"J'ai été traité comme un chien, je sais ce que j'ai subi, je ne retourne plus en France"
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jeudi 11 août 2011
Pierre-Just Marny (vidéo)
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dimanche 7 août 2011
Décès en Martinique du plus ancien détenu de France, a priori un suicide
Pierre-Just Marny, emprisonné depuis 1963 et considéré comme le plus ancien détenu de France, a été retrouvé mort dimanche dans sa cellule de la prison de Ducos en Martinique, vraisemblablement victime d'un suicide par pendaison, a appris l'AFP auprès du directeur de la prison.
Retrouvé dans sa cellule vers 4H30 du matin, le prisonnier âgé de 68 ans se serait étranglé avec une corde confectionné à l'aide de draps, a précisé le directeur du centre pénitentiaire de Ducos, Jean-Jacques Pairraud, soulignant qu'une autopsie devra déterminer les causes exactes du décès.
C'est un détenu de son quartier qui a donné l'alerte, "via un dispositif d'interphonie, après l'avoir entendu dire ses adieux à un autre détenu", dans une cellule voisine, a ajouté M. Pairraud.
Les gardiens l'auraient alors retrouvé inanimé, "assis sur une chaise", accroché à un montant du lit "avec une corde confectionnée à l'aide de ses draps". Le SAMU a constaté le décès vers 5H00.
Pierre-Just Marny a passé au total plus de 48 ans derrière les barreaux dont 46 années d'affilée pour une même peine. Surnommé la Panthère Noire, il avait été condamné à perpétuité pour meurtres en 1969 par la cour d'Assises de la Seine et transféré en 2008 en Martinique, d'où il était originaire.
AFP
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Just-Marny est mort
Terrible la justice quand il s'agit des Noirs, en effet nous apprenons la mort de Pierre-Just Marny, le plus vieux prisonnier de France.
Cet homme né en Martinique a été condamné pour un triple homicide à la prison à perpétuité, il aura effectué 48 ans de prison.
Il est mort dans sa cellule de la prison de Ducos en Martinique le 7 août 2011, au moins il a eu cette chance en 2008 d'être rapatrié dans son île natale qu'il avait quitté le 24 novembre 1965.
Pierre-Just Marny est le seul prisonnier à avoir effectué une peine de prison à perpétuité effective.
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vendredi 24 juin 2011
Marny ou la résistance martiniquaise
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| Pierre-Just Marny |
Pierre-Just Marny relève, aux yeux de l'histoire et de l'anthropologie de ce pays, de la pratique culturelle et politique du marronnage. Ce fait est attesté par trois séries d'éléments qui le désignent en fait comme le dernier des marrons historiques et le premier des bad boys sociologiques.
1. En son temps, Marny a été identifié comme une incarnation du Marron légendaire, victime de la perte de sens de la société martiniquaise, par au moins deux auteurs majeurs qui ont romancé autour de son personnage et du retentissement dee ses « exploits » . Edouard Glissant en fait l'archétype du dernier avatar du marronnage dans le Discours Antillais (1981, pp 159-160), argument qui sera ensuite développé dans son roman Mahagony (1987). Marny (Mani) y succède à Beauregard et, plus lointainement, à Longoué l'Africain, le marron primordial du Quatrième siècle. Mais déjà Salvat Etchart, le blanc marron palefrenier dans le Sud après avoir inventé la radio ici-dans, en avait fait un des personnages de son roman envoûtant et déchiré, L'homme empêché (Mercure de France, 1977) qui suivit Le monde tel qu'il est, chronique incendiaire du pays Martinique (et prix Renaudot 1964).
2. La réaction populaire lors de l'arrestation de Marny, à Sainte Thérèse, fut celle qu'on réserve à l'expression d'une conscience à la fois historique et immédiate. Les années 1964/1965 marquent « physiquement » le basculement de la Martinique dans la modernité assimilée : voyage du Général de Gaulle, lancement du quotidien France-Antilles, premières émissions télévisées, ouverture de l'autoroute et du nouvel aéroport, premiers HLM... Il n'est jusqu'au passage du cyclone Edith qui lance le pays dans une frénésie de béton et de fibrociment. Les lois sociales commencent à faire sentir leurs effets, ainsi que le plan Nemo du Bumidom. Alors que les dernières usines traînent avant fermeture, le vieux pays rural en voie d'urbanisation ressent l'angoisse du changement et des nouvelles pwofitasyon qui se dessinent à travers la monaitarisation. L'aspect maléfique des actes de Marny est absous par la condamnation populaire des nouveaux égoïsmes qui émergent, avec l'embourgeoisement de ceux qui hier partageaient le maigre coui...3. L'attitude de Marny ne laissa aucun doute à la population quant à son caractère foncièrement rebelle. L'affaire Marny fut le premier gros événement traité par le tout jeune quotidien France-Antilles ; le choc des photos n'en eu que plus d'impact. Marny est celui qui, torse nu et cheveux hirsutes, toisa ses juges blancs en se proclamant fièrement « La panthère noire ».
Il faut savoir que le Black Panthers Party d'Eldridge Cleaver et de Stockely Carmichael ne fut créé qu'un an plus tard, en Californie ; et que Marny ne pouvait avoir mûri cette référence identitaire que du fond de sa solitude pourchassée. C'est cette arrogante identité que le vieil appareil de répression colonial n'aura de cesse de vouloir briser depuis près d'un demi-siècle. Faire plier le rebelle. Qui résiste sans cesse, au prix de la torture physique et mentale...
Pas plus que le diamantinois Médart Aribo, dont -en spécialiste-Richard Price décrit l'authentique marronnage (Le bagnard et le colonel), Marny n'est un saint. Les nègres marrons n'ont jamais été des saints. En tant que rebelle aux mains de l'appareil de repression colonial, Marny est l'exact mesure de la résistance du peuple martiniquais à l'injustice d'un Système de pwofitasyon. Un peuple peut-il rompre, comme un fromager terrassé ? Marny ne nous a pas plus laissé d'issue qu'il n'en a consenti au Système : seule notre humanité outragée peut aujourd'hui exiger (comme hier, à Sainte-Thérèse) que Justice véritable soit appliquée à cet homme. Seule notre conscience outragée peut exiger des plus hautes instances de l'Etat qu'elles se saisissent de leur pouvoir régalien de grâce pour mettre fin à cet acharnement inique. S'attaquer à la violence dans la société martiniquaise implique que nous soyons capables, collectivement, d'éradiquer toutes les scories héritées de la violence coloniale ; à commencer par les plus symboliques. Pierre-Just Marny est le symbole vivant, en souffrance, d'une Justice qui appelle et qui attend notre réponse.
KENJAH
Martinique 26.11.2010
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