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dimanche 13 novembre 2011

La Gwadloup, sé tan nou, La Gwadloup, a pa ta yo, disaient-ils !


C’était le slogan  lancé par les manifestants  de la grève générale de février 2009, une grève contre la vie chère ayant pris naissance en Guyane puis se diffusant rapidement à la Guadeloupe et à la Martinique, une grève portée par le LKP  et par le Collectif du 5 février dans leur pays respectif.

Le conflit a duré 44 jours à la Guadeloupe, de grandes manifestations du LKP drainant des dizaines de milliers de personnes,   la vie économique de l’île paralysée, des désordres… 

Toutefois, des avancées notables ont été obtenues suite à ces grèves, dont la légitimité n’est pas à remettre en cause.  Par ailleurs, c’est une grève que j’avais anticipée  ou appelé de mes vœux dès 2006, le niveau de prix étant prohibitif aux Antilles et les revenus de la population ne suivant pas, cette inadéquation  entre les revenus et le coût de la vie allait  forcément à un moment  ou un autre créer un mouvement de révolte.

La révolte a eu lieu, mais une autre couve…


Ayant suivi  depuis la France ce mouvement de grève général, consacré une édition spéciale à ces grèves contre la vie chère,  je  me suis rendu   en Guadeloupe en 2010,  soit un an jour pour jour,  prendre le pouls du pays, voir ce que la population en disait et constater les changements, une manière de confronter les discours à la réalité.


Je me suis rendu  dans un supermarché pour de visu constater si les prix avaient effectivement baissé, et aussi  pour acheter des fruits locaux ou des Antilles. En rentrant dans ce Leader qui ne différenciait en rien à ceux que l’on trouve en France, fut ma première surprise, nous étions dans l’identité commerciale. Me rendant dans le rayon fruits et légumes, qu’elle ne fut pas mon étonnement de ne trouver aucun fruit antillais,  rien, nada, ayen, pa yonn, pas un seul fruit provenant de notre aire géographique.


J’ai tchippé et me suis dit  que les Guadeloupéens  sont une bande de petits de farceurs.


Evariste Zephyrin




Ce mouvement est relaté dans l'ouvrage de Frédéric Gircour...

mercredi 9 novembre 2011

Congrès des élus sur la violence : des propos honteux & méprisants ! Men Nou Péké Jan Fè Dèyè !!


Le lundi 7 Novem­bre 2011 se tient un con­grès des élus régio­naux et dépar­te­men­taux sur le thème de la vio­lence et de l’insé­cu­rité. Nous avons par­couru la syn­thèse du rap­port pré­li­mi­naire ser­vant de docu­ment de tra­vail aux élus.

Dans ce docu­ment hon­teux et par­ti­cu­liè­re­ment mépri­sant, le LKP est nom­mé­ment dési­gné comme la prin­ci­pale cause de la vio­lence et de l’insé­cu­rité en Gua­de­loupe.

Edi­fiant ! Ce qui suit est la con­tri­bu­tion, vali­dée par le Con­seil Géné­ral et Régio­nal, d’Errol Nuis­sier, psy­cho­lo­gue expert auprès de la cour d’appel de Basse-Terre :
«  Il nous sem­ble que le mou­ve­ment social du pre­mier tri­mes­tre de 2009 (mou­ve­ment LKP) de part son jusqu’au bou­tisme, ses slo­gans et sur­tout son inca­pa­cité à par­ti­ci­per à la vie publi­que pour faire des pro­po­si­tions et par­ti­ci­per à l’évo­lu­tion des cho­ses, a exa­cerbé d’une part la souf­france des rela­tions inter­per­son­nel­les déjà pré­sente dans le pays, a aug­menté les incer­ti­tu­des et les angois­ses des popu­la­tions les plus fra­gi­les, a accru le mépris de nous-mêmes, a exa­cerbé le racisme et la xéno­pho­bie et au-delà de tout cela, a légi­timé la libé­ra­tion sans con­trainte, ni cul­pa­bi­lité, de la pul­sion de des­truc­tion pré­sente chez tout être humain nor­ma­le­ment cons­ti­tué. En effet, il nous a appris à nous haïr nous-mêmes, à cra­cher sur nos élus, sur nos chefs d’entre­prise, sur les gens qui sont repré­sen­ta­tifs de ce pays et à défier tout ce qui venait de la France.  »

