mercredi 5 mars 2014

AVIS AUX PARENTS JRE LETTRE A ADRESSER AUX CHEFS D’ÉTABLISSEMENTS



Monsieur ou Madame le chef d'établissement
[Nom et adresse de l'établissement]


[Nom de la ville] le ../../..


Objet : Journée de Retrait de l’École du mois de mars 2014


Monsieur ou Madame,
Nous tenions à vous informer qu’au cours du mois de mars 2014 se déroulera une nouvelle «JRE ».
Pour rappel, la JRE est la Journée de Retrait de l’École pour l’interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires publics ou privés sous contrat.


Depuis le mois de janvier 2014, nous avons décidé de retirer nos enfants de l’école un jour par mois pour l'interdiction de la mise en œuvre et de l'enseignement sournois de la théorie du genre à l’école depuis la maternelle jusqu’au lycée (voir notamment le rapport Teychenné, le dossier du SNUipp-FSU). Cette mise en œuvre se cache derrière les programmes de lutte à l'école pour « l'égalité fille-garçon », « de déconstruction des stéréotypes et de lutte contre les discriminations LGBTphobes » notamment.
Nous estimons que l'école outrepasse ses prérogatives. Les établissements scolaires n'ont pas pour vocation d'inciter les enfants qui vous sont confiés à troubler leur identité sexuelle sous prétexte de liberté et d 'égalité, et de surcroît de les faire prendre en charge par des militants LGBT sur les heures de cours.
En effet, nous considérons qu’en agissant ainsi, l’école ne respecte pas le principe de neutralité pourtant inscrit au Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et ayant valeur constitutionnelle.
Il est important de souligner que cette journée d’absence mensuelle est parfaitement légale puisqu’elle s’inscrit dans le cadre des « absences autorisées » par le Ministère de le l’Education Nationale d'une part et que d'autre part une journée d'absence sous la responsablité des parents, pour quelque motif que ce soit, n'est pas un délit scolaire ! Sauf dans une société totalitaire.(cf. http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1899.xhtml#N10094).
En revanche, sont parfaitement illégales toutes les représailles qui pourraient être infligées aux parents ou aux enfants participant à cette journée.
Suite aux deux premières JRE de janvier et de février 2014, il a été constaté dans plusieurs villes les faits suivants :
  • Convocation de parents par des chefs d'établissement et des inspecteurs d'académie ;
  • Intervention de gendarmes à l'appel du chef d'établissement pour relever les noms des enfants absents ;
  • Humiliations et intimidations diverses sur les personnes des enfants en l'absence de leurs parents (interrogatoires incessants, parfois jusqu'aux larmes de l'enfant, attribution de zéros, de punitions, d'heures de colle etc.);
  • Pressions et menaces multiples (menace de suppression de la CAF, menace de faire appel à la police, dénonciation aux services sociaux, etc...)
Dans tous les cas, l'administration scolaire que vous représentez n'est pas autorisée à terroriser des parents soucieux de sauver leurs enfants de l'idéologie du genre en participant à la journée de retrait.
Toutes ces manœuvres déshonorent non seulement leurs auteurs et l'école publique mais sont aussi parfaitement ILLEGALES. Elles ne reposent sur aucun texte de loi et sont parfaitement injustifiables.
Par conséquent, si un tel comportement venait à se produire [ou à se reproduire] dans votre établissement par un membre du personnel enseignant ou par vous-même, un courrier sera aussitôt envoyé au recteur de votre académie.
De plus, nous ferons appel immédiatement aux avocats du mouvement JRE afin qu’ils introduisent un recours devant le tribunal administratif.


Je vous prie d’agréer, Monsieur ou Madame, mes salutations distinguées.


Pour le comité de soutien JRE
de [nom de votre ville]

Signatures des membres de la délégation de parents.

dimanche 2 mars 2014

A PARIS LE RASSEMBLEMENT ANTICOLONIAL DU 1ER MARS 2014 PLACÉ SOUS SÉQUESTRE DES FORCES DE LA RÉPUBLIQUE COLONIALE.


Une marche devait avoir lieu ce samedi 1er mars 2014 en clôture de la semaine anticoloniale qui depuis 6 ans se déroule à la même période chaque année.

Cette marche était régulièrement autorisée et rassemblait des milliers de manifestants engagés sur les thématiques anticoloniales et de décolonisations.

La semaine anticoloniale est née en 2005 de la colère du projet de loi faisant la part belle aux bienfaits du colonialisme, comme un cri de non acceptation d’une coupe largement pleine de l’inacceptable, l’association Sortir du Colonialisme porteuse de l’initiative s’est créé.

Depuis pour la tenue de cette semaine qui se structure d’un salon anticolonial, d’événementiels avec projection de documentaires, de conférences débats, de tables rondes, d’une assemblée des peuples colonisées par la France, ce n’est pas moins d’une cinquantaine d’associations, de syndicats, d’organisations politiques, d’ONG, d’organisations paysannes et de mouvements citoyens qui adhèrent à la démarche et co-organisent cet événement.

La semaine est clôturée traditionnellement par une marche anticoloniale qui se déroule toujours de manière non violente.

