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dimanche 22 janvier 2017

Lettre de la mère de Cédric Herrou, depuis la vallée de la Roya au procureur Jean-Michel Prêtre qui s'acharne sur son fils.


Monsieur le Procureur, je vous fais une lettre......
Je suis la mère de celui contre lequel vous vous acharnez. Ma grand -mère paternelle a elle aussi, en 1918 passé la frontière d'Italie à pied, par les montagnes elle a perdu le bébé qu'elle portait au cours de ce périple, (peut être a t'elle croisé à ce moment là les grands mères de messieurs Ciotti et Estrosi, qui sait ?) elle s'est louée telle une bête de somme pour tirer les « charetons » je me souviens d'elle avec la lanière de cuir qui lui barrait le torse... Ma mère quant à elle était allemande, ma sœur est née dans les geôles de la Gestapo, elles ont été toutes deux libérées par les Américains ; C'est ce sang là qui coule pour moitié dans les veines de mes deux fils que vous avez fait arrêté jeudi, l'autre moitié étant du pur sang de Bretagne... c'est têtu un Breton, et ça n'a pas peur des tempêtes.

S'ils ne sont pas Français « de souche » (c'est ce qui reste d'un arbre mort, non ?) ils ont des racines profondes et vivantes dans ce pays qui est le leur et qu'ils aiment.

Pour que vous compreniez... nous avons été « famille d'accueil pendant 25 ans. Cedric avait 5 ans, Morgan 7, quand les premiers enfants sont arrivés. ils ont partagé leurs jouets, leur table, leur maison, leurs parents avec 15 enfants délaissés, de toutes origines, certains battus, violés…

Alors quand Cedric vous dit que ces enfants qu'il voit sur nos chemins et nos routes de la Roya, ce sont ses frères et ses sœurs, il ne vous ment pas. Et quand il interpelle si fort les services de l'ASE, c'est qu'il en connait les rouages.

Nous avons quatre enfants puisque ils ont accepté d'intégrer deux de ces enfants à leur famille, ce sont leur sœur et leur frère à présent et nous en sommes très fiers !

Voilà monsieur le Procureur, et tous ceux qui le traite de passeur, de trafiquant d'êtres humains et de voleur voilà à qui vous avez à faire .
Avec tout mon respect !

vendredi 24 juin 2011

Marny ou la résistance martiniquaise

Pierre-Just Marny


Pierre-Just Marny relève, aux yeux de l'histoire et de l'anthropologie de ce pays, de la pratique culturelle et politique du marronnage. Ce fait est attesté par trois séries d'éléments qui le désignent en fait comme le dernier des marrons historiques et le premier des bad boys sociologiques.

1. En son temps, Marny a été identifié comme une incarnation du Marron légendaire, victime de la perte de sens de la société martiniquaise, par au moins deux auteurs majeurs qui ont romancé autour de son personnage et du retentissement dee ses « exploits » . Edouard Glissant en fait l'archétype du dernier avatar du marronnage dans le Discours Antillais (1981, pp 159-160), argument qui sera ensuite développé dans son roman Mahagony (1987). Marny (Mani) y succède à Beauregard et, plus lointainement, à Longoué l'Africain, le marron primordial du Quatrième siècle. Mais déjà Salvat Etchart, le blanc marron palefrenier dans le Sud après avoir inventé la radio ici-dans, en avait fait un des personnages de son roman envoûtant et déchiré, L'homme empêché (Mercure de France, 1977) qui suivit Le monde tel qu'il est, chronique incendiaire du pays Martinique (et prix Renaudot 1964).

2. La réaction populaire lors de l'arrestation de Marny, à Sainte Thérèse, fut celle qu'on réserve à l'expression d'une conscience à la fois historique et immédiate. Les années 1964/1965 marquent « physiquement » le basculement de la Martinique dans la modernité assimilée : voyage du Général de Gaulle, lancement du quotidien France-Antilles, premières émissions télévisées, ouverture de l'autoroute et du nouvel aéroport, premiers HLM... Il n'est jusqu'au passage du cyclone Edith qui lance le pays dans une frénésie de béton et de fibrociment. Les lois sociales commencent à faire sentir leurs effets, ainsi que le plan Nemo du Bumidom. Alors que les dernières usines traînent avant fermeture, le vieux pays rural en voie d'urbanisation ressent l'angoisse du changement et des nouvelles pwofitasyon qui se dessinent à travers la monaitarisation. L'aspect maléfique des actes de Marny est absous par la condamnation populaire des nouveaux égoïsmes qui émergent, avec l'embourgeoisement de ceux qui hier partageaient le maigre coui...3. L'attitude de Marny ne laissa aucun doute à la population quant à son caractère foncièrement rebelle. L'affaire Marny fut le premier gros événement traité par le tout jeune quotidien France-Antilles ; le choc des photos n'en eu que plus d'impact. Marny est celui qui, torse nu et cheveux hirsutes, toisa ses juges blancs en se proclamant fièrement « La panthère noire ».

