samedi 26 janvier 2013

Florence par-ci, Cassez par-là… Caramba ! Vivement que cela cesse !



Ce fut le show médiatique de la semaine. Il fallait bien en trouver un de remplacement, puisque les journalistes sont interdits de fouinage au Mali où nos soldats sont engagés, aux côtés des comiques-troupiers de l’armée nationale, contre les djihadistes, heureux bénéficiaires des armes récupérés dans les entrepôts de feu le colonel Khadafi ou directement reçues de notre pays pour leurs convenances personnelles.
Ce fut donc du « Florence » par-ci, du « Cassez » par là, elle-même en « live » ou par papa et maman interposés, ou encore par son avocat ou par l’actuel ministre des Affaires Étrangères Laurent Fabius en attentant qu’entrent en scène – ce qui ne fut pas long – Madame Trierweiler et son président de compagnon…
De leurs côtés, quelques ténors de l’opposition UMP essayèrent tant bien que mal de rappeler que Nicolas Sarkozy s’était engagé, lui aussi, en son temps, pour la Française… Mademoiselle Cassez ne manqua pas de le rappeler sitôt sa libération confirmée.
Quoi qu’on puisse lui reprocher, on lui reconnaîtra qu’elle n’est pas une ingrate… et qu’elle ne lésine pas ses remerciements, passionnés, émus et répétitifs, larges sourires et yeux brillants de gourmandise, à l’intention de tous ceux qui ont été à ses côtés durant toutes ces années.
Dont acte.
Dont acte également que le matraquage médiatique pour convaincre l’opinion française de son innocence a été de force 8, ce qui sur l’échelle de Beaufort indique « Ouragan ou bombe météorologique » dont les « effets à terre » sont des « dégâts très importants de l’ordre de la catastrophe naturelle. »
Catastrophe naturelle, n’exagérons pas ; tout juste une bouffonne indécence politico-médiatique. Une de plus !
Que Florence Cassez ait été victime d’une mascarade judiciaire sur fond de manipulation politique, policière ou maffieuse, voire des trois, on peut le concevoir si on se fit à ses déclarations, aux aveux récusés de certains témoins l’ayant accusée, aux intérêts électoraux de quelques dirigeants locaux voulant ainsi prouver leur détermination dans la lutte contre la criminalité – et plus particulièrement contre celle liée aux enlèvements de personnes, véritable fléau national – aux présomptions de corruption touchant autant la police que la justice ou la classe politique et, in fine, aux responsabilités de certains protagonistes à commencer par le frère de Florence Cassez, à la tête d’une entreprise d’équipement médical au Mexique, associé à « un certain Edouardo Margoulis, un Mexicain d’origine judéo-libanaise, représentant de nombreuses sociétés israéliennes au Mexique dont des entreprises d’armement et d’équipement pour les forces militaires et policières. Il est également propriétaire de sociétés de protection et de surveillance à Mexico. »(1)
Ne faisons pas abstraction de tout cela… mais pas non plus que mademoiselle Cassez a été la maîtresse avouée d’Israel Vallarta Cisneros, kidnappeur en chef de la bande des « Zodiaque » (« Los Zodiaco »)… Un brave gars qui a reconnu après son arrestation dix enlèvements et un meurtre ; elle vivait toujours en sa compagnie ou tout au moins à sa proximité lors de son arrestation.
Aventure sentimentale et plus pour cause d’affinité certaine qui ne fut pas sans importance puisque fifille présenta son exotique et atypique amant à ses parents lors d’une de leur visite au Mexique.
Alors, de deux choses l’une : soit l’incontestablement séduisante Florence peut postuler à un premier prix de « gourdasserie » pour ne pas avoir deviné, des mois durant, à quelles activités se livrait son chevalier-baisant, soit elle était au mieux complice passive, au pire complice tout court.
La Justice mexicaine a tranché en abandonnant toutes charges contre elle et en la laissant rentrer en France immédiatement. Sans doute davantage pour en finir avec un dossier sali par ceux qui l’avaient instruit que pour véritablement blanchir l’intéressée. Rien ne les empêchait d’énoncer clairement son innocence dans leur verdict… ou de réclamer un nouveau procès. Ils ne l’ont pas fait.
Dont acte également. Cela aurait sans doute rajouté de la polémique à la polémique, ce dont plus personne ne semble vouloir désormais.
Mais de là à accueillir Florence Cassez comme une héroïne, une star oscarisée digne d’une méga-production hollywoodienne, à la faire accompagner par le ministre des Affaires Étrangères en exercice et à la recevoir à l’Élysée… au nom de quoi, tout de même ?
Florence Cassez, que l’on sache, n’est pas allé au Mexique pour servir les intérêts supérieurs de la Nation… Ses déboires ne sont pas dûs à la France… Son seul fait d’armes aura été de s’envoyer en l’air avec un criminel et de la plus méprisable catégorie encore. En parfaite idiote ou en femelle machiavélique. Au choix.
Le chroniqueur Nicolas Gauthier, ancien directeur de Flash infos magazine, a justement remarqué : «Florence Cassez : ce n’est pas Jeanne d’Arc non plus ! »(3)
C’est le moins qu’on puisse observer, alors que l’Élysée et le quai d’Orsay actuel et en l’occurrence, « cela a été Grands Guignol’s parade. »
Ne serait-ce que pour la mémoire des victimes de la bande des « Zodiaque », voire pour les deux milliers de soldats engagés aux mêmes heures contre les « Fous d’Allah », ce n’était peut-être guère approprié !
Pour le moins…
Enfin, les pires choses, comme les meilleures, ont une fin…
Caramba ! Ne plus entendre parler de Florence Cassez sous peu – un show médiatique en chasse un autre – ne sera pas le moindre de nos soulagements.

