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vendredi 25 novembre 2011

25 novembre 2011 Adieu Jeff potomitan a mizik Carribean dominika


BIO DE JEFF JOSEPH 1953 -2011 

Il est né à la Dominique, dans un village du nom de Saint-Joseph. Et du plus loin qu’il s’en souvienne il a toujours aimé bouger, danser et surtout chanter. Sa maman Sylma se souvient : « Jeff est l’ainé de mes cinq enfants. Je l’ai toujours entendu chantonner, toujours, quelque soit son humeur du moment. 

Il reprenait des chansons que diffusait la radio ou en inventait quelques-unes ». La musique ? Jeff dit qu’elle l’habite depuis l’enfance. C’est sa manière de dire ses émotions, et de les partager. Une façon aussi d’enjoliver la vie, la sienne comme celle des autres… 

C’est ainsi qu’à l’âge de douze ans, il commence ses premières prestations publiques en s’inscrivant dans une compétition de carnaval qu’il remportera l’année suivante, avec une bande d’amis qui l’accompagnait au steel-band. Une étoile du calypso est née, mais maman Sylma veille et tient à ce que les études soient menées à terme avant toute escapade musicale. C’est chose faite en 1972 ou avec quelques potes musiciens de son école Grammacks School et ceux de l’Academy School. Jeff fonde le groupe « Grammacks » qui sillonne la Dominique de bout en bout, de bals populaires en fêtes communes. 

Comme ses illustres ainés en variétés, les Ophélia et Gordon Henderson, Jeff fera mentir le proverbe qui dit qu’on n’est jamais maître chez soi. La Dominique ne rate aucun de ses rendez-vous, pour danser et chalouper à satiété. Mais l’envie de voir d’autres horizons, d’autres publics, de se confronter à d’autres cultures, de s’ouvrir d’autres marchés pousse le groupe à se rendre dans l’ile voisine, la Guadeloupe. 

La rencontre en studio avec Henri Debs sera déterminante et bénéfique pour les Grammacks. 

Dès leur première collaboration, ils signent ensemble « Soucougnan », un titre qui devient très vite un tube rythmé par un calypso torride sur un texte qui image une vieille superstition locale… 

Jeff Joseph devient, avec un sillon, le roi du KGV, soit dit Kalypso à Grande Vitesse. 

S’enchaînent une cascade de succès, de hits, des prestations aux quatre coins de la Caraïbe et de le France, avec un morceau mémorable comme « pa dansé an ba koko sek ». Puis, au sein de 3A, l’écurie de Jacky Nayaradou (en Martinique), Jeff compose ce qui deviendra ses titres-phares. Il impose sa griffe, celle s’un style harmonique qui n’appartient qu’à lui, un son « Karibean Rock » hyper remuant, avec un groove saturé. C’est une alliance de cadence et de calypso, la cadence lypso qui lui permettra de séduire et de conquérir les publics les plus hétéroclites. 

Parmi ses compositions qui n’ont pas pris une ride mélodique citons : Misik dou it, Mi déba, Ou pas bon, Côchema, Pawol en bouch… Dès les premières notes, ses cousins des Antilles, de la Caraïbe, des USA (New-York et Miami), de Hollande, de France (avec un tour de France en première partie d’Annie Cordy et des concerts sous l’égide de France Inter) succombent sous la fièvre de ses tempos. 



A DIFFUSER-LES IMAGES-VEILLÉE AU GRAND-CARBET -DE JEFF JOSEPH- by teleantilles.com from TeleAntilles on Vimeo.

Son répertoire s’enrichit de bouyon, de reggae, de merengue, de soca entres autres.

 Sur scène, ce qui fascine, c’est la prodigieuse énergie de Jeff, leader charismatique, interprète fougueux. Tout au long d’un concert, Jeff reste en contact permanent avec son public qu’il électrise à sa guise. Il ne s’économise jamais, se donne sans compter, passant sans répit d’un bout à l’autre des plateaux avec un certain bonheur communicatif. 