Les marcheurs cette année devaient marcher pèle mêle contre :
« - L’impérialisme sous ses différentes formes, telles que les occupations illégales de territoires (notamment en Palestine et au Sahara Occidental mais aussi en Haïti), 

- Toutes les interventions militaires néocoloniales, la perpétuation de la Françafrique et pour le retrait des troupes françaises d’Afrique et la fin de la présence des bases militaires sur des territoires étrangers, dont les bases américaines, 

-La situation à caractère colonial qui prévaut dans les Territoires ou départements d’Outre-mer en Kanaky, Polynésie, Martinique, Guyane, Guadeloupe, La Réunion, Mayotte, 

- Le racisme sous toutes ses formes dont l’islamophobie et la négrophobie, la xénophobie d’Etat, la ségrégation et la stigmatisation des populations issues de l’immigration ou des territoires et des départements d’outre-mer, 

-L’impunité pour les assassinats politiques en plein Paris dont les plus récents, il y a un an des trois militants kurdes et d’un militant tamoul, 

-Toutes et tous dans la rue pour le droit des peuples, contre la guerre, l’exploitation et toutes les formes de recolonisation, le racisme et la xénophobie. »

Des revendications assorties à des aspirations de sortie concrète du colonialisme prédateur, contre les projets mortifères des transnationales qui saccagent et polluent durablement les territoires de peuples autochtones.

Cette année si la semaine anticoloniale s’est déroulée du 14 février au 3 mars 2014 sans encombres et a drainé lors du salon anticolonial des foules enthousiastes, la marche prévue depuis des semaines qui devait partir de la place de la République pour aller à Ménilmontant en passant par Belleville a été purement et simplement interdite par la préfecture la veille de la date de son déroulement.

Le prétexte fallacieux invoqué était que la manifestation aurait pu créer des troubles à l’ordre public.
Cette décision préfectorale inique et arbitraire était dans la continuité des ignobles manipulations médiatiques consécutives à la manifestation à Nantes du 22 février pour la défense de la zone naturelle de Notre-Dame-des-Landes.

Les organisateurs pour ne pas rester sur cette déconvenue, ont tenté de trouver une solution en proposant aux autorités préfectorales un autre parcours, celui-ci aurait pris la direction de Barbès pour arriver devant l'église St Bernard.

Ce second trajet à lui aussi été refusé.

Face à ce second refus les organisateurs en signe de protestation ont maintenu le rassemblement avec le point de rendez-vous initial sur la place de la République à 14 heures, une option prise qui n’a pas donné lieu à aucune objection de la part des autorités.

Répondant ainsi à l’appel à se rassembler, en arrivant à une des nombreuses sorties de la station de métro République, avant d’emprunter les escaliers de la sortie conduisant sur la place, en guise de comité d’accueil il y avait des groupes de CRS effectuant une opération de filtrage stricte.

Sur la place se tenaient ceux qui avaient anticipé et qui étaient arrivés en avance. Etaient présentes, pas toutes mais quelques-unes des organisations ayant participé à la semaine anticoloniale, tel que bien évidement l’association organisatrice Sortir du Colonialisme, des associations palestiniennes en lutte contre l’apartheid dans les colonies, le mouvement du Boycott Désinvestissement Sanction à l’égard d’Israël, le CNT, le Mrap, le PC, quelques membres du NPA, une délégation de sans-papiers, une délégation kanake, des membres de l'Alternative Libertaire, des membres du SLB (des indépendantistes bretons) ...ainsi que notre venue en soutien en tant que coordinateurs d'IDLE NO MORE France.

Les messages étaient résolument anticapitalistes chez certains participants et le concept de BDS qui est à préciser a pour objet le boycott des produits de consommation, le désinvestissement de l'économie et les sanctions à l’égard de l'Etat d'Israël qui pratique actuellement l'apartheid vis à vis des populations noires et des populations palestiniennes. 

Les avis d’interdiction ferme et la peur propagée ont démotivé certains des marcheurs habituels mais il faut dire aussi que les différents sas de filtrage des CRS ont dû empêcher à de nombreux militants d’être présents.
Une poignée de 300 irréductibles ont bravés les embûches et ont pu accéder au point de rassemblement.




Il faut ajouter que, la marche interdite aurait selon les craintes de la préfecture pu rejoindre une autre manifestation sur les violences policières et ainsi former une seule grande manifestation contestataire avec la marche anticoloniale, cette autre manifestation devait partir de Belleville.

En arrivant sur la place de la République nous avons pu observer d’autres CRS en faction qui faisaient des rondes, puis au fur et à mesure nous avons des cars entiers de CRS garés le long d’une rue adjacente à la place.
Les prises de paroles ont alors commencé pour fustiger et dénoncer les mesures d’interdiction de la marche, le colonialisme encore actif et notamment le colonialisme français, tant sur le sol français que sur le continent africain. Une détermination de ton, déclamée dans un climat non violent, l’hystérie belliqueuse n’était pas de mise.

Quand des intervenants ont commencé à parler de la colonisation actuelle en Palestine, à ce moment précis les CRS ont quitté les rues et sont venus sur la place, avec un rang des troupes venue directement se poster en arrière des intervenants. Ne se laissant pas intimider outre mesure les prises de paroles se sont poursuivies.

Une délégation de Kanaky, arborant fièrement ses drapeaux kanaks, a pris la parole pour rappeler l’exploitation coloniale qui sévit dans leur pays et rappeler également qu’un processus d’autodétermination les concernant est en cours cette année. Cette délégation a aussi clamé haut et fort que la « Kanaky est la Kanaky » et que c’est ainsi que l’on doit nommer leur terre et non pas l’appeler, comme malheureusement les colons le font : « La Nouvelle Calédonie ».

