IRIB- Les enquêtes se poursuivent toujours au sujet de la disparition des milliards de dollars des biens irakiens...
à l'époque de Paul Bremer, a annoncé la commission d'enquête irakienne. Selon Al-Alam, la commission en question continue les enquêtes sur les sommes dépensées à l''époque de Bremer sans l'autorisation des autorités irakiennes et sans document. Les autorités irakiennes ont indiqué que le gouverneur américain de l'Irak en 2003 a dépensé des sommes considérables puisées dans le Fonds pour le développement de l'Irak sans que les lieux de leur consommation soient précis. Le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki insiste sur l'éclaircissement du sort de 17,5 milliards de dollars disparus du Fonds pour le développement irakien depuis la chute de l'ancien régime. De même Oussama Al-Nojaifi, président du parlement irakien a indiqué qu'à l'époque de Bremer, administrateur américain de l'Irak une grande quantité d'argent dont le budget du fons du développement irakien a été disparu. En même temps, la commission d'enquête du parlement irakien dans une lettre à l'adresse du bureau de l'ONU à Bagdad lui a demandé d'aider l'Irak pour retourner l'argent disparu. Cette lettre ajoute, tous les signes montrent que les organes et les instituts américains et les forces d'occupations sont coupables de corruption financière de sorte qu'ils ont pillé le Fonds du peuple irakien consacré au développement du pays. Après l'occupation de l'Irak par les Américains en 2003, le fonds des réserves en devises de l'Irak s'élevait à 20,2 milliards de dollars et Bremer en était responsable. Bremer a dépensé 7 milliards de dollars de cette somme dans le droit fil du programme Pétrole contre Nourriture et a distribué généreusement 11,3 milliards de dollars. Selon certains rapports, aux derniers jours de sa responsabilité en Irak, Bremer a offert 1,8 milliards de dollars, puisés dans ce Fonds, aux deux partis du Kurdistan irakien, l'UPK et l'PDK. Parmi d'autres pillages des Américains, on peut évoquer le blocage des centaines de milliards de dollars d'or irakien déposés dans les banques suisses comme monnaie de réserve, après l'application des sanctions contre l'Irak. De toute façon, on peut souligner que la devise des Etats-Unis pour la reconstruction de l'Irak pendant 9 ans de son occupation qui a englouti les biens de l'Irak, n'a non seulement abouti à la prospérité de ce pays, mais aussi elle lui a laissé en cadeau terrorisme et conflits interethniques.
Blog d'informations politiques, économiques, sociologiques et culturelles offrant une vision alternative du monde et des problèmes internationaux auxquels sont confrontés le monde.
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lundi 7 mai 2012
Washington, responsable de la plus grande corruption financière au monde!
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mercredi 2 mai 2012
Evadés fiscaux : les fichiers HSBC d'E. Woerth ont été trafiqués ?
EXCLUSIF. Les fichiers de fraudeurs, qu'Eric Woerth brandissait en 2009, ont été trafiqués selon la police suisse. Une nouvelle très gênante pour l'administration française
Douche froide pour l’administration française. Mercredi 2 mai, dans trois rapports que "Le Nouvel Observateur" a pu consulter, dont un en date du 5 août 2010, la police judiciaire fédérale de la Confédération suisse (PJF) n’y va pas par quatre chemins. La PJF dénonce les pratiques des enquêteurs de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), mais également des membres de la Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) dans l’affaire des fichiers de la banque HSBC.
Ces fameux fichiers que le ministre du Budget de l’époque, Eric Woerth, brandissait en souriant à l’été 2009 en assurant être ainsi parvenu à identifier 3.000 fraudeurs pour le fisc français. Auxquels il donnait jusqu’au 31 décembre de cette année-là pour sortir du bois et ainsi éviter les sanctions financières prévues dans le cadre de fraudes au fisc.
"Une manipulation volontaire"
Mais voilà, selon les enquêteurs suisses, ces fameux fichiers – que la France a d’abord refusé de restituer à la Suisse avant de finalement les céder - ont visiblement été trafiqués.
"Nous avons constaté des différences concernant le contenu de divers fichiers transmis par l’IRCGN bien que ces derniers auraient dû être en tous points semblables (...) le fait que le nom des fichiers ou leurs extensions diffèrent entre le rapport de l’IRCGN et ses annexes pourrait s’expliquer par des inattentions imputables aux enquêteurs de l’IRCGN", écrivent d’abord – et de façon très diplomatique - les Suisses. Avant d’enfoncer le clou de manière brutale : "Par contre, le fait que le contenu [de ces fichiers] ait été modifié est une manipulation volontaire dont le mobile nous échappe."
Autre fait troublant : les enquêteurs suisses soulignent que "selon les propriétés des fichiers extraits (...), nous constatons que la dernière date de modification desdits fichiers est ultérieure à la date de la perquisition chez Hervé Falciani, soit le 20 janvier 2009". Ce qui signifie, donc, que ces fichiers ont été "manipulés", alors même qu’une instruction judiciaire était en cours... et est totalement illégal.
Des fichiers nettoyés
Très concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement qu’entre le moment où la France a récupéré ces fichiers auprès d’un ancien salarié de la HSBC – Hervé Falciani – et leur restitution à la Suisse quelques mois plus tard, ils ont été modifiés. C’est-à-dire nettoyés de noms que l’administration française ne souhaitait pas y voir figurer. Ce que justice et police suisses écrivent aujourd’hui noir sur blanc dans ces rapports jusque-là jamais révélés, le procureur Eric de Montgolfier le laissait entendre en février dernier dans un entretien accordé à "Mediapart". Il déclarait alors : "De notre côté, nous avions plus de 8.000 noms, pour ce qui concerne les ressortissants français et au moins dix fois plus d’étrangers. Pourquoi sortir ce 3.000 ? Cela ne nous arrangeait pas... Etait-ce juste une façon de noyer le poisson ?"
