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samedi 8 mai 2021

Le Martiniquais



Il fut un temps où la Martinique recelait l'élite intellectuelle de la Caraïbe, des gens capables de rayonner et d'informer le monde.

Cette génération en lutte a trépassé, leur mémoire perdure, parfois on leur érige des musées.
Nous qui fûmes un flambeau, un phare ne sommes plus qu'une lumière déclinante, on ne rayonne plus sur rien, même pas sur nous-même, quand bien même d'aucuns le proclament.
Le pays se dépeuple, nous sommes devenus une île habitée par des gens schizophrènes et paranoïaques, des gens qui se complaisent avec eux-mêmes, et en ayant pour toutes ouvertures qu'eux-mêmes, ils sont leur propre horizon.

Evariste Zephyrin

samedi 1 août 2020

QUAND L’IGNORANCE ET LA MAUVAISE FOI TRIOMPHENT, LA VIOLENCE NE TARDE PAS A LEUR EMPRUNTER LE PAS...


Le 15 juin 1502, jour de la saint Martin, c’est le jour ou Christophe Colomb aborda une île jusqu’alors inconnue de lui dans les Caraïbes, et lui donna pour cette raison le nom de “Martinique”. La légende qui prétend faire décliner celui-ci d’un nom caraïbe qui aurait été “Matinina”, tente de faire oublier que d’une façon bien plus prosaïque, le nom de cette île lui aura été donné par un aventurier colonialiste et esclavagiste s’il en fut, et finalement selon une ironie qui comme on le sait, est la spécialité de l’histoire, le nom même du peuple qui prendra naissance en ce lieu, les “Martiniquais”, dont la douleur est d’être issus d’hommes esclavagés, selon ce qui fut une des tristes entreprises de Colomb.


Cependant, malgré tout de que l’on pourra contester de celui qui en fut l’auteur, ce nom demeure la toute première attribution de ce peuple et par le fait sa première “possession”, le tout premier élément de son identité dont d’évidence, il pourrait aujourd’hui difficilement se défaire et ne l’envisage heureusement pas, alors que cependant il prétend se défaire d’autres éléments de son identité acquis pourtant selon les mêmes circonstances difficiles.

Le 15 septembre 1635, encouragé qu’il l’était par le cardinal de Richelieu qui ne voulait pas laisser les nations européennes concurrentes, priver la France de possession dans le nouveau monde, Belain d’Esnambuc, aventurier muni de lettres de course lui permettant de courir sus à l’ennemi, en ayant ainsi la qualité de “corsaire”, débarqua sur cette île avec 150 colons, dans une baie qui allait devenir celle de Saint Pierre, du nom d’un fort qu’il éleva en cet endroit, et prit possession de l’île au nom du roi de France Louis XIII...

Il insistera, aidé en cela par Richelieu, pour y importer des captifs africains, auprès du roi qui, fidèle à l’édit de 1315 selon lequel le roi de France Louis X dit “le hutin”, avait aboli l’esclavage en ce pays en déclarant, “...Le sol de France affranchi l’esclave qui le touche...”, s’y opposait fermement. Selon certaines sources, il y aurait pourtant installé clandestinement les premiers captifs, une quarantaine, qu’il avait ravis aux Espagnols en arraisonnant un de leurs navires, afin de mettre en exploitation cette île par une société aux intérêts du cardinal...


Il décédera en 1637, avant que gagné par l’argument selon lequel accepter des esclaves sur cette terre, c’était leur offrir par le baptême l’occasion d’accéder à la vraie foi et ainsi, assurer leur salut pour l’éternité, Louis XIII, roi très pieux, accepta par une ordonnance prise en 1640, l’installation de captifs africains aux Antilles, à la condition expresse que ceux-ci soient baptisés, et que dès lors, ils devenait des “naturels français”. Ceci, de sorte qu’il n’y eut jamais d’Antillais, peuple qui n’existait pas avant ces actes, que français...

En ne perdant pas de vue maintenant le rapport fondamental de la notion de “nation”, avec celle de “natif” (natus) d’un lieu, il vient que la fondation d’une nation réside dans la rencontre d’un peuple avec un territoire sur lequel tous les natifs de ce lieu formeront ainsi la nation de ce lieu. Dans cette signification des choses, d’Esnambuc qui a fait l’acquisition de ce territoire, et qui aura permis l’installation de ceux qui donneront naissance à sa nation, est, même si ce fut par le fait d’actions contestables, bel et bien le fondateur au sens stricte, de ce qui s’appelle aujourd’hui la Martinique...

Ce qu’il convient d’admettre une bonne fois ici, mais que se refusent de faire jusqu’ici certains irréductibles à l’esprit borné, c’est que s’il n’avait été d’Esnambuc et ses entreprises, aussi contestables que furent celles-ci, ce que nous connaissons aujourd’hui selon tous ses aspects comme étant la Martinique, n’existerait tout simplement pas. D’autres se seraient emparés de cette île et sa destinée aurait été tout autre. Quant à ceux qui se disent aujourd’hui Martiniquais, ils n’existeraient pas d’avantage, d’autres seraient établis selon une toute autre nation sur cette île, de sorte que les Martiniquais tels qu’ils se reconnaissent, doivent tout simplement le fait de leur existence comme tels, bel et bien à d’Esnambuc, quoi qu’il fut...

C’est dans cette compréhension sage et apaisée des choses, que le conseil général de la Martinique, élus martiniquais représentant le peuple martiniquais, a décidé en 1935, pour le tricentenaire de la fondation de la Martinique et de sa nation, d’ériger une statue sur la place de la Savane à Fort-de-France, à la gloire de l’homme qui leur a donné naissance...

Ainsi en va-t-il de l’histoire tourmentée des hommes, insignifiants qu’ils sont face aux desseins du temps, lequel ne se remonte pas pour que puissent s’effacer ses douleurs. Ceci, contrairement à ce que tentent de faire ceux qui voudrait chasser le souvenir des rudesses dont ils ont été faits, alors même que c’est d’elles et de rien d’autre dont ils ont été faits, et qui ne mesurent pas qu’en poursuivant dans la voie de cette folle obstination, il ne vont logiquement parvenir qu’à se défaire...


Etre en mesure de faire la part de l’histoire et comprendre qu’on ne peut en aucune façon lui faire un procès, ni espérer qu’elle pourrait s’écrire à l’envers en brulant les livres d’histoire, en démolissant des statues, dont celle de d’Esnambuc, ou en renommant les rues, est la marque des peuples matures, responsables et fiers, qui “font” avec ce qu’ils “sont”, c’est-à-dire ce que l’histoire tourmentée à fait d’eux, sans rien y enlever, en comprenant bien qu’ils se porteraient atteinte à eux-mêmes dans leur fondation, s’ils prétendaient le faire.