Notes
(1) http://fr.wikipedia.org… Citons également le site http://www.francetvinfo.fr : « Le business tourne bien mais il a un associé douteux dans sa boîte vendant des produits parapharmaceutiques : Eduardo Margolis. “On le dit à la fois proche du pouvoir et lié aux cartels de la drogue”, dit-elle. L’homme s’est diversifié dans un tas de branches différentes, mais notamment dans la sécurité. Les deux associés finissent par se séparer et ça ne se passe pas bien. Dans un entretien au site internet destiné aux Français de l’étranger Le Petit Journal, Sébastien Cassez affirme avoir “reçu des menaces de mort et de kidnapping sur nos enfants, par téléphone”. »
(2) www.bvoltaire.fr, 24 janvier 2013.

Communiqué du comité de soutien à Nafissatou Diallo suite aux propos de Franck Tanguy et Sophie de Menthon tenus à l’antenne de RMC le 21 janvier 2013.



 
Paris le 25 janvier 2013
 
 
Le 21 janvier 2013, sur l’une des radios les plus écoutées de France, deux invités, par ailleurs collaborateurs réguliers de l’émission Les Grandes Gueules, Sophie de Menthon et Franck Tanguy, se sont exprimés de manière particulièrement ignoble sur Nafissatou Diallo, que Dominique Strauss-Kahn est accusé d‘avoir violée en mai 2011 et qui aurait reçu de son agresseur présumé, à la suite d’une transaction dans le cadre d’un procès civil, une indemnité estimée par la presse à 1,5 millions d’euros. Une partie de cette indemnité, qui n’aurait vraiment rien d’extraordinaire compte tenu du préjudice subi et des moyens dont dispose l’agresseur présumé, est destinée à payer les honoraires du cabinet Thompson Widgor qui s’est employé à défendre Nafissatou Diallo pendant un an et demi.
 
Voici  ce que l’on a pu entendre sur RMC :
 
Sophie de Menthon : « Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? [...] Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux. »
 
Franck Tanguy : « Je ne suis pas loin de penser la même chose Sophie, je me suis fait la réflexion hier. »
 
Sophie de Menthon : « Moi je pense que l’argent qu’elle a gagné, qui lui permet d’élever sa fille, elle ne l’aurait jamais eu dans toute son existence et j’espère qu’elle oubliera ce moment extrêmement désagréable. [...] Il y a des femmes dans la rue, je suis sûre qu’elles ont pensé ça, en disant j’aimerais moi être femme de chambre dans un hôtel et que ça m’arrive. »
 
Franck Tanguy : « C’est un horrible événement dans sa vie dont certainement elle se rétablira, mais pour elle c’est quand même… ça va quoi ! »
 
Franck Tanguy : « C’est un tromblon. Elle n’a rien pour elle, elle ne sait pas lire pas écrire, elle est moche comme un cul, et elle gagne 1,5 million, c’est quand même extraordinaire cette histoire. »
 
La situation de Nafissatou Diallo, dont on a dit qu’elle aurait récemment tenté de se suicider, est présentée par les deux invités comme un « conte de fée ».
 
