jeudi 10 septembre 2009

37 770 demandeurs d'emploi en Martinique


Affichant une augmentation de 10 % des licenciements pour motif économique, le dernier baromêtre du pôle emploi est particulièrement sombre. En Martinique, le taux de chômage affiche 23,2 %.
Les chiffres rendus publics mardi par la direction de Pôle Emploi permettent de mesurer à quel point le marché de l'emploi s'est dégradé au cours des derniers mois (de fin juillet 2009 à fin juillet 2008). Avec pour baromètre principal, l'augmentation du nombre de demandeurs d'emplois : +8,9% en un an. Soit 37 770 demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits au Pôle emploi fin juillet. Autre élément d'appréciation le taux de chômage, qui se situe désormais à 23,2%.
Le nombre de dossiers de demandeurs d'emploi déposés en un mois au Pôle est en augmentation annuelle de +2,5% (6 143 en juillet). Tandis qu'en face le nombre d'offres d'emploi enregistrées dans le mois baisse de -5,2% sur un an (1 038 offres). Néanmoins le Pôle Emploi précise que 83,8% d'entre elles ont été satisfaites au cours du mois.
Dans le détail, ce sont les femmes qui restent les plus touchées par le chômage avec un taux de 59,1%, en augmentation annuelle de +5%. Le taux de demandeurs d'emplois chez les moins de 25 ans est de 14,2% (+1,9% sur un an). Il se situe 16,6% chez les plus de 50 ans (une explosion de +26,2% sur un an).
Evoquons pour conclure les 4 motifs d'inscriptions au Pôle Emploi. Dans l'ordre, ce sont les fins de contrat à durée déterminée, premières entrées (jeunes diplômés), les licenciements économiques et les fins de mission d'intérim qui gonflent le nombre de demandeurs d'emplois. L’évolution est à la baisse dans tous les cas de figure. Des baisses qui s'expliquent mécaniquement par l'augmentation d'un autre facteur : le nombre des licenciements pour motif économique. Un nombre « qui a augmenté de 10% au cours de la dernière année » précise-t-on au Pôle Emploi.

A.B. et E.E.-M. franceantilles.fr 09.09.2009

Pesticide chlordécone: la saisine d'un juge martiniquais irrecevable


PARIS — La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a jugé jeudi irrecevable la saisine d'un juge martiniquais dans l'enquête sur le pesticide chlordécone, tout en confirmant la régularité de l'information judiciaire ouverte à Paris, a-t-on appris de source judiciaire.

Une information judiciaire contre X avait été ouverte en 2007 par le parquet de Fort-de-France (Martinique) à la suite de plaintes déposées par deux associations, l'Union régionale des Consommateurs et l'Union des producteurs de Guadeloupe, avec le soutien des Verts.

Cette information judiciaire, menée par un juge d'instruction, avait ensuite été délocalisée au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris. Mais cette procédure était menacée de nullité, l'ordonnance de désignation du juge d'instruction en Martinique étant absente du dossier.

Jeudi, la chambre de l'instruction a finalement jugé irrecevable la saisine du juge martiniquais mais "cela ne remet pas en cause la procédure menée à Paris au pôle de santé public", a assuré à l'AFP la source judiciaire.

Selon ses détracteurs, la molécule chlordécone, qui infesterait encore au moins 20 % des surfaces cultivables des Antilles françaises, est responsable d'une hausse des cas de cancer, en particulier du pancréas.

De 1972 à 1993, cette molécule d'origine américaine a été épandue au sol pour protéger les bananes des charançons, en particulier après les fortes pluies ou le passage des ouragans. Sa production a été stoppée aux Etats-Unis au début des années 1990 après un cas de pollution.

Sa persistance dans les sols - jusqu'à sept siècles - et le risque de contamination des aliments ont justifié en 2008 l'adoption du plan chlordécone en Guadeloupe et en Martinique pour évaluer l'importance de la pollution, ses impacts et déterminer comment s'en protéger.

AFP

mercredi 9 septembre 2009

Fête de l’Humanité 2009


La Guadeloupe

Le Parti Communiste Guadeloupéen et son journal les « Nouvelles étincelles » vous attendent pour un grand moment de tokantaj et de fraternité dans une ambiance de gwada sur le stand situé avenue Che Guevarra.

Quatre espaces :

- L’espace bar avec notre rhum agricole et nos punchs aux fruits du pays

- L’espace restauration pour y déguster boudins, accras, bokits, grillades et autres plats kreol

- L’espace couleurs et saveurs du pays (artisanat, épices…)

- L’espace politique (livres, documents, échanges…)

L’exceptionnel mouvement social qui a ébranlé la Guadeloupe au 1er trimestre de cette année sera au centre de nos activités.