Ceci, face aux peuples qui demeurent infantiles, éternellement vaincus, qui se vivent dans la complainte et ne sont animés que par la vindicte, et qui se montrent incapables de faire quoi que ce soit de positif pour eux-mêmes, et tel est hélas souvent le lot de bien des peules anciennement esclavagés ou colonisés. Ceci, parce qu’ils n’ont jamais été alertés quant au fait que leur incapacité endémique découle précisément du fait que s’enivrant d’une identité fantasmée, ils nient qu’il y a pour eux une positivité incontestable des événements même les plus graves, dont ils sont issus, qui est justement celle de leur avoir donné naissance, et parce qu’ils n’ont de cesse de contester cette fondation, alors que celle-ci constitue la seule capacité d’exercer qui se trouve disponible pour eux, leur seule source “énergétique”. Des lors, ils participent ainsi sans jamais en prendre conscience, à leur “auto-mutilation”...

Tout ceci signifie qu’aussi tourmentée fut-elle, il ne faut pas insulter l’histoire dont on est issu, ni tenter de se défaire des caractères dont on en a hérité, sous peine de s’auto détruire.

Qu’on comprenne ici que fondamentalement, les peuples ne peuvent être “déterminés”, avec l’implication opérationnelle de ce terme, que de ce qu’ils “sont”, à ce qu’ils “font”, étant bien entendu qu’il ne sauraient s’engager dans des entreprises qui échappent à leur capacités tels qu’ils sont, et qu’il leur faut bien faire avec ce qu’ils sont, et tout ce qu’ils sont...

Disons encore différemment, que les peuples ne peuvent être efficacement déterminés, qu’entre une “fondation” bien établie et acceptée, et une “vocation” relative à cette fondation, dont le grand Frantz Fanon qui était un enfant même du pays, tentait de faire comprendre à ses compatriotes martiniquais qu’il leur appartenait “dans une relative obscurité”, selon son expression, de découvrir celle-ci et dès lors, de l’accomplir ou de la trahir...

Hélas, les Martiniquais ne peuvent que trahir aujourd’hui leur vocation. Tout d’abord parce qu’ils ne sont en rien préoccupés de tenter de savoir quelle est celle-ci, puisqu’ils contestent déjà leur propre fondation en en faisant un malheur pour lequel ils demandent même des réparations, sans prendre conscience des implications “dévastatrices” au niveau de la dynamique nécessaire à un peuple pour qu’il puisse exercer, dans le fait que celui-ci se proclame lui-même mal né, mal fabriqué, et implore qu’on s’en vienne le réparer. Ce peuple dénonce alors le viol dont il est issu et se refuse à se reconnaitre comme en en étant pourtant le produit, comme si par un combat quelconque qu’il mènerait, il pourrait se faire naitre autrement...

Dans une telle situation, n’étant précisément pas déterminé, il demeure parfaitement incapable de régler le moindre de ses problèmes dont il décline d’ailleurs sa responsabilité, en faisant que ceux-ci s’accumulent dans une situation sociale désespérée dont la traduction la plus cruelle, est un niveau dramatique de la délinquance, dans un département où 45% de la classe d’âge de 15 à 29 ans se trouve au chômage, que les jeunes les plus talentueux et les plus déterminés fuient en masse, en faisant que depuis quelques années, la population de celui-ci diminue dans le même temps qu’elle vieilli...

C’est l’impasse la plus totale, due à l’ignorance pour le plus grand nombre, et à la pire mauvaise foi pour certains racistes qui en prétendant au malheur une couleur, se font une carrière de leader en surfant sur le mécontentement. Ils laissent croire que la solution aux problèmes d’un peuple rendu totalement impuissant face à eux du fait même de son auto mutilation, se trouverait dans des affrontements, sans jamais qu’il ne s’offre de faire un travail salvateur sur lui-même.

Certains irresponsables lui laissent même croire qu’une solution à ses problèmes ne le mettant surtout pas en cause quant à son inaction, se trouverait dans un accès à l’indépendance, dans un pays où le taux de couverture des importations par les exportations, n’est que de 18%, et qui accuse un déficit commercial humiliant de 3,5 milliards d’euros, une paille donc, que la métropole comble par une fonction publique pléthorique et par des transferts sociaux divers...

Nous sommes dans un univers, un ensemble d’objets régis par le “cosmos”, selon un mot grec signifiant “ordre”. Ne rien vouloir savoir des fondamentaux de la construction sociale selon cet ordre, et ses rapports obligés à l’histoire, est l’aveuglement des Martiniquais qui risquent de le payer au prix fort. Car dans l’impasse totale dans laquelle ils se trouvent, la violence toujours mauvaise conseillère, se proposera à eux comme étant une sortie, pour établir son règne...

Paris, le 1er août 2020
Richard Pulvar


samedi 11 juillet 2020

Un ou certains s'en sont pris à la statue d'Ernest Deproge, pour d'obscures raisons.


Il y a peu je faisais remarquer qu'il y a une certaine incongruité à analyser le passé à l'aune de nos valeurs contemporaines, de même que l'analyse rémanente privilégiée par bon nombres d'historiens conduisent à des attitudes radicales, elles alimentent les ressentiments.

Dans la même foulée, à un moment il me semble que l'on s'en prendra à Césaire, père de la départementalisation et donc assimilationniste, d'aucuns le voyant comme celui qui a freiné la marche de la Martinique vers l'indépendance.

Sous les foudres de cette tyrannie tropicalisée les héros d'aujourd'hui deviendront les salopards de demain.

E-Z

Ernest Deproge « porte-voix du Conseil général »


vendredi 16 novembre 2018

COMMUNIQUE SUR LE COMPORTEMENT CRIMINEL DE LA CASTE BEKE


Après que leurs ancêtres esclavagistes aient été indemnisés pour avoir commis les crimes contre l’humanité que furent la traite négrière et la réduction en esclavage de millions d’africains, voila que leurs descendants demandent à leur tour à être indemnisés pour avoir empoisonnés les descendants de ces d’africains

Sans état d’âme, les békés gros planteurs de bananes de la Martinique, qui auraient dû être poursuivis pour empoisonnement, se sont constitués parties civiles via leur groupement bananier dans le dossier impulsé par l’Assaupamar et d’autres associations écologiques. , se plaçant ainsi dans la position de victimes

Nous constatons par ailleurs, que peu après leur constitution de partie civile, indécente le juge d’instruction de Paris bouge enfin pour désigner deux experts hors de la liste des experts assermentés auprès la cour d’appel de Paris !!

Qui sont ces prétendus experts non assermentés ? De qui se moque-t-on ?

Il est clair que la caste béké a déclenché les grandes manœuvres pour obtenir une nouvelle fois réparation pour des crimes qu’ils ont eux mêmes commis contre notre peuple, qui est en train de mourir lentement de maladies incurables (cancer, maladie d’Alzheimer, Parkinson, maladies dites orphelines etc….) lié à l’ingestion de la molécule de chlordécone.

Ces Messieurs espèrent même toucher le pactole puisque ils se sont assurés que leur responsabilité ne va pas être recherchée et que l’indemnisation ne va se baser que sur la proportion des sols contaminés. Et comme ils détiennent la quasi-totalité des terres ils continueront, grâce à leurs agissements criminels, à battre monnaie sur nos souffrance !!!! Il suffit de voir comment ils sont les seuls à être correctement indemnisés après le passage des cyclones et comment ils imposent leurs lois aux petits agriculteurs via leur groupement.