Des fichiers qui "pourraient remplir un train"
De quel poisson veut parler Eric de Montgolfier ? Quelles sont les personnes que l’administration française souhaite ainsi protéger en les sortant de ces fichiers ? Rappelons qu’à l’époque, et toujours selon le procureur alors en fonction à Nice, figurait dans ces fichiers un certain Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, à l’heure actuelle toujours en détention provisoire dans le cadre de l’affaire d’abus de faiblesse de l’héritière de l’Oréal...
"Ce compte était parfaitement immobile et ne fonctionnait plus, précise Eric de Montgolfier, mais ce compte intéressait un certain nombre de personnes dans les cercles de pouvoir." Et le procureur d’ajouter, de façon énigmatique : "Il y avait manifestement des noms qui servaient à en cacher d’autres dans les données HSBC. Hervé Falciani, lui-même, nous a dit que ces données pourraient remplir un train si on les imprimait en totalité."
Denis Boulard - Le Nouvel Observateur
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lundi 12 septembre 2011
Chirac aurait reçu 3 millions d'euros d'Abidjan
Chirac aurait reçu 3 mios d'euros d'Abidjan
Jacques Chirac et Dominique de Villepin sont accusés, d'avoir reçu, par mallettes entières, des fonds occultes de dirigeants africains. Un ancien dirigeant ivoirien confirme.
L''ex-numéro 2 du régime du président déchu Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire a affirmé dimanche à l'AFP que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale de l'ancien président français Jacques Chirac en 2002.
Ces déclarations de M. Mamadou Koulibaly, actuel président de l'Assemblée nationale, confirment les accusations de l'avocat français Robert Bourgi, conseiller officieux pour l'Afrique du président français Nicolas Sarkozy.
«Robert Bourgi a parfaitement raison il y a eu un transfert d'argent entre Laurent Gbagbo (2000-2011) et Jacques Chirac, en 2002» a déclaré M. Koulibaly, faisant état «d'environ deux milliards de FCFA (environ trois millions d'euros) transportés d'Abidjan vers Paris par valise».
«J'ai dit au président (Laurent Gbagbo) que nous étions un pays pauvre et que nous n'avions pas d'argent à financer des élections d'hommes politiques de pays riches», a-t-il expliqué.
M. Koulibaly a ajouté avoir «rencontré Robert Bourgi à la table de Gbagbo en 2002, venu solliciter de l'aide en vue d'un financement de la campagne présidentielle en France».
«Monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique on est généreux», lui aurait répondu M. Bourgi devant son opposition.
Bourgi accuse
Dans le «Journal du Dimanche», l'avocat d'origine libanaise Robert Bourgi, 66 ans, décrit avec luxe de détails des remises de fonds d'Afrique - «plusieurs dizaines de millions de Francs», «incalculable !», dit-il - qu'il aurait opérées auprès de l'ex-président et l'ex-Premier ministre français entre 1997 et 2005.
Sa confession coïncide avec la sortie d'un livre-brûlot du journaliste-enquêteur Pierre Péan «La République des mallettes» décrivant un tourbillon de commissions et rétrocommissions autour d'Alexandre Djouhri, ami de M. de Villepin.
La noria de «valises» africaines aurait commencé pour M. Bourgi, selon lui, en mars 1997, «le jour de l'enterrement de mon maître Jacques Foccart».
Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d'influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d'Afrique noire.
«L'argent de tous les Africains sent le soufre»
Les livraisons auraient pris fin en 2005 quand M. de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi: «l'argent de tous les Africains sent le soufre».
«Par mon intermédiaire», «cinq chefs d'état africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002», prétend l'avocat.
L'actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n'est pas épargné. «L'argent d'Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années» de son club 89, accuse M. Bourgi.
Rendez-vous devant une boutique de fleurs, tambours africains, surnoms fleuris («Villepinte», «Chambertin») émaillent ce récit. Pourquoi cet homme de l'ombre rompt-il son long silence ? «J'en ai assez des donneurs de leçons et des donneurs de morale».
Dans des documents diplomatiques ayant fuité via Wikileaks, M. Bourgi est décrit comme «un mercenaire uniquement préoccupé par son bien-être».
Souvent qualifié de conseiller officieux de Nicolas Sarkozy - à l'Elysée, on se contente de relever qu'il n'est dans aucun organigramme - M. Bourgi exonère le président qui «m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par valises ».
Au contraire, Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de Chirac, a assuré à Péan que Bourgi avait, avant 2007, déposé une mallette «aux pieds du ministre de l'Intérieur» Sarkozy.
L'Elysée ne commente pas
Accusation que l'Elysée a refusé de commenter.
Comme il avait qualifié le livre de Péan de «fantasmes», M. de Villepin parle à propos de Bourgi de «fariboles» et d'«écran de fumée».
«On voit ce lapin sortir du chapeau à un moment très particulier», pendant le procès Chirac et avant la décision d'appel sur Clearstream, analyse-t-il. «Volonté de salir la présidence Chirac», voire de ligoter ses propres ambitions présidentielles, a-t-il glissé.