L’Etat avait très tôt rendu LKP res­pon­sa­ble de tout. C’est main­te­nant au tour de Vic­to­rin LUREL et Jac­ques GIL­LOT de son­ner une nou­velle charge et de ren­dre LKP direc­te­ment res­pon­sa­ble de la vio­lence et de l’insé­cu­rité en Gua­de­loupe ; en s’appuyant sur les pro­pos du lar­bin de ser­vice. Leur alliance avec l’Etat (par l’entre­mise de Marie Luce PEN­CHARD) ayant échoué à éra­di­quer le LKP, ces deux pré­si­dents de col­lec­ti­vi­tés (par ailleurs par­le­men­tai­res) choi­sis­sent la voie de la pro­vo­ca­tion et de l’insulte à l’adresse des Tra­vailleurs et du Peu­ple Gua­de­lou­péen. Plu­tôt que d’affron­ter la réa­lité : leur incon­sé­quence et leur incom­pé­tence à met­tre en œuvre un véri­ta­ble pro­jet de déve­lop­pe­ment éco­no­mi­que et social pour la Gua­de­loupe et les Gua­de­lou­péens.

Ce trium­vi­rat (Lurel-Gil­lot-Pen­chard) espère ainsi faire oublier sa déci­sion, prise d’un com­mun accord : de met­tre un terme aux négo­cia­tions, de ne plus réu­nir la com­mis­sion de suivi des accords con­clus avec le LKP et sur­tout de n’appli­quer aucun enga­ge­ment du pro­to­cole du 4 mars ; notam­ment les points rela­tifs au plan d’urgence pour l’inser­tion et la for­ma­tion des jeu­nes, l’arrêt des dis­cri­mi­na­tions à l’embau­che, l’accès des cadres gua­de­lou­péens aux pos­tes à res­pon­sa­bi­lité, les mesu­res rela­ti­ves à la baisse des prix et à l’amé­lio­ra­tion du pou­voir d’achat. 


En défi­ni­tive, faire oublier leur choix de pla­cer encore plus ce pays sous le joug des pwo­fi­tan.


LKP con­damne fer­me­ment ces pro­pos obs­cè­nes à visée élec­to­ra­liste (élèk­syon ka vinn) dont le but est de main­te­nir les tra­vailleurs et le Peu­ple de Gua­de­loupe dans l’igno­rance, l’auto déni­gre­ment et l’apla­ven­trisme.

N’en déplaise à tous ces réac­tion­nai­res, LKP a pleine auto­rité et légi­ti­mité pour con­ti­nuer à com­bat­tre la pwo­fi­ta­syon capi­ta­liste et la domi­na­tion colo­niale. C’est aussi une réfé­rence à laquelle les lut­tes et les sou­lè­ve­ments qui se mul­ti­plient tou­pa­tou asi latè res­sem­blent tant dans la forme que dans le fond.

Nous l’avons com­pris, il s’agit donc d’une opé­ra­tion de dés­in­for­ma­tion fei­gnant d’igno­rer que vio­lence et insé­cu­rité inter­vien­nent dans une société frap­pée par un chô­mage de masse et une pré­ca­rité galo­pante. Il s’agit aussi d’une entre­prise visant à cri­mi­na­li­ser et à dia­bo­li­ser le mou­ve­ment social ; dans le but de con­te­nir les tra­vailleurs et le peu­ple de Gua­de­loupe, de décou­ra­ger les indé­cis, et d’anni­hi­ler toute envie de redes­cen­dre dans la rue.

NOU PÉKÉ FÈ DÈYÈ ! LKP con­ti­nue de por­ter les reven­di­ca­tions qui bouillon­nent en Gua­de­loupe et appelle les Tra­vailleurs, les Jeu­nes et le Peu­ple à s’enga­ger dans une large mobi­li­sa­tion pou déchouké tout pwo­fi­ta­syon !

Pou LIYAN­NAJ KONT PWO­FI­TA­SYON

Elie DOMOTA
Lap­went, 07 Novanm 2011

mercredi 21 avril 2010

Guadeloupe : déclaration du LKP relative à la problématique des carburants


La sollicitation de l’ANACT par le Ministère des DOM relève de la démagogie.

Depuis des mois, les Guadeloupéens, rassemblés autour du LKP, n’ont cessé de dénoncer la pwofitasyon en cours dans notre pays et singulièrement autour de la question des prix des carburants.

Pendant longtemps, les compagnies pétrolières, la Raffinerie des Antilles, l’Etat, ont laissé entendre que l’approvisionnement de la Guadeloupe en carburants provenait d’Europe (Brent) ; documents douaniers à l’appui, il n’en est rien.