Le comportement de ces individus est ignoble et il faut les dénoncer et y mettre fin une fois pour toute.

N’est il pas temps que nous cessions de nous complaire dans la vanité, le m’as-tu vu, le paraître, la traîtrise, la collaboration avec l’ennemi de notre peuple et que nous nous élevions ensemble et avec force contre ceux qui nous ont empoisonnés et compromis l’avenir de nos enfants.

Cessons donc de nous comporter comme des entités sans âme, sans conscience et sans dignité, que les békés utilisent en permanence pour s’enrichir et asseoir leur domination.

Pour le M.I.R.

C. DUHAMEL

mercredi 16 mai 2018

L’URGENCE D’UN « GRAN CHAWA » JUDICIAIRE EN MARTINIQUE



Qu’ont en commun le scandale du CEREGMIA, l’évaporation des 3,5 millions d’euros prévus pour l’indemnisation des riverains du TCSP et les ventes de terrains des habitants de Sainte-Thérèse sans même qu’ils n’en aient été ne serait-ce qu’informés ?

Un même dénominateur commun relie ce qui, jour après jour, apparaît bien comme un système mafieux : une certaine gouvernance qui n’en finit pas de traîner son « limbé » du 13 décembre 2015.

Les Martiniquaises et les Martiniquais comprendront, au fil du temps et des révélations qui ne manqueront pas de surgir, que notre pays a accompli une œuvre salutaire en se débarrassant, en décembre 2015, du «bol a kouvèti » qui servait de bouclier protecteur aux organisateurs de ce système. L’affaire de Sainte-Thérèse, révélée cette semaine par la presse, montre que ces individus n’ont aucun scrupule à voler et à tromper les plus pauvres tout en se posant démagogiquement, à longueurs de discours électoralistes, en grand défenseurs du petit peuple de Fort de France.

Le carnaval a assez duré. Vivement le « Gran CHAWA » judiciaire !

Francis CAROLE

MARTINIQUE

Mercredi 16 mai 2018

mercredi 9 janvier 2013

LA POLEMIQUE NICOLAS BEDOS OU L’ART DE FAIRE DIVERSION


S’il y a une discipline, hélas non répertoriée aux Jeux Olympiques, dans laquelle nous autres Créoles (Antillais, Guyanais, Réunionnais etc.), sommes sûrs et certains de toujours finir en N° 1 sur le podium, c’est bien celui de la diversion. Nous avons même élevé cette dernière en un art que nous pratiquons à la moindre occasion, cela avec l’élégance de l’autruche qui enfonce sa tête dans le sable.

Ainsi, ces jours-ci, il n’est bruit sur les réseaux sociaux et dans nos diverses associations de toutes obédiences que de l’outrage qu’aurait commis envers nous l’humoriste français Nicolas Bedos dans sa chronique hebdomadaire de « Marianne », chronique dans laquelle il relatait un récent voyage en Guadeloupe. Le fait de l’avoir terminé par « Enculé de nègre ! » a mis en émoi tous ceux qu’indiffère :

- le fait que 65% de nos jeunes de 18 à 29 ans soient au chômage

- le fait que 1.000 hectares de terres agricoles sont bitumés ou bétonisés chaque année, ce qui est un crime contre les générations futures étant donné l’exiguïté de nos pays

- le fait que le chlordécone a pollué nos terres, nos nappes phréatiques, nos rivières et nos rivages pour les 150 années à venir, provoquant une augmentation sidérante du taux de cancers, des maladies d’Alzheimer et de Parkinson ainsi que des malformations congénitales chez le nouveau-né

- le fait que la drogue circule librement ou quasi-librement et que le nombre de « djonmpi » ou zombies urbains ne cesse de croître

- le fait que le nombre de femmes battues (ou tués) atteint des proportions inacceptables

- le fait que la moitié de nos populations vit des minimas sociaux alors que certains figurent dans la liste des 200 plus grosses fortunes françaises

- le fait qu’une bonne partie de l’émigration antillo-guyanaise et réunionnaise en France est en déshérence et que sa jeunesse n’a d’autre avenir que le sport ou la musique

Etc…etc…

Bref, tout ça n’émeut nullement nos bonnes âmes ! Aucune de ces associations, qui se sont vertueusement élevées contre les propos de Bedos ou qui ont porté plainte en justice contre lui, ne semblent s’émouvoir de cette interminable liste de problèmes qui affectent nos sociétés créoles. A leurs yeux, Bedos est plus important que le chlordécone ! Que le secteur de la pêche soit menacé de disparition à cause de ce poison qu’est ce pesticide et que les empoisonneurs ne soient nullement inquiétés, n’empêche pas nos antiracistes auto-proclamés de dormir sur leurs deux oreilles.

Ce comportement a un nom. Un seul : la Diversion.

jeudi 27 décembre 2012

La terre vient de trembler en Martinique

Un tremblement de terre en Martinique il y a quelques minutes, deux secousses ont été ressenties plus particulièrement  dans le sud de l'île,  selon les premiers témoignages.

Un séisme de magnitude de 4.6,  dont l'épicentre se situait à 45 km  au sud est  de Sainte Anne et à 74 km de profondeur.
   

samedi 22 décembre 2012

LES BEKES ONT EMPOISSONNE LA BIODIVERSITE DU PAYS MARTINIQUE Par Camille CHAUVET


Rédaction du Naïf : L’empoisonnement de la biodiversité du Pays Martinique est le résultat imprévisible qui était prévisible, d’une stratégie de développement d’une production agricole la Banane. Les grands propriétaires békés ont de manière cynique cultivée sciemment le mensonge et la désinformation pour prolonger l’utilisation d’un pesticide par dérogation avec les conséquences que nous connaissons.

Ce sont les békés planteurs de bananes avec la complicité de l’Etat qui mettent en place l’utilisation de produits dangereux dans un but économique au détriment de la santé humaine. En 2002 c’est un contrôle des patates douces à Dunkerque bourrées de chlordécone en provenance de la Martinique quatre ans plus tard c’est un article de Libération du 6 janvier 2006, intitulé “une terre gorgée de poison”, qui s’appuie à la fois sur les travaux parlementaires de 2005 et sur des observations aux Antilles.

La journaliste Eliane Patriarca ne manque pas de souligner l’opacité qui caractérise l’homologation des produits phytosanitaires, et témoignent de l’influence d’une poignée de gros planteurs qui contrôlaient alors la filière antillaise de la banane. Aussi, l’organisation de son récit passe par la construction d’un lien étroit entre le chlordécone et les représentants de la filière banane. « Les autorités américaines interdisent le Kepone en 1976. Pourtant, cinq ans plus tard, le produit va être réautorisé en France. Après le passage de deux cyclones, en 1979 et en 1980, les planteurs se disent démunis face à la prolifération du charançon. En 1981, le ministère de l’Agriculture accepte de le remettre sur le marché. C’est la société Laurent de Laguarigue qui a racheté le brevet de la molécule et la vend sous le nom de Curlone. Or, Laguarigue est un gros planteur béké martiniquais, propriétaire de maisons d’exportation de bananes…. ».

