jeudi 3 février 2011

La mort d'Édouard Glissant, actualité Culture : Le Point

 

"Soleil de la conscience" des mutations de notre monde, le poète penseur martiniquais est décédé ce jeudi 3 février à Paris.


"Par Valérie Marin La Meslée

Qui sait qu'un homme d'une importance considérable pour ses semblables est mort jeudi matin à Paris ? Son nom est Édouard Glissant. Né en Martinique en 1928, il était poète avant tout, même quand il était philosophe et romancier (prix Renaudot 1958 pour La Lézarde, du nom de la rivière voisine de son morne Bézaudin). Colosse à la voix frêle, grand amoureux de la vie au regard malicieux - il faut le voir avec son plus jeune fils, Mathieu, revenir sur les lieux de l'enfance, dans le film Empreintes (rediffusion sur France 5 le 6) -, ce penseur immense au coeur malade, déjà, nous a quittés à l'âge de 82 ans. Or, Glissant s'en est allé avant que le plus grand nombre sache l'indispensable de son oeuvre, sa pensée humaniste pour la compréhension profonde et durable de notre temps. Pourquoi ? Réputé difficile d'accès, l'inventeur du 'Tout-Monde' n'avait pas le sens du compromis. C'était tout ou rien. Et si on ne voulait pas de lui comme il était, il choisissait de rester intègre à son oeuvre plutôt que d'en souffrir la déformation simplificatrice.

Mais la réputation qui entoure Glissant est excessive, voire abusive, car il n'est pas si 'compliqué' d'accéder à ses écrits. Il suffit de se laisser porter par le cours de ses phrases comme le corps épouse la vague. Alors, on sent bouger les profondeurs du monde, les mouvements qui le rythment et les relations qui unissent chaque être à l'autre, quelle que soit son origine. Glissant a tout dit du métissage, de la diversité, des migrations, des conversations possibles entre les hommes au-delà des frontières, des notions de nation ou d'identité de nos jours, et pour ceux qui nous attendent. Il a pensé les mutations de notre temps comme aucun autre.

Le Tout-Monde

Bien sûr, de là où il était né, ce petit pays mêlé de Martinique, creuset de races et de peuples, laboratoire des différences réunies en un lieu marqué par l'esclavage, dépendant de la France, le poète a montré que l'Histoire avait donné à l'Occident la supériorité du discours, la grandeur de la conquête, la puissance du colon. Son premier grand poème, 'Les Indes' (1956), donne à entendre la conquête par la voix du conquérant et par celle, toujours absente, du conquis. La même année, son essai Soleil de la conscience devine 'qu'il n'y aura plus de culture sans toutes les cultures, plus de civilisation qui puisse être métropole des autres, plus de poète pour ignorer le mouvement de l'Histoire'. Tout est déjà en marche dans ce livre magnifique et majeur. Et facile, qu'on se le dise ! Il est réédité par Gallimard, comme la plus grande partie de son oeuvre. Du laboratoire antillais, Glissant étend l'expérience de ce qu'il nommera le 'Tout-Monde' au monde entier, et invente le concept non pas de créolité, trop refermé, mais de créolisation, processus ouvert et en marche qui repose sur cette phrase à méditer pour longtemps : 'Je peux changer en échangeant avec l'autre sans me perdre ni me dénaturer.'

La 'poétique de la relation' est née. Elle montre qu'à travers les dialogues féconds entre les imaginaires, chaque localité, chaque espèce, à l'heure de la mondialité, cette 'réalité prodigieuse', envers de la mondialisation uniformisante, peut faire entendre sa partition.

Son dernier opus, l'incroyable poème universel tissé de textes venant de toutes les cultures et de toutes les époques, son Anthologie poétique du Tout-Monde, en témoigne. 'Un livre pour une vie', dit Emmanuelle Colas, qui, depuis 2007, a donné, au sein de sa maison d'édition Galaade, une visibilité à Glissant grâce à une succession de petits textes en forme de manifestes, souvent rédigés en collaboration avec Patrick Chamoiseau, tous deux formant un binôme de maître et de disciple. 'Quand les murs tombent' (auquel d'une certaine façon est venu répondre 'L'éloge des frontières' de Régis Debray), 'L'intraitable beauté du monde', adresse à Barack Obama dont ils saluèrent ensemble l'avènement, ou encore cette anthologie de textes sur l'esclavage, que l'éditrice voudrait pouvoir diffuser auprès de tous les lycéens...

