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jeudi 22 septembre 2011

30 ans de précarité Contrats aidés ou patrons aidés ?




En 1984, sous la présidence de François Mitterrand, face au chômage, le premier ministre Laurent Fabius lance les Travaux d’utilité collective, TUC, qui s’avère être l’une des premières mesures subventionnées par l’Etat. Douze ans après son élection, presque à la fin de son second mandat, Mitterrand déclare : « On a tout essayé, tout a été essayé ! Vous connaissez le résultat, qui est un triste résultat.» Il explique ensuite que 80 milliards ont été transférés aux entreprises pour des soi-disant « gisements d’emplois, sans aucun effet ! » Il termine son discours en disant : « Je n’ai jamais vu d’emplois, ces 80 milliards auraient permis de créer 800 000 emplois payés au SMIC. »

Malgré cela, depuis, rien n’a changé. Rien d’étonnant : les contrats aidés ne sont pas là pour résoudre le chômage. Ils ont été créés parce qu’ils présentent le double avantages de fournir une main d’œuvre gratuite (en réalité payée par vous et moi à chaque fois qu’on achète un pain ou une boîte de lessive puisque la TVA fournit l’essentiel de l’argent de l’État) et une main d’œuvre fragile, donc plus docile. Avec des emplois de plus en plus précaires, il s’agit pour le patronat d’externaliser le coût de la main-d’œuvre et de ne payer que le temps de travail le plus directement productif : par exemple, avec un assistant dans une école embauché sur un contrat qui s’arrête en juin, l’employeur contourne l’obligation de payer le salarié en juillet et en août.

Et alors que l’effet des contrats aidés sur la résolution du chômage est nul depuis 30 ans, ils se succèdent sous différents cigles : CES, CAV, TOS, Contrat unique d’insertion (CUI), etc. quel que soit le gouvernement en place.  Le chômage perdure, l’emploi précaire s’installe à travers les contractuels, les intérims, etc.
Aujourd’hui, après un emploi précaire, il y a plus de risque d’enchaîner un autre emploi précaire. De nombreux salariés approchent de l’âge de la retraite en n’ayant jamais connu autre chose ! Dans tous les domaines professionnels, des contrats précaires sont mis en place comme par exemple dans l’enseignement.


En conclusion :" Il ne s’agit pas d’accepter un peu plus de précarité en contrepartie d’un peu moins de chômage. Ce faux dilemme n’a été qu’un prétexte pour affaiblir un peu plus un salariat miné par le chômage. Il s’agit de lutter à la fois contre le chômage et la précarité."

samedi 7 mai 2011

Les Afro-Américains durement frappés par le chômage


Le chômage frappe de manière très inégale aux États-Unis, et les hommes, les jeunes, les Noirs, et les sans-diplômes en sont proportionnellement les premières victimes, selon le rapport officiel sur l'emploi publié vendredi à Washington.
Alors que le taux de chômage moyen du pays était de 9,0% en avril, le taux de chômage des jeunes (seize à dix-neuf ans) était de 24,9%.
Parmi les plus de vingt ans, le taux de chômage était de 8,8% chez les hommes, contre 7,9% chez les femmes.
Le chômage était de 16,1% au sein de la communauté afro-américaine et de 11,8% pour la communauté latino, contre 8,0% chez les Blancs, et 6,4% chez les Asiatiques, la communauté la plus diplômée du pays.
Le taux de chômage de la frange la moins diplômée de la population de plus de vingt-cinq ans (n'ayant pas l'équivalent du baccalauréat) était de 14,6%.
Des études de la banque centrale (Fed) ont montré que la récession avait frappé bien plus les hommes, et en particulier les ouvriers de l'industrie, secteur en déclin depuis plusieurs décennies, que les femmes.
Néanmoins, en un an, le taux de chômage a baissé trois fois plus vite chez les hommes que chez les femmes.
Le président de la Fed, Ben Bernanke, s'était ému il y a une semaine que le chômage reste «particulièrement» élevé «au sein de minorités, des jeunes et des gens les moins instruits».
Autre motif d'inquiétude pour la Fed: la proportion extrêmement élevée des chômeurs de longue durée, qui était de 43,4% en avril, contre 26% au maximum pendant la grande crise de 1982-83, de sinistre mémoire aux États-Unis.
Après près de deux ans de reprise économique, la persistance d'un chômage très fort a des conséquences sociales dramatiques, malgré les différents programmes de prolongation des allocations de chômage.
Le nombre de personnes, en particulier d'enfants, dépendant de l'aide alimentaire de l'État ne cesse de progresser.
Selon une étude publiée lundi par l'Université du New Hampshire, la récession a entraîné une hausse de 48% du nombre de ménages devant faire appel aux programmes d'aide publics pour assurer leurs besoins énergétiques.
Comme l'a reconnu M. Bernanke le 29 avril, les inégalités, qui s'étaient fortement creusées sous le mandat du président George Bush fils (2001-2009), continuent de s'amplifier avec cette crise de l'emploi qui n'en finit pas.
AFP