Des trophées SACEM et autres distinctions honorables (dont la médaille de la Fête de l’Indépendance de la Dominique…) viendront couronner son talent... Mais un jour de l’année 1985, fatigués de parcourir le monde, les musiciens décident de rentrer au bercail ou de s’installer aux Etats-Unis, et de fonder une famille. 

Pour Jeff, l’aventure musicale ne pouvant s’achever, c’est l’aventure en solo… A New York ou il réside, Jeff rencontre le groupe « Kool of the gang » avec lequel il sort en 1988, un sillon de deux sonorités « world music », « Banana sweet » et « One, two, three », dont le clip tourné en Angleterre est l’un des plus soignés réalisés par un artiste de la Caraibe. 

Et puis, arrive "Volte-Face" avec Georges Decimus (bassiste et faiseur de tubes aux disques d’or pour Kassav), avec le lutin Dominique Panol avec la « zoukeuse-light » Katryn Thélamon et la voix ka-roots de Dominique Coco. Pendant cinq ans, Volte-Face, groupe éclectique et électrique parcourt le globe, semant aux quatre vents, sa rythmique caribéenne nourrie de zouk (chiré, lové…) de bouyon, de cadence-lypso, de funk, de gwo-ka. 

Volte-face désormais éteint, il nous reste en souvenir, 5 albums et 1 album live qui relatent leurs prestations entre frissons, passions et émois. La collaboration essentielle de Jeff Joseph au sein de « Volte-Face », notamment sur les plateaux, incite le public à lui réclamer un retour des Grammacks. Ils sont nombreux à vouloir se replonger dans un bain de nostalgie, dans un tourbillon de liesse, d’allégresse avec Jeff en meneur de jeu. 

En 1997, Jeff obtempère. Et avec de jeunes musiciens férus de son répertoire, il crée « Grammacks New Generation ». La formation est l’invitée régulière du Festival Kreol de la Dominique et de temps à autre se rend au Festival de jazz de Sainte-Lucie et de Saint-Martin. 

Qu’en est-il aujourd’hui de Jeff Joseph et de sa cadence-lypso ? Deux albums avec « Grammacks New Generation » et un opus en solo fraîchement sorti témoignent de son éternelle vivacité... Le chanteur a gardé sa verve, son sens du rythme, son allant, son punch et sa capacité phénoménale à soulever les foules. 

Pour Jeff Joseph, la musique est un plaisir, le public un ami fidèle avec lequel il aime à partager et échanger. « On zanmi, on frè… On moun authentik… Une tornade… Un très grand de la musique… », la mort de Jeff Joseph a profondément touché les Guadeloupéens. 

De l'avis de tous, sa disparition est « une grande perte pour la Guadeloupe ». Il avait fait de la musique sa vie, le chanteur d'origine dominicaine Jeff Joseph est mort hier mercredi 23 novembre dans l'après-midi. C'est en Martinique, qu'il s'est éteint au CHU de Fort-de-France, à l'âge de 58 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral. 

Le musicien bon vivant était très reconnu par la communauté antillaise de métropole, ainsi qu'évidemment par l'ensemble du bassin caribéen, lui qui a mélangé le calypso, le funk, le reggae durant ses quarante ans de carrière. Créole emblématique, Jeff Joseph a d'abord fondé le groupe dominicain Grammacks avant de créer le groupe guadeloupéen Volt Face, avec ses amis de toujours, Katryn Thélamon, Dominique Panol ou encore Dominique Coco. Un grand monsieur qui s'en va, laissant la musique orpheline de son talent. 