Bruits

Lire Glissant, c'est d'abord sentir, ressentir les imaginaires qui sont de plus en plus amenés à se côtoyer dans le monde, c'est dépasser ce que ses détracteurs nomment 'abscons' pour écouter, derrière les concepts, les bruits du monde tel qu'il est. D'ailleurs, Édouard Glissant était très patient dans sa grande impatience. Il a enseigné plus de vingt ans aux États-Unis. Et se montrait toujours prêt à répéter une définition, car la répétition, et même le ressassement revendiqué, faisait partie des notions qu'il prônait : manière d'ancrer son rapport au monde dans les consciences, lentement, mais sûrement. Il invitait à prolonger les échanges au sein de l'institut du Tout-Monde, qu'il a créé avec les indéfectibles soutiens de la Maison de l'Amérique latine et de la fondation Agnès B et que dirige son épouse Sylvie. Pour commencer à arpenter l'archipel Glissant, son dernier livre d'entretiens avec Lise Gauvin, L'imaginaire des langues, qui vient de paraître chez Gallimard, est une entrée limpide à conseiller. Pour prendre la mesure du monde tel que sa pensée nous l'éclaire, sous le soleil de cette conscience unique et que l'oeuvre immortalise.

Interviewé chez lui en mai 2010 pour la parution de son Anthologie poétique du Tout-Monde (éd. Galaade), Édouard Glissant parle de l'identité-relation.



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Duel entre Manigat et Martelly à la présidentielle en Haïti

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Le second tour du scrutin présidentiel haïtien opposera le 20 mars l'ancienne "première dame" Mirlande Manigat au chanteur populaire Michel Martelly, a annoncé jeudi le Conseil provisoire électoral.

Les résultats définitifs du premier tour, qui s'est déroulé de façon chaotique le 28 novembre dans un pays dévasté par le tremblement de terre de janvier 2010, écartent de la course le candidat du gouvernement, Jude Célestin, que les chiffres préliminaires, très contestés, donnaient en deuxième position.

Ces résultats définitifs sont conformes à une recommandation de l'Organisation des Etats américains (OEA), appuyée par les Etats-Unis et des donateurs occidentaux.

Dans les locaux du Conseil électoral protégés par des policiers de l'Onu et d'Haïti à Port-au-Prince, les journalistes locaux et étrangers avaient manifesté leur impatience durant la nuit, les autorités n'ayant pas tenu leur engagement d'annoncer les résultats mercredi.
Mirlande Manigat, 70 ans, avait obtenu la plus grande part des suffrages au premier tour, mais en nombre insuffisant pour l'emporter d'emblée. Washington et les Nations unies ont fait pression sur les dirigeants et les autorités électorales d'Haïti pour qu'ils acceptent la recommandation en faveur de Michel Martelly, 49 ans.

Des partisans du chanteur avaient violemment manifesté en décembre contre les résultats préliminaires du Conseil électoral, qui donnaient Jude Célestin en voie de qualification pour le second tour.
TENSIONS

Les experts de l'OEA avaient relevé, dans les décomptes préliminaires, des irrégularités nécessitant une révision.

Ils avaient jugé que Jude Célestin devait être écarté du second tour au profit de Michel Martelly, initialement donné en troisième place avec moins de 7.000 voix de retard sur le candidat soutenu par le président sortant, René Préval.
Mercredi, nombre de banques, d'écoles et de commerces avaient fermé plus tôt que d'habitude dans la capitale, de crainte de violences à l'annonce des résultats attendus. Les Nations unies et leurs agences ont recommandé la vigilance à leurs employés et aux habitants, de même que les ambassades.
Dans ce climat de tensions politiques, l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud, a demandé au gouvernement un passeport diplomatique pour regagner Haïti.

Plusieurs centaines de partisans d'Aristide ont manifesté mercredi devant le ministère des Affaires étrangères pour exiger qu'on lui délivre un passeport.
Les Etats-Unis et les donateurs occidentaux, qui s'efforcent de maintenir le processus électoral sur les rails, redoutent qu'un retour d'Aristide n'enflamme 
les passions politiques.

L'ancien prêtre catholique, dirigeant charismatique qui bénéficia en son temps du soutien de divers mouvements de gauche, a encore des partisans passionnés en Haïti. Devenu le premier président élu du pays en 1990, il avait été évincé en 2004 par un soulèvement armé.
Le mandat de René Préval expire lundi, mais le parlement lui a donné son accord pour le prolonger si nécessaire jusqu'au 14 mai afin de pouvoir céder son poste à un successeur élu.

Après le tremblement de terre de 2010, Haïti combat une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 4.000 morts.