Alors qu'à droite, on s'étonne que M. Bourgi ne s'adresse pas directement à la justice, Marine Le Pen, présidente du Front national s'est empressée de parler de «République pourrie jusqu'en son centre».
Le socialiste François Hollande a pour sa part demandé au ministre de la Justice l'ouverture d'une enquête sur ces graves allégations.
Interrogé auparavant par l'AFP sur l'éventuel lancement d'une procédure judiciaire, le parquet s'était refusé à tout commentaire.
(afp)
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mercredi 31 août 2011
Nicolas Sarkozy mis en cause par la juge Prévost-Desprez
Dans un livre publié mercredi 31 août par deux collaborateurs du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Sarko m'a tuer, éd. Stock, 364 p., 19 euros), une trentaine de personnalités s'estimant victimes de Nicolas Sarkozy s'expriment. Policiers, magistrats, hauts fonctionnaires, responsables politiques ou simples anonymes racontent comment leur carrière, voire leur vie, a été brisée par le chef de l'Etat ou son entourage.
Parmi ces personnalités, la juge de Nanterre (Hauts-de-Seine) Isabelle Prévost-Desprez, qui a notamment instruit un supplément d'information dans l'affaire Bettencourt, avant d'être dessaisie à l'automne 2010. La magistrate, qui expliqueavoir dû faire face aux pressions du pouvoir via le procureur Philippe Courroye, un proche du président de la République, révèle notamment les confidences que lui auraient faites des témoins situés dans l'entourage de Liliane Bettencourt. "L'un d'eux, hors procès-verbal, m'a dit qu'il avait vu des remises d'espèces à Sarko", assure-t-elle.
Isabelle Prévost-Desprez évoque également le témoignage de l'infirmière de l'héritière de L'Oréal, qui aurait confié à sa greffière : "J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais pas le dire sur procès-verbal." Mercredi 31 août au matin, l'Elysée à déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) que les déclarations de Mme Prévost-Desprez étaient "infondées, mensongères et scandaleuses". La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a ajouté, sur France 2 : "Quand on a des accusations à porter, on doit les porter devant la justice." Martine Aubry a, de son côté, demandé "l'ouverture d'une enquête" : "Je ne comprends pas que Mme la juge n'ait pas exprimé cela devant le procureur même si je sais les pressions dont elle a été l'objet et dont elle s'est d'ailleurs plainte", a déclaré la candidate à la primaire sur BFM TV/RMC. "Quand une allégation se retrouve sur la place publique une nouvelle enquête doit avoir lieu."
Les déclarations de Mme Prévost-Desprez font écho à celles de Claire Thibout, l'ancienne comptable des Bettencourt, qui décrit dans l'ouvrage comment la police, à la demande du parquet de Nanterre, a tenté de la faire revenir sur ses déclarations en juillet 2010 au site Mediapart, dans lesquelles elle désignait Nicolas Sarkozy comme destinaire éventuel d'enveloppes d'argent liquide.
Le livre contient d'autres révélations sur les méthodes qui auraient été employées par le pouvoir pour déstabiliser des adversaires politiques ou nuire à des personnalités. Il contient notamment le témoignage de l'ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie à la chancellerie, David Sénat, mis à l'écart et placé sous surveillance par les services secrets, car suspecté d'être une source du Monde dans l'affaire Bettencourt.
Le magistrat explique comment un conseiller du chef de l'Etat aurait cherché àobtenir des informations sur une affaire privée susceptible de nuire à Me Olivier Metzner, l'avocat de la fille de Liliane Bettencourt. Il raconte aussi que le cabinet de Michèle Alliot-Marie aurait fait fuiter dans la presse, au moment de l'affaire Clearstream, des éléments de la procédure pouvant être embarrassants pour Dominique de Villepin.
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dimanche 10 juillet 2011
Les câbles de l’ambassade des É.-U. dressent le portrait du sénateur Youri Latortue
L’article de la semaine dernière a examiné les accusations que le sénateur Youri Latortue – décrit dans un câble secret de l’ambassade É.-U. comme peut-être «le plus effrontément corrompu de politiciens haïtiens » – a été impliqué dans le trafic de drogue, les kidnappings et autres activités illégales. Nous continuons notre portrait de ce politicien puissant à travers les câbles secrets de l’Ambassade américaine fournie à Haïti Liberté par l’organisation médiatique Wikileaks.
Latortue vs. Alexis
L’un des plus solides rivaux politiques de Youri Latortue n’était nul autre que le Premier ministre d’alors, Jacques Edouard Alexis, originaire, lui aussi , des Gonaïves. Un collègue de Latortue décrit de quelle façon « le sénateur Latortue payait des manifestants pour manifester et interrompre les cérémonies » de célébration de l’anniversaire des Gonaïves, auxquelles prenait part Alexis, écrivait Sanderson dans son câble du 20 novembre 2006. « Le sénateur Latortue prend souvent avantage des gangs locaux pour ses propres desseins dans cette veine. »
À la fin de son câble, Sanderson commentait que « les menées de Latortue sont un motif de préoccupation, étant donné ses ambitions présidentielles pour 2011. Le Premier ministre Alexis en est arrivé au point de demander son arrestation par l’USG [le gouvernement des États-Unis], comme l’a aussi réclamé Bob Manuel, conseiller de Préval ».
