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jeudi 5 mars 2015

INFOS SUR SIVENS !


Les pro-barrages ont franchi un nouveau seuil de violence aujourd'hui. Ils sont une cinquantaine a avoir pénétré la ZAD, cagoulés et armés de barres de fer, pour saccager et agresser les ZADistes. D'après l'une d'entre elle, ils ont détruit une des fermes, le grand chapiteau, fait brûler un groupe électrogène à proximité d'une cabane accueillant des animaux, cassé les panneaux solaires et trois véhicules dont un camion. Deux militants écologistes vivant sur place ont été blessés à la tête, mais ont pu être soignés sur place.

Les gendarmes mobiles, censés éviter les affrontements, ne sont pas intervenus. Alors que les pro-barrages peuvent pénétrer la ZAD cagoulés et armés, ZADistes et sympathisants sont bloqués par les forces de l'ordre. Le préfet a refusé qu'un convoi alimentaire de soutien aux militants écologistes accède à la zone. Une situation extrêmement tendue et inégale qui fait craindre le pire à notre contact sur place ! Les gendarmes doivent mettre un terme à ces violences !

Les Désobéissants
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MESSAGE URGENT POUR LA DÉFENSE DU TESTET
Ce soir réunion d'urgence citoyenne pour organiser une action pacifiste de soutien au Testet, les dernières nouvelles sont alarmantes.

Les milices de la FNSEA bénéficiant de la complicité des forces de l'ordre font régner la terreur sur la ZAD. La situation est grave !

Voici les toutes dernières info parvenant de la ZAD(il y a quelques minutes) :
"le direct de France3 vient à l'instant, via son journaliste sur la ZAD (au carrefour de Barat) d'annoncer une éventuelle évacuation de la ZAD cet après-midi. Des Pick-up noirs des services spéciaux de police sont arrivés sur zone cette nuit. "

La RÉSISTANCE DEVIENT DE PLUS EN PLUS URGENTE !
Pour les détails pratique pour la réunion de ce soir téléphonez au 0623685406.

Ceux qui sont sur place et qui défendent la vie du Testet ont besoin de l'aide de tous !

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L'usage de la force pour evacuer les zadistes est certain 400 CRS sur place et toute une propagande dans la presse officielle pour défendre "les pauvres agriculteurs qui doivent gagner leur pain"
https://www.youtube.com/watch?v=2PJEKRdI0po
https://www.youtube.com/watch?v=EdTal_CQ17w

vendredi 10 mai 2013

L’esprit de bienveillance.



Le gouvernement Français déclare vouloir enseigner, à l’école, durant tout le secondaire, l’esprit d’entreprise. Or, cet esprit explique le malaise actuel de la civilisation puisqu’il a pour fondations le lucre, la cupidité, l’individualisme, l’acceptation des inégalités entre les humains, inégalité résultant, pour les tenants de cette idéologie, d’un ordre divin. Ce qu’il faut enseigner, pour sauver la biosphère, c’est l’esprit de bienveillance, de gratuité, de solidarité, de compassion.

Après être passé de la tribu à la cité, puis de la cité à la nation, puis de la nation à l’humanité, il est temps d’accéder à la grande solidarité avec le vivant. Le biocentrisme n’a rien de régressif, de négateur des Droits humains. Il permet d’élargir le champ de la solidarité sans rien lui retrancher. Celui qui milite pour le vivant, pour la nature, pour éviter à l’animal la torture et à un milieu naturel la destruction, s’entendra rabrouer, par un interlocuteur pétri de l’esprit d’entreprise, par cette superbe sentence : « Il y a tant d’autres causes plus urgentes et plus essentielles ». Lesquelles ? Quels combats généreux mène cet interlocuteur grégarisé ?

Dans les médias, des gens dits sérieux attendent le retour de la croissance pour panser la plaie du chômage et dissertent sur les moyens de sacrifier le bien public au profit des entreprises.