Joseph Guyler Delva

Edouard Glissant, le puisatier du tout monde

 
Nous avons  pratiquement lu tout ce qu’a écrit Édouard Glissant,  nous vous avouons n'avoir rien compris ni retenu grand chose de son œuvre. Son écriture est d'une rare complexité, elle s’apparente à une espèce de mantra, comme un rituel duquel émergerait une pensée créatrice, un jaillissement fécondateur, qui à son tour nous permis d’écrire ou d’asseoir notre réflexion non exempte de quiproquos, d’interprétations erronées  ou d’incompréhensions.

Nous ne l'avons jamais  rencontré ni croisé, des échos de lui par amies interposées dont l'une a suivi son cycle doctoral (PHD) à l'université de New York, nous semble-t-il et une autre ayant travaillé dans l’école qu'il a fondée en Martinique, Glissant ayant été son directeur à l’époque, l'une comme l'autre n'en garde pas un souvenir impérissable, mais le propre des génies est d'être différent, souvent illisibles à la plupart des gens,  hors de portée et hors de compréhension, ne s'inscrivant dans les schèmes de pensées et dans les contingences des individus lambda ou du commun des mortels.

Quoi qu'il en soit, son œuvre, ce qu’elle porte ou sous-entend parle pour lui. 

Son esprit refaçonnait le monde, tentant de l'inscrire dans une grande fraternité, dans une humanité abolit des frontières raciales voire territoriales, l'homme dans un grand tout, dans un tout monde.
C'est un rêve de philosophe. 

Comme le rêve c'est intangible, immatériel, impalpable, l'antillanité ce concept d'une fraternité humaine, d'une nouvelle relation de l'un à l'autre, pouvant s'apparenter à un  nouvel évangile ou évangélisme,  effaçant ou arasant  les différences, culturelles, cultuelles,  refondant l'humanité dans un processus de mondialisation, plus encore d'antillanisation. Nous n'y croyons pas ! 

Les races, les frontières ne disparaîtront, l'homme ne se fondra pas dans la multiplicité afin de donner naissance à cette unicité, à cet être fraternel   devenant l'Homme enfin débarrassé de ses pulsions animales et  de ces affects, non pas que le philosophe le préconisait, mais à  notre sens, c'est la condition sine qua non  afin que l'homme progresse dans son humanité et fusionne dans ce tout monde, quelque part indifférencié, métissé, donc uniment semblable.

Ce millénaire ne verra pas naître l'Homme inédit, cet homme reconstruit par l'histoire et espéré par les philosophes,  car il y aurait tant à déconstruire en lui : la violence, l'envie, la jalousie, la haine, le racisme, la fatuité, la vanité...
Nous croyons l'homme  insusceptible de progrès sur le plan moral et celui  des émotions, étant et restant un être de destruction, de répulsions,  un être profondément amoral.

Au sens religieux, il naît du mensonge, du meurtre  et depuis il en fait ses aises, son grand chemin.

Mais, il est bon de croire pour l'homme qu'il peut s’affranchir de ces contingences biologiques ou de ce déterminisme "divin" et se penser fondamentalement bon, voire  se bonifiant au fil des siècles.

C'est en cela que le prophète ou le philosophe du moins certains  d’entre eux, les plus rares contribuent ou rappellent, nous rappellent sans cesse   à plus d'amour, plus de fraternité, à plus d'humanité, comme le prêtre à plus de compassion et de charité.

C'est en cela qu'ils perpétuent, l'illusion, le rêve ou peut-être balisent le chemin.
Il n'y aura pas d'homme nouveau, il n'y aura pas d'homme récrée, inexorablement l'homme continuera sa marche vers la destruction, vers sa propre destruction, il est enfermé dans sa destinée.

Les hommes comme Glissant, Gandhi, Martin Luther King, l'abbé Pierre,  les êtres   comme Jésus, Bouddha, Mahomet,  nous les voyons tels des ralentisseurs de l’inévitable, des hommes utiles, ils le sont : utiles et à la fois tellement inutiles au regard de la marche de ce monde.

Mais nous avons besoin de ces êtres-archipels, de ces « étonnantes rencontres », de ces hommes-pont, de ces êtres saturés aux cris audibles  et regrettons qu’il n’y en ait pas  en surnombre, avec eux certainement le monde, les hommes chemineraient sur « une floraison de mers », nous ajouterons, les hommes chemineraient au-delà d’eux-mêmes, loin du précipice.


Tony Mardaye



Édouard Glissant, né le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie en Martinique et mort à Paris le 3 février 20111 est un écrivain, poète et essayiste français.