N’ayant le droit qu’à un rassemblement sur la place les organisateurs ont pris l’option en résistance de manifester de façon mobile, à savoir de marcher tout de même autour de la place. Dès les premiers pas effectués dans une rue longeant la place, le petit cortège a été immédiatement bloqué par les CRS, avec l’ordre donné armes en bandoulières de regagner la place où un sit-in pacifique c’est improvisé. A cet instant nous avons vu des fourgons entiers de CRS garés tout autour de la place de la République, soit sur son périmètre entier ! 

Pour se représenter cette aberration et ce nombre de forces de l’ordre démesuré, il faut savoir que la place de la République est une très grande place. En ces instants les forces de l’ordre étaient en nombre exagérément supérieur à celui des manifestants qui manifestaient dans le calme et sans le moindre débordement, ni acte hostile et de trouble à l’ordre public. Rien ne justifiait un tel coûteux dispositif.

C'est alors que c’est produit l’impensable et l’inimaginable, des rangées de CRS ont encerclés les manifestants sur la place, personne n’avait le droit d’aller où il voulait, ni de franchir les lignes d’escadrons casqués, boucliers sortis, les armes à la main.

La manifestation et les manifestants ont été circonscrits non pas sur la place, mais sur une partie de la place. Ils ont été pris purement et simplement en otages par les forces de l'ordre, alors que l’ordre de dispersion de la manifestation venait d'être donné par les organisateurs au mégaphone.

Pendant de longues minutes, sous la pluie qui a commencé à tomber, les CRS ont empêché les manifestants de quitter la manifestation, les retenant de fait prisonniers !

Une mise en captivité physique arbitraire, effectuée de manière illégale.

Les cris des manifestants de « police coloniale !» n’ont bien sûr rien changé à cet état d'urgence de fait.
Comme si cela ne suffisait pas un petit groupe de musiciens qui jouait joyeusement c’est lui aussi retrouvé pris dans la nasse de l’encerclement policier, et les CRS sont allés les voir pour leur intimé l'ordre d’arrêter de jouer de leurs instruments.

Tout du long de la manifestation quand les organisateurs ont demandé à parler avec le responsable des forces de l’ordre, cela leur a été refusé, tout comme la prise des numéros de matricules, qui de façon non réglementaire n’étaient pas affichés sur les tenues des CRS.

Car depuis le passage en force de Manuel Valls sur ce point, les crs depuis le 2 janvier de cette année ont l’obligation d’afficher sur leur tenue leur numéro d’identification.

Tout au plus a-t-on dit aux organisateurs que pour libérer les manifestants du lieu de rétention à ciel ouvert où ils se trouvaient, ils devaient attendre que la manifestation de Belleville se disperse.

Une manifestation qui nous l’avons appris par la suite a subi la même séquestration que celle où nous étions.

Quand enfin les CRS ont décidé de nous laisser partir, ils ont établi une zone de passage à l’instar des check-points de Ramallah et ont procédé à des libérations de manifestants au compte-goutte par groupe de dix personnes conduites sous une escorte entre deux files de CRS jusqu’à la bouche du métro.

Ainsi au pied de la statue de la République sur laquelle se trouvent gravées les mots « liberté, égalité, fraternité », ces trois principes ont été bafoué par l’arbitraire des forces de police.

Les bras armés de la République coloniale française ont piétinés ses fondements constitutionnels. Les libertés fondamentales de circulation et de manifestation sont bafouées par le pouvoir exécutif. 

Notre liberté d’expression devient conditionnelle quand le colonialisme est dénoncé !

Ce samedi 1er mars 2014 en ce lieu hautement symbolique de Paris, place de la République, la République a montré à tous son vrai visage.

Emmanuelle Bramban, coordinatrice d’IDLE NO MORE France, 
Paris le 2 mars 2014












































vendredi 28 février 2014

CECI, C'EST LA NAVETTE SPATIALE INDIENNE, ACTUELLEMENT EN COURS DE REALISATION...


Depuis l'époque des pyramides, il n'y eut jamais et nulle part, de civilisation sans ambition...

LA QUESTION DE L’UKRAINE ET DE LA CRIMEE, OU LE REVE BLESSE DU TSAR VLADIMIR


Précédée par des voitures de la sécurité et encadrée par deux colonnes de motards, la grande limousine noire aux vitres teintées, fuit à travers les grandes et belles avenues de Moscou rendues désertes pour l’occasion. Par une allure à peine réduite et sans que la garde de faction ne s’inquiète quant à l’identité de son passager, elle s’engage dans l’enceinte du Kremlin et après quelques détours à l’intérieur de la citadelle, s’arrête devant une esplanade où, aux échos martiaux et intimidants d’une vigoureuse fanfare, une troupe en grande tenue s’applique à rendre les honneurs à l’homme qui en descend...

Celui-ci n’est pas très grand, mais il a la stature altière et assurée d’un homme qui se sent investi d’une haute mission et qui, après avoir salué la troupe, s’engouffre promptement dans le palais où l’accueil un escalier monumental et magnifique, qui semble vouloir le conduire jusqu’aux cieux. Dans un dédale grandiose où, un tous les trois mètres, des gardes qui le fixent du regard tournent la tête comme pris de stupéfaction à mesure qu’il passe devant eux, de lourdes et immenses portes semblent s’ouvrir comme par enchantement à l’instant où il se présente devant elles, tout semble s’évanouir ou s’agenouiller à son passage...