Les escarmouches politiques entre Alexis et Latortue ont continué tout au long de l’année 2007, sous l’œil attentif de l’ambassade des États-Unis. La plus grosse querelle est survenue après « le décès du juge en chef à la Cour d’appel, Hughes Saint-Pierre, à Port-au-Prince le 24 avril, dans un accident de la circulation », rapportait Sanderson dans un câble du 15 mai 2007. Le juge présidait le procès de La Scierie, dans lequel plusieurs fonctionnaires du gouvernement d’Aristide et des policiers étaient accusés d’avoir perpétré un « massacre » à Saint-Marc, une accusation qui a depuis été complètement discréditée. « Saint-Pierre, âgé de 75 ans, descendait d’un ‘tap- tap’ (un petit camion transformé pour servir de transport public) sur l’artère achalandée de Delmas quand un autre véhicule l’a heurté. Saint-Pierre avait émis le 13 avril une décision sur une motion de rejet des charges portées contre plusieurs accusés de La Scierie, s’abstenant de prendre une décision finale et enjoignant le magistrat enquêteur dans la cause de réinterroger plusieurs témoins. » Deux jours après la mort de Saint-Pierre, l’ex-député Lavalas, Amanus Mayette, était remis en liberté par le juge remplaçant, ce qui« a déclenché un torrent de critiques et de théories du complot de la part des opposants à FL [Fanmi Lavalas] », qui prétendaient que « les parties défenderesses du procès de La Scierie seraient libérées et ne révèleraient pas l’implication du président Préval et d’autres responsables dans des crimes commis sous Aristide. »
Sanderson a calmement commenté à la fin : « Outre de vouloir faire passer la mort du juge pour une conspiration gouvernementale visant à absoudre les défendeurs du procès de La Scierie, Youri Latortue et ses alliés au Sénat semblent utiliser cette occasion pour faire échouer l’adoption de législation pour la réforme de la Justice. »
Lors de sa rencontre avec Sanderson, plus tard en ce mois de mai-là, Alexis a dit que « l’enquête parlementaire [de Latortue] sur la mort de [Saint-Pierre] et les demandes visant à démettre de ses fonctions le ministre de la Justice » étaient purement et simplement une « attaque [...] dirigée en réalité contre lui, orchestrée par Youri Latortue », écrivait l’ambassadeur dans un câble daté du 25 mai 2007. Alexis « a déclaré que Latortue avait organisé les manifestants qui lui avaient lancé des pierres durant sa visite aux Gonaïves [...] pour les funérailles de Saint-Pierre ». Alexis indiquait que même ses « partisans au sein de l’élite gonaïvienne »ont demandé de le rencontrer « en dehors des Gonaïves, parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité pour effectuer la rencontre dans la ville même », car « la force de police locale était corrompue et sous le contrôle de Latortue ». Sanderson a conclu, presque de façon stupéfaite, que même les partisans du puissant Premier ministre « dans sa propre ville natale étaient quelque peu terrifiés ».
Cinq jours après, Sanderson écrivait à Washington que « des observateurs politiques croient que le sénateur Youri Latortue est soit l’instigateur ou bien il encourage les troubles » dans cette ville du nord, car « la violence qui sévit aux Gonaïves discrédite et le gouvernement et la MINUSTAH, rehaussant ainsi la stature de Latortue à titre d’incontournable alternative à la situation actuelle ».
Elle poursuivait : « Bien que Youri Latortue ait pu venir à représenter une sorte de combinaison de croque-mitaine et de réponse toute faite pour les responsables du gouvernement cherchant à expliquer leur échec pour l’amélioration des conditions aux Gonaïves, un vaste spectre de contacts bien au fait de la situation croient presqu’à l’unanimité que Latortue orchestre une campagne anti-gouvernement/anti-MINUSTAH et manipule les gangs locaux à ses propres fins politiques. De façon spécifique, ils accusent Latortue d’encourager l’illégalité aux Gonaïves pour discréditer le gouvernement et raffermir ses revendications pour la restauration de l’Armée d’Haïti, tout en renforçant sa propre base de pouvoir dans la région ».
Offensive de charme de Latortue
L’ambassade des É.-U. a commencé à être alarmée par les difficultés que créait Latortue – dans un câble en date du 20 juin 2007, par exemple, le chargé d’Affaires Thomas Tighe faisait remarquer que Youri était « soupçonné de soutenir des activités criminelles, si ce n’est d’y participer ». Cependant, sans doute Latortue avait-il ses propres espions à l’Ambassade qui l’ont averti des préoccupations croissantes de Washington, car il a demandé une rencontre avec l’ambassade, qu’il a obtenue le 18 juin 2007.
Dans un câble du 27 juin intitulé « YOURI LATORTUE TEND LA MAIN »,Sanderson décrit la manière dont le sénateur « a exprimé son désir d’entretenir de meilleures relations avec l’Ambassade et d’étendre la portée de son parti politique » et « expliqué qu’il appuyait l’idée de former une armée ». Elle a remarqué que « le profil de Latortue comme principal opposant du gouvernement et futur candidat à la présidence a été considérablement rehaussé ces derniers mois, même si les Haïtiens informés le soupçonnent largement d’être impliqué dans le trafic de drogue et d’être encore directement lié à l'activité criminelle dans son fief natal dans l’Artibonite ». Hélas, conclut-elle « à cause de l’influence qu’exerce Latortue, il est de plus en plus difficile pour la Mission [l’ambassade] de le renier complètement, mais nous maintiendrons notre politique visant à le garder à une distance raisonnable ».
Latortue a dit à l’attaché politique de l’Ambassade, qu’il rencontrait, que « son objectif était de transformer son organisation [LAAA] de son statut régional en un parti national ».
