samedi 3 décembre 2011

AGRESSION À TÉLÉ MARTINIQUE



Hier matin vendredi 2 décembre, j'ai été agressée sur mon lieu de travail, Martinique Première , par le rédacteur en chef JOSEPH NODIN.

Parce qu,il ne voulait pas que je m'exprime sur un dysfonctionnement de la rédaction, et que bien entendu j'aii continué à m'exprimer, il a bondi vers moi, menaçant, le buste contre le mien, vociférant. Il m'a ensuite mis la main au visage et au moment ou il s'apprêtait à me frapper, un collègue s'est interposé.

Les collègues ont arrêté le travail. Résultat, il n'y a pas eu de journal télé à 13h.

Une majorité de journaliste à signé une motion de défiance pour signifier leur refus de travailler avec un tel chef de service.

Je suis sous le choc de cette agression, mais j'irai ce matin porter plainte.





Lisa David

LE RECTEUR DE LA MARTINIQUE DOIT FAIRE SES VALISES



Depuis son arrivée dans ce véritable paquebot qu’est le rectorat de Terreville (le bâtiment a été construit à l’époque où existait un rectorat Antilles-Guyane qui gérait l’éducation à la fois en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane), le recteur Siganos a multiplié propos et comportements outrageants à la fois envers ses propres collaborateurs, envers notre Université et envers le peuple martiniquais en général. Propos démultipliés par dix dès qu’il se trouvait à l’extérieur (Paris, Saint-Domingue etc.), sûr de bénéficier de l’impunité que procure, s’imagine-t-il, l’éloignement, ce qui n’est pas très futé à l’heure de l’Internet.
A l’entendre, inspecteurs, employés du rectorat et chefs d’établissements ne seraient que des incompétents et des flemmards, tout juste bons à se mettre au garde-à-vous devant sa personne dès qu’il pénètre dans une pièce. Quand à l’UAG, il n’a de cesse de la dénigrer en demandant à haute voix : « Donnez-moi une seule bonne raison d’y inscrire mes enfants ! ». Sinon, la langue créole, la littérature antillaise et la culture martiniquaise ne sont qu’une vaste foutaise servant à amuser la galerie, mais sont, en réalité un véritable frein, au développement intellectuel des Martiniquais. « L’avenir des jeunes Martiniquais est en Chine et au Japon ! » n’a-t-il de cesse de marteler de conférences en colloques.
Ces propos, pour le moins ahurissants et nous renvoyant presque trente ans en arrière, à l’époque du recteur Doumenge de triste mémoire, n’ont pourtant guère ému les milieux éducatifs dont il a la responsabilité à savoir l’enseignement primaire et secondaire. Tout juste a pu filtrer du paquebot, un mouvement de grogne d’Inspecteurs de l’Education Nationale et de cadres du Rectorat à propos desquels il avait tenu des propos insultants lors d’une réunion organisée par leur ministère de tutelle à Paris. A ce qu’on a cru comprendre, ces gens qu’il a rassemblés autour de lui sous l’appellation prétentieuse de « G-12 » (presque le G-20, quoi !) a exigé de lui des excuses qu’il a fini par leur présenter. Ce qui ne l’a pas empêché, quelques semaines plus tard, de récidiver lors d’un colloque tenu sur le campus de Schoelcher !!!
Mieux (ou pire) : à Saint-Domingue, lors d’un colloque sur la coopération universitaire à travers la Caraïbe, il s’est carrément lâché, démolissant devant des universitaires d’une dizaine de pays, l’image de la Martinique et de son peuple. Les Antillais présents, pour la plupart des hommes, ne pipèrent mots, hormis une femme courageuse qui l’envoya dans les cordes. Ce qui l’obligea le lendemain à déclarer que ses propos avaient été mal interprétés, qu’il avait utilisé des images qui avaient été mal comprises et bla-bla-bla.
Le 8 novembre dernier notre site publia des extraits de ce fameux discours sans provoquer la moindre réaction dans le corps enseignant martiniquais. Simplement, le leader d’un groupuscule d’extrême-gauche qui s’était acoquiné avec le Recteur et s’était vu récompensé par l’octroi de la direction d’un nouvel organisme, CARIFORM, chargé de former des professeurs martiniquais en FLE (Français Langue Etrangère) afin d’aller enseigner cette langue dans la Caraïbe, démissionna en catimini. Il faudra bien qu’un jour, quelqu’un fasse une étude sur ces (trop) nombreux gauchistes ou nationalistes qui, sur leur lieu de travail, copinent sans vergogne avec les plus hauts dignitaires du pouvoir colonial français tout en braillant « Péyi-a sé ta nou, sé pa ta yo ! », « Indépendance » ou « Révolution socialiste » une fois qu’ils sont à l’extérieur.
Près d’un mois plus tard, un mois de silence coupable donc, ce 2 décembre, sept syndicats d’enseignants sont enfin montés au créneau pour dénoncer l’attitude et les propos du recteur Siganos. Le seul hic, c’est qu’ils n’exigent pas son départ ou son renvoi, mais simplement qu’il « présente des excuses aux Martiniquais » !!! Dans les années 70-80, pour moins que cela le Grand Colon de Terreville aurait été contraint de plier bagages et de regagner l’Hexagone. On mesure là à quel point la dignité martiniquaise est tombée au plus bas.
Car, ce recteur est docteur ès-excuses, champion dans l’auto-flagellation une fois qu’il a fini de débiter, en privé comme en public, ses insanités. Pas de doute que pour na énième fois, il versera une larme contrite, présentera ses plus plates excuses et, dès le lendemain, recommencera de plus belle comme si de rien n’était.
Allez, camarades syndicalistes enseignants, un petit effort ! Péyi-a sé ta nou, sé pa ta Siganos !

