lundi 7 août 2017

London Day 3 : Le retour du sprint US aux avant-postes mondiaux


Les championnats prennent leur vitesse de croisière dans la capitale britannique. Ce dimanche ensoleillé rend la ville agréable et permet aux athlètes des rendements optimums, la fraîcheur est propice aux courses longues. Ce matin, les marathoniennes se sont appliquées à vérifier cette donnée et aussi à donner au marathon de Londres son cachet écologique dans la ville aux grands parcs mondialement appréciés par les spécialistes de la discipline. 

Les chronos des africaines ont confirmé ce verdict : c’est presque un pléonasme que de dire ce fut un match entre les nations africaines cette fois ci remporté au sprint par la Burundaise Chelimo (2h27.11) qui devance la Kenyane Kiplagat( 2.27.18) et l’américaine Cragg (2h27.18). Il est bon de noter les progrès des longues distances US qui prouve – une fois de plus- la pertinence de ses programmes de développement. 

En cette matinée, le Martiniquais de l’équipe de France Vaillant s'est qualifié au 400m haies avec le perchiste Lavillenie. 

Les quater miler féminin ont montré leur potentialité, la bahamienne Miller – ma favorite- en 50.97 a montré son état de forme face a Félix 52.44 qui n a pas forcé son talent.

La soirée a eu son lot de surprises en débutant par des remises de médailles d’anciens championnats, suite aux déclassements de dopés pris par la patrouille. 

Cependant je trouve ces cérémonies sans faste les drapeaux tenus sans solennité et un podium plus que quelconque, L’IAAF nous avait habitués à mieux.

C‘est devant un public clairsemé que la cérémonie du 100 m hommes s’est fait avec cependant des applaudissements nourris pour Bolt mais aussi des acclamations pour Gatlin qui ont noyés des hués toujours présents dans cette foule chauvine.


La compétition a offert au public présent de belles performances. Le concours de perche féminin a été de très haute facture. Si la grecque Stefandi (4.91 m ) s’impose devant l’ américaine Morris (4.35 m) et la Vénézuélienne Peinado (4.65 m) et la Cubaine Sylva (4.65m), ce fut au prix d’un combat épique qui s'est dénoué dans les derniers essais. 

Les quater miler hommes se sont bien donnés pour entrer en finale. Le Bahaméen Gardiner (43.89) a frappé un grand coup en s’adjugeant un record national. J ai bien peur qu’il ait lâché beaucoup d’énergie pour la bataille finale qui risque d’être brutale tant les clients sont forts ; le jeune sud Africain Niekerk (44.22 ), le Jamaïcain Allen (44.19) l’ homme du Botswana Makwala (44.30), de sérieux clients restent en embuscade pour la finale de la mère des courses en poussant vers la sortie Merritt. 

Le 110 haies a été couru dans de grands suspens liés aux surprises des obstacles de 1,06 m à franchir. Cette année les nombreux blessés, dont Belocian donne à Mc Leod (13.10 )toutes ses chances bien qu’il a été poussé à la faute par Darien (13.17), laissant Bratwaite (13.26) et Merrit de retour (13.26) en embuscade pour le podium. 

Le poids a été dominé le Néozélandais Walsh (22.03 m) qui devance l’ américain Kowacs (21.66 m) et le Croate Zunic (21.46 m). 

La Belge Thiam (6784 pts) confirme son leader ship mondial à l'heptathlon et devance l'Allemande Schaffer (6696 pts) et la Néerlandaise Vetter (6636 pts).
 

La dernière course nous a encore donné un réédition de la veille. La Jamaicaine Thompson (10.98) à qui le titre semblait acquis tant elle a dominé la saison et surtout la compétition jusqu’ à la demi-finale, s’est écroulé en finale. 

Un départ de plus catastrophique donne à l’américaine Bowie (10.85)– une habituée du meeting Région Guadeloupe- a gagné dans un rush final cette course folle devant l’ivoirienne Talou (10.86) et la néerlandaise Shippers (10.96). Thompson la grande battue finie à la 5e place derrière Talou l’ivoirienne. 

Je ne peux que me réjouir de cette avancée du sprint ivoirien et rappeler les phrases du premier olympien Guadeloupéen, Maurice Carlton qui a beaucoup œuvré en Cote d’Ivoire : « Je suis le père , voire le grand père de l’athlétisme ivoirien !’"