Édouard Glissant est mort


Chantre éloquent de la diversité et du métissage, le grand écrivain antillais Edouard Glissant est mort le 3 février, à Paris, à l'âge de 82 ans. Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique et penseur de la "créolisation", il était né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928 et avait suivi des études de philosophie et d'ethnologie, à Paris.
Le prix Renaudot attribué, en 1958, à son roman La Lézarde, fit connaître du grand public cet intellectuel qui ne sépara jamais sa création littéraire d'une réflexion militante. Influencé par la philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari, il a fait une utilisation politique de l'histoire et de la géographie des Caraïbes, manifestant sa révolte contre les racismes de toutes sortes et rappelant la tâche indélébile de l'esclavagisme sur les relations de la France avec l'Afrique et tout "l'outre-mer".

S'opposant à tout système imposé, à tout refus de l'autre, Edouard Glissant a été le chantre du métissage et de l'échange, formulant dans les essais regroupés au sein de la série "Poétique" sa thèse sur la "Philosophie de la relation" et la "Poétique du divers". Lui-même a refusé de s'enfermer dans un genre unique, circulant en permanence entre le roman, l'essai et le poème, y compris au sein de chaque ouvrage.

DES ROMANS ORIENTÉS VERS L'IMAGINAIRE

Edouard Glissant, qui entretenait des relations à la fois respectueuses et conflictuelles avec Aimé Césaire, l'autre grande personnalité du monde antillais, a aussi manifesté son souci de la filiation littéraire, à travers des écrivains et "disciples" tels que Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant ou Ernest Pépin.

Ses romans, du Quatrième siècle (Seuil, 1965) à Ormerod (Gallimard, 2003), sont orientés vers un monde imaginaire et mythique, loin de tout naturalisme, mais aussi du pittoresque propre à certains romanciers antillais.

Après avoir créé, en Martinique, un centre de recherche et d'enseignement, ainsi qu'une revue baptisée Acoma, Edouard Glissant avait fondé, à Paris, un Institut du Tout-monde, destiné à mettre en pratique ses principes humanistes et à permettre la diffusion de "l'extraordinaire diversité des imaginaires des peuples".

 Raphaëlle Rerolle

Disparition d’Edouard Glissant : une grande perte pour les Antilles, l’Outre-mer et la France

Patrick Karam, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des
Français d’Outre-mer, tient à rendre hommage à  Edouard Glissant, l’un des
plus grands poètes contemporains, décédé aujourd’hui à l’âge de 82 ans.

Fondateur des concepts d’antillanité, de créolisation et de tout-monde,
Edouard Glissant avait obtenu de nombreux prix et distinctions, notamment 

le prix Renaudot en 1958 pour la Lézarde.

Poète, essayiste, écrivain, il laisse derrière lui une œuvre considérable et
un travail sur l’identité antillaise qui ont inspiré toute une génération
d’écrivains antillais qui formera le mouvement de la créolité, dont Patrick
Chamoiseau, Ernest Pépin ou encore Raphaël Confiant.


En cette année 2011 consacrée à l’outre-mer, Patrick Karam rappelle l’apport
considérable des intellectuels ultramarins à l’œuvre nationale et appelle de
ses vœux une manifestation consacrée à cet immense écrivain qui nous quitte
aujourd’hui.


Patrick KARAM adresse ses plus sincères condoléances à sa famille ainsi qu’à
ses proches.

mardi 1 février 2011

Jean-Bertrand Aristide doit rentrer chez lui !