Depuis, Franck Tanguy, suite à la réaction d’auditeurs indignés, et très probablement à la demande de RMC, a reconnu qu’il était «allé trop loin» et qu’il avait dit « une beauferie».
 
Sophie de Menthon, pour sa part, n’a présenté aucune excuse.
 
Lorsqu’on entend parler ainsi d’une femme, du viol  présumé d’une femme - que les deux protagonistes considèrent par ailleurs comme avéré -  sans avoir besoin de prendre parti pour ou contre Nafissatou Diallo, pour ou contre Dominique Strauss-Kahn, on ne peut qu’être choqué.
 
Les propos tenus à l’antenne au sujet de Nafissatou Diallo ne sont pas seulement méprisants à l’égard des femmes victimes de viol et de harcèlement, à l’égard des travailleurs modestes, à l’égard des plus démunis, ils sont injurieux. Et ces injures sexistes ont un caractère manifestement raciste.
 
Tout le monde l’a bien compris : pour qu’un Franck Tanguy, à qui il a dû tout de même arriver de se regarder dans un miroir, ose se moquer ainsi de la prétendue laideur de Nafissatou Diallo, le vrai problème est la couleur de peau de la femme de chambre. Le thème de la prétendue laideur des Africains est aussi vieux que l’esclavage et la colonisation.
 
Au-delà du racisme, les propos diffusés constituent une apologie du viol. Et le viol est un crime.
 
Après un pareil incident, il appartient de toute évidence au CSA, autorité de régulation de l’audiovisuel, de prendre toutes dispositions appropriées à l’égard de la station RMC.
 
Et si RMC ne cautionne pas ces injures et cette apologie du viol, ce qu’on peut espérer, elle n’a pas d’autre conduite à tenir que de mettre un terme à la collaboration régulière à son antenne de Franck Tanguy et de Sophie de Menthon.
Les responsables de l’émission ont manifestement commis une faute en prenant le risque d’évoquer le cas de Nafissatou Diallo sans que toutes les opinions puissent être exprimées.
 
Le comité de soutien à Nafissatou Diallo rappelle qu’en dix-huit mois, il n’a jamais été invité à faire valoir son point de vue à l’antenne de RMC, alors que les défenseurs de Dominique Strauss-Kahn y ont eu micro ouvert.
 
Au-delà du cas de Nafissatou Diallo, contre laquelle certains journalistes français se déchaînent impunément depuis 18 mois, témoignant d’un racisme viscéral et d’un mépris inquiétant pour les femmes, pour les plus pauvres,  pour les plus faibles, la banalisation de propos ouvertement racistes ou sexistes n’est pas tolérable et il appartient en conséquence à la Justice de les sanctionner avec sévérité.  
 
Claude Ribbe

Président du comité de soutien à Nafissatou Diallo

jeudi 24 janvier 2013

Sarkozy royaliste



Non mais sans blague on dirait qu’ils deviennent tous royalistes, ces Français ultra riches.

Déjà Bernard Arnault, première fortune de France et d’Europe, avait formulé son désir de devenir sujet de Sa Majesté le Roi Albert II. Son élan monarchiste a été suivi par un bon millier de Français fortunés dont le célèbre comédien français Gérard Depardieu devenu récemment citoyen franco-russe. Les mauvaises langues prétendaient que cette subite nostalgie des splendeurs royales n’avait rien à voir avec le romantisme et qu’elle était dictée surtout par l’avarice des intéressés qui voulaient tout simplement fuir l’impôt draconien de 75 pc pour les plus hauts revenus que ce Jacobin de François Hollande avait l’intention d’établir dans l’Hexagone.