Harry Méphon




La prise de marques pour les blocks. Ces blocks fortement critiqués par Bolt me semblent obsolètes.


C'est cela l'athlétisme, de la souffrance à laquelle s'adonne les heptatloniennes à l'instar de tous ceux qui veulent performer. Ces images sont à montrer pour ne pas tromper les jeunes en leur proposant des loisirs comme modèle éducatif leur laissant croire qu'ils iront loin !

Le record national des Bahamas 43.89 par Gardiner.


Mc Leod a frisé la correctionnelle . Darien doit croire en ses chances.

A ne rien comprendre !

Darien et les obligations médiatiques.

Derniere Game de Niekek avant le départ.





La mise en place des haies réglée comme un défilé militaire.

La discipline britannique.

Brathwaite de Barbade bien connu en Guadeloupe il est venu courir les Carifta et battu par un certain Boa un Guadeloupéen. Ou est passé Boa ?

Un protocole plus réussit : la présentation des finalistes du poids.


Malwala un sérieux client puissant et fantasque.


dimanche 6 août 2017

London Day 2, un 100 mètres tragique !

Kunle , un ami nigérian, grand Néphrologue à Cambridge grand connaisseur de la Guadeloupe
Une journée commencée par une immense retrouvaille de mon ami Kunle un Néphrologue Nigérian vivant à Cambridge, cela fait 20 ans qu’on s’était perdu de vue : une joie immense !

Au stade Olympique du Queen Elisabeth Park le public est venu en masse pour célébrer les dernières apparitions sur 100 m d’Usain Bolt pour la session du soir.

Le programme du matin avait vu les quater miler pointer leurs ambitions, les favoris n’ont pas raté leur entrée Niekerk (45.27) Makwala (44.55) Merrit (45.00) Gardiner (44.75) seront bien en demi- finale. 

Sur 100 m les femmes les favorites n'ont pas démérité : Bowie, Thomson, Talou, Schippers, seront au second tour.

Dans la soirée, au disque, le lituanien Gudzius (69.21 m) devance Stahl (69.19 m) et Finley (68.03 m).

Dans un concours de longueur d’une grande qualité – plus de 10 sauteurs à plus de 8 m-, L’Afrique du Sud affirme ses progrès avec l’or de Manyonga (8.48 m ) et le bronze de Samai (8.32 m ) laissant l’argent au jeune américain Lawson (8.44 m).

Au 10 000 m chez les femmes le match Ethiopie / Kenya fut sans appel tant la domination d’Ayana( 30.16.32) a écœurée ses concurrentes Dibaba (31.02.69) en fait les frais et place la Kenyane TIROP (31.03.50) en troisième position.


Le 100 m la course tant attendue de la nation athlétisme a été très notée de suspens les demi-finales n'ont pas permis de placer personne favori de cette ultime course ; tout semblait aller pour le mieux pour le Jamaïcain Bolt arrivé deuxième devancé par Coleman, Gatlin lui devancé par Simbine.

La finale fut courue dans une atmosphère quasi religieuse un silence de cathédrale et un public debout pour la circonstance. L’arrivée âprement discutée entre 3 centième cet infime espace hisse Gatlin (9.92) à la postérité de la première place devant le jeune Coleman (9.94) reléguant Usain Bolt (9.95) a la troisième place. Cette victoire jette un froid et certain malaise dans la foule et même des bouleversements dans la cérémonie protocolaire annulée, bien que prévue.

Il faut remonter aux mondiaux de Paris pour voir célébrer le 3eme plus que le vainqueur – Gatlin après avoir congratulé Bolt ne s’est pas adonné au tour d’honneur rituel. Personne ne fit cas de Coleman bien esseulé dans son premier tour d’honneur d’un championnat. Que dire de cette course ? Bolt en petite forme faute sur le plan technique ; il est en retard et ne s’applique pas assez dans la phase de sa mise en action pas assez tenue dans laquelle les américains revanchards et surtout fougueux ont dominé le Jamaïcain. Gatlin lui, ne s’est pas désunis quand Bolt fut incapable de placer ses accélérations foudroyantes victorieuses dont il nous avait tant habitué ; le public s’attendait à une issue moins tragique, plus faste pour que la fête soit plus belle, les Dieux du sprint ont jugés autrement le sort du vainqueur.