Il parvient alors dans une salle immense aux ors reluisants où, tout ce que la Russie peut compter d’importantes personnalités s’y trouve rassemblé, des hommes politiques bien-sûr, les ambassadeurs, des militaires croulant sous des placards de décorations, des industriels, des scientifiques, des écrivains et des artistes, nombre de beaux messieurs et d’élégantes dames, et surtout les ecclésiastiques autour du patriarche de Moscou...

Commencent alors les hymnes et les discours, c’est la cérémonie d’investiture de Vladimir Poutine, pour son troisième et peut-être dernier mandat, qui reprend les rites d’une véritable “intronisation”. Et, par delà son formalisme constitutionnel, il ne fait guère de doute pour beaucoup que, compte tenu de la sacralisation du cérémonial et surtout de la communion de toutes les représentations de la Russie, dans cet événement où la nation lui signifie sa charge, il s’agit bien dans les esprits, de la célébration d’un nouveau “tsar”...

Vladimir Poutine nous le savons, n’est pas un démocrate. C’est un homme cynique et froid, et dont la brutalité en avait fait en son temps le patron du terrifiant KGB. Volontiers raciste envers les peuples du Caucase, il n’a absolument aucune compassion ni considération pour les peuples qu’il a fait massacrer, ni pour les opposants qu’il a fait éliminer, au nom de sa raison d’état, et il est clair qu’il ne s’agit pas du genre d’individu dont nous aimerions quant à nous, faire le premier des nôtres...

Cependant, et les choses étant ce qu’elles sont, il est manifestement l’homme dont la Russie, elle, avait besoin pour sortir de ces temps difficiles car c’est un grand patriote, et même un nationaliste dirons-nous, qui ne semble vivre que pour que sa gloire puisse s’établir à travers un renouveau de la Russie dont il aura été l’artisan besogneux et infatigable...

Compte tenu qu’il fut un communiste convaincu du temps où il était prudent de l’être, on ne sait s’il est devenu croyant où s’il fait simplement bien semblant de l’être, mais une chose est certaine, c’est qu’il a parfaitement compris tout ce qui était nécessaire pour rendre à la Russie son âme, pour que celle-ci puisse se réconcilier avec elle-même et se pardonner ses errements historiques qui furent si indignes et meurtriers. C’est ainsi qu’il fit restaurer à grand frais les églises et qu’il rétablit l’église orthodoxe de Russie, dans la place exceptionnelle et nécessaire que la logique historique lui accorde au sein de la “sainte Russie”, et c’est précisément l’efficacité de cette opération qui justifiera l’envoi par des puissances hostiles, de profanatrices pour tenter d’en contrarier la dynamique...

Il semble que Vladimir Poutine aime la Russie de la même façon passionnelle qu’Hitler aimait l’Allemagne, c’est à dire qu’il est en quelque sorte “possédé” par ce qui demeure cependant une noble ambition, tant qu’elle ne devient pas et c’est là le danger, la justification de n’importe quel moyen pour la servir, celle de faire recouvrer à cette Russie, toute sa puissance et sa magnificence d’antan...

Mais les temps ont changé...

Depuis la lointaine antiquité, nous savons à travers l’histoire connue des Egyptiens, des Phéniciens, des Crétois, des Grecs, des Carthaginois et des Romains, quant à ce qui concerne cette partie du monde, qu’il n’y a pas de nation puissante qui ne se soit dotée pour devenir cela, d’une grande puissance navale, quelle soit alors commerciale ou militaire.

Ce rapport fondamental maintes fois vérifié de la puissance navale à la félicité d’une nation est tel qu’il pourrait presque constituer à lui seul, l’explication du fait des nations les plus puissantes. Ceci, tant il est vrai que dans l’antiquité, il fallait se trouver au bord de la Méditerranée, voie des échanges entre nations et par le fait, facteur de civilisation, pour prétendre à la grandeur, et qu’à partir de la renaissance et des grandes découvertes, il fallait se situer au bord de l’atlantique, nouvelle voie des échanges entre les nations, pour cela, et ce n’est pas par hasard que les plus puissantes des nations européennes furent à cette occasion, celles de l’ouest...

Pour pouvoir garantir tant ses approvisionnements que ses exportations, ne faire l’objet d’aucun enclavement ni d’aucun blocus, exercer dans le concert des nations les plus influentes, relever le défi concurrentiel qu’elles constituent et en triompher, être les premiers à profiter des ressources, des espaces, et des nouveautés, établir des contacts avec un maximum de nations et permettre la diffusion de sa culture, gagner les marchés, et constituer sa zone d’influence, autrement dit pour devenir une nation puissante, il faut un débouché sur les mers, et une puissante marine...

Il existe cependant un contre exemple terrestre célèbre, la fameuse route de la soie. Mais, ce fait civilisateur repose sur la même dynamique, celle des échanges, lesquels furent toujours rendus plus faciles par voie fluviale ou par voie maritime que par voie terrestre. C’est d’ailleurs, répondant au problème que posait la prise de Constantinople par les Turcs, le contournement de l’Afrique par le cap de bonne espérance par Vasco de Gama, qui sonnera le glas de cette route de la soie...