Elle indique que « les gros planteurs obtiennent deux dérogations : le produit sera utilisé jusqu’en 1993 », alors qu’il a été interdit par le ministère de l’Agriculture en 1990. La figure de l’oppresseur est donc identifiée à celle du « gros planteur » ( ndlr :gros planteur=béké) influent qui relance la production de chlordécone et obtient son utilisation la plus longue possible. Mais elle ne peut se comprendre que parce qu’une figure de victime [Boltanski, 1990] est construite en regard, celle du petit agriculteur vivrier. L’Assaupamar en 2007 porte plainte au pénal pour « crime d’empoisonnement », en mai 2007 et vise particulièrement les représentants de l’État. La cour d’appel de Martinique déclare recevable une plainte pour « empoisonnement » et à ce jour de nombreuses plaintes dans tous les sens et le profit et le chantage à l’emploi ne doit pas passer avant la santé,  il faut donc poursuivre les empoisonneurs.

La Martinique c’est l’Europe, cela se répète. Mais en vérité il y a une inégalité de traitement. Regardons pour exemple en l’Italie le 13 février 2012, le tribunal de Turin a condamné deux hauts dirigeants d’Eternit à seize ans de prison. Le tribunal a jugé que le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne étaient responsables d’une «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» dont les effets se feront sentir encore pendant plusieurs décennies. Le mésothéliome est un cancer rare (un cas pour 100 000 habitants en moyenne). À CasaMonferrato, petite ville de 35 000 habitants, on en compte un nouveau cas par semaine, alors que l’usine d’amiante-ciment a fermé depuis un quart de siècle !Le tribunal de Turin a condamné les prévenus à indemniser non seulement les victimes, les familles et leurs organisations mais aussi l’Inail (la Sécurité sociale italienne), qui a pris en charge le coût de ces maladies, et les institutions locales qui ont financé les travaux de dépollution.

La Martinique territoire européen, des plaintes pénales ont été déposées pour que lumière soit faite sur les responsabilités de cette catastrophe sanitaire environnementale permanente, mais elle s’enlise et l’opinion publique peut penser que les parquets à Paris ou en Martinique sont aux ordres de réseaux békés. Tout est fait tout pour retarder ce procès pénal et en réduire la portée.

Il est faut s’interroger sur le fonctionnement du système judiciaire et sur l’adéquation de notre Code pénal pour juger les responsables d’une catastrophe sanitaire. Ce Code ne considère en effet comme responsables d’homicide volontaire que les assassins ordinaires, ceux qui tuent intentionnellement une victime bien identifiée. Les autres cas relèvent de l’homicide «par imprudence». Mais peut-on vraiment parler de «délit non intentionnel» lorsqu’une stratégie de développement agricole, élaborée en connaissance de cause à un empoisonnement de la biodiversité prévisible non pas d’un individu déterminé mais d’un Peuple. Il ne faut pas banaliser cette affaire et la politiser pour des raisons 2015.Les grands propriétaires békés ont commis là un crime social, qui doit être sanctionné comme tel. Non par esprit de vengeance, mais pour que les générations futures ne connaissent plus jamais de tels drames.

C’est vrai que les spécialistes de ne manquent pas souligner que : « certains produits chimiques cancérigènes se dégagent des tables, chaises, étagères, livres et cahiers, avec des risques " non négligeables " pour nos enfants, notamment dans les Écoles, selon des études scientifiques confidentielles... La majorité des pesticides ne font pas l'objet d'analyses officielles dans les aliments et les seuils limites de leur présence dans l'eau ne reposent pas sur des critères médicaux... Des sites industriels et des incinérateurs ont longtemps contaminé leur environnement avec des métaux lourds ou de la dioxine, sans que les pouvoirs publics prennent en compte la santé des riverains... La pollution atmosphérique urbaine provoque au moins 32 000 " décès prématurés " chaque année en France, dont une grande partie serait évitables, d'après les experts, qui ne sont guère écoutés... L'amiante, interdit en France en 1997, empoisonne toujours : il en reste partout, le nombre de personnes exposées est bien supérieur aux chiffres annoncés, aucune véritable prévention n'a démarré et l'hécatombe des malades s'amplifie... Pour la première fois, une enquête tente d'évaluer les Dégâts sanitaires des polluants et produits toxiques qui nous entourent, et s'interroge sur les responsabilités de tous les " empoisonneurs ", si involontaires soient-ils. Témoignages de victimes, reportages aux quatre coins de la France, découvertes récentes des chercheurs, alertes des Médecins, plongée dans les coulisses de l'industrie et du pouvoir, rapports méconnus ou enterrés : Les Empoisonneurs rassemble les données pour s'informer sur ces risques de notre vie quotidienne, expliquant comment il est encore possible d'éviter le pire, à condition de ne plus se voiler la face. »

Mais cela ne doit pas démobiliser l’opinion publique. Il faut bien mesurer ce qui se passe là actuellement, nous devons comprendre que le profit et chantage à l’emploi ne doit pas passer avant la santé,  il faut poursuivre les empoisonneurs de la biodiversité du Pays Martinique à l’heure où l’on parle de Grenelle, de Trame verte de Trame bleue .


Camille CHAUVET

vendredi 20 juillet 2012

La Tour de toutes les hontes


La démesure

Le 1er juillet 2012, en liaison avec l’ouverture du 41eme Festival Culturel de Fort - de - France,, au pied d’une tour jumelle - ou presque - de celle que, dans sa folie des grandeurs,, l’émir de Dubaï a fait bâtir, la foule des curieux n’a pas, comme au temps de la Rome décadente, eu droit aux jeux du cirque, mais, de 9 heures à midi, ce jour-là, il a été servi au « peuple » du divertissement avec au menu visite d’un appartement témoin, animation fitness (zumba et boat camp), démonstration de jet-ski, initiation en segways (véhicules électriques sur deux roues).

Lors d’une interview  accordée à une journaliste de France - Antilles (1),  le sieur Jeffrey Mack, PDG de la Guardian Holdings, ( qui a, dit-il, à son actif, la construction de la plus haute tour du monde, celle de Taïpé à Taiwan, 101 mètres ; celle du plus grand centre commercial d’Europe, le Centre Colombo au Portugal et de la première chaîne d’hôtel de cinq étoiles de Turquie), [avec délectation] précise que, pour consolider les fondations de cette tour, il a été versé en béton de quoi construire un mur d’un mètre de haut pour 40 centimètres de large, lequel mur peut s’étaler du nord au sud de l’île ; qu’a été associée à ce mur une quantité de barres de renforcement en acier qui, mises bout à bout, s’étireraient sur l’arc des îles de la Caraïbe, de Cuba à Trinidad aller-retour.