Alors, l’enfer des animaux, l’agonie de la nature sont des sujets tabous. Que doit penser le troupeau ? Réponse des médias : « Les Français se préoccupent du chômage ». Adopter des mesures contre l’élevage concentrationnaire, limiter les pesticides, freiner l’urbanisation cancéreuse risqueraient de nuire aux profits et grandes affaires de ceux qu’habite l’esprit d’entreprise, dont on attend qu’ils daignent « créer des emplois ». Le système est pervers mais sa massive propagande n’a rien à envier à celles des régimes totalitaires du siècle passé. Qui osera dire, dans les médias sous contrôle, qu’une entreprise privée ne produit ni richesses d’intérêt général, ni emplois, mais des profits, rien que des profit et très accessoirement des emplois si ceux-ci accroissent lesdits profits, puis en détruira tout autant si le profit l’exige.

Qui dira, dans ces médias, financièrement dépendants des oligarques du béton, des travaux publics, de l’armement, que la croissance est un leurre, car partout sur la planète les mêmes impératifs sont assignés aux peuples, à savoir : « faites des sacrifices, des efforts, des renonciations à vos droits sociaux et aux protections écologiques, pour diminuer les coûts, pour devenir plus compétitifs que ceux d’ailleurs et exporter ». Le système atteint ses limites et révèle sa nocivité pour la nature, pour l’animal et pour l’humain. Il faut une autre politique, non pas dans les détails, mais sur le fond. Non pas une politique qui panse les plaies, atténue les nuisances, mais qui rompt avec une logique de destruction et de démoralisation. Redistribuer et non croître indéfiniment. Ce n’est pas que dans l’ordre social, écologique et économique que le système mondialisé échoue, c’est d’abord dans l’ordre éthique.

Il enseigne aux hommes le goût de la compétition, de la confrontation, d’une fuite en avant du plus prédateur, de la concurrence, du toujours plus. Il rend ainsi l’homme mauvais. L’issue de secours passe par la solidarité, la bienveillance, l’empathie. En ce dimanche 5 mai 2013, ma sympathie est allée vers ceux qui à Paris ont manifesté contre la société de dévastation, de destructions, de mépris de la souffrance des êtres vivants. Ces manifestants, dont certains ne sont encore qu’humanistes, veulent une autre société dans laquelle la soif de profits ne serait plus valorisée, dans laquelle la finance ne dicterait plus sa loi de fer, y compris à ceux qui se firent élire en invoquant des valeurs de gauche, mais qui par contrainte et par faiblesse font la politique des oligarques et du Marché. Leur remise en cause de l’exploitation et du tout pour le profit va dans le bon sens et je les invite, en élevant leur degré de conscience et de responsabilité, à unir le vivant dans l’esprit de solidarité généreuse. La bienveillance est supérieure aux contre-valeurs méprisables qu’inculque la société capitaliste, car cette bienveillance ne s’épuise qu’en ne servant pas.

Ceux qui ne l’éprouvent pas à l’égard d’un animal qui souffre, d’une forêt que l’on efface de la surface de la terre ne peuvent pas la vivre pour l’un quelconque de leurs semblables. La bienveillance, c’est merveilleux, car plus vous en donnerez et plus vous en aurez encore. Mettre la bienveillance et l’empathie à l’ordre du jour, c’est faire une révolution aussi radicale que celle qui, il y a deux siècles et demi substitua au sujet le citoyen. C’est proclamer que l’être prime sur l’avoir et que le mépris du vivant doit être aboli.

Gérard Charollois

dimanche 17 mars 2013

DANS LE PAS-DE-CALAIS, INCROYABLE (R)ÉVOLUTION !


La commune de Loos-en-Gohelle se lance dans les Incroyables Comestibles "dans toute la ville".

La mairie appelle ses habitants à se mobiliser pour créer l'abondance partagée sur le territoire et participer. Avec les Incroyables Comestibles, c'est possible.

Communication sur le site officiel de Loos-en-Gohelle, ville pilote du développement durable dans la région Nord-Pas-de-Calais, collectivité de 7.000 habitants :

"Le 24 mars, créez avec nous le premier micro-potager de nourriture à partager sur la ville, tout en apprenant une méthode de jardinage facile et économique !