« Latortue a déclaré que la communauté internationale joue un rôle important dans les affaires haïtiennes et qu’il doit lui tendre la main pour réussir comme leader politique national »,rapporte Sanderson. « Il a prétendu avoir entretenu de bonnes relations avec l'ambassade des États-Unis dans le passé, mais que les relations se sont dégradées au début de 2004. Sans qu’on le lui demande, Latortue a concédé que certaines personnes croient qu’il est un trafiquant de drogues. Il a avancé que ces accusations étaient sans fondement, qu’elles provenaient des ennemis politiques de son ‘oncle’ ».
Le lèche-bottes que faisait Latortue à l’Ambassade paraît avoir été assez évident. « Il conclut ses remarques concernant ses ambitions politiques en admettant qu’il a toujours été et continuera d’être un ami des États-Unis », écrit Sanderson. « Il a dit qu’il reçoit des offres de visite de Cuba et du Venezuela, mais qu’il décline toujours les invitations car ces pays ‘ne représentent pas sa façon de penser.’ Il a également prétendu avoir avisé d’autres responsables gouvernementaux que le fait d’accepter ces offres donnerait l’impression de renvoyer les États-Unis et le Venezuela/Cuba dos à dos. »
Youri de dire aussi être en faveur d’« un service obligatoire d’une année pour les 18 à 20 ans d’âge » dans une nouvelle « force de sécurité publique » haïtienne qui « devrait compter entre 1 000 à 2 000 effectifs. » (Haïti compte des dizaines de milliers de jeunes dans ce groupe d’âge.)
Malgré que Sanderson ait signalé « la flagrante ambition politique de Latortue », elle a conclu que « dans la culture politique ‘rien vu, rien entendu’ d’Haïti, beaucoup d’Haïtiens naturellement assument que Latortue jouera un rôle de plus en plus important en politique, à mesure qu’il consolide son pouvoir, et le considèrent comme un sérieux aspirant à la présidence, même alors qu’il devient la tête d’affiche de la corruption politique en Haïti ».
L’Ambassade a continué à recueillir de nombreux rapports venant de différents secteurs au sujet de la fourberie de Youri. Ainsi, un « représentant de la société civile » (dont le nom est aussi omis pour sa sécurité) « considérait que l’insécurité que connaissait les Gonaïves ‘était une forme d’opposition au gouvernement haïtien causée par des personnes, motivées par leurs ambitions politiques,’ dont certaines devraient être derrière les barreaux, mais sont plutôt en train de briguer la Présidence. ‘Vous savez de qui je parle’ », Il disait qu’« étant donné ses liens de longue date avec les gangs, Latortue fait partie d’une forte minorité capable d’interrompre des événements organisés en appui au Premier ministre Alexis, comme quand des manifestants ont lancé des pierres sur Alexis au cours des funérailles du juge Hugues Saint-Pierre » et « affirmait savoir pertinemment que Latortue est en train de stocker des armes ».
Youri l’emporte... pour l’instant
L’occasion pour Latortue pour renverser le gouvernement d’Alexis s’est présentée tout au début de l’année 2008, lorsque des protestations et finalement des émeutes de la faim ont commencé à s’étendre en Haïti à cause du coût élevé de la vie.
« Le sénateur Youri Latortue a immédiatement déclaré que le ‘gouvernement au pouvoir a échoué,’ et que ‘la patience des gens a des limites’ », transmettait Sanderson dans un câble du 15 février 2008 . En totale contradiction avec son attitude à l’ambassade des États-Unis à peine huit mois auparavant, Latortue « accusait le gouvernement de poursuivre des politiques ‘néolibérales’ correspondant ‘aux exigences des institutions financières internationales’ plutôt qu’aux nécessités du peuple haïtien ».
Sanderson de conclure que « dix pourcent d’inflation et soixante pourcent de chômage n’ont pas de solution à court terme. Le coût de la vie est une question taillée sur mesure pour la démagogie et l’intimidation du gouvernement, ce en quoi le sénateur Latortue constitue le fer de lance pour l’instant ».
Le 12 avril 2008, le Sénat haïtien a évincé Alexis, et c'est en grande partie grâce à qui vous-savez. « Le sénateur Youri Latortue,[...] qui a, en fin de compte, contribué à manigancer la chute du Premier ministre Alexis, a fait part avec exactitude de la chute d’Alexis à l’ambassadeur canadien avant qu’elle ne se produise », écrit Sanderson dans son câble du 24 avril 2008. « C’est le sénateur Latortue qui a intimé au Sénat de voter sur le sort d’Alexis lors de l’interpellation du Sénat du 12 avril ».
Ironiquement, au cours de rencontres avec l’ambassade des États-Unis, trois mois plus tard, Latortue « rejetait le blâme pour les émeutes de la faim du mois d’avril sur des éléments de Fanmi Lavalas », disant que c’étaient eux qui « organisaient la violence », indiquent les rapports de Sanderson dans un câble du 17 juillet. (Paradoxalement, durant les émeutes de la faim, Fanmi Lavalas tenait un grand rassemblement à Cité Soleil visant à calmer la population.)
À cette même réunion, Latortue a exposé son programme de sécurité comme consistant en « 1) l’expansion de la couverture du pays par la PNH [...] 2) la création d'une institution nationale coordonnée de renseignements; et 3) l’établissement d’une armée ou d’une gendarmerie ».