vendredi 2 décembre 2011

KABILA Joseph Désiré vient de perdre les élections



S'accrochera-t-il au pouvoir ? Ses lobbyings, ses amis politiques Occidentaux, vont-ils l'aider à massacrer son peuple pour rester à la tête de la RDC ? Au MAF, nous suivons l'évolution de la situation et condamnons de manière très ferme, les meurtres commis par la garde Présidentielle de Monsieur Kabila contre le peuple Congolais. Nous restons attentifs au déroulement des événements en RDC et demandons aux Occidentaux de condamner fermement ces meurtres et de ne pas venir au secours d'un régime que vient de désavouer le peuple Congolais. La démocratie appartient aux peuples ; elle ne s'importe pas, elle ne s'exporte pas.

Calixthe Beyala

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES MAISONS DES POTES


LE RENCARD DE L’EGALITE

Ce Samedi 3 DÉCEMBRE, LES CANDIDATS A L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE RÉPONDRONT AUX 10 PROPOSITIONS POUR FAIRE DE L’EGALITE UNE REALITE 

4 boulevard de la Villette
75019 Paris
Métro Belleville

Les Maisons des Potes organisent le RENCARD DE L’EGALITE samedi 3 décembre de 14H à 19H à Paris (Belleville) pour mettre au cœur des élections présidentielles la lutte contre les discriminations et la cause des quartiers populaires. 

C’est à cette occasion que les candidats aux présidentielles de 2012 répondront aux 10 propositions pour « Faire de l’Egalité une Réalité » (cf dépêche AFP (http://www.maisondespotes.fr/presse ).

Eva JOLY, François HOLLANDE, Jean-Luc MELENCHON, François BAYROU, Nathalie ARTHAUD, Philippe POUTOU, Corinne LEPAGE ont confirmé qu’ils répondront ce 3 décembre aux dix propositions (www.fairedelegaliteunerealite.com) . Nous sommes en attente des réponses du Nouveau Centre et de l’UMP.

Les candidats  seront interpellés par 250 délégués régionaux de 40 villes de France : des militants associatifs et élus locaux qui travaillent au quotidien dans les quartiers. 

Le RENCARD DE L’EGALITE clôture le Tour de France de l’Egalité qui vient de mobiliser les habitants des quartiers populaires dans une trentaine de ville depuis le 17 octobre.  (http://www.maisondespotes.fr/federation/actualites/suivez-le-3eme-tour-de-france)

Vous pouvez encore vous inscrire sur ce lien http://maisondespotes.fr/inscription-au-rassemblement-final-du-tour-de-france-de-l-egalite-2011 pour participer à ce "Rencard de l'Egalité".

