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dimanche 4 décembre 2011

Les Afro-Américaines communautaristes


Pourquoi les Africaines-Américaines rechignent-elles à convoler hors de leur communauté, au risque de rester éternellement célibataires ? Explications sociologiques dans un pays toujours marqué par de fortes tensions entre Noirs et Blancs...

« À ce stade de ma vie, je pensais que je serais mariée et que j’aurais des enfants », confie Audrey, 39 ans. Cette Africaine-Américaine avenante, diplômée et sexy, vit seule à Washington et s’y résigne tristement. « Audrey fait partie du groupe de célibataires le plus nombreux aux États-Unis : les femmes noires », explique Ralph Richard Banks, professeur à la Stanford Law School (Californie) et auteur d’un livre au titre provocateur : Is Marriage for White People ?* (« Le mariage est-il réservé aux Blancs ? »)

Après une enquête à travers tout le pays, Banks – qui est lui-même noir – attribue le fort taux de célibat (près de 70 %) des Africaines-Américaines à leur rejet des mariages mixtes et à « une pénurie d’hommes noirs sur le marché ». Pénurie due, en partie, au nombre effarant des incarcérations : sur plus de 2 millions de prisonniers aux États-Unis, quelque 40 % sont des Noirs. Autre facteur aggravant : des différences socioprofessionnelles trop marquées au sein de la communauté noire. Près de 1,4 million de jeunes Africaines-Américaines font des études universitaires (niveau licence), contre 900 000 garçons, et elles sont deux fois plus nombreuses que ces derniers à obtenir leur diplôme. En 2008, elles étaient 125 000 à continuer leurs études au-delà de la licence, contre 58 000 garçons.

Pourtant, ces diplômées acceptent volontiers d’épouser des non-diplômés. Mais les couples formés d’une executive woman et d’un col-bleu, qui gagne forcément moins bien sa vie, sont voués à l’échec dans plus de la moitié des cas. Quant aux Noirs qui ont réussi, ils adoptent l’attitude inverse. Face à l’abondance de l’offre féminine, ils reconnaissent avoir l’embarras du choix entre Noires, Blanches, Hispaniques ou Asiatiques… et ne pas être pressés de s’engager !
Trahison

« Les Africaines-Américaines franchissent les barrières sociales, mais pas les barrières raciales : seule 1 femme sur 20 opte pour un mariage mixte », souligne Banks, pour qui ce refus a une raison très politique : « Elles veulent se montrer solidaires des hommes de leur communauté. Pour beaucoup d’entre elles, mariage mixte rime avec trahison. » Certaines invoquent des arguments en apparence futiles (« C’est facile de sortir avec un Noir, car il sait que je ne me lave pas les cheveux tous les jours, que je dois porter un foulard la nuit ») – preuve, selon Banks, qu’elles n’ont pas le courage de se lancer dans une kyrielle d’explications avec des néophytes. Enfin, certaines reconnaissent vouloir des bébés noirs. Comme Cecelia, qui craint, en se mariant avec un Blanc, de mettre au monde un enfant qui ne passerait pas pour le sien. « Elle aurait peur qu’on la prenne pour la nounou », suggère Banks. Parce qu’il affiche une grande complicité et élève ses deux filles à deux, le couple Obama fait d’autant plus rêver…

JeuneAfrique.com

samedi 2 juillet 2011

L'étude qui explique "pourquoi les femmes noires sont moins attirantes?"




Une étude scientifique d'un docteur de la London School of Economics conclut que les femmes noires sont "objectivement" moins attirantes que les autres femmes. Et tente de l'expliquer. Un article dont le racisme anachronique et condamnable a provoqué un tollé sur la toile.
D'après une analyse autoproclamée scientifique (dont on lui laisse la responsabilité), le docteur Satoshi Kanazawa avance que les "femmes noires sont statistiquement (…) bien moins attirantes que les blanches, les asiatiques et les amérindiennes".
Les hommes noirs, par contre, ne souffriraient pas de la même tare selon le docteur de la London Economics School (LES).
Le scientifique aurait pu en rester là mais il va un peu plus loin encore dans la stigmatisation des femmes de couleur. Car en plus d’être plus laides que les autres, les femmes noires seraient, selon lui, également plus prétentieuses.
"Il est intéressant de noter que, bien que les femmes noires soient objectivement moins attirantes physiquement que les autres, les femmes noires se considèrent subjectivement comme plus attirantes que les autres", écrit-il dans son article intitulé "Pourquoi les femmes noires sont physiquement moins attirantes que les autres femmes ?".
Un article dans lequel il tente d’expliquer la supposée moindre beauté des femmes à la peau noire par plusieurs facteurs. "Les femmes noires sont en moyenne plus lourdes que les femmes non noires", relève Satoshi Kanazawa. Une précision sans doute ajoutée pour le plaisir d’accumuler les vexations à l’égard des femmes noires. L’auteur précise en effet ensuite que "ce n’est pas la raison" qui explique leur moindre potentiel de séduction.
Par quelle raison arrive-t-il alors à expliquer son indéfendable thèse ? C’est ici que toute la rigueur "scientifique" du docteur Kanazawa s’étale au grand jour. "Parce qu’ils ont existé beaucoup plus longtemps dans l’histoire de l’évolution humaine, les Africains ont plus de mutations dans leurs génomes que les autres races". Passons sur l’anachronisme du concept de "race" pour désigner des groupes humains. Vocabulaire suspect, hérité de la pensée racialiste dont seul des résidus nauséabonds ont survécu au 20ème siècle.
Les "Africains" constituent une "race" sous la plume du Dr Kanazawa 
Outre ce langage douteux, le docteur nous apprend que donc que les "Africains" sont une "race". Les Africains blancs d'Afrique du Sud ou du Zimbabwe feraient donc partie de la même "race" que les Berbères du Maroc, les Peuls de Guinée, les Balubas du Kasaï ou les Masaï du Kenya. Rappelons donc au docteur que lorsque l’on parle d’humain, "noir" n’est pas égal à "africain" et vice versa. 
Et de toutes façons, selon le Dr Kanazawa, ces "mutations génétiques" encourues par les Africains (ou les noirs, on ne sait plus très bien) ne ‘peuvent pas expliquer pourquoi les femmes noires sont moins attirantes’.
Alors? Alors, la seule chose à laquelle cet éminent scientifique pense pour expliquer la beauté inférieure des femmes noires est "la testostérone". "Les Africains (sic) ont un taux moyen de testostérone plus élevé que les autres races (sic)", or "la testostérone étant androgène (une hormone mâle), elle affecte l’attractivité physique" des femmes négativement.
"Les différences raciales dans le niveau de testostérone peut potentiellement expliquer pourquoi les femmes noires sont physiquement moins attirantes que les femmes des autres races". "Potentiellement" donc, on en est toujours au stade de la supputation. Décidément, en termes de scientificité, la publication du Dr Kanawaza ne vaut pas tripette. 
Etant donné le nombre de non-sens et le caractère révoltant du racisme primaire qui se dégage de cette étude, l’article a évidemment déclenché une véritable tempête de protestations sur la toile. Pas étonnant que le site Psychological Today (présenté comme "très sérieux" par le Nouvel Obs) ait décidé de le retirer de son site et de publier en lieu et place un texte qui dément les conclusions des analyses statistiques sur lesquelles se base l'article du docteur de la LSE.   
Ce qui est beaucoup plus étonnant, c’est qu’un site "très sérieux" ait pu publier un tel amas de non-sens et d’insultes à la science psychologique et aux femmes noires de par le monde.
Julien Vlassenbroek