Or, après la décision du Conseil constitutionnel français qui a invalidé ce projet inhumain dont la férocité était égale à celle des sans-culotte, on aurait pu supposer que les sentiments royalistes allaient s’estomper en France. Mais non! L’ex-président français Nicolas Sarkozy, présumé ipso facto partisan de la République, vient de signifier sa décision de se mettre sous la haute protection de la Reine d’Angleterre Elisabeth II. Pour obtenir cette faveur il promet de créer sur le sol britannique un fonds d’investissement et d’y placer 1,5 milliard de dollars.

Certes, les sceptiques diront une fois de plus que le royalisme de M. Sarkozy serait dicté plutôt par son désir de se mettre à l’abri des accusations retenues contre lui par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Mais je suis persuadé que ces médisances ne sauront jamais mettre en doute la sincérité de l’impulsion royaliste de Nicolas Sarkozy quand on sait qu’il l’a rendue publique en cette fin janvier 2013 à l’occasion du 220 anniversaire de l’exécution du Roi Louis XVI.

Boris Toumanov

L’Amérique, en crise : L’institutionnalisation de la tyrannie



Les Républicains et les conservateurs étasuniens sont toujours en train de combattre l’État tout-puissant (Big Government), sous sa forme d’État-providence. Ils n’ont apparemment jamais entendu parler de sa forme d’État policier militarisé et, s’ils en ont entendu parler, ils sont à l’aise avec celui-ci et ne s’y objectent pas.

Les républicains, incluant ceux de la Chambre des représentants et du Sénat, sont satisfaits du gouvernement qui initie des guerres sans les déclarer ou sans même l’accord du Congrès et assassine avec des drones des citoyens de pays avec lesquels Washington n’est pas en guerre. Que les agences de “sécurité” fédérales espionnent les citoyens américains sans mandat et enregistrent chaque courrier électronique, site internet visité, écrit sur Facebook, appel de téléphone mobile et chaque achat par carte de crédit leur importe peu. Les républicains du Congrès étasunien ont même voté pour le financement de cette gigantesque structure dans l’Utah où les informations sont emmagasinées.

Mais il ne faudrait surtout pas que l’État tout-puissant fasse quoi que ce soit pour un pauvre.

Les républicains ont combattu le concept de sécurité sociale depuis que Franklin D. Roosevelt l’a promulgué dans les années 1930 et ils ont combattu le Medicare depuis que le président Lyndon Johnson l’a promulgué en 1965 dans le cadre des initiatives de la Grande Société.

Les conservateurs accusent les libéraux d’“institutionnaliser la compassion”. Dans le numéro de Février 2013 de Chronicles, John C. Seiler Junior,  voue aux gémonies cette Grande Société de Johnson, comme étant “une force majeure pour transformer une nation ayant encore un brin de liberté républicaine en État centralisé, bureaucratisé, dégénéré et en banqueroute que nous subissons aujourd’hui”.

Il ne vient pas du tout à l’esprit des conservateurs qu’en Europe, démocratie, liberté, avantages sociaux, personnes riches et services nationaux de santé coexistent, mais que quelque part la liberté américaine est si fragile qu’elle peut-être mise sens dessus-dessous par un programme limité de santé publique qui n’est accessible du reste qu’aux personnes âgées.

Il ne vient pas non plus à l’esprit des républicains conservateurs qu’il est bien préférable d’institutionnaliser la compassion que d’institutionnaliser la tyrannie.

L’institutionnalisation de la tyrannie est le résultat des régimes Bush/Obama de ce début de XXIème siècle. Cela, et non pas la Grande Société, constitue la grande rupture avec la tradition américaine. Les républicains de Bush ont détruit presque toutes les protections constitutionnelles de la liberté établies par les pères fondateurs. Les démocrates d’Obama ont codifié le démantèlement organisé de la Constitution par Bush et ont enlevé aux citoyens la protection empêchant leur gouvernement de les assassiner sans autre forme de procès. Il n’a fallu qu’une décennie à deux présidents, pour faire des Étasuniens, les citoyens les moins libres des pays développés, voire, peut-être même, de la planète. Dans quel autre pays le chef de l’exécutif a-t-il le droit de tuer ses propres citoyens sans aucune procédure légale?