QUE TON AME JEFF REPOSE EN PAIX ET QUE TA MUSIC CONTINUE A TE FAIRE VOYAGE DANS LE MONDE OU TU SERA ENTOURER DE TES POTES ET FRERES MUSICAL

jeudi 24 novembre 2011

Jeff Joseph, la voix créole dominiquaise...

photo : Benny René Charles 



Il y a des êtres que l’on ne fait que croiser et qui pourtant imprègnent votre existence de manière d’abord imperceptible jusqu’à, au fil du temps, l’investir de manière durable. Le chanteur, l’immense chanteur dominiquais Jeff Joseph, faisait pour moi partie de ceux-ci.
Nous ne nous sommes jamais rencontrés que dans des salles d’attente d’aéroport. Dix fois, vingt fois. Un peu partout : en Martinique, bien sûr, mais aussi à Barbade ou encore à Miami. Chaque fois, il venait vers moi, très chaleureux, me parlant dans son créole dominiquais moins rude que le nôtre. Nous n’échangions que des mots de tous les jours, des paroles banales pourrait-on dire, mais cela avec une chaleur et une sincérité qui ne cessaient de m’étonner.
Si je savais très bien qui il était et ce qu’il représentait, moi, l’analphabète en matière musicale, je me demandais toujours ce qu’il savait vraiment de moi et pourquoi il faisait preuve de tant d’amitié à mon endroit.
La première fois que j’ai entendu les Grammacks, j’étais encore étudiant à Aix-en-Provence et quoique relativement insensible à la chose musicale, sa voix un peu rauque, son créole profond, m’avaient transporté. Je m’imaginais à l’époque le créole de la Dominique déjà mort de sa belle mort comme celui de Grenade ou de Trinidad. Il n’en était rien et Jeff en était la preuve vivante.
Outre, que Jeff et les autres grands musiciens dominiquais (je pense à Gordon Henderson) ont quasiment inventé la musique créole moderne en la mixant, je suppose, avec les rythmes noirs américains, ils ont imprimé un balan extraordinaire à la langue créole, balan que Kassav et d’autres groupes, tout aussi extraordinaires, ont amplifié par la suite. Mieux, Jeff et les siens ont transporté le créole dans des pays où il n’avait jamais été entendu. Ainsi, lors d’une de nos rencontres aéroportuaires, je lui ai appris que son fameux tube « Woy-Woy-Woy mi déba ! » était joué sans arrêt à…Georgetown, capitale du Guyana, pays dont je revenais. Pays anglophone où l’on sait peu de choses de la Dominique, pratiquement rien de la Martinique ou de la Guadeloupe, et où la plupart des gens n’ont jamais entendu du créole. Jeff a éclaté de rire, ce rire sonore et communicatif qui vous mettait tout de suit à l’aise et m’a répondu : « Gason, fout sa bon ! »
Grâce à l’impulsion donnée par lui, la Dominique a instauré chaque 28 octobre la « Journée Internationale du Créole » et a mis sur pied le « Festival Mondial de Musique Créole » qui, chaque année, attire des dizaines de milliers de visiteurs, prouvant s’il en était besoin que le développement touristique de nos îles doit s’appuyer sur notre culture et non sur les seules plages ou la forêt préservée comme en Dominique. On n’a nul besoin d’organiser des transats dispendieuses pour cela !
Jeff a donc tiré sa révérence. Frappé, paraît-il, par ce mal__l’attaque cardio-vasculaire__qui devient si fréquent dans nos pays qu’on en vient à se poser des questions sur notre mode de vie et surtout notre alimentation. Et forcément à les remettre en cause. Encore que dans le cas de Jeff, il y ait aussi la vie de ces artistes internationalement reconnus qui passent la moitié de leur vie dans les avions.
Jeff est parti, mais sa voix demeure. Elle continuera longtemps à nous enchanter. Comme celle de Paulo Rosine ou de Patrick Saint-Eloi. Ces voix sont des dissipatrices de ténèbres. Des enchanteurs de vie. Des adoucisseurs de soucis.
Désormais, dans chaque aéroport, je guetterai sa démarche féline et ses locks discrets qui égayaient son visage un peu sévère…