Voici bientôt sept ans que le premier président démocratiquement élu de l’histoire d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide, a été enlevé par un coup d’État organisé par le gouvernement de George Bush, avec l’appui de la France et en particulier du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Dominique de Villepin qui, pour cette basse besogne, avait utilisé sur place sa propre sœur, Véronique de Villepin-Albanel, le peu scrupuleux et très ampoulé Régis Debray, intellectuel de pacotille qui, le 357 magnum à la ceinture, ou du moins sous la protection de gardes armés jusqu'au dents, faisait mine de réfléchir sur l’avenir des relations franco-haïtiennes, et l’ambassadeur Thierry Burkard, spécialement dépêché par Villepin pour déstabiliser le gouvernement haïtien. C’est le chargé de presse de l’ambassade, Eric Bosc, un bien curieux diplomate, expulsé depuis du Togo pour ingérence, qui se chargeait d’intoxiquer la presse française sur les prétendues «turpitudes» du président haïtien. Jean-Bertrand Aristide a été enlevé chez lui en pleine nuit par les forces spéciales de Washington, menées par le résident de la CIA à Port-au-Prince, Luis Moreno, ainsi que l’a parfaitement relaté Franz Gabriel, un témoin oculaire, dans un livre de Randall Robinson, Haïti l’insupportable souffrance. Un avion des services spéciaux américains, après plusieurs dizaines d’heures d’errance, a conduit le président en Centrafrique, où la France est devenue le geôlier de ce nouveau Toussaint Louverture. Il s’en est fallu de peu que l’ancien prêtre, vilipendé et calomnié par une presse aveugle, ne soit assassiné dans les geôles de Bozizé et que la France ne soit accusée d’avoir fait le coup… Un avion affrété par ses amis a fort heureusement pu venir le chercher et le conduire en Jamaïque, avec l’accord de la Caricom, avant que l’Union africaine ne prenne le relais en chargeant l’Afrique du sud de l’accueillir. C’est là bas qu’il a subi un exil forcé de près de sept ans. Sept années où, sous la protection des services sud-africains, il a enseigné à l’université de Prétoria. Sept années pendant lesquelles il a pu compter ses amis. En particulier en France où peu de voix, hormis la mienne, se sont élevées pour prendre la défense d’un homme injustement calomnié. Ce qui m’a valu maintes insultes, de la part des pires macoutes qu’une certaine France tient pourtant en haute estime. N’a-t-elle pas hébergé et protégé depuis 1986 un dictateur notoire, Jean-Claude Duvalier, parti lui, il est vrai, avec plusieurs centaines de millions de dollars d’économies ? Je n’ai jamais caché l’amitié et l’estime que je porte à Jean-Bertrand Aristide, depuis notre première rencontre, lorsqu’il préparait, l’été 2003, avec de bien maigres moyens, le bicentenaire de son pays, rappelant au passage que la France avait une dette de 21 milliards de dollars, extorqués par la force en 1825 à la jeune république. Les calomnies déversées sur le président haïtien, évidemment motivées par la volonté de saboter le bicentenaire de la première république nègre et d’écarter du pouvoir un homme jugé dangereux par son intelligence et son charisme, ne m’ont jamais fait dévier de cette amitié et il ne s’est jamais écoulé plus de cinq semaines sans que nous nous parlions longuement au téléphone. J’ai la très ferme conviction que Jean-Bertrand Aristide peut et doit à présent rentrer pour aider son pays meurtri par un cataclysme, une épidémie, et la déstabilisation entretenue depuis deux siècles par des Occidentaux racistes, à se reconstruire. Au moment où un Bébé Doc rentre tranquillement au bercail, et où Villepin a enfin compris que Napoléon ne paie plus, ce serait bien la moindre des choses. Ce qui a conduit les pays dominants, c'est-à-dire les anciens colonisateurs esclavagistes, à empêcher Jean-Bertrand Aristide de rentrer (tout simplement en refusant depuis sept ans de lui délivrer un passeport) c’est qu’à son arrivée, des dizaines, des centaines de milliers d’Haïtiens descendront dans la rue pour acclamer leur président. Depuis sept ans, les manipulations, les forces d’occupation, les élections truquées, les assassinats, les mensonges d’une certaine presse, n’en ont jamais effacé le souvenir. Avec Jean-Bertrand Aristide, nous avons souvent, et il y a seulement quelques heures encore, évoqué ce moment que j’espère bien partager avec lui. Très prochainement, peut-être.

Claude Ribbe

Jermaine Jackson au Zénith de Paris



 Jermaine Jackson avec Nadège Sinseau au Zénith de Paris, suite au spectacle Thriller.

Alors qu'il se trouvait à Cannes pour les NRJ Music Awards, Jermaine Jackson en a profité pour recevoir différents journalistes pour des interviews et ses fans.

Jermaine Jackson  nous a  confié  qu'il entreprenait la réalisation d’un prochain opus : «  Dès lundi matin, je travaille sur un nouvel album que je vais réaliser en France. Je suis très excité à l’idée de bosser avec des musiciens français. Pour moi, c’est très important de faire de la musique ici, ailleurs qu’en Californie, ça permet de trouver de nouvelles vibrations. »  Nous a-t-il déclaré.

Nadège  Sinseau nous déclare : « j'ai vraiment été privilégiée samedi soir car je suis la seule à avoir pu faire une photo seule avec lui, j'ai vraiment eu de la chance,  c'était insolite.
En fait, je voulais simplement le photographier, c'est lui qui m'a proposé d'être avec lui sur la photo, c'est plutôt sympa je m'y attendais pas du tout. »

La fan et la star, une histoire, une rencontre, des souvenirs….



J-P B