Cela rend malade d’entendre les conservateurs geindre sur la destruction de la liberté par compassion tandis qu’ils institutionnalisent la torture, la détention pour une durée indéterminée en violation de l’habeas corpus, l’assassinat de citoyens uniquement sur la base de soupçons et d’accusations infondées, la violation totale et complète de la vie privée, l’interférence avec le droit de voyager en raison de listes injustifiables d’“interdiction de vol” et de postes de contrôle routiers, la brutalité policière envers des citoyens et de ceux qui exercent leur droit de manifester, les coups montés pour faire taire les critiques et la réduction de la liberté d’expression.

En Amérike aujourd’hui (NdT: Roberts utilise volontairement l’ortographe “Amerika” afin de germaniser le mot), seule la branche exécutive du gouvernement fédéral bénéficie d’une certaine vie privée. La vie privée est institutionnelle et non pas personnelle, demandez à l’ancien directeur de la CIA David Petraeus. Tandis que la branche exécutive détruit la vie privée de tout le monde, elle insiste sur le privilège de la sienne. La sécurité nationale est invoquée pour masquer les activités criminelles de la branche exécutive du gouvernement. Les procureurs fédéraux mènent des procès contre des accusés où les preuves contre eux sont classifiées et ne sont pas divulguées à leurs avocats. Des avocats comme Lynne Stewart ont été emprisonnés pour ne pas avoir suivi les ordres des procureurs fédéraux de violer le secret professionnel.
Les conservateurs acceptent le monstrueux État policier qui a été érigé, croyant que cela les protège du “terrorisme musulman”. Ils n’ont même pas la présence d’esprit de voir qu’ils sont désormais ouverts au terrorisme de leur propre gouvernement.

Considérez par exemple le cas du soldat Bradley Manning. Il est accusé d’avoir fuité des informations confidentielles qui révèlent des activités criminelles du gouvernement, ses crimes de guerre et ce malgré le fait que tout militaire a le devoir de révéler des crimes de guerre. Pratiquement tous les droits constitutionnels de Manning ont été violés par le gouvernement des États-Unis. Il a été torturé. Afin de le forcer à admettre les accusations falsifiées portées à son encontre et à impliquer Julian Assange de Wikileaks, le droit de Manning à un procès rapide a été violé par près de 3 ans de détention préventive et des ajournements de procès imposés par les procureurs. Maintenant la juge, colonel Denise Lind, qui donne plus l’impression de faire partie de l’équipe de procureurs que d’être une juge impartiale, a décrété que Manning ne peut pas utiliser comme preuve le propre rapport du gouvernement stipulant que l’information coulée n’a pas porté atteinte à la sécurité nationale. Lind a aussi jeté par dessus bord le principe légal du mens rea  (NdT, l’intention criminelle) en jugeant que le motif de Manning pour fuiter l’information au sujet des crimes de guerre des États-Unis, ne peut pas être présenté comme preuve à son procès. (Judge limits motive evidence in Wikileaks case)

Le Mens Rea dit qu’un crime requiert une intention criminelle. En faisant fi de ce principe légal, Lind a empêché Manning de démontrer que son motif était de faire son devoir en vertu du  code militaire et de révéler des preuves de crimes de guerre. Cela permet aux procureurs de transformer un acte conforme à la déontologie en un crime : avoir aidé l’ennemi en révélant des informations classifiées.

Bien entendu, rien de ce que Manning a révélé n’a aidé l’ennemi en quoi que ce soit, car l’ennemi, ayant souffert de crimes de guerre, était déjà parfaitement au courant de leur existence.

Les démocrates d’Obama ne sont pas plus perturbés que les républicains conservateurs à l’idée qu’un jeune soldat américain faisant son devoir, se retrouve au banc des accusés à cause de sa conscience morale. Dans le procès Manning, la définition de victoire du gouvernement n’a absolument rien à voir avec une quelconque idée de victoire de la justice. Pour Washington, la victoire signifie piétiner la conscience morale et protéger le gouvernement corrompu afin que ses crimes de guerre ne soient pas divulgués au grand jour.

Paul Craig Roberts

Article original en anglais : America in Crisis: The Institutionalization of Tyranny, publié le 21 janvier 2013.
Traduction : Résistance 71

Florence Cassez est libre, une joie mitigée



A lire les pots sur divers grands médias, il semblerait que si la presse et la classe politique se réjouissent, ce n'est pas vraiment le cas des posteurs, du moins de ceux qui prennent la peine de laisser un commentaire, ils pensent que cette cette libération est scandaleuse, une honte que cette femme soit libérée, à leurs yeux elle ne pouvait ignorer que son concubin était un tueur et un kidnappeur, d'autant que les kidnappés étaient détenus dans la maison où ils habitaient et que  des kidnappés aient mis en cause  directement Florence Cassez dans leur détention. 