On apprend que les 20 étages de la tour - 100 mètres de haut, façade de verre turquoise - sont des plateaux de 950 m², soit, au total, 45 appartements de haut standing ; que les accès aux étages seront contrôlés à chaque niveau par une carte magnétique individuelle ; qu’il existe, par étage, 3 ascenseurs ; qu’un service de gardiennage sera assuré 7 jour sur 7, 24 heures sur 24 ; qu’au pied de la tour, au niveau plazza, il est prévu un grand hall de réception, 9 boutiques de grand luxe, une salle de fitness, une piscine.

Opacité

Mais, en ce qui concerne l’essentiel, à savoir les fonds investis dans cette babylonienne entreprise, le PDG de la Guardian Holdings se fait beaucoup plus discret : le plus gros et premier chantier de ce type dans la région caraïbe est financé, dit-il, par un groupe trinidadien (la Guardian Holding) ; des partenaires ‘ « locaux » dont le groupe Monplaisir (2).

Pour l’aider dans sa tâche de mener à terme ce projet pharaonique, le dénommé Martin James, PDG de la Société de Promotion de la Pointe - Simon, est appuyé par d’autres professionnels : les architectes Erick Orville et Frank Brière, la société INSO ( ?) étant en charge de la construction proprement dite.

Selon les dires du PDG de la Guardian Holdings, 75% des frais de conception et conseils rémunérés sont revenus aux entreprises « locales » (lesquelles ?) ; 80% des matériaux nécessaires à la construction de la tour (lesquels ?) ont été achetés localement ou par des agents locaux (lesquels ?) ; quelque 1.400 emplois ont été créés (combien de Martiniquais et en particulier d’habitants des quartiers Rive Droite ont bénéficié de ces emplois ?).

Indécence

Le concepteur de cette tour s’est contenté d’imiter un modèle architectural copie conforme de la mégalomanie de ceux qui en font commande sous d’autres cieux ; sur le plan esthétique, cette monstruosité de béton et d’acier rappelle combien, dans notre pays, prolifèrent les métastases de l’aliénation.

Dans un pays, le nôtre, où la pauvreté avance en grandes enjambées, ériger une telle tour dont les 45 appartements de haut standing (4.200 euro le m² ) sont exclusivement destinés à la vente, c’est faire montre d’une insolente indécence (3).

Bâtir une telle tour qui,  par  son arrogance, domine les habitations des populations environnantes (Fonds Kérosène, Fonds Populaire, Texaco) frappées de plein fouet par les misères et souffrances qu’engendrent le sous-emploi, le chômage, la délinquance, c’est faire preuve d’obscénité (4).

Et cette obscénité dépasse les frontières du supportable lorsque, le dimanche 1er juillet, de la bouche du PDG de la Société de Promotion, de la Pointe - Simon, on apprend qu’est donné à ce repaire d’intérêts privés, le nom de LUMINA.

La manipulation

La Société de Promotion de la Pointe - Simon lance à l’attention des lycéens un concours afin d’attribuer à la tour un nom, la date butoir étant fixée au 31 mai 2012 ; cette appellation devra faire .référence à l’histoire ou au futur de la Martinique ; ce concours se déroule en partenariat avec la Région et le Rectorat, laquelle institution publique instrumentalise ainsi une large frange de la jeunesse scolaire de Martinique au profit d’une opération immobilière privée ;  un comité de pilotage dirigé par le Président du Conseil régional, le Maire de Fort - de France et le recteur, André Siganos, aura pour charge de désigner le lauréat du concours Rivière - Salée, lycée Joseph - Zobel : Madame Parize, professeure de philosophie avec l’aide d’autres personnels de l’établissement,  met en place un groupe de travail avec les élèves de terminale littéraire. ; divers noms - Majorine, Matador, Matrone, Paulette Nardal  sont avancés...  Proposé par la jeune  A. F.  celui de Lumina est retenu parce que c’est un symbole de résistance et aussi parce qu’il faut retrouver confiance en soi, tout en portant un regard honnête sur le passé (5).

Le choix d’appeler la tour Lumina initié - peut-être - par la jeune A.F, consacré - sans nul doute - par leur professeure et l’équipe pédagogique du lycée Joseph - Zobel, est sanctionné par le Comité de pilotage, et des mains du PDG de la Société de Promotion de la Pointe - Simon, A.F reçoit un  IPAD 3 ; un chèque de 5.000 euro.est remis au lycée Joseph - Zobel, et, pour ajouter une touche lyrique  au spectacle, le Maire de Fort - de - France, proclame  aujourd’hui, nous devons remercier Aimé CESAIRE d’avoir prophétisé la Ville de Fort - de - France Belle, et remercier tout autant Serge Letchimy, aujourd’hui Président de la Région Martinique, d’avoir eu l’audace de s’accrocher au « rêve jugé fou » d’Aimé CESAIRE et d’avoir réuni les conditions nécessaires pour aller de l’utopie à la concrétisation de celle-ci (6)
. 
Vie et mort d’une héroïne martyre.

5 novembre 1848  :  naissance de Lumina Sophie dite Surprise sur l’ habitation La Broue au Vauclin.


*  2 décembre 1851,  4 ans après le 22 Mai 1848 mettant fin en Martinique au système esclavagiste, en France,  coup d’Etat de Napoléon III ... En Martinique; à partir de 12 ans, tout individu doit posséder un livret précisant son identité, son domicile, son signalement, son âge, ses déplacements  ; instauration du travail obligatoire , d’un impôt personnel payé uniquement par les travailleurs des campagnes ; les libertés publiques sont réprimées,  la presse censurée... C’est dans ce contexte d’esclavagisme renaissant qu’en septembre 1870, à Rivière-Pilote, et suite à la condamnation  injuste, le 19 septembre, du jeune Lubin, qu’éclate la Grande Insurrection du Sud qui s’étend  à d’autres communes dont les habitations sont incendiées par les insurgés auxquels se joignent des femmes dont Lumina Sophie dite Surprise-


* Le 25 septembre, les forces de l’ordre colonial l’ emportent  sur les combattants de la liberté  et au cours de 1871, la répression  sanglante fait place à la répression des tribunaux. Sont condamnées de 2 ans à 20 ans de travaux forcés : Chériette Chérubin, 17 ans, couturière ; Louisine Chérubin, 23 ans, couturière ; Rosanie Soleil, 27 ans, couturière ; Adèle Frémont, ne sait pas son âge, cultivatrice ; Robertine Geneviève, 21 ans, cultivatrice ; Malvina Sylvain, ne sait pas son âge, cultivatrice ; Aline Ménage, ne sait pas son âge, cultivatrice ; Hortensia Chilon, ne sait pas son âge, domestique ; Maria Bouchon, ne sait pas son âge, cultivatrice ; Dame Jean-Louis Camille Cyrille, 32 ans, cultivatrice ...

