nature.


Article 16° :
N’auront droit à l’aide précitée, les pays dont les dirigeants font preuve d’une soumission totale à nous, nos marionnettes  et nos valets.


Article 17° :
Notre aide doit-être accompagnée des recommandations fortes de nature à empêcher et briser toute action de développement des pays du tiers-monde.


VI. DES TRAITES  MILITAIRES

Article 18° :
Nos armées doivent être toujours plus fortes et plus puissantes que les armées des pays du tiers-monde. La limitation et l’interdiction d’arme des destructions massive ne nous concerne pas, mais les autres.


Article 19° :
Nos armées doivent s’entraider et s’unir dans la guerre contre l’armée d’un pays faible pour afficher notre suprématie et se faire craindre par les pays du tiers-monde.


Article 20° :
Toute intervention militaire a pour objectif de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

Article 21° :
Toute opération d’évacuation des ressortissants des pays Occidentaux cache notre mission réelle, celle de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.


VII. ACCORDS INTERNATIONAUX

Article 22° :
L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts.


Article 23° :
Notre objectif est de déstabiliser et détruire les régimes qui nous sont hostiles et installer nos marionnettes sous la protection de nos militaires sous la couverture des mandats des forces de l’« ONU
».
Article 24° :
Les résolutions de l’« ONU » sont des textes qui nous donnent le droit et les moyens de frapper, de tuer et de détruire les pays dont les dirigeants et les peuples qui refusent de se soumettre à nos injonctions sous la couverture des résolutions du Conseil de Sécurité de l’« ONU ». 


Article 25° :
Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la miser, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller a travers les «Missions » de « Nations-Unies ».


Article 26° :
Notre règle d’or est la liquidation physique des leaders et dirigeants nationalistes du tiers-monde.


Article 27° :
Les lois, les résolutions, les cours et tribunaux des « Nations-Unies » sont nos instruments de pression contre les dirigeants et les leaders des pays qui défendent les intérêts de leurs peuples.


Article 28° :
Les dirigeants des puissances Occidentales ne peuvent être poursuivis, arrêter ni incarcérer par les cours et tribunaux de l’« ONU », même s’ils commettent des « crimes de guerre », de « génocide» ou des « crimes contre l’humanité ».

NOTE :
[*] À Tervuren se trouve le « Musée royal de l’Afrique centrale », Tervuren (anciennement Tervueren et également en français) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province du Brabant flamand. C'est la seule commune périphérique de la Région de Bruxelles-Capitale à être située dans l'arrondissement de Louvain (les autres sont situées dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde). Elle compte environ 20 600 habitants.