Comme d'habitude, Sanderson a conclu avec le haussement d'épaules habituel : « Avec son passé trouble et éventuellement criminel, Latortue constitue une présence inévitable au Sénat [...] L’Ambassade reste néanmoins consciente du passé trouble de Latortue (qui peut se poursuivre jusqu’à aujourd’hui) et de ses liens éventuels au trafic de drogue. Bien que Latortue soit le sénateur le plus éloquent et le plus habile avec les médias, ses messages aux interlocuteurs diplomatiques étrangers sont soigneusement conçus autour de son agenda politique. L’ambassade continuera d’entretenir des relations de travail discrètes avec Latortue dans le but de recueillir des renseignements ».
La nouvelle alliance Latortue/Martelly
Les câbles de l’Ambassade en 2009 gardent l’œil sur le défi politique posé par Latortue au camp de Préval, mais également sur la méfiance de la communauté internationale à son égard. Par exemple, un câble du 23 janvier explique que Michaëlle Jean, alors gouverneure générale du Canada, lors d’une tournée en Haïti « a évité la cité portuaire des Gonaïves pour ne pas devoir rencontrer le sénateur de l’Artibonite Youri Latortue qui est largement considéré comme associé au trafic de drogue et de ce fait inapte à obtenir un visa canadien ».
De plus, le président haïtien a commencé à faire part à l’ambassade de ses préoccupations concernant l’ascension de Latortue, d’après un câble du 12 mai 2009.« Il s’agissait des premières remarques de Préval, à l’intention de l’ambassade, à l’effet qu’il percevait le sénateur de l’Artibonite, Youri Latortue – dont les ambitions présidentielles sont à peine voilées – comme une menace politique », peut-on y lire.
Ironiquement, les néo-Duvaliéristes comme Youri Latortue et Michel Martelly, avec l’appui de Washington, ont finalement réussi à éliminer le candidat de Préval, Jude Célestin, du deuxième tour de l’élection présidentielle de mars 2011. Ils essaient à présent de faire adopter à toute vapeur leur marotte de restaurer l’Armée mais, tel qu’en témoigne le rejet de Rouzier par le Parlement, Haïti, du point vue politique, est« tè glisse », comme on dit en créole, c’est-à-dire ‘terrain glissant’.
Entretemps, Youri Latortue continue de mener ses affaires, confiant en son immunité parlementaire et avec son comportement « je sèch » (« effronté » en créole). À ce sujet, le 14 juin 2011, il tenait une séance de signature pour son nouvel ouvrage « Mon combat au Parlement », un récit à son avantage de ses années comme sénateur. Dans celui-ci, il dénonce l'échec des gouvernements Aristide et Préval pour réaliser la réforme judiciaire, cette réforme même qu’il avait si ardemment œuvré à bloquer en tant que président de la commission Justice du Sénat, ainsi que le montrent les câbles de l’ambassade des États -Unis.
Dans le nouveau livre, il décrit aussi son travail acharné au Parlement pour « donner une autre image à l'institution ».
Et pour comble, à la signature de son nouvel ouvrage, Youri Latortue en profitait pour autographier aussi un de ses autres titres : « La problématique de la drogue ».
Kim Ives (Traduit de l'anglais par Guy et Camilo Roumer)
Kim Ives (Traduit de l'anglais par Guy et Camilo Roumer)
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lundi 4 juillet 2011
Portrait de Laurent Lamothe en fuite au Sénégal pour Corruption ou il a imposé le même control sur les appels rentrant
Portrait de Laurent Lamothe en fuite au Sénégal pour Corruption ou il a imposé le même control sur les appels rentrant
Sorti du palais avec un décret signé par le chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade instituant un système de taxation des appels entrants, Laurent Lamothe, patron de la nébuleuse Global Voice, réitère un forfait dont il est coutumier dans d’autres pays d’Afrique.
C’est l’homme par qui le scandale arrive. Depuis plusieurs mois, le dispositif de contrôle des appels entrants qu’il a introduit au Sénégal moyennant le paiement de faramineux pots de vin défraie la chronique. Après avoir corrompu à tout va, utilisé des batteries de millions de dollars pour défoncer les portes de la République et sorti du palais avec un décret signé par le chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade instituant un système de taxation des appels entrants, Laurent Lamothe, patron de la nébuleuse Global Voice, réitère un forfait dont il est coutumier dans d’autres pays d’Afrique.
Ce Haïtien de 39 ans, installé dans un château à Cape Town, qui se déplace en Maserati dans les artères de cette station balnéaire sud-africaine et voyage en jet privé, est le prototype de l’escroc parfait, spécialisé dans la corruption de dirigeants de républiques bananières pour piller leurs maigres ressources. La liste des Etats où il a sévi en fait foi. Global Voice a réussi à s’implanter et à «faire affaire» en République démocratique du Congo, en Centrafrique, en Guinée...
En Gambie, où règne un despote aussi absolu que prédateur, il a réussi à obtenir le marché de l’interco par le biais d’un deal assurant à Yaya Jammeh, l’homme fort du pays, des millions de dollars qui tombent régulièrement dans sa cassette personnelle et un dispositif d’écoute des communications téléphoniques des Gambiens. Aux pires moments du show tragique puis comique de Moussa Dadis Camara, en Guinée, Laurent Lamothe et son associé Patrice Baker, tels des vautours sur les restes de l’Etat guinéen, n’ont pas hésité à «faire affaire» avec Dadis pour renouveler leur contrat que le gouvernement du défunt Lansana Conté avait refusé de reconduire.