Lumina Sohie dite Surprise, 23 anscouturière,   considérée par les juges comme  la flamme de la révolte, accumule sur sa tête le plus grand nombre d’accusations, est condamnée, ainsi qu’Asténie Boissonnet, 21 ans, cultivatrice, aux travaux forcés à perpétuité pour « incendie et participation active à l’insurrection» (7)   

Son procès se déroule du 17 mars au 17 avril 1871... Enceinte, sur le point d’accoucher, le 30 mars, elle retourne à la prison centrale de Fort  - de - France ; le 2 avril , elle donne naissance à un garçon, Lumina Théodore, qui est aussitôt  enlevé à sa mère (8)...

Le 22 décembre  de la même année, Lumina Sophie dite Surprise est  déportée au centre pénitentiaire de Saint-Laurent du Maroni en Guyane ; le 4 août 1877, elle épouse au bagne Marie Léon Joseph Félix, paysan originaire du nord de la France, de 14 ans son aîné ...Le 15 décembre 1879, à 4 heures de l’après-midi, à Saint-Laurent du Maroni, âgée de 31 ans, meurt loin des siens.

La profanation

Le récit de cette vie exemplaire (9), la professeure de philosophie du lycée Jozeph-Zobel l’a t-elle- ainsi présentée à la jeune  A..F. et à ses camarades afin de leur permettre de  découvrir avec respect cette page de notre histoire ? L’équipe pédagogique de cet établissement scolaire de la commune de Rivière-Salée, les membres du Comité de pilotage, les encenseurs médiatiques de cette cérémonie  indigne  du 1er juillet 2012, collectivement se sont faits les complices d’une profanation mémorielle.

Daniel Boukman

1.France-Antilles 30 juin / 1er juillet 2012

2.Quelle est dans cette transaction immobilière la participation de la Région et de la ville de Fort - de - France ?

3. Dix huit bureau sont destinés à plusieurs administrations dont certaines du Conseil régional pour lesquelles il était prévu de louer une surface de 1.877 m² couvrant deux étages avec un bail d’une durée de 9 années consécutives ; le loyer annuel TTC : 828. 534 euro, ces obligations financières devant augmenter, chaque année, du fait de l’évolution de l’indice de variation du coût de construction.... Suite à l’opposition vigilante du Groupe des Patriotes et Sympathisants, le Président du Conseil régional, tout en déclarant  « retirer » ce dossier de l’ordre du jour de la Commission Permanente  du 13 novembre 2011, a fait néanmoins voter par sa majorité un « accord de principe » concernant  ce projet de location.

4. Comme dit la parole : pli ta pli tris ! la loi dite Letchimy sur les logements « indignes » votée sous le règne de Sarkozy, crée un droit nouveau pour ceux qui ont construit sur une parcelle de terrain dont ils ne sont pas propriétaires. Avant cette loi, ceux qui ont construit sur des terrains appartenant à l’Etat ou à une commune pouvaient être délogés sans aucune indemnisation pour une construction illégalement édifiée.  Le principe légal étant que la construction appartient au propriétaire (l’Etat ou la commune) de la parcelle sur laquelle elle se trouve,   un maire qui voudrait déloger un tel « squatter » ne pouvait puiser dans les fonds publics de sa commune pour l’indemniser et ainsi l’inciter avec des arguments « sonnants et trébuchants » à quitter les lieux. Suite à la loi dite Letchimy, c’est - théoriquement - possible si bien qu’il n’est pas interdit de penser qu’ une fois signé le décret d’application de ladite loi (si tant est qu’elle le soit jamais),  aux habitants de ces « logements indignes » qui « défigurent » le paysage des alentours de la tour, il soit proposée une indemnité pour qu’ils dégagent et voilà ! à la suite de ce « nettoyage social », non seulement ces messieurs et dames de la Tour pourront dormir tranquilles avec le sentiment que leur sécurité est assurée... Mais de plus, le projet du   « Grand Malecon », de la plage de la Française pour arriver, sans interruption, jusqu’au pied du phare de la Pointe des Nègres, ce vieux rêve d’une Riviera pour nantis pourrait devenir réalité...Quant aux délogés des quartiers Rive Droite Lavassor, comme autrefois ceux du Morne Pichevin casés dans les cages à lapins des barres du Morne Vannier, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer.

5. France - Antilles  2 juillet 2012

6. Extrait du discours du maire de Fort- de- France..  Pour en savoir plus,   allez sur Google, et cliquez   PPM discours d’inauguration de la Tour Lumina.

7. Adèle Négrant est condamnée par contumace aux travaux forcés... Décembre 1871, au polygone de Fort - de - France, Cyrille Nicanor, Eugène Lacaille, Furcis Carbonnel, Louis-Charles Hutt, Louis Gertrude Isidore sont  fusillés... Madeleine Clem et Louis Telgard, condamnés à mort par contumace, ayant trouvé refuge à Sainte-Lucie, ne seront jamais retrouvés.

8. Le 22 décembre 1872, Théodore Lumina , à l’âge de 14 mois, meurt à la prison de Fort - de - France

9. Voir Lumina Sophie dite « Surprise » 1848 - 1879, Insurgée et bagnarde de Glibert Pago, Ibis Rouge Editions, 2008 et consulter aussi Histoire de la Martinique de 1848 à 1939, tome 2,d’Armand Nicolas, page 78 à 98.,  éditions l’Harmattan, 1966.


samedi 23 juin 2012

Le tourisme en Martinique 2012


« Conjoncture tourisme en Martinique Avril 2012 : fin de la haute saison touristique dans l'hôtellerie martiniquaise Marquant la fin de la haute saison, la fréquentation des hôtels homologués de Martinique ralentit en avril et l'occupation des hôtels recule de 13 points par rapport au mois dernier.

Depuis le début de l'année 2012, le secteur peine à maintenir le niveau d'activité de 2011. Comparé à avril 2011, les indicateurs d'avril 2012 sont en repli : 56% des chambres sont occupées contre 65% en 2011. Le séjour moyen se raccourcit (-0,2 jour) corroborant une baisse sensible des nuitées (-10%). »

INSEE

jeudi 14 juin 2012

A COLSON ON MALTRAITE ON TORTURE ON REND FOU ON TUE DES MALADES PSYCHIQUES



Une article dénonçant certaines pratiques hospitalière en Martinique qui circule sur Facebook, nous le reprenons tel quel.

Au CHS de Colson, unique établissement psychiatrique de la Martinique, on maltraite, on torture, on rend fou et on tue des malades en souffrance psychique.

De tous temps, on sait, on a toujours su - même si on ne veut pas savoir - ce qui se passe derrière les murs décrépis de cet établissement que je ne nommerai pas hôpital, où les malades deviennent fous, parfois meurent de maltraitance, de mauvais traitements et de tortures infligées par certains médecins et soignants.

Il est temps de briser l'omerta. Et je salue d'avance le courage de celles et ceux, en partiulier les soignants et médecins dont certains ont démissionné ou fait l'objet de menaces de mort pour avoir exprimé leur désaccord quant à la prise en charge des malades, qui oseront avec nous dénoncer.