La Russie elle-même, dont le berceau fut la Rus’ de Kiev, naitra des échanges par voie fluviale auxquels procédaient les Varègues, par le Dniepr et la Volga. Mais elle manquait d’avoir accès directement aux voies principales d’échange que constituaient la Méditerranée, l’Atlantique, ou la mer du nord, handicap qu’accentuera encore son expansion continentale...

Ce sentiment d’être justement trop continentaux et donc trop éloignés des voies d’échanges maritimes, et d’être par là privés de participer à une dynamique du développement qui constituait la faveur des autres, constituera une obsession pour les tsars qui chercheront par tous les moyens à se créer des ouvertures sur les mers, et particulièrement vers les mers chaudes, pour établir la Russie en une grande puissance maritime...

Ainsi, Pierre le Grand qui considérait qu’une nation qui ne possédait pas un pied dans l’océan, était tout simplement une nation unijambiste, mènera une guerre contre la Suède qui lui permettra d’obtenir une ouverture sur la mer Baltique qui comme il le dira, sera sa fenêtre sur l’Europe, laquelle s’agrandira plus tard avec la conquête de la Lettonie. Il fondera alors partant de là, la ville et le port de Saint Petersbourg en 1703, dans une zone de marécages où se situait déjà un fortin suédois. Il sera le fondateur de la flotte russe, mais c’est Catherine de Russie qui, en s’emparant de la Crimée et en y fondant la ville et le port de Sébastopol en 1783, permettra le développement de la flotte de la mer noire, celle avec laquelle commence véritablement la grande histoire navale russe...

Les axes de développement de cette puissance maritime sont donc établis depuis des siècles. Il s’agit tout d’abord de maintenir à tout prix le débouché sur la mer Baltique qui constitue la porte vers la mer du nord et vers l’Atlantique, de pousser à partir de la Mer Noire, pour atteindre enfin la Méditerranée orientale, en se libérant de ces goulets d’étranglement que constituent le Bosphore et le détroit des Dardanelles sous domination ottomane, et de pousser vers l’Océan indien, à travers l’Afghanistan et le Pakistan.

C’est cette dernière option, qui nécessitait de favoriser la prise du pouvoir par des gouvernants “amis” dans ces pays, qui fut retenue du temps de l’URSS par Leonid Brejnev. Mais, bien qu’une fois déjà en Afghanistan, il ne se trouvait plus qu’à quelques centaines de kilomètres de l’océan, ce projet fut anéanti par les Américains qui pour le contrer, lancèrent contre le gouvernement Afghan, puis contre les Russes venus le soutenir, les hordes sauvages d’Al Quaïda... La suite nous la connaissons en partie, car cette histoire n’est pas finie...

Si telle fut l’option de Leonid Brejnev, c’est parce que l’option précédente, celle d’atteindre la Méditerranée orientale, fut bien tentée au 19ème siècle par le tsar Nicolas 1er, mais elle tourna au désastre pour les Russes à travers la guerre de Crimée...

Alors qu’après sa lourde défaite à la bataille de Pavie qu’il livra contre Charles Quint en 1525, et la signature d’un traité infamant qui l’obligeait à céder la Bourgogne et le Charolais à celui-ci, le roi de France François 1er se trouvait retenu prisonnier en Espagne, il parvint à dépêcher une ambassade auprès du sultan Soliman le magnifique pour solliciter son secours.

La logique de cette démarche tient au fait que depuis 1521, Soliman et sa puissante armée qui ont conquis la Serbie, et qui en 1529, seront à deux doigts de soumettre Vienne, sont au contact direct de l’empire de Charles Quint, et lui mènent bataille sur les terres comme sur les mers. L’empereur tentant de faire les Iraniens entrer en guerre contre les Turcs, l’idée d’une alliance de ces derniers avec la France semble s’imposer, et pour faciliter cet accord, François 1er rappelle au sultan la responsabilité historique de la France, quant à la protection des chrétiens d’orient, disposition qui va déterminer la politique française en Méditerranée et au proche orient durant des siècles jusqu’à de nos jours...

Il s’agit en fait d’une disposition qui résulte d’un accord conclu depuis le 9ème siècle entre Charlemagne et le calife abbasside Haroun al Rachid, qui fait parvenir au plus puissant monarque catholique de cette époque, les clefs de la ville de Jérusalem.

C’est en prétextant de cet accord que trois siècles plus tard seront engagées les croisades pour la protection des lieux saints et des chrétiens d’orient, débouchant sur la création de l’ordre des chevaliers du temple de Jérusalem, les fameux “templiers”, et que seront créés les royaumes francs d’orient.

Libéré sous la promesse de renoncer à ses ambitions dans le Milanais, et en laissant ses deux fils en otage à Charles Quint, qu’il n’ira d’ailleurs jamais rechercher, François 1er se dépêche de dénoncer cet accord dit-il obtenu par la contrainte, et de reprendre sa lutte contre l’empereur. C’est en 1536 qu’il signe avec son allié le sultan, les capitulations de l’empire ottoman, c’est-à-dire un renoncement partiel de la souveraineté du sultan sur une partie de ses sujets, au bénéfice des français qui en plus de certaines responsabilités vis à vis des chrétiens d’orient, obtiennent l’exclusivité du commerce européen en direction de l’empire ottoman, toutes les transactions devant passer par eux...

Au fil des siècles ces accords entre la France et la “Sublime Porte” vont de préciser, et c’est à leur titre que Louis XIV assurera sa protection au patriarche maronite du mont Liban.