Samedi 12 septembre de 20h à minuit
Soirée de solidarité avec le peuple guadeloupéen
en lutte contre la « pwofitasyon »
avec la participation de la délégation du LKP invitée à la fête.

Les débats :

Vendredi 11 septembre de 20h à 22h
« bokantaj de pawol lib »
avec les dirigeants du PCG.

Dimanche 13 septembre de 14h à 16h
Débat sur le thème « Du front social à un front de décolonisation : la lutte politique des masses pour un pouvoir guadeloupéen ».
avec :
Félix Alain Flémin, secrétaire général du PCG

samedi 5 septembre 2009

Kod Yanm de Raphaël Confiant


Vingt trois ans après sa sortie, Caraïbéditions annonce avec plaisir la réédition du roman créole « Kod Yanm » de Raphaël Confiant et de sa traduction « Le Gouverneur des Dés » (sorti 6 ans après). Ces deux livres lancent la nouvelle collection de la maison d'édition, qui a pour but de republier des oeuvres de célèbres auteurs caribéens, n'étant plus sur le marché du livre depuis de nombreuses années. Avec « Kod Yanm » , nous voilà plongé au coeur de la Martinique de jadis, rythmée par les combats de coqs, les fanm-dèwò et les majò. Un ouvrage créole figurant parmi les meilleurs du genre. Un véritable « classique » de la littérature antillaise à lire absolument. « Le Gouverneur des Dés » en est la version française, permettant ainsi de se figurer dans un imaginaire tout différent une Martinique qui nous échappe quelque peu aujourd'hui. Avec ces deux rééditions, Caraïbéditions poursuit son oeuvre de diffusion de la littérature caribéenne.

- « Kod Yanm » de Raphaël Confiant. Caraïbéditions. Prix éditeur : 15,16 euros.
« Le Gouverneur des Dés » de Raphaël Confiant. Traducteur : Gerry Létang. Caraïbéditions. Prix éditeur : 15,16 euros.

jeudi 3 septembre 2009

Pesticides : la France a-t-elle chlordéconnée ?



La cour d’appel de Paris examine une plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui et administration de substance dangereuse », déposée par Harry Durimel.

Où le chlordécone délayé dans les sols antillais remonte à la surface par des voies judiciaires. La cour d’appel de Paris doit se pencher, aujourd’hui, sur la plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui et administration de substance dangereuse », rédigée par Harry Durimel, avocat et député Verts de Guadeloupe, afin de déterminer si elle est recevable ou pas. Le débat sera procédural - une histoire de pièce manquante au dossier (lire ci-après). Mais de ses conclusions dépendra l’ouverture, par le pôle santé du tribunal de grande instance de Paris, d’un procès dont les conclusions pourraient, le cas échéant, confirmer un nouveau scandale sanitaire. À savoir, l’empoisonnement des sols antillais par des pesticides dont la toxicité pour l’homme était connue des autorités françaises.

À quand faire remonter le début de l’histoire ? Mettons, à 1981. Cette année-là, le ministère français chargé de l’Agriculture accorde l’autorisation de mise sur le marché du Curlone, pesticide contenant 5 % de chlordécone, molécule particulièrement efficace contre le charançon. Découverte en 1952, celle-ci est développée par les États-Unis, qui en fabriqueront 1 600 tonnes au cours des années soixante. Après que de graves troubles ont été décelés chez les ouvriers et les riverains de l’usine qui la fabrique, les États-Unis stoppent net sa production en 1976, soit cinq ans avant que la France n’autorise son exploitation.

En 1989, une commission d’étude de la toxicité des produits phytosanitaires recommande enfin son interdiction, laquelle tombera un an plus tard. En métropole, du moins. Car, aux Antilles, la molécule continuera d’être utilisée jusqu’en septembre 1993 dans les bananeraies, grâce à des dérogations successives.

En 1999, une étude met en évidence la pollution importante des sols, mais aussi des nappes d’eau par cet insecticide. Mais ce n’est qu’en 2002 que les pouvoirs publics commenceront à prendre la mesure du problème sanitaire. En 2005, enfin, une commission parlementaire reconnaît l’enchaînement des faits. Infestées, des exploitations piscicoles et agraires sont fermées, quand leur production est reconnue impropre à la consommation.