LES 10 PROPOSITIONS

• Régularisons les travailleurs sans papiers 
• Rajoutons 30% de professeurs dans les ZEP 
• Anonymisons les candidatures de logement HLM 
• Impliquons les entreprises dans la formation professionnelle des jeunes des quartiers 
• Titularisons 100 000 éducateurs et animateurs pour la jeunesse des quartiers populaires et finançons les associations d'éducation populaire avec 10% des taxes sur le PMU et le loto 
• Soutenons la création culturelle et audiovisuelle dans les quartiers avec 10% de la redevance TV 
• Ouvrons les emplois publics aux étrangers sans discriminations 
• Construisons des centres d'hébergement d'urgence pour les femmes victimes de violence
• Doublons le montant de l'aide juridictionnelle 
• Enseignons la laïcité

Jacques Verges : A la CPI, tous les inculpés sont noirs


Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?

Je préfère parler plutôt d’injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice qu’ils interviennent. Quelle est cette justice ? J’ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n’ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes. Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c’est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps.

La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C’est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés. Quand un homme riche vous donne de l’argent, ce n’est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l’argent de n’importe qui, vous faites n’importe quoi. Je prends l’exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu’il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-Syriens. Il n’y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c’est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah.

Un tribunal est responsable devant l’opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu’il ne veut pas qu’on accuse d’autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu’il a le droit d’avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abugraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L’Afrique n’est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu’un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d’agression contre l’Irak ?

… Comme c’est le cas de Hissène Habré ! Mais le Sénégal dit vouloir s’en débarrasser...

Et où va-t-il être jugé ?

La Belgique serait prête à accueillir ce procès…

La Belgique ! Ils ont tué Lumumba. Ils l’ont fait dissoudre dans de l’acide et c’est eux qui vont donner des leçons aujourd’hui ?

Vous êtes donc anti-TPI ?

Ce n’est pas à un ramassis de gens venus de toute sorte de pays de juger les Africains, surtout que tout est orienté vers le noir.

Avez-vous la conviction que les Etats africains sont-ils vraiment indépendants 50 ans après leur accession à l’Indépendance ?

Certains, oui, d’autres non. La raison est simple. Certains ont encore trop de liens avec cette métropole.

Vous considérez-vous comme Algérien ou comme Français ?

Je me considère comme les deux.

Et si on vous demandait de choisir…

Qui va me le demander et à quel titre (rires) ?

Vous sentez-vous lorsque vous venez en Algérie ?

Vous avez vu comment les Africains et les Algériens m’accueillent. C’est la plus belle récompense qu’on puisse avoir.

L’avocat de nos jours est-il toujours le défenseur de la veuve et de l’orphelin ?

Certains continuent de l’être. D’autres, par contre ne le sont plus.

Cela peut-il être dû à quoi ?

L’Homme est faible. Il ne sait pas résister à la tentation. Il veut devenir riche. Quand tu nais dans la case et tu prends l’ascenseur social, tu es dans la vie noble. Mais dans un ascenseur, il n’y a pas de vie. On doit accepter de défendre même un fou parce qu’il reste un être humain.

Propos recueillis à Alger par Alexandre Le Grand ROUAMBA

Le Pays

Chlordécone, le poison autorisé


Scandale. Les planteurs ont obtenu des dérogations pour utiliser ce pesticide interdit.