Les commentaires des internautes que l'on peut trouver  dans la presse :


mardi 22 janvier 2013

France: une fuite de gaz anodin sème la panique



La fuite de gaz non toxique provenant de l'usine chimique Lubrizol, à Rouen, a provoqué une panique en France, de nombreuses personnes affirmant ressentir des nausées, des maux de tête et un malaise.

Dans la nuit de lundi à mardi, les habitants du nord de la France ont senti une odeur désagréable qui s'est propagée jusqu'à Paris, situé à plus de 100 km de Rouen. Selon les autorités, il s'agissait d'une fuite de mercaptan (thiol) survenue à la suite d'un accident dans l'entreprise rouennaise. Cette substance n'est pas toxique et ne présente aucun danger pour la santé. Cependant, affirme un responsable de l'usine accidentée, une molécule de mercaptan dans un milliard de molécules d'air suffit à faire sentir l'odeur de ce gaz.

"Le mercaptan est un marqueur très olfactif de type gaz de ville, connu de tous, et qui ne présente pas de risques pour la santé", a indiqué mardi le ministère français de l'Intérieur.

Cet incident a néanmoins déclenché une véritable panique dans les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs se plaignant de subir un malaise.

La mauvaise odeur a également fait peur aux autorités sportives qui ont reporté un match de football entre Rouen et Marseille.

Al-Qaïda sert d’écran de fumée à la recolonisation de l’Afrique du nord par l’OTAN