Dans certains pavillons, la contention et l'enfermement en cellule d'isolement sont quasi systématiques. Ils annoncent cyniquement d'ailleurs la couleur : tout nouvel arrivant est d'office mis en celllule d'isolement, "c'est le protocole". Irréfutable argument auquel on ne peut rien opposer. Inutile de demander pourquoi, d'essayer de comprendre ce "protocole" qui n'existe pas et s'il existe, totalement illégal. Toute mise en isolement devant faire l'objet d'une indication thérapeutique précise, d'un réel protocole et devant se justifier médicalement, pas en termes sécuritaires. 

Il existe des hôpitaux psychiatriques où les chambres d'isolement n'existent pas. Preuve qu'on peut faire autrement. Quant aux chambres d'isolement, elles doivent répondre à des normes précises mais qu'importe. A Colson le placard à balai qui parfois en fait usage existe, sans aucun confort, aucune sécurité pour le malade : une fenêtre avec des barreaux par lesquels parfois passent les joints quand le malade est délié, pas de lavabo ni de WC, pas de sonnerie d'appel en cas d'urgence ou de malaise, des lits souvent sans drap avec une alèse, des cellules où des malades pas forcément "agités" (mais comment ne pas l'être dans un tel environnement), ligotés aux chevilles et aux poignets, sont immobilisés pendant des jours, parfois des semaines. Pas moyen d'aller aux toilettes, on fait sur soi, baignant dans urine et excréments.

Récemment un malade est décédé suite à une contention "non contrôlée"...

Des malades restent en contention parfois plusieurs jours SANS AUCUN SOIN. C'est de la torture. Les brutalités et sévices physiques sont légion dans cet établissement et les décès pas rares. Pas rare que les malades soient traités à coups de poing et de pied par des "soignants", y compris à l'Unité 72 (première admission aux urgences du CHU), y compris dans le hall du Tribunal récemment où certains "comparaissaient en audience" conformément à la Loi de Juillet 2011, un hall transformé en scène de pugilat soignants contre malades, un malade s'étant rebellé entraînant d'autres dans la révolte. Tout le beau monde au balcon assistant à la scène, certains sans doute amusés. Personne ne disant mot de voir traiter des malades à coups de poing et de pied. Pas d'enquête. Dans un tribunal, haut lieu de justice!

CE SONT DES HOMMES!

Dont souvent tous les droits sont bafoués : droits du malade hospitalisé, droits de l'usager en santé mentale, DROITS HUMAINS élémentaires tout simplement. Et NUL N'IGNORE!

Que disent les médecins - à part de très rares exceptions - dont beaucoup sont des contractuels réduits au silence, pas assez courageux ou si peu concernés pour parler, dénoncer. Certains partent ailleurs : 35 départs en 5 ans! Quand on sait que le lien thérapeutique - mais de quoi parle-t-on - suppose une relative stabilité de l'équipe soignante pour mettre en confiance - mais de quoi parle-t-on - les malades. Et les soignants qui se taisent, préfèrent partir en extra-hospitalier ou complices de pratiques inacceptables quand ils ne sont pas eux-mêmes les auteurs de cette maltraitance et de ces actes de barbarie. Les jeunes infirmiers qui débarquent sans aucune formation pour la psychiatrie (2 semaines par an pendant leurs 3 années d'études) se fondent dans le moule ou partent vite ailleurs.

Dans cet établissement la maltraitance institutionnelle a toujours existé mais un cran de trop quand on torture et tue.

Impossible de savoir le nombre de décès chaque année, l'info est verrouillée. 

Ces dernières années, on a vu encore considérablement se dégrader et de façon scandaleuse les conditions d'hébergement et de prise en charge des malades déjà inacceptables auparavant (cf rapports d'experts passés par là depuis 1995).

Ce n'est pourtant pas faute d'argent mais les crédits alloués vont partout sauf à l'amélioration de la qualité de l'hébergement et des soins, ce qui devrait être la priorité vu l'état de délabrement et les dysfonctionnements de cet établissement.

Ces crédits sont en partie détournés au point que l'ARS exige aujourd'hui le remboursement de plus de 100.000 euros trop perçus par certains médecins payés pour des services non effectués, parfois même alors qu'ils étaient à l'étranger.

Les inspecteurs de l'IGAS qui viennent de passer au crible pendant 2 mois les comptes de cet établissement en savent long! Que font les syndicats complices qui n'en ignorent rien? Que fait la Commission des Hospitalisations Psychiatriques inexistante? Que fait l'ARS (Agence Régionale de Santé), l'autorité sanitaire de tutelle? Est-elle juste comptable du budget de l'Etat en demandant le remboursement des sommes indûment perçues? Et les malades, qui s'en soucie? Et la psychiatrie pratiquée dans cet hôpital QUI REND FOU?

De quelles protections occultes bénéficient ceux qui doivent rendre des comptes? et pas qu'à l'Etat... aux usagers, aux familles, aux élus et aux citoyens?

L'Association Equinoxe a transmis aux autorités sanitaires locales en 2007, ainsi qu'aux experts de la MNASM (Mission Nationale d'Appui en Santé Mentale), un rapport sur la qualité de la prise en charge psychiatrique à la Martinique afin que nul ne prétende ignorer mais resté sans suite. La situation s'est aggravée depuis. Et pourtant dans les réunions de la CRU (Commission des Relations avec les Usagers) qui se réunit tous les 18 ou 24 mois (au lieu de tous les 3 mois), les responsables de l'établissement exhibent fièrement des "enquêtes de satisfaction" menées intra-muros par le personnel soignant avec un taux de satisfaction des usagers avoisinant les 100% dans tous les domaines : accueil, hébergement, soins, intendance (vêtements, etc)? De qui se moque-t-on?

Face à l'opacité de la gestion de cet établissement et de ses pratiques, face à l'omerta, NOUS, Association Equinoxe (association regroupant les familles d'usagers de la psychiatrie) et la toute récente Association des Usagers de la Psychiatrie (que nous invitons les usagers à rejoindre)

-  demandons que soient menées des enquêtes de satisfaction auprès des usagers hospitalisés par des personnes neutres, extérieures à l'établissement

-  recueillons dès maintenant les témoignages d'usagers, de familles, de soignants et de médecins courageux. REFUSEZ L'OMERTA! Nous invitons toutes celles et tous ceux qui ont subi la violence institutionnelle de cet établissement à nous contacter pour nous faire part, si possible par écrit, de leur vécu.

-   réitérons notre demande formulée depuis 2008 que des Etats Généraux de la Psychiatrie soient organisés afin d'engager l'incontournable débat de fond sur la psychiatrie à la Martinique, préalable à la vaste réforme de ce secteur de la santé si délaissé et qui doit, lui aussi, accéder au 21ème siècle. Il est temps que la santé mentale ne soit plus le parent pauvre du système de santé. Et dans ce cadre-là, que la parole de TOUS, prioritairement usagers et familles, soit prise en compte. Un plan de santé mentale a été élaboré pour les 5 prochaines années à l'élaboration duquel ni usagers ni familles n'ont participé. Celà n'est pas acceptable car ILS SONT LES PREMIERS CONCERNES.