Les Incroyables Comestibles s’installent à Loos-en-Gohelle. Cette opération veut démontrer que l’abondance peut être le fruit du partage et d’une action commune et conviviale, à l’heure où l’actualité nous rappelle que l’on peut parfois nous faire manger un peu n’importe quoi quand le système nous échappe.

Concrètement : chacun met la main à la pâte et dans toute la ville, en mettant en place des micro-potagers vivriers. Au moment de la récolte, le passant peut se servir : c’est gratuit !

La ville de Loos-en-Gohelle s’associe à cette opération internationale dans le cadre du projet VITAL “Ville, transition et alimentation locale” avec les associations 3A et les Greloos et vous propose un premier rendez-vous gratuit où l’on joindra l’utile à l’agréable : créer un vrai micro potager tout en apprenant des «trucs pour jardinier pas compliqué».

• Rendez-vous devant la mairie à 10h précises.

• Inscription conseillée au 07 61 89 21 73.

Un manuel complet de jardinage sera distribué aux participants."

En transformant l'espace public en jardin potager GÉANT et gratuit, la nourriture à partager devient une ressource ABONDANTE alimentée par TOUS et accessible à CHACUN.

Avec les INCROYABLES comestibles, si chacun fait un geste, on change la VILLE. Et si on s'y met TOUS, on change le MONDE !


lundi 26 mars 2012

La France assouplit l’interdiction de pulvériser des pesticides par voie aérienne

En principe, l’épandage aérien de pesticides est interdit en France. En principe seulement, car la circulaire du ministère de l’agriculture, publiée très discrètement le 5 mars, introduit de nombreuses exceptions.Intitulé « Liste des produits phytopharmaceutiques autorisés ou en cours d’évaluation pour les traitements par aéronefs », ce texte, « à diffusion limitée » et que Le Monde s’est procuré, fournit aux directions régionales et départementales de l’agriculture, aux directions des populations, aux services vétérinaires, la possibilité de délivrer des dérogations pour toute une série de fongicides, herbicides, insecticides destinés à traiter le maïs, le riz, la vigne et les bananiers.La circulaire risque de passer pour un feu vert et présagerait alors des conflits probables entre commanditaires de l’épandage, cultivateurs bio, apiculteurs, riverains, comme ce fut le cas dans plusieurs régions en 2011.
La loi Grenelle II du 13 juillet 2010, qui, dans son article 103, interdit la pulvérisation de ce type de produits depuis un avion, un hélicoptère ou un ULM, comporte elle-même une part d’ambiguïté puisqu’elle prévoit des dérogations. Mais restreintes: lorsque cette pratique « présente des avantages manifestes pour la santé et l’environnement par rapport à une application terrestre », lorsqu’il faut agir en urgence face à un danger qui menace les plantes, les animaux, la santé humaine, ce mode d’intervention peut se justifier « dans des conditions strictement définies par l’autorité administrative pour une durée limitée » et après avis de plusieurs commissions compétentes en matière d’environnement.
« EFFETS GRAVES POUR LA SANTÉ »
La loi stipule en outre que lors des pulvérisations, l’opérateur doit respecter une distance minimale de sécurité de 50 mètres par rapport aux habitations, jardins, parcs, points d’eau, marais… La France avait par ailleurs renforcé son dispositif d’encadrement de l’usage des pesticides par épandage aérien en transposant, en juillet 2011, une directive européenne datant d’octobre 2009. La réglementation approuvée par les Vingt-Sept impose que les pesticides doivent être « expressément approuvés par l’Etat membre à la suite d’une évaluation spécifique des risques » qu’ils comportent.
La circulaire du 5 mars émanant de la direction générale de l’alimentation donne la liste de sept pesticides « autorisés », dans la mesure où ils ont été évalués par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) spécifiquement pour être appliqués par voie aérienne. Il s’agit de quatre fongicides, d’un insecticide, un herbicide et un stimulateur de défenses naturelles utilisés dans la culture des bananes et du riz.
Six sont classés officiellement « dangereux pour l’environnement » et « nocif » sur le plan toxicologique. Le site Internet du ministère de l’agriculture recense quelques-unes de leurs caractéristiques: « risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion », « très toxique pour les organismes aquatiques » au sujet du Sico par exemple ; l’inhalation de vapeurs de Tilt – qui s’avère irritant pour les yeux et la peau – « peut provoquer somnolences et vertiges » et son ingestion « une atteinte des poumons »; le Gardian présente « des risques d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion ». Les autres (Bion 50 WG, Mimic LV, Amistar, Clincher) présentent le même genre de profil.
Le ministère fournit aussi une liste de seize pesticides dont le dossier a été déposé auprès de l’Anses à la fin de l’année 2011 ou qui devrait l’être d’ici au 31 mars et qui « peuvent en conséquence être intégrés dans les demandes de dérogation » formulées par les commanditaires de pulvérisation aérienne.
S’agit-il de les autoriser avant même que l’Agence ne se penche sur leur cas respectif ? Au ministère de l’agriculture, on assure qu’il n’en est pas question. N’empêche, l’administration semble soucieuse de ne pas faire perdre de temps aux agriculteurs convaincus par ce type d’épandage. Le texte prévoit que si l’évaluation des produits n’est pas terminée au 31 mars, date limite pour cette année, une dérogation pourra néanmoins être octroyée ultérieurement.
Il n’est en outre pas sûr que les experts de l’Anses aient eu le temps d’étudier dans le détail les spécificités des sept pesticides accrédités. Certains d’entre eux disposaient d’une autorisation de mise sur le marché ancienne, qui a bien vite été actualisée.
Martine Valo
Source : www.lemonde.fr 