De plus en plus de pays occidentaux s’impliquent directement ou indirectement dans le conflit au Mali, et les interrogations sont de plus en plus nombreuses sur leurs motivations. Le journaliste Neil Clark explique ici à RT, que l’intervention a « uniquement des raisons économiques ».
Plusieurs pays occidentaux ont déjà proposé leur aide à la France, laquelle va renforcer sa force militaire jusqu’à 2500 soldats la semaine prochaine.
Le Royaume-Uni fournit une assistance logistique aérienne, tandis que les États-Unis fournissent des systèmes de surveillance et une aide dans le renseignement.
Washington a également annoncé qu’il allait fournir des avions de transport pour les troupes françaises et qu’il était envisagé d’envoyer des avions ravitailleurs pour les avions de combat français.
Le Canada soutient également l’intervention militaire en cours en envoyant un avion de transport. Le pays fournit également une contribution indirecte par des formations au contre-terrorisme dans le Niger voisin.
L’Italie est prête à fournir un soutien logistique pour les opérations aériennes, mais elle ne rejoindra pas les troupes françaises sur le terrain. Le ministre italien de la défense, Giampaolo Di Paola, a déclaré au Sénat ce mercredi que l’offre de l’Italie était uniquement limitée à des opérations aériennes.
Le journaliste du Guardian, Neil Clark a déclaré à RT qu’il était persuadé que des raisons économiques étaient derrière chaque aventure militaire occidentale de ces 30 dernières années – et le Mali n’était pas une exception.
RT : Le Royaume-Uni soutient cette campagne militaire française au Mali avec des fournitures en armement et plusieurs otages britanniques ont été tués en Algérie. Jusqu’à quel point pensez-vous que le public britannique et les politiciens sont prêt à s’engager ?
Neil Clark : Je pense que le public est très préoccupé, parce que ce qui s’est passé ici, c’est que David Cameron, qui a passé la majeure partie de l’année dernière à encourager les rebelles islamistes en Syrie, a maintenant adopté la ligne selon laquelle les rebelles islamistes au Mali sont le plus grand danger pour le reste du monde et que nous devons intervenir, malgré les conséquences prévisibles pour la Grande-Bretagne. Et je pense que c’est une politique tout à fait erronée. Malheureusement, l’élite politique en Grande-Bretagne semblent être toute entière derrière la politique de Cameron, ce qui est très inquiétant. Mais je pense que le public est très préoccupé par ce qui se passe.
RT : Qu’en est-il pour le Royaume-Uni ? Qu’est-ce qui pousse Londres à soutenir la France ?
NC : C’est très intéressant, parce que si on repense à 2011, c’était des gens comme David Cameron et William Hague qui étaient ceux qui criaient le plus fort et qui étaient les plus agressifs pour déposer le colonel Kadhafi. Et maintenant, les mêmes personnes, Cameron et Hague, disent que nous devons nous impliquer au Mali pour y réprimer les groupes d’al-Qaïda. Et il y a donc une contradiction réelle ici, une véritable hypocrisie. Pourquoi la lutte contre Al-Qaïda en Afrique serait la tâche la plus urgente ? Pourquoi devons-nous jouer un rôle actif dans la chute de dirigeants ? Et qu’est-ce qu’il y a derrière tout cela pour la Grande-Bretagne ? Je pense que ce qui se passe, c’est que cette menace d’al-Qaïda est utilisée comme un écran de fumée pour la recolonisation de l’Afrique du Nord par les forces de l’OTAN, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis.
RT : Pensez-vous que c’est pour cela qu’ils ne tiennent pas compte de la montée en puissance d’Al-Qaïda en Syrie ?
NC : Tout à fait ! Parce que, bien sûr, l’un des plus grands mythes dans les relations internationales, c’est que les puissances occidentales étaient comme un seul homme contre al-Qaïda toutes ces 20-30 dernières années. Ce n’est pas vrai. Elles utilisent la menace d’al-Qaïda, dans certaines circonstances pour envahir certains pays comme l’Afghanistan. Mais ailleurs, elles peuvent effectivement soutenir al-Qaïda pour renverser des régimes laïques, comme en Syrie et en Libye. Ça prend des allures de monstre de Frankenstein, et bien sûr, tout remonte à l’Afghanistan dans les années 1980, quand al-Qaïda et des groupes islamistes radicaux ont été utilisés par l’Occident pour aider à chasser l’Armée rouge. Et cela fait partie de la politique.
RT : Jusqu’où l’implication britannique en Afrique du Nord pourrait-elle aller – et quelle réaction pourrait-il y avoir ?
NC : Je pense que nous allons nous enfoncer de plus en plus, parce que la semaine dernière, David Cameron nous a dit que nous ne pouvions pas laisser les islamistes prendre le pouvoir au Mali. Bien qu’il ait contredit ces commentaires quelques jours plus tard, en disant que ça n’avait pas vraiment d’importance si les islamistes prenaient le pouvoir au Mali… Donc, j’ai vraiment peur. Je veux dire que les néo-conservateurs n’ont pas obtenu leur guerre contre la Syrie, mais que maintenant il semble que nous avons tous à appuyer cette intervention contre le Mali.
RT : L’Afrique a beaucoup de ressources naturelles inexploitées. Quels pays semblent plus intéressés à gagner et peut-être à élargir leurs intérêts là-bas ? Et comment ces intérêts peuvent-ils se percuter ?
NC : Très probablement, car je pense bien évidemment que selon le point de vue de M. Hollande – l’économie est en très mauvais état en France – il espère qu’une intervention réussie au Mali augmenterait sa popularité à l’intérieur. C’est aussi la question de l’uranium et de la façon dont la France a besoin d’uranium. Et le Mali est un grand producteur d’uranium. Il y a des ressources là-bas. Donc, je pense que la France – c’est très clair – a des raisons économiques. Et je pense que des raisons économiques sont derrière chaque intervention occidentale de ces 30 dernières années.
Si nous regardons en arrière – les attaques contre la Yougoslavie, contre la Syrie, la guerre en Libye – tout cela était habillé comme des interventions humanitaires. Mais il n’en était rien. Ce sont des interventions économiques. Et l’Occident veut les ressources, l’Occident veut prendre le contrôle des ressources dans cette région. Et je pense que l’OTAN va s’installer en Afrique du Nord. Je pense que c’est clairement de cela dont il est question La menace d’al-Qaïda est instrumentalisée de telle sorte que l’OTAN, après son départ d’Afghanistan, ira se déployer en Afrique du Nord.
Par Neil Clark
20 janvier 2013 – Russia Today
Article original en anglais :
Traduction : Info-Palestine.eu – al-Mukhtar