L’épopée de Lamothe à Conakry est d’ailleurs très riche en rebondissements, dont le plus fantasque est le déballage opéré par Lamine Niang, son ancien country manager en Guinée, petit- frère de Serigne Ben Niang (vice président du groupe). Dans une contribution parue dans un journal dakarois, Lamine Niang a décrit par le menu les pratiques de son ancien boss. Après une sortie, on s’est empressé de le faire taire. Comment ?
A son arrivée à Dakar, Lamothe n’a pas failli à sa réputation. Il a pas posé des actes dignes d’un scénario de série B dans une République bananière. Dakaractu.com va revenir point par point sur les péripéties de ce vaudeville, en commençant dans la prochaine enquête par publier des mails et documents internes de Global Voice qui établissent les pratiques de corruption à grande échelle (autorités corrompues, montants alloués, intermédiaires...) mises en oeuvre. Nous reviendrons également sur le deal en cours entre Global Voice et la très sulfureuse société Tell. Ing.
Lorsque le scandale a éclaté et que les accusations de corruption ont poussé l’administration américaine à s’intéresser à Global Voice, qui a son siège à Miami, Laurent Lamothe a trouvé la parade : ordonner à sa filiale locale sénégalaise de se présenter dorénavant Global Voice comme une entreprise de droit haïtien, avant de fuir lui-même dans son pays d’origine, Haïti, pour échapper aux enquêtes du fisc et de la police des Etats-Unis. Après avoir financé la campagne de Joseph Michel Martely, devenu président de la République, Laurent Lamothe cherche aujourd’hui un poste dans le gouvernement de ce dernier pour s’assurer une immunité. C’est à un personnage de cet acabit que le Sénégal s’est livré...
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vendredi 1 juillet 2011
Wikileaks révèle : Youri Latortue «Mafieux... vendeur de drogue... Champion de la corruption politique» Par Kim Ives
Youri Latortue est l’un des politiciens les plus puissants d’Haïti. Sénateur au franc-parler, il est un allié du président haïtien Michel Martelly. Tous deux comptent parmi les principaux défenseurs du rétablissement de l’armée haïtienne démobilisée.
Il a soutenu le candidat au poste de Premier ministre de Martelly, l’homme d’affaires néolibéral Daniel-Gérard Rouzier, qui a été rejeté par le Parlement à l’occasion d’un vote le 21 juin.
Par ailleurs, Youri Latortue est également un trafiquant de drogue, un parrain de gang, et un chef d’escadron de la mort, selon le témoignage et les rapports de nombreux collègues, témoins d’actes criminels et fonctionnaires du gouvernement, haïtiens et internationaux.
En fait, « le sénateur Youri Latortue pourrait bien être le politicien haïtien le plus effrontément corrompu », d’après l’ambassade des É.-U.
Des câbles secrets du Département d’État des É.-U. obtenus par l’organisme WikiLeaks et analysés par Haïti Liberté dressent le portrait d’un caïd ambitieux sans vergogne et sans scrupules, qui a aidé à renverser des gouvernements haïtiens et qui a fait des Gonaïves, la quatrième ville d'Haïti, son fief personnel.
Son ascension au pouvoir Né aux Gonaïves, Youri Latortue a fréquenté l’École de droit à Port-au-Prince avant d’être diplômé de l'Académie militaire d'Haïti en 1990. Il est devenu lieutenant dans les Forces armées d'Haïti (FAdH), enseignant brièvement à l'Académie militaire. Toutefois, après le coup d'État du 30 septembre 1991 contre le Président Jean-Bertrand Aristide, Latortue a rejoint les rangs de la notoire unité antigang de l’armée (auparavant connue sous le nom de Recherches criminelles) dirigée par le colonel Michel François, l’un des principaux dirigeants du coup d'État. « C’était de notoriété publique qu’il avait pris part à nombre des meurtres politiques durant le coup d’État de 1991-94, particulièrement à celui du Père Jean-Marie Vincent au mois d’août 2004, » a expliqué un ancien haut placé de l’appareil de sécurité du gouvernement sous couvert d’anonymat. « Il était l’un des chefs des ‘escadrons de la mort’ de Michel François.”
En 2004, une délégation du Centre d’étude des droits humains écrivait qu’ « un ancien haut placé de la police affecté à l’USGPN (sécurité du Palais), Edouard Guerrier... fait valoir que Youri Latortue a participé au meurtre en 1994 du prêtre catholique Jean-Marie Vincent (comme l’indiquaient des témoins oculaires en 1995), et qu’il a collaboré à l’assassinat en 1993 du militant pour la démocratie Antoine Izméry ».
En 2005, un policier des É.-U. avec la Force de police des Nations unies (UNPOL) a filmé une interview qu’il a réalisée avec une jeune femme qui craignait pour sa vie « parce que le 28 août 1994, j’ai été témoin de l’assassinat par Youri Latortue du prêtre du nom de Jean-Marie Vincent, », a-t-elle dit. La vidéo, diffusée en octobre 2010 par le Projet d'information sur Haïti (HIP), est maintenant disponible sur YouTube. Elle décrit comment elle a vu le prêtre conduire jusqu'à son entrée cette nuit là. « C’est alors que j’ai vu... une camionnette blanche avec un groupe d’hommes en noir », a-t-elle poursuivi. « J’ai vu Youri... Je [n’ai pas reconnu] les autres. Mais la raison pour laquelle j’ai reconnu Youri [est] parce qu’il savait venir chez [nom retiré]. Et je l’ai vu sortir de la [camionnette] et tirer sur la voiture. Mais à ce moment je ne savais pas que [la victime] était un prêtre... Je ne connaissais pas la personne qui se trouvait dans la voiture. »Ce n’est que plus tard que j’ai appris de qui il s’agissait (voir Haïti Liberté, Vol.4, No.14, 10/20/2010).