Les Guadeloupéens n'en finissent pas de découvrir l'ampleur des dégâts : de l'eau de source jusqu'à la patate douce, des crustacés aux bovins, le chlordécone s'est introduit dans leurs assiettes et leurs organismes. En juin 2011, le groupe régional d'études sur les produits sanitaires révélait que de nouvelles espèces de poissons, du gibier et 8 % des carcasses de bovins étaient contaminés par le pesticide. Un polluant organique persistant, extrêmement rémanent dans l'environnement et très toxique. "Nous sommes les victimes de l'incurie des pouvoirs publics, s'emporte Harry Durimel, avocat et conseiller général des Verts. On nous empoisonne depuis longtemps."
Depuis 1972 ! Les États-Unis ont interdit le chlordécone dès 1976. L'OMS avait déclaré le pesticide " possiblement cancérogène pour l'homme et perturbateur endocrinien " en 1979. Mais voilà : après les cyclones Allen et David qui sont passés sur les bananeraies des Antilles, les planteurs ont réclamé du chlordécone pour lutter contre le charançon. En 1981, le ministère de l'Agriculture acceptait de le remettre sur le marché et la société Laurent de Laguarigue, grosse plantation béké martiniquaise, rachetait le brevet aux États-Unis. Finalement, à la suite de nouvelles études alarmantes, la France interdisait le pesticide en 1990. Les planteurs obtiendront pourtant encore deux dérogations pour pouvoir écouler leurs stocks.

"L'opacité est totale"

Résultat ? Si Grande-Terre semble épargnée, Basse-Terre est fortement contaminée. Et le restera plusieurs siècles. Les rivières sont polluées, certains des points de captage d'eau aussi. Fruits et légumes, viandes et poissons sont devenus des "aliments à risque". Tous ? "L'opacité est totale, car il n'existe aucune cartographie des zones contaminées", dénonce Philippe Verdol, maître de conférences en économie à l'université Antilles-Guyane et président d'Agriculture, société, santé, environnement. Les autorités publiques ont pour l'instant géré cette catastrophe sanitaire et environnementale au gré des révélations scientifiques, allongeant progressivement la liste des "aliments vecteurs", indiquant ceux qu'il faut éviter de manger plus de deux fois par semaine... Et diminuant de 200 à 50, puis à 20 microgrammes par kilo de matière fraîche les limites maximales de résidus (LMR) tolérables en matière de chlordécone. "Mais comment vérifier sans laboratoire ni système de traçabilité ?" s'interroge l'universitaire.
"Limiter plutôt qu'interdire, c'est nous dire : vous pouvez manger de ce poison, mais pas trop !" s'indigne Harry Durimel. Mais comme fixer des limites, c'est par là même reconnaître la toxicité du chlordécone, l'avocat vient de demander la mise en examen pour empoisonnement de Roselyne Bachelot. "En venant en Guadeloupe l'an dernier et en préconisant des LMR de 20 microgrammes, l'ancienne ministre de la Santé a donc incité les Guadeloupéens à consommer du chlordécone."

Étude inquiétante

Car, depuis la publication en 2010 des résultats de l'étude Karuprostate, menée par deux chercheurs de l'Inserm, Luc Multigner et Pascal Blanchet (chef du service d'urologie au CHU de Pointe-à-Pitre), le doute n'est plus permis. "Nous avons comparé des personnes atteintes d'un cancer de la prostate avec des personnes indemnes, explique ce dernier. Ceux qui avaient un cancer avaient un taux de chlordécone supérieur aux autres. Nous avons montré que 1 microgramme de chlordécone par litre de sang était le seuil au-delà duquel le risque de cancer de la prostate était multiplié par deux." Les travaux se poursuivent pour vérifier si l'ingurgitation pendant plusieurs années - même à petites doses - du pesticide n'aurait pas d'incidence sur les grossesses, le comportement neurologique des nouveau-nés, le cancer du sein ou la maladie d'Alzheimer.
"Nous finirons par faire reconnaître que l'intoxication au chlordécone est une cause nationale, espère Harry Durimel. Ce n'est pas facile de dénoncer ce scandale, surtout lorsque des intérêts économiques sont en jeu. Mais que faut-il sauver : la Guadeloupe ou les Guadeloupéens ?"
 CHRISTINE RIGOLLET