Mais en cette seconde partie du 19ème siècle, l’empire ottoman est malade et secoué de toutes parts par des forces centrifuges auxquelles il faut bien le dire, les menées secrètes des puissances européennes ne sont pas étrangères. Chacune de celles-ci attend de pouvoir s’offrir le meilleur morceau de la bête qu’elles tentent de mettre à mort.

C’est dans cet esprit et selon son projet d’atteindre enfin la méditerranée que le tsar de Russie Nicolas 1er, s’empare en octobre 1853, des deux provinces ottomane de Moldavie et de Valachie, et argumentant qu’il est logiquement le défenseur des slaves orthodoxes de l’empire ottoman...

Cependant, la Reine Victoria qui ne veut absolument pas que l’Angleterre perde le contrôle de la route des Indes passant par le Proche-Orient, ne veut pas voir les Russes s’installer sur les rivages de la Méditerranée, continuer à partir de là leur expansionnisme, tout en se constituant une puissante marine. Et, Napoléon III qui, après son coup d’état, est en quête d’une victoire éclatante pour donner un peu de lustre à son régime, se dépêche de rappeler qu’au titre des capitulations, c’est à la France qu’il appartient d’assurer la protection de tous les chrétiens de l’empire ottoman...

Anglais et Français lancent donc au tsar un ultimatum en février 1854, qui est précisément l’année où Ferdinand de Lesseps fait le projet de réalisation du canal de suez, pour qu’il renonce à ses conquêtes. Mais, sans réponse de sa part, ils lui déclarent la guerre le 27 mars 1854 en se faisant ainsi les alliés du sultan Abdülmecit 1er et ainsi, 400 000 français, 300 000 turcs, et 250 000 britanniques se retrouvent face à 700 000 Russes.

Après quelques mouvements de troupes dans les provinces Roumaines où les Russes ne semblent pas vouloir situer la grande bataille, les “alliés” décident de débarquer en Crimée, pour les atteindre à ce point névralgique que constitue pour eux Sébastopol.

Curieusement, la plupart des morts de cette bataille et de très loin, ne seront pas dus directement aux faits de guerre, mais à une terrible épidémie de Choléra qui frappera les deux parties. A son terme les Russes seront vaincus, capituleront, et signeront le traité de Paris le 16 avril 1856, qui proclamera la neutralité de la Mer Noire, l’interdiction de la circulation en celle-ci de navires de guerre, et de la construction de fortifications.

Sa sévérité sera rectifiée par des conventions ultérieures, mais ce traité provoquera une forte baisse de l’influence russe dans cette région.

Cependant, avec toute l’énergie qu’y consacrera l’Union Soviétique, la puissance navale Russe se reconstituera d’une façon phénoménale, pour finalement ravir à la Grande Bretagne, la place de second derrière les Etats Unis d’Amérique. Mais, c’est alors que va se produire ce qui aujourd’hui pose au tsar Vladimir, un problème quasi insurmontable, la fin que personne n’aurait supposé possible seulement quelques années auparavant, de cette Union Soviétique...

Il faut bien comprendre ce que cela représente du point de vue d’un nationaliste russe, compte tenu du rapport qui existe entre la puissance d’une nation et la maitrise des mers. Car, par la perte du Kazakhstan, du Turkménistan, et de l’Azerbaïdjan, la Russie ne possède plus sur la mer Caspienne, que quelques kilomètres de littoral entre les bouches de la Volga et le Caucase. Sur la mer noire, l’indépendance de l’Ukraine et de la Géorgie a amputé ce pays de la plupart de son littoral méridional. Quant à l’accession à l’indépendance des pays baltes, elle ne laisse à la Russie que deux petits débouchés sur la mer Baltique, le port de Saint Petersbourg, au fond du golf de Finlande, et la petite enclave de Kaliningrad.

La Russie est devenue une puissance quasi enclavée, qui ne possède guère plus d’ouverture que sur l’océan arctique, pris une bonne partie de l’année dans les glaces, et qui ne se constitue pas une grande voie d’échange, et sur la mer du Japon, bien éloignée de la plupart de ses activités...

S’ajoute à cela le traumatisme pour elle que constitue la défiance nationaliste de l’Ukraine, qui s’est accaparé la moitié de la flotte de la mer noire, et qui a accordé à la Russie un délai jusqu’en 2040, pour qu’elle aille se faire voir ailleurs avec sa marine de guerre. Et ceci, alors qu’il s’agit en cette Ukraine, du lieu de la naissance elle-même de la nation Russe...

Tout ceci pour dire à quel point ce dossier Ukrainien, qui doit être le cauchemar du tsar Vladimir, une blessure à son rêve de rénovation de la toute puissance de la Russie, mais qui découle de la volonté légitime d’un peuple de jouir de son indépendance et de ne plus du tout se sentir lié à un autre qui fut pour lui la cause de tant d’années de malheur, ne peut pas trouver d’explication facile par quelques slogans tels que ceux que l’on entend en ce moment.

Le choix des Russes est donc de tenter de négocier pour le mieux, ou de s’ingérer pour le pire, ce qu’ils ont fait, mais qui a tourné au désastre, et il faut s’attendre à la tentation pour eux, de solliciter un séparatisme de la Crimée, mais qui n’aura pas davantage de consistance que la république serbe de Bosnie...

Paris, le 27 février 2014
Richard Pulvar

LA RÉPUBLIQUE DE LA PEUR ET DE L'ARBITRAIRE ?