Le débat, depuis, porte sur les conséquences sanitaires de cette pollution, dont l’impact sur les populations n’a pas encore été reconnu. Classé cancérigène pour les animaux, le chlordécone n’est classé que « cancérigène possible » pour l’homme, pour qui il est néanmoins reconnu comme perturbateur endocrinien (hormonal). Aucune étude scientifique n’a, en outre, démontré fermement un lien direct entre des cancers dont on soupçonne qu’ils peuvent être induits par la molécule (tel celui de la prostate), et l’utilisation des pesticides dans les plantations. Les faisceaux de présomption convergent cependant pour incriminer le produit. Une étude, publiée pas plus tard que lundi et portant sur les cancers possiblement liés à la pollution des sols par les pesticides organochlorés (POC) en Martinique, conclut à une « association possible » entre une hausse de myélomes multiples (cancer des os) constatée dans l’île et les POC.

Précautionneuse, elle n’est néanmoins pas la première du genre. Surtout, il y a le nombre de cancers, qui n’a fait que croître en Martinique et en guadeloupe au cours des dix dernières années. La justice française acceptera-t-elle de se pencher sur le sujet ? À la cour d’appel d’en décider.

Marie-Noëlle Bertrand


Source

Le PANCHO

ERIKA : DES INONDATIONS ET DES DÉGÂTS IMPORTANTS


Ce matin, la Guadeloupe s'est réveillée sous la pluie et les rafales de vent. Dans la nuit, le recteur a décidé de reporter d'une journée la rentrée scolaire des écoles primaires et collèges. Un premier bilan du passage d'Erika — la Guadeloupe est toujours en vigilance orange — fait état de nombreuses inondations et coupures d'axes routiers, notamment en Côte-sous-le-Vent.

Erika. On s'en souviendra... un peu. Ce cyclone qui ne dit pas son nom (on cherche toujours son œil) tenait la Guadeloupe en haleine depuis déjà 48 heures. Quand les premières rafales de vent, en début de soirée de mercredi, suivies d'éclairs puis de pluies intensives, ont ponctué l'atmosphère, les Guadeloupéens ont compris qu'il
pourrait y avoir des dégâts.

De fortes pluies

Cette — 150/200mm sur les hauteurs de la Basse-Terre, 120/150 mm de Trois-Rivières à Pointe-Noire, avec un maximum vers Pigeon Bouillante avec 140/160 mm et moins de 100 mm ailleurs en Guadeloupe, sauf entre Saint-François et la Pointe des Chateaux avec 100/120 mm— ces rafales de vent (jusqu'à 90 km/h), ont laissé des traces. Surtout en Basse-Terre. Si la route des Mamelles, qui relie l'Est à l'Ouest de la Basse-Terre, Petit-Bourg à Pointe-Noire, était toujours ouverte ce matin, des consignes strictes de sécurité étaient données par Routes de Guadeloupe. L'organisme qui gère les routes nationales et départementales demandait aux automobilistes de n'emprunter cet axe qu'en cas d'urgence, et avec prudence, des risques d'éboulements étant possibles. D'autant que la pluie n'a pas cessé au lever du jour et continue à tomber d'abondance.
En Côte-sous-le-Vent, on recensait plusieurs portions de routes impraticables : au niveau de Malendure (Bouillante), où un rocher est tombé sur la route, au niveau de la rivière Losteau, qui a changé de lit et inondé le quartier voisin, dont la grande surface. A Deshaies, aussi, où le bourg a été inondé par le débordement de la rivière.
Le président Lurel visite ce matin la Côte-sous-le-Vent pour constater l'étendue des dégâts.

Où va Erika ?
Erika, et après ? La question que se posent les Guadeloupéens.

Roland Mazurie, prévisionniste de Météo France : « Erika est toujours un système dépressionnaire sans centre distinct, donc une tempête faible qui s'évacue peu à peu en Mer des Caraïbes. Sa marge nord pourrait toucher les îles du Nord ce soir et dans la nuit et on maintient donc le Orange pour ces îles pour cette raison. Chez nous, on aura un passage en Jaune à 12 heures pour signifier que le gros des pluies est passé même s'il pleuvra encore cet après-midi et que le cœur de la tempête commence à s'éloigner avant un probable retour en vert ce soir. »

Mais encore ? « Il y aura peu de soleil cet après-midi, voire pas du tout, et encore des pluies faibles ou modérées avant les éclaircies ce soir et dans la nuit. Le vent sera tournant au Sud-est, avec des vitesse de 30/50 km/h, donc modéré, parfois assez fort sans plus... »

André-Jean VIDAL

Source