Il faut savoir que le Black Panthers Party d'Eldridge Cleaver et de Stockely Carmichael ne fut créé qu'un an plus tard, en Californie ; et que Marny ne pouvait avoir mûri cette référence identitaire que du fond de sa solitude pourchassée. C'est cette arrogante identité que le vieil appareil de répression colonial n'aura de cesse de vouloir briser depuis près d'un demi-siècle. Faire plier le rebelle. Qui résiste sans cesse, au prix de la torture physique et mentale...

Pas plus que le diamantinois Médart Aribo, dont -en spécialiste-Richard Price décrit l'authentique marronnage (Le bagnard et le colonel), Marny n'est un saint. Les nègres marrons n'ont jamais été des saints. En tant que rebelle aux mains de l'appareil de repression colonial, Marny est l'exact mesure de la résistance du peuple martiniquais à l'injustice d'un Système de pwofitasyon. Un peuple peut-il rompre, comme un fromager terrassé ? Marny ne nous a pas plus laissé d'issue qu'il n'en a consenti au Système : seule notre humanité outragée peut aujourd'hui exiger (comme hier, à Sainte-Thérèse) que Justice véritable soit appliquée à cet homme. Seule notre conscience outragée peut exiger des plus hautes instances de l'Etat qu'elles se saisissent de leur pouvoir régalien de grâce pour mettre fin à cet acharnement inique. S'attaquer à la violence dans la société martiniquaise implique que nous soyons capables, collectivement, d'éradiquer toutes les scories héritées de la violence coloniale ; à commencer par les plus symboliques. Pierre-Just Marny est le symbole vivant, en souffrance, d'une Justice qui appelle et qui attend notre réponse.

KENJAH
Martinique 26.11.2010

samedi 11 juin 2011

Connaissez-vous le syndrome de la tête blonde ?

Je vous explique, pour toute action  selon qu’elle soit commise par un Noir ou un Blanc, la résultante n’est pas la même, les conséquences ne sont pas les mêmes.

Exemple,  pour un fait délictuel,  le Noir aura une peine sévère, pour un fait de même nature, voire plus grave, le Blanc bénéficiera de l’indulgence des magistrats. 


Pour le même  fait criminel, le Noir sera lourdement condamné,  le Blanc en proportion, moindre.

D’ailleurs le seul homme à effectuer en France une peine de prison à perpétuité réelle est Just Marny, un Antillais qui est derrière les barreaux depuis 47 ans.

Ce phénomène est valable partout et pour tout, dès le Noir identifié, que ce soit au niveau scolaire, universitaire pour le même travail il aura 3 points de moins que le Blanc, au niveau professionnel, salaire, promotion moindre à travail égal ou supérieur.

Est-ce du racisme inconscient ou une solidarité de race, je ne sais pas les psychologues sont plus à même d’y répondre.

Pour mieux comprendre voir la vidéo


Tony Mardaye



mercredi 3 novembre 2010

HALTE AUX TORTURES INFLIGEES A PIERRE-JUST MARNY !

Vendredi  20 octobre 2010, de façon quasiment clandestine, Pierre-Just MARNY a été transféré de la prison de Ducos à l’ hôpital psychiatrique de Colson où il est depuis interné.

Et voici qu’aux 47 ans et demi de privation de liberté qui fait de ce compatriote le plus ancien prisonnier de France voire du monde, voici qu’est ajoutée cette nouvelle injustice  qui vise en fait à briser la volonté de ce Martiniquais qui n’a de cesse de résister aux agisssements inhumains dont il est depuis si longtemps la victime.

Que ceux qui ont pris la responsabilité de cet acte barbare n’essaient pas de justifier leur acte parle fait que MARNY aurait manifesté sa colère de constater qu’un terme n’est pas mis à son calvaire.
Que ceux qui ont eu recours à ce procédé rappelant les heures sombres de la psychiatrie, n’avancent pas le fallacieux prétexte qu’ils ont agi ainsi pour le bien de celui auquel ils infligent ces nouvelles souffrances

Placé dans les mêmes conditions que celles qui, depuis bientôt un demi siècle, sont le lot quotidien de Pierre-Just MARNY, quel individu n’aurait pas tôt ou tard exprimé la même révolte ?
En juin dernier, pendant six heures, sous escorte militaire, Pierre-Just MARNY a bénéficié d’une autorisation de sortie dans le cadre du soutien des liens familiaux. Calme et déterminé, il a répondu à toutes les questions des journalistes, donnant par là la meilleure preuve qu’il n’est nullement atteint de maladie mentale.

Le COMITE LIBEREZ MARNY
  • met en garde les responsables de cet internement quant aux conséquences d’une telle décision
  • * réclame la sortie immédiate de Pierre-Just MARNY de l’hôpital psychiatrique de Colson
  • invite les Martiniquaises et les Martiniquais ainsi que tous ceux, de par le monde, écoeurés par tant d’injustices, à poursuivre la mobilisation pour que, sans plus tarder, Pierre-Just MARNY soit libéré.
  •                         Terreville, ce 1er novembre 2010
www.liberez- marny.org
0696 43 16 46
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