jeudi 15 mars 2012

Nouvelle alerte sur les gaz de schiste


« Contrairement aux affirmations du président-sortant Nicolas Sarkozy, le gouvernement vient de relancer l'instruction des permis d'explorer du gaz de schiste, en particulier en Midi Pyrénées. »

Selon Rose Frayssinet, coprésidente des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, « le préfet de Région vient de recevoir les dossiers à l'instruction pour le permis de Beaumont-de -Lomagne de la société BNK Petroleum, et le permis de Mirande. Ce dernier visiblement serait inclus dans le périmètre du premier du côté du Gers : c'est une société australienne, Gaf2gird, qui a une base en France qui a fait cette demande d'exploration. Cette première instruction porte sur la recevabilité du projet. Elle analyse la capacité technique et financière du demandeur à mener à bien l'exploration : il n'y a pas d'étude d'impacts à examiner par la DREAL. Ces études seraient obligatoires lorsque les travaux de forage seront engagés. Le permis de Beaumont-de-Lomagne de 10 405 km2 impacte le Lot, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne, l'Ariège, les Hautes- Pyrénées, le Gers, le Lot-et-Garonne et la Dordogne. »« Contrairement aux affirmations du président-sortant Nicolas Sarkozy, le gouvernement vient de relancer l'instruction des permis d'explorer du gaz de schiste, en particulier en Midi Pyrénées. »

Alain Ciekanski, conseiller régional écologiste du Lot, et vice-président de la commission Développement durable, rappelle qu'en Midi-Pyrénées, « le conseil régional a demandé l'abrogation de tous les permis accordés sans aucune concertation et dans le secret le plus total : permis de Cahors, de Foix, de Nant, de Beaumont-de-Lomage, etc. Comme nous le savons depuis le retour d'expérience d'Amérique du Nord, l'exploration des gaz de schiste, tout comme leur exploitation, est extrêmement polluante et menace de dégrader fortement les ressources en eau potable en Midi Pyrénées...»

mercredi 30 novembre 2011

Les lampes à basse consommation sont illégales



Elles contiennent du krypton 85, gaz radioactif d'une demi-vie de 10 ans et du thorium 232 d'une demi-vie de 14 milliards d'années. Le premier est un sous-produit de la fission nucléaire. Il est commercialisé en France par Areva. Le deuxième est extrait des terres rares par Rhodia dans le site saturé de déchets radioactifs de La Rochelle. Ces radionucléides sont aussi utilisés dans les phares de voiture, les projecteurs de scène et terrain de sport, les espaces commerciaux. Les lampes à basse consommation vendues au public contiennent aussi des terres rares radioactives luminescentes. L’éco-organisme de récupération des lampes usagées souhaiterait à terme pouvoir les récupérer pour les revendre à Rhodia. En vertu des articles L133.1, R1333.2 et R1333.3 du Code de la Santé Publique, l'addition de radionucléides aux biens de consommation est interdite. Cette réglementation date de 2007 alors que les lampes visées par ce communiqué étaient déjà commercialisées.