A l'heure où le Centre Hospitalier de Colson doit se mettre aux normes en vue de son accréditation, il est essentiel de témoigner de la réalité de cette institution.

Au-delà des murs honteux dans lesquels sont accueillis les usagers, de dénoncer les pratiques intolérables et inhumaines qui depuis trop longtemps ont eu cours et ont encore cours dans cet établissement, de dénoncer la stigmatisation des malades sur le lieu même où ils sont sensés être soignés.
Un rapport incluant les témoignages reçus sera transmis aux plus hautes autorités sanitaires locales et nationales ainsi qu'à nos députés et autres élus.

Pour les témoignages, envoyer par mail : Ils pourront demeurer anonymes aux tiers si leurs auteurs le souhaitent.

Un N° de tel fixe et de GSM vous seront transmis prochainement et des permanences des deux associations (usagers et familles d'usagers) débuteront début juillet. Nous vous informerons des jours, lieu et heures également.

Nous invitons celles et ceux qui se sentent concernés à rejoindre l'Association Equinoxe qui, outre les familles, accueille aussi sympathisants et bénévoles. NUL N'EST A L'ABRI D'UN TROUBLE PSYCHIQUE.

De prochains articles à venir. Et des témoignages qui seront publiés.

Yolène de Vassoigne
Présidente de l'Association EQUINOXE (familles d'usagers de la psychiatrie à la Martinque) - 12 Juin 2012


lundi 4 juin 2012

Des incidents ont marqué la campagne de Alfred Marie-Jeanne au Lamentin


Nous tenons à vous faire part des actes de violences qui tendent à s'installer dans la campagne des législatives.

Au Lamentin , ce dimanche 3 juin 2012, une équipe de campagne composée de militants patriotes qui faisaient des prises de parole en faveur de Alfred MARIE-JEANNE, sur la voie publique dans divers quartiers du Lamentin, a été "caillassée" au quartier Four à Chaux. 

Les vitres de deux véhicules équipées de matériel de sonorisation ont été brisées à coup de pierres de plus de 2 kg.  

Une plainte a immédiatement été déposées auprès de l'hôtel de Police du Lamentin. 

 Après Fort de France où le candidat patriote Francis CAROLE n'a pu tenir sa conférence , vendredi dernier, au quartier Hauts de Dillon, la violence contre les patriotes s'installerait-elle au Lamentin? 

Au nom du groupe de Patriotes Martiniquais, nous élevons les plus vives protestations contre ces actes de violences qui entachent la campagne électorale . 

 Le Lamentin, le 3 juin 2012 

 Daniel MARIE-SAINTE 
 Directeur de campagne de Alfred MARIE-JEANNE






lundi 30 avril 2012

DÉCLARATION DU GROUPE RÉVOLUTION SOCIALISTE (ANTILLES)


1. Le premier tour des élections présidentielles a montré, dans les dernières colonies, un rejet de Sarkozy et de sa politique encore plus fort qu’en France. Sans spéculer sur le sens des abstentions, on peut dire de façon certaine que parmi celles-ci, en Martinique, un nombre non négligeable est également synonyme d’opposition à la politique menée par le pouvoir durant les 5 dernières années. Nous rappelons que dès le soir de l’élection de Sarkozy en 2007 nous avions annoncé que désillusions et mobilisations ne tarderaient pas. Nous nous réjouissons évidemment de cette situation à laquelle ont contribué toutes les luttes que nous avons menées en compagnie de beaucoup d’autres durant ces 5 années.
2. A l’inverse, le score élevé obtenu par le FN confirme l’existence en France d’un nombre important de gens capables de s’accommoder du racisme et de la xénophobie patentés de ce parti, voire même, pour une partie de partager ces idéologies mortifères, largement encouragées par les dérives des Guéant, Hortefeux, Sarkozy et autres. Il ne s’agit pas d’une vraie nouveauté mais d’une persistance qui met le mouvement progressiste et démocratique français devant un défi de taille.
Ses progrès électoraux chez nous montrent que nous ne sommes pas à l’abri des réflexes et des pensées rétrogrades qui, sous couvert de colère brute, font le lit de nos pires ennemis. Les porteurs de ces messages de haine savent qu’ils ne trouveront auprès de nous aucune complaisance sous quelque prétexte que ce soit.
3.Malgré son niveau modeste, le score de Philippe Poutou du NPA réalisé dans des conditions de grandes difficultés (campagne tardive après une longue bataille pour les signatures, candidat nouveau, pression du vote Mélenchon) prouve l’existence durable en France d’un courant à la fois anticapitaliste et anticolonialiste, capable de s’opposer fermement à la vraie droite sans perdre son indépendance à l’égard de ce qu’il faut bien appeler la fausse gauche de Hollande. Nous analysons le score de Mélenchon comme le signe de l’existence en France d’une volonté de résister aux agressions du Capital, d’une aspiration à des solutions autres que les sacrifices imposés aux mêmes par les mêmes. Mais nous maintenons notre vision très critique de la complicité de Mélenchon avec la vieille idéologie coloniale de la «République une et indivisible». La gauche française doit se débarrasser de cet héritage pour être capable de nous reconnaitre comme des peuples avec qui il s’agit de coopérer loin de toute ignorance et de tout paternalisme
4 Le deuxième tour ne nous laisse que la possibilité du bulletin Hollande si nous voulons participer à l’œuvre de salubrité publique de dégager Sarkozy. Nous l’utiliserons pour notre propre compte, mais nous ne mènerons aucune campagne, ne lancerons aucun appel ni pour la personne, ni pour le programme, ni pour les perspectives représentés par François Hollande. Nous rejetons toute responsabilité dans la politique qu’il mènera et que sur bien des points nous combattrons à partir de notre orientation anticolonialiste et anticapitaliste.
D’ores et déjà nous appelons à l’unité, à l’organisation et à la mobilisation de toutes celles et de tous ceux qui refusent d’être les souffre-douleurs d’une politique faite pour les puissants. Sous prétexte de crise dont ils portent seuls la responsabilité. Les profiteurs d’ici et d’ailleurs chercheront à accentuer les coups qu’ils nous portent. En ce moment même, des licenciements criminels sont programmés à l’hôtel Galion, des licenciements idiots menacent dans le secteur Sécurité, des licenciements suspects se profilent chez Venutolo, des licenciements scélérats et revanchards se déroulent à Outre-mer Télécom, tandis que des postes sont supprimés en pagaille dans la fonction publique, dépouillant l’Ecole, la Santé, de service public de l’Emploi. Le «vrai travail» est mis à l’encan sans ménagement!
Le 1er mai est la première occasion qui se présente de dire notre volonté de résistance. Le GRS soutient sans réserve celles et ceux qui dans cette échéance adoptent la seule attitude réaliste: celle de l’unité de celles et ceux d’en bas pour la défense de leurs droits et pour les avancées radicales qui ouvriront le chemin vers des lendemains d’espérance.
FDF, le mardi 24/04/2012