Le carburant consommé en Guadeloupe provient principalement du Venezuela, de Trinidad et Tobago, et des Iles Vierges Américaines.

Mettre en avant la problématique de la production des carburants, aux normes européennes, relève donc d’une méconnaissance de ce dossier.

Différents rapports et non des moindres (Autorité de la Concurrence, Rapport OLLIER, CESR…) mettent en exergue l’opacité qui existe tant en matière de fixation des prix et d’approvisionnement du marché Guadeloupéen que dans le contrôle quasi-total d’une compagnie pétrolière sur notre approvisionnement, avec un droit de vie et de mort sur les gérants et employés des stations services de Guadeloupe. Et pourtant, rien n’a été fait, les pwofitan sévissent toujours malgré leurs soi-disant états généraux et comité interministériel pour l’outre-mer. Une vaste blague. Il y a là, une volonté manifeste de l’Etat français, principal pwofitan, de revenir sur ses engagements.

Aussi, est-il curieux, malgré les rapports d’experts officiels et de parlementaires, malgré le protocole du 04 mars, que l’on veuille nous faire revenir au point de départ. C’est là l’objectif poursuivi par Mme PENCHARD, bras armé de la pwofitasyon aux ordres des compagnies pétrolières.

Force est de constater qu’à ce jour, l’Etat, principal appui des compagnies pétrolières, ne respecte pas les termes de l’accord du 4 mars. Rien n’a changé. Le Préfet fixe les prix décidés par les compagnies pétrolières et les Guadeloupéens paient.

Et que dire des autorisations données par l’Etat français aux compagnies pétrolières pour stocker des carburants dans les îles anglophones de la Caraïbe, au mépris de dispositions commerciales et douanières ?

Et que dire de l’accord donné par le Ministère du Budget à la Raffinerie des Antilles lui garantissant une marge bénéficiaire annuelle alors que c’est une entreprise privée ?

Et que dire de l’exportation de carburants de la Guadeloupe vers l’Europe ?

Et que dire du fait qu’aucune sanction n’ait été prise à l’encontre des pwofitan par l’Autorité de la Concurrence ?

Et que dire de la compagnie pétrolière française qui a investi pour plus de 20 milliards d’euros dans des installations pétrolières au Venezuela ?

Et que dire de la nouvelle raffinerie flambant neuve sur le point de voir le jour en Guyane Hollandaise ?

Et que dire de la Raffinerie des Antilles qui nous vend depuis tantôt les 70% de notre consommation achetée en produits finis aux prix le plus bas, dans la Caraïbe même, aux coûts de production de la Raffinerie ?

Vous l’aurez compris, mais visiblement vous ne le savez pas, il s’agit d’un système mafieux savamment organisé par les compagnies pétrolières avec la complicité de l’Etat, et cela au détriment des Guadeloupéens.

Le LKP continue la lutte et réaffirme ses exigences, notamment :

• le reversement de toutes les sommes abusivement perçues par la Raffinerie des Antilles et les Collectivités dans un fonds destiné à la Formation et à l’Emploi des Jeunes et à l’organisation d’un véritable service public des transports de passagers ;

• la création d’un véritable service public d’approvisionnement et de distribution des carburants, garantissant la transparence dans la formation des prix et le circuit d’approvisionnement, la qualité et l’accès à un carburant au meilleur coût ;

• l’annulation des augmentations des prix du carburant du 16 septembre 2009 et 1er janvier 2010, prises en totale illégalité par le Préfet ; un référé en annulation a été déposé depuis 4 mois maintenant devant le Tribunal Administratif de Basse-Terre ; aucune réponse du tribunal à ce jour ;

• la restitution des 3 millions d’euros versés en compensation à la Raffinerie des Antilles par la Région et le Département Guadeloupe, en décembre 2008 ;

• la restitution des 94 millions versés par le Ministère des DOM à la Raffinerie des Antilles, sous prétexte d’un manque à gagner ;

• la collecte des taxes sur le volume réel de carburants livrés aux distributeurs (prise en compte de l’effet température dans la structure des prix du carburant).

Vous l’aurez compris, nous avons bien compris que les problématiques du prix des carburants relèvent d’une escroquerie dont les acteurs bénéficient du soutien de l’Etat en personne, et nous LKP ne saurons servir de caution ou d’alibi pour quelque décision que ce soit, à qui que ce soit.

Que chacun assume ses responsabilités, nous LKP nous assumons et assumerons les nôtres.

A bas la pwofitasyon.

Le Porte Parole du LKP

Elie DOMOTA