Des demandes de dérogation doivent être présentées auprès du Ministère de l'Ecologie, de l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Il est aussi prévue qu'elles soient examinées par le Haut Comité pour la Transparence et l'Information sur la Sécurité Nucléaire.
C'est seulement en 2009 que l'Autorité de Sûreté Nucléaire s'est saisie du dossier et a informé les fabricants de l'urgence à régulariser cette situation de non conformité.


C'est seulement aussi depuis quelques semaines que les producteurs de lampes réunis au sein de l'European Lamp Manufacturing Companies Federation(1) ont présenté les premiers éléments d'un dossier qu'il reste à compléter.
Il n'est pas sûr que cette dérogation au terme d'une longue instruction sera acceptée.


C'est pourquoi Robin des Bois demande aux usagers de s'informer sur les lieux de vente de la composition exacte des ampoules à basse consommation, de privilégier les modèles sans additifs radioactifs, en particulier sans krypton 85 ou autre gaz radioactif comme le prométhéum 147.


L'innocuité de ces lampes en cas d'expositions multiples, rapprochées, répétées et de longue durée n'est pas prouvée. Des situations accidentelles comme les bris, les incendies de domiciles privés, de super ou hypermarchés ou magasins de bricolage détenant des stocks importants de lampes radioactives neuves ou à recycler peuvent exposer les sauveteurs. les riverains et l'environnement à des risques méconnus. Le recyclage massif des lampes radioactives rendues au stade de déchets peut exposer les ouvriers des sites de regroupement, de traitement, de stockage ou d'incinération et les riverains à des doses supérieures aux normes recommandées. La même vigilance s'impose sur les sites de production et autour.


Pour mémoire, ce type de lampes contient aussi du mercure. Mercure + krypton 85 + thorium 232, les marchands de lumière artificielle sont très loin de l'éco-conception. Ils prétendent participer ainsi à la réduction des émissions globales de CO2. Ceci ne les autorise pas à mettre en danger l'environnement et la santé des ouvriers et du public par l'utilisation de toxiques chimiques et radioactifs.
___________
(1) Philips, GE Lighting France, Osram, USHIO et Sylvania


 
Robin des Bois
Association de protection de l'Homme et de l'environnement
Depuis 1985 / Since 1985