Bolt en héros déchu mais très fair play a tenu à saluer la foule dans un tour d’adieu et en un dernier geste à embrasser la piste dans son couloir 4 en guise d’adieu définitif aux lignes droites de 100 m ; on ne le reverra plus dans cette configuration.

Merci Mr Usain BOLT pour tout ce que vous avez apporté dans votre sport et aussi à votre Pays la Jamaïque en faisant d’elle le barycentre du sprint mondial durant plus d’une décennie !

Harry Mephon



The Jamaican Crowd




Pour les puristes: L'une des raisons de la perte de Bolt il est presque relevé au détriment des américains Coleman au 5, Gatlin au 8 qui poursuivent leur mise en action




L'école sud africaine de saut : le futur de la discipline



La dernière arrivée de Bolt que je ne n'avais jamais vu cassé sur une ligne

  



Ce parieur voulait voler la vedette aux finalistes du 100 m




samedi 5 août 2017

London Day 1 - Championnat du monde d'athlétisme 2017


Après avoir déposé mes valises les repères sont vite retrouvés. Il fait beau et frais dans la Capitale britannique un peu vide en comparaison avec la frénésie olympique de 2012. Les changements sont importants quand on arrive au stade même si les routines sont les mêmes : queues interminables, fouille, contrôle de sécurité hâtif par rapport à ce que j’ai connu, trouver sa place, et s’installer. Le stade est plein à craquer, témoignant la ferveur du public anglais à la chose sportive et surtout pour célébrer leurs Héros : Bolt et Mo Farah pour ne citer qu'eux; l' animation est forte dans une ambiance DJ avec une sono d'enfer - la meilleure que j'ai vu celle de 2012 ici et celle D'Atlanta 1996.

Que dire de cette soirée ? Bonne ! De belles empoignades et déjà des lots de surprises. Les séries 1500 m ont été terribles avec la sud-africaine Semenya (4.02.84) qui s’invite sur la distance avec de bonnes disposition face à Dibaba (4.02.67). Le saut en longueur qui voit l’élimination du champion olympique Henderson dès les qualifications avec plus de 8 athlètes à plus de 8 mètres.  

Le 100m mondial est en pleine mutation en l’absence de de Grasse et le jeune sprinter US Coleman (10.01) qui arrive ; J‘ai vu un Gatlin (10.05) concentré (hué par un public chauvin et partisan ), un sprint asiatique en gros progrès avec les Chinois SU (10.03) et le Japonais Sani Brown (10.05). C’est un Bolt (10.05) concentré et appliqué qui a réglé sa série, il est sur le départ on le sent dans ses gestes plus contenus et ressentis par l’athlète comme les derniers d'une grande épopée.

Au 10 000m, Mo Farah a donné à la Grande-Bretagne l’or attendu. Ce ne fut pas simple car les jeunes loups Ougandais 2e, Chepteguei (26.49.94 ) et Kenyans Tanui le 3e (26.50.60) lui ont mené la vie dure en imposant des trains d’enfer pour le piéger, toutefois Mo Farah s’imposera en 26.49.51.

La Cloche des Jeux de Londres 2012. On aperçoit les nouvelles constructions d'un centre d'affaires en lieu et place de ce qu'était le parc olympique de 2012



La qualité des appuis sur 10 000m lors de l'emballage final.





La joie ougandaise.


Un Stade plein à craquer.

Ne vous trompez pas il va prendre un tour.

L'armada africaine liguée contre Mo Farah: Kenya, Uganda, Ethiopie ont imposé des cadences infernales.


La légende présente partout aux alentours du stade.

Le renouveau du sprint japonais: Sani Brown.

Mo Farah et son fiston ! La surmédiatisation vous empêche de faire de bons clichés ! cette année on nous a balancé un quad Immonde que je trouve dangereux pour les athlètes.

Des records personnels qui tombent la discipline est en progrès. 

Pour les puristes la foulée de longue distance est puissante déliée ample avec des appuis de qualité d'où l'importance du travail technique et de renforcements souvent négligés.

Plus belle de nuit que de jour.

Les traditionnelles queues pour se rendre au stade.

Les échauffements de la perche femme.

La Tour Mital qui n'est plus aussi rutilante qu'en 1992.


Les nouvelles formes de célébrations des arrivées
Harry Méphon

jeudi 3 août 2017