Raphaël CONFIANT

mercredi 23 novembre 2011

Décès du chanteur caribéen Jeff Joseph à la Martinique



Le chanteur d'origine dominicaine Jeff Joseph est décédé mercredi après-midi au CHU de Fort-de-France (Martinique), a-t-on appris auprès de la famille de l'artiste. Très reconnu dans l'ensemble du bassin caribéen et par la communauté antillaise de métropole notamment, Jeff Joseph est mort à l'âge de 58 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral. Durant ses quarante années de carrière, le chanteur a fusionné les rythmes, du calypso au reggae en passant par le funk. Il fonda le groupe dominicain Grammacks dont il fut le chanteur 

emblématique, puis le groupe guadeloupéen Volt Face. Jeff Joseph a su traverser les modes et les tendances, se positionnant en chantre de la musique créol

J'ai appris avec tristesses la nouvelle du décès de Jeff Joseph.



J'ai appris avec tristesses la nouvelle du décès de Jeff Joseph.
Avec lui disparaît, un véritable phare de la musique Caribéenne, doté
d'une voix inimitable.
Il fut un représentant emblématique de la période Cadence Lypso, avec
le groupe Gramacks et ses nombreux tubes dont le fameux Mideba.
Il aura su traverser les époques et les styles, avec un égal talent.

Ses mélodies, ses textes, sa personnalité attachante et sa grande
simplicité resteront à jamais gravés dans nos mémoires.
J'adresse à sa compagne Mounia, à sa famille, à ses proches, et à l'ensemble
des musiciens Caribéens, mes très sincères condoléances.



Eugène
Larcher
Maire des Anses d'Arlet.
Président de la Communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique

Décès de Jeff Joseph aujourd'hui


A l'annonce de la disparition de Jeff Joseph, Claudy Siar, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer présente toutes ses condoléances à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont aimé le chanteur des groupes légendaires The Grammacks et Volt Face.

Au confluent de divers genres musicaux de la Caraïbe et au-delà, Jeff Joseph était à la fois une figure emblématique de la Dominique, martiniquais et guadeloupéen d’adoption et un artiste toujours en pointe qui a su, tout au long de sa fantastique carrière, se réinventer.

Claudy Siar a plusieurs fois eu le privilège de travailler avec ce grand homme. Il était son ami. Les mots et la musique de ce grand frère résonnent encore et toujours dans sa tête. C'est une immense perte pour notre musique qui perd l'une de ses plus grandes voix.

Jeff Joseph nous a quitté ( 30 septembre 1953 - 23 novembre 2011)


J'apprends  avec une grande tristesse le décès du chanteur d’origine « dominiquaise » Jeff Joseph, il serait mort l’hôpital de La Meynard du Lamentin, des suites d'un AVC, d'autres disent d'une crise cardiaque, en fait je ne sais pas et peu importe...

Au début des années 80, j'ai eu la chance de le croiser plus d'une fois  au Soleil d’Or, une ancienne discothèque antillaise de Paris, et aussi ailleurs, mais je n’étais pas l’ami du chanteur de Grammack's.

La dernière que je l’ai vu, c’était le 26 octobre 2011, me semble-t-il, à la gare portuaire de Pointe à Pitre, il était accompagné de ses musiciens, nous sommes salués comme des gens que l’on sait connaître mais que l’on n’arrive pas à situer exactement où on les a connus.


De surcroît, Jeff était en plein affairement avec son groupe, discutant un peu avec tout le monde. Il m’a semblé incongru d’aller l’importuner avec des souvenirs presque vieux de trente ans.

 Je l’avais senti fatigué, les yeux rouges  et je m’étais  à moi-même : Jeff paka vwé fo,ÿ fini awé sa, sa ka focé,ÿ ! 

Oui, je sais, j'étais loin de me douter qu'il était malade !


En tout cas, j’appréciais ce garçon, c’était un grand artiste, un homme d’une rare gentillesse.

Mes condoléances à sa famille et bonne route à ce « boug » vers ce chemin infini et éternel.