jeudi 1 décembre 2011

ETRANGE « PRINTEMPS ARABE »…




Des islamistes sont désormais au pouvoir en Tunisie et en Libye. Aux prochaines élections en Egypte, les Frères musulmans ne manqueront sans doute pas de rafler la mise. Tout cela avec la bénédiction de l’Occident, ses avions de combat, ses drones et ses missiles.
Or, une première constatation s’impose : la révolte arabe a fait chuter, ou est sur le point de faire chuter, des régimes républicains et parfois laïques. Dans le même temps, cette même révolte, dans les monarchies rétrogrades n’a eut aucun écho dans les médias occidentaux et le roi du Maroc est toujours en place malgré des manifestations journalières. L’émir de Bahreïn a maté dans le sang avec l’aide militaire de l’Arabie Saoudite les velléités de soulèvement de sa population et le sultan d’Oman en a fait de même en toute tranquillité !!! Quant à la Jordanie, qui a entendu parler des manifestations de masse qui s’y sont déroulées ?
Le tableau est net et clair :
. régimes républicains renversés : Tunisie, Libye, Egypte et bientôt Yémen et Syrie.
. régimes monarchiques consolidés : Jordanie, Maroc, Bahreïn, Oman, Arabie Saoudite.
Certes, Ben Ali, Kadhafi ou Moubarak n’étaient pas des démocrates au sens occidental du terme et Bachar El-Assad ne l’est pas non plus. Oui, ils s’en sont mis plein les poches en s’appuyant sur un système clientéliste et brutal qui empêchait l’expression de toute forme d’opposition et d’abord de l’opposition islamiste. Mais tout de même : à qui fera-t-on croire que la femme tunisienne sous Ben Ali était moins libre qu’en Arabie saoudite où elle n’a même pas le droit de conduire une voiture ? A qui fera-t-on croire que les prisonniers de droit commun sous Kadhafi étaient plus maltraités que dans les monarchies du golfe où l’on coupe la main des voleurs en place publique ? A qui fera-t-on croire que les chrétiens étaient davantage ostracisés en Syrie qu’en Arabie saoudite où il est tout simplement interdit de pratiquer la religion du Christ sous peine de mort ?
Grâce (ou à cause) de l’impérialisme occidental, on assiste donc, dans le monde arabe, à une inversion des lois historiques, à une remise en cause même des Sciences politiques. En effet, partout à travers le monde, l’évolution naturelle, normale, des régimes politiques est d’aller de la monarchie vers la république. Jamais l’inverse ! Les monarchies, quand elles subsistent, comme en Espagne, en Angleterre ou au Japon, ne sont plus que des décorums, des attractions pour touristes, le roi ou la reine n’ayant strictement aucun pouvoir. La seule fois où quelqu’un a essayé de rétablir la royauté, ou plutôt l’empire, ce fut en République Centrafricaine, avec Bokassa, et l’on sait comment cela s’est terminé. Les Arabes sont-ils désormais condamnés à marcher à rebours de l’histoire ?
Ou plutôt, la malédiction du pétrole ne les y condamnent-ils pas ? L’Occident n’a-t-il pas intérêt à soutenir militairement des régimes monarchiques rétrogrades et obscurantistes qui lui garantissent son approvisionnement pétrolier en lieu et place de trublions républicains du genre Kadhafi qui ne cessaient de lui chercher des poux dans la tête ? Quitte à prendre le risque d’installer des régimes islamistes et donc proches de facto d’Al Quaida lequel s’est d’ailleurs bruyamment félicité de la chute des « tyrans » Kadhafi, Ben Ali et autres ! Régimes islamistes qui commencent à voiler les femmes en Libye, qui trouvent que l’usage du français est trop répandu en Tunisie, qui brûlent des églises chrétiennes en Egypte et qui feront voler en éclats le fragile équilibre confessionnel qui règne en Syrie.
Comprenne qui pourra !
En tout cas, ce qu’a fait l’Occident dans cette affaire porte un nom : jouer avec le feu. Car partout dans le monde, les islamistes se sont sentis revigorés, regonflés même. Et d’abord en Afghanistan et en Irak où ce même Occident est pourtant censé les combattre !!! Islamistes qui, dans ce même Irak, sont en train de faire disparaître la communauté chrétienne qui fuit par milliers le pays alors que sous Saddam Hussein, celle-ci n’avait aucun problème. Tarez Aziz, le numéro 2 du régime de Saddam, n’était-il pas un chrétien ?
L’Occident et le trio infernal Obama-Sarkozy-Cameron paieront très cher dans les années qui viennent leur sordide manipulation du « Printemps arabe », pourtant expression d’un vrai désir de liberté. Ils le paieront cash !
Raphaël Confiant