Que vaut une République qui ment et qui veut priver à des populations qu'elle a colonisées le droit qu'elles devraient avoir de s'exprimer ? 

Que vaut une telle République qui ne veut surtout pas voir son reflet de l'histoire dans son miroir ?

Je viens d'apprendre que l'Etat veut interdire la marche anticolonialiste et antiraciste qui était prévue de longue date pour ce 1er mars 2014 .

Le prétexte utilisé est que cela créera des troubles à l'ordre public comme à Nantes pour la défense de Notre Dame des Landes.

Voilà un des mensonges éhonté de cette république, voilà ce que taisent depuis des jours les représentants du gouvernement et les médias classiques qui, dans cette opération de désinformation, en sont de parfaits alliés.

Dans la manifestation de Nantes, cette presse si prompte à ne pas informer n'a jamais été au cœur de la manifestation, elle est restée collée au train des forces de l'ordre, ce qui est pour le moins singulier pour qui dit vouloir informer avec objectivité. 

Car à Nantes la manifestation était pacifique, la résistance farouche et pacifique s'est exprimée en famille et avec créativité artistique des plus originales et diablement percutante. Mais cela il faut soigneusement le cacher au français, il faut le cacher aux français y compris dans des lives télévisé aux images tronquées, dans des articles rédigés à charge et uniquement à charge.

Ainsi, il vaut mieux faire passer ceux qui défendent la vie de leur terre et qui vivent de leurs terres, ceux qui défendent leur mode de vie, de cette paysannerie qui refuse de se laisser faire, mourir au nom d'un progrès qu'est censé représenter la construction d'un aéroport, et bien manifestement il vaut mieux faire passer ces défenseurs pour de dangereux individus afin de mieux promouvoir les tueurs de vie, les tueurs de bocages, les tueurs d'espèces animales protégées, les tueurs de la ruralité bretonne.

Cette république en agissant ainsi est la république du mensonge et aujourd'hui, elle se permet de piétiner les revendications de ceux qu'elle a de façon inique et scandaleuse colonisés . De quels droits ? 

De ces mêmes droits que ceux qu'elle s'est octroyés et dont elle a usés naguère pour massacrer et commettre le génocide des peuples amérindiens , pour spolier leurs terres ?

De ces mêmes droits qu'elle a usés pour déporter et mettre en esclavage des populations par millions ?

De ces mêmes droits qu'elle a usés et use encore pour son colonialisme de masse ? 

Une République qui a peur à ce point des revendications d'une partie de son peuple et de descendants de peuples qu'elle a colonisés, une république qui a peur de ces revendications justes, exprimées de surcroît de façon déterminée et pacifique, devrait amener ses citoyens à s’interroger sur la nature de ce dans quoi ils pensent vivre ... Car une république qui n'aime pas la vie, la paix sociale et son propre miroir ouvre la porte aux questionnements citoyens et légitimes ! 


Qu'à cela ne tienne, la manifestation aura belle et bien lieu ce 1 er mars 2014, rendez-vous 14 h place de la République.

Emmanuelle Bramban

mardi 25 février 2014

QUAND L’ANTI-IMPERIALISME DEVIENT BORGNE, C’EST ALORS QU’IL DEVIENT CON...


Qu’il y ait une exploitation opportuniste des événements d’Ukraine et même un fort soutien à cette démarche nationaliste et révolutionnaire, par les puissances occidentales, c’est évident et on ne voit pas comment dans ce monde d’aujourd’hui, tel qu’il est redevenu bipolaire, il aurait pu en être autrement...

Cependant, réduire la raison de ces événements à cette seule intervention, en faire la cause profonde en supposant implicitement que si elle n’avait pas eu lieu, il ne se serait rien passé de tel en Ukraine, qu’il n’y avait absolument aucune raison pour que les Ukrainiens ne continuent pas de se régaler de la politique et des comportements de ce monsieur Ianoukovitch et de sa bande d’oligarques, tel est le délire qui s’est emparé des cervelles fatiguées de ces gens qui ignorent tout de l’histoire de ce pays, de la structure sociologique complexe, et par là, des difficultés qui en découlent...

En réalité, ces anti-impérialistes de salon, “borgnes” en ce sens qu’il n’existe pour eux qu’une forme visible d’impérialisme, celle des nations de l’ouest, les autres puissances étant censée être immunisées contre cette maladie, sont quant à cette lutte essentielle, exactement dans la même position que toutes ces brêles qui se targuent d’antifascisme face à cette autre lutte essentielle. Leur narcissisme ne leur permet pas d’imaginer que la lutte des autres peut ne pas être la leur, et que les options des autres peuvent ne pas être les leurs, sans pour cela être illégitimes...

Un parlement régulièrement élu, dont la fonction nominale est précisément de contrôler l’action gouvernementale et de la sanctionner si nécessaire, composé pour une large part de membres de son propre parti l’ayant jusqu’alors soutenu sans réserve, vient de proclamer la destitution d’un président pour le moins maladroit, indépendamment même de ses frasques, de ses abus, et de son échec social et économique, qui s’est montré imprudent dans ses engagements politiques, et totalement incapable de maitriser une situation de crise, en abandonnant la nation au bord de la guerre civile...

Un intérim est assuré en attendant une élection dont la date est déjà fixée au 25 mai...