www.robindesbois.org 

lundi 19 septembre 2011

Fukushima ou la fin de l'anthropocène



Le tsunami qui a frappé le nord-est du Japon et les explosions consécutives dans la centrale nucléaire de Fukushima forment un emboîtement implacable de catastrophes humaines, géologiques et psychiques.
L'imbrication des éléments naturels avec les objets industriels fait de notre planète un laboratoire à ciel ouvert : aucun lieu de la Terre n'échappe plus à l'expérimentation. S'il y a bien un épicentre géologique naturel du tremblement de terre qui a dévasté le nord-est de l'île d'Honshu, la centrale de Fukushima, elle, représente l'épicentre symbolique de l'ère de l'anthropocène.
Depuis les débuts de l'époque industrielle, Homo faber s'est érigé en force géologique centrale et toute-puissante. Cette époque a commencé, il y a deux cents ans, avec les débuts de la révolution industrielle. Aujourd'hui, tous les cycles de la biosphère sont modifiés par les activités humaines - cycle du carbone, de l'eau, du phosphore...
Les glaciologues mesurent au fond des glaces polaires un surdosage de gaz à effet de serre apparu depuis les débuts de l'industrialisation, d'une ampleur inédite par rapport aux 800 000 années précédentes. Les conditions climatiques actuelles, bouleversées, ne sont plus seulement naturelles. Jamais les éléments n'ont connu de transformation si rapide. L'énergie tirée du charbon, du pétrole et de l'uranium a conféré à Homo faber une capacité accélérée d'exploitation et de destruction de la nature.
Le largage de deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki a marqué le paroxysme de cette ère de l'anthropocène. L'énergie électronucléaire trouve son péché originel dans l'explosion de la bombe atomique.
Uranium et plutonium sont aujourd'hui associés dans le combustible Mox, qui fait la fierté de l'industrie nucléaire française. "Ecologiques", car issues du recyclage d'une partie des déchets hautement radioactifs, "confinées" dans des fûts et des piscines aujourd'hui éventrées à Fukushima, ces matières - les plus dangereuses de la planète - alimentent des interrupteurs, des radiateurs, des réfrigérateurs, des trains à grande vitesse et des usines.
La consommation et l'étourdissement de masse étant devenus un état de nature au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, les fournisseurs d'électricité nucléaire ont revêtu les paillettes d'une "movida" mondiale présentée comme force d'émancipation. La récente publicité -d'Areva ne montre-t-elle pas une centrale nucléaire à proximité d'une plage imaginaire, semblable à Copacabana ou à Sendai avant le tsunami, où bat son plein une fête au son d'une techno lobotomique ?
L'anthropocène, c'est aussi cela : une ère d'exubérance qui abolit l'angoisse, où l'automobile et l'écran plat sont devenus des droits humains fondamentaux. Une ère d'addiction, où la production de moyens est devenue la fin de l'existence. Une ère d'accélération, où la croissance, qui repose sur le cycle sans fin de la production et de la consommation, doit produire toujours plus d'objets inutiles pour ceux qui en ont déjà trop. C'est la logique même du productivisme.
Le volume des objets électro-industriels excède la capacité de compréhension de notre imagination et de nos sentiments, écrit le philosophe Günther Anders. Que le Japon, archipel vulnérable, déjà frappé par deux bombes atomiques, ait pu consentir à ériger cinquante-quatre réacteurs nucléaires sur une faille sismique illustre sans doute le désarmement de l'entendement humain face à ses créations sidérantes.
Jusqu'au jour où... le sommeil de la conscience engendre des monstres. Les bombes à retardement - nucléaires, climatiques, chimiques - commencent à exploser. Nous y sommes.
Face aux vestiges des villes détruites, face à la texture du futur, qui n'est plus la même, l'effroi n'en finit pas. La réparation des dégâts immenses s'annonce lourde et longue, si tant est qu'elle soit possible. Mais la panne et l'explosion de l'enceinte de confinement des réacteurs atomiques relèvent de l'irréparable et de l'irréversible. Des zones entières vont être interdites à jamais, comme dans leStalker, de Tarkovski.
L'énergie nucléaire est d'un autre ordre temporel que la force tellurique des plaques tectoniques ou que le feu des volcans. Le déchaînement des éléments a révélé la démesure autant que la fragilité des machines thermo-industrielles.
L'humanité, actrice et victime de cette démesure, a créé les conditions de sa vulnérabilité en devenant un moteur de transformation géologique plus dangereux que les forces de la Terre. Aujourd'hui, l'explosion de la centrale de Fukushima nous dit que nous avons rendez-vous avec la sortie fracassante de l'anthropocène. Cette catastrophe nous intime de déployer une forme d'éveil non tributaire du rythme des machines de la thermo-industrie.
La fin des temps qui se déroule dans le nord-est du Japon sollicite un sursaut, une prise de conscience de l'inanité des formes de la croissance actuelle, fondées sur une soif terrifiante d'énergie, pour le plus grand profit momentané de quelques firmes planétaires. Les sociétés doivent se ressaisir afin d'inventer des systèmes à taille humaine, résilients et coopératifs.

Agnès Sinaï 

journaliste environnementale, maître de conférences à Sciences Po Paris, cofondatrice de l'Institut Momentum