Dans une telle situation, c’était très exactement ce que ce parlement avait à faire et la seule chose à faire, convoquer le peuple pour qu’il puisse exprimer sa volonté...

Mais voici que nos anti-impérialistes de salon, imprégnés qu’ils semblent être encore d’une culture stalinienne probablement héritée de leur enfance, et selon laquelle les “éclairés” se moquent pas mal de quelque procédure qui traduirait une volonté populaire, puisqu’ils ont forcément raison, même contre l’avis de ce peuple dont ils sont chargés de faire son bonheur malgré lui, s’insurgent bruyamment contre cette destitution, et vont même jusqu’à la qualifier de “coup d’état impérialiste”. Ceci, en déclinant tout leur bréviaire d’abus de langage et de langue de bois, établissant la justesse de leur jugement.

En quoi, face à une situation de crise extrême résultant de la non prise en compte des fragilités de son pays, la destitution d’un président l’ayant conduit au bord d’une guerre civile, par un parlement régulièrement élu et afin d’éviter le pire, constitue-t-elle un “coup d’état”...?

Il faudrait que toutes ces brêles qui hurlent au coup d’état nous l’expliquent...!

Faut-il que cet homme ait été corrompu par ceux qui l’ont aidé à accéder au pouvoir, pour n’avoir absolument pas voulu tenir compte du fait que pour plus de la moitié de ses concitoyens, surtout pour ceux qui sont de langue et de culture ukrainienne et que l’histoire détermine vers cette Europe centrale à laquelle ils ont longtemps appartenu, le rapprochement avec l’ancienne puissance on ne peut plus impérialiste, qui leur a infligé soixante dix ans de stalinisme, avec plus d’un million et demi de morts par les purges d’une terrifiante répression politique, et des douleurs sans fin dont ils ont le souvenir, constituait un cauchemar...?

De cette réalité, les anti-impérialistes de salon s’en moquent éperdument car il leur suffit pour leur amusement, de constater ce qui semble aller à l’encontre de l’impérialisme atlantiste, pour en proclamer la sainteté...

Soyons clairs.

Si nous devons saluer sans réserve l’attitude qui aura été celle de Vladimir Poutine, face à l’impérialisme atlantiste et sa totale malfaisance dans le dossier de la Libye et surtout, telle qu’elle aura été salvatrice en nous épargnant une guerre dont les conséquences n’auraient pas manqué d’être catastrophiques, dans celui de la Syrie, ceci ne suffit pas pour autant pour procéder à sa canonisation...

Manquer de comprendre que la politique actuelle de la Russie, l’écrasement sous les bombes de la volonté d’indépendance de la Tchétchénie, l’invasion d’une partie de la Géorgie pour l’empêcher de rejoindre l’ouest, la déstabilisation des nations du Caucase, et la volonté de maintenir fermement l’Ukraine sous une influence dominante de la Russie, ne constitue rien d’autre qu’une autre forme d’impérialisme que les bobos borgnes de l’anti-impérialisme, ne voient pas...

Ne pas comprendre la terreur que le spectre de l’ex Union Soviétique provoque chez toutes les nations qui s’en sont défaites, au point que plusieurs d’entre elles sont allées jusqu’à s’allier avec le détestable Nato, pour être certaines qu’il ne se produira jamais de retour en arrière, c’est manquer de comprendre le prix de la liberté par ceux qui n’en ont pas été privés.

Ni les états baltes, ni ceux de l’ancienne Europe de l’est, ni les états caucasiens, ni le Kazakhstan, officiellement candidat à l’Union Européenne, ni aucune de toutes ces autres nations qui formaient plus de la moitié de la population de l’ex Union Soviétique, ne veulent d’un retour sous la domination de la Russie. Pourquoi donc l’Ukraine devrait-elle être la seule à devoir l’accepter...? Pour faire plaisir à nos anti-impérialistes de salon...?

Bien sûr, tous ceux qui vomissent l’Union Européenne ne comprennent pas pourquoi d’autres voudraient la rejoindre, tout comme ceux qui déplorent l’état lamentable de cette union, ne comprennent pas pourquoi des malheureux risquent tous les jours leur vie sur de frêles barcasses, pour la rejoindre...

Mais ce qu’il faut considérer c’est que même si ces gens se trompent, même s’ils sont dans l’illusion de ce qu’est l’Union Européenne, c’est à eux et à eux seuls qu’il appartient de faire le choix, c’est un rêve et une ambition qui leur appartient et ils ne sont pas des instruments destinés à s’inscrire dans la stratégie de lutte anti-impérialiste d’autres, car il y en a un d’impérialisme qu’ils ont bien connu eux, et vers lequel ils n’entendent pas revenir...

Quant à savoir ce qui les effraie dans cette perspective, il faut garder en mémoire, en plus la répression sauvage et bestiale de la Tchétchénie, les règlements par l’assaut militaire et dans un bain de sang, des prises d’otages dans une école et dans un théâtre, le racisme étatique qui existe contre les caucasiens, et la répression féroce des opposants au régime de monsieur Poutine, dont parmi combien d’autres, la pauvre Anna Politovskaïa en a été la victime...

Prétendre combattre l’impérialisme atlantiste, en voulant ignorer l’impérialisme russe, voire en le justifiant, témoigne de la même carence intellectuelle que ceux qui prétendent réparer la Shoa, par le massacre de Palestiniens...

Paris, le 25 février 2014
Richard Pulvar