L’interview filmée a été envoyée à HIP avec la note suivante : « L’ONU n’est pas intéressée à poursuivre cette affaire ou à révéler cette preuve malgré les déclarations d’un témoin oculaire que Youri Latortue est celui qui a appuyé sur la détente et tué le Père Jean-Marie Vincent le 28 août 1994.... C’est un déni de justice que l’ONU ait refuse de faire part de ce témoignage au public. Ils sont censés être impartiaux mais Latortue a des amis puissants à l’ambassade des É.-U. qui le considèrent comme un atout depuis son rôle après le renversement d’Aristide en 2004 ».
Après son retour d’exil le 15 octobre 1994, Aristide a démobilisé les FADH au début de 1995, et Latortue a été muté à la force de Police intérimaire, composée d’anciens soldats des FAdH.
Dr. Fourel Célestin, ancien colonel des FAdH, a été nommé au poste de conseiller à la sécurité du président Aristide, et il a proposé d’intégrer Youri Latortue à la sécurité du Palais sous son égide. « Aristide y était totalement opposé car il avait entendu les rumeurs du rôle meurtrier de Latortue durant le coup d’État », de dire l’ancien membre du gouvernement. « Mais Célestin l’a convaincu, arguant que le Palais se devait de posséder certains des mauvais éléments de l’armée pour démanteler et neutraliser la force ». Aristide a cédé.
En mars 1995, des assassins inconnus ont abattu la porte-parole pro-coup d’État bien connue, Mireille Durocher-Bertin, et un autre passager de sa voiture la veille de la visite du président Bill Clinton en Haïti.
Cet assassinat a considérablement embarrassé le gouvernement Aristide et Clinton. Une équipe d'agents du FBI a passé du temps à enquêter sur le meurtre en Haïti, et Youri Latortue comptait parmi leurs suspects. Washington a retiré le visa de voyage aux É.-U. de Latortue.
Latortue a travaillé au bureau du Palais de Célestin jusqu’en 1996, quand le président René Préval a pris le pouvoir. Washington a insisté pour que certains officiers des FAdH considérés comme étant trop proches d’Aristide – Célestin, les majors Dany Toussaint et Joseph Médard – soient écartés de la direction de la nouvelle police et de deux nouveaux contingents de sécurité du Palais : L’USP (Unité de sécurité présidentielle), semblable aux services secrets des É.-U., et l’USGPN (Unité de sécurité générale du Palais national).
Lorsqu’ils ont été démis de leurs fonctions, cela a laissé un vide dans le commandement de la sécurité du Palais, un vide qui a été comblé par Latortue. Il est devenu chef adjoint de l’USGPN sous Frantz Jean-François. Deux agents de sécurité pro-Lavalas jugés plus dignes de confiance – Nesly Lucien et Oriel Jean – ont été choisis pour diriger l’USP. Cet arrangement a duré pendant tout le mandat de Préval (en dépit de ses graves inquiétudes au sujet de Latortue, comme nous le verrons) jusqu’à ce qu’il laisse la place à Aristide en 2001.
Aristide revient, Youri prend congé « Après l’accession au pouvoir d’Aristide, d’autres policiers de l’USGPN ont trouvé [Latortue] ‘hostile’ envers son nouveau Président, qui était préoccupé par son implication dans un‘complot,’ d’après la radio appartenant à l’élite haïtienne, Signal FM, le 21 février 2001 », écrit le journaliste d’enquête canadien Anthony Fenton, dans un article de Znet de juin 2005 intitulé « Have the Latortues Kidnapped Democracy in Haiti? [Les Latortue ont-ils kidnappé la démocratie en Haïti ?] ».
À ce moment-là, Latortue a été transféré du Palais pour aller travailler sous Nesly Lucien, qui avait été nommé chef de police.
Mais à la fin de 2001, Latortue a pris un congé payé de la police pour aller poursuivre une maîtrise en Droit au Canada. Il « a vécu a Miami, [et] étudié à Montréal pendant deux ans »a-t-il raconté à Fenton lors d’une interview téléphonique de juin 2005.
C'est à cette époque que Latortue a reçu la visite de Stanley Lucas, un représentant de l'International Republican Institute (IRI), une tentacule du National Endowment for Democracy (NED) du gouvernement des É.-U., d’après notre source. L'IRI jouait un rôle central dans l'organisation de l’« opposition civile » à Aristide, principalement le soi-disant « groupe des 184 », dirigé par le magnat des ateliers de misère, Andy Apaid. Mais Lucas était également en contact avec l’« opposition armée » de l’ancien soldat et chef de police haïtien, Guy Philippe en République dominicaine. C’est là que Youri allait entrer en scène.
En 2002 et 2003, Latortue a fait la navette entre les États-Unis, le Canada et la République dominicaine, pour rencontrer Guy Philippe, l’ancien chef de l’escadron de la mort FRAPH , Jodel Chamblain, et d’autres membres des « rebelles » qui se formaient, s’entraînaient et lançaient des raids contre Haïti.
Fait intéressant, le visa de voyage aux États-Unis de Youri, qui avait été suspendu en 1995, a été rétabli en 2002 lorsqu’il s’est mis à jouer le rôle d’intermédiaire anti-Aristide. « Nous savons que Youri a été l’un des auteurs intellectuels, l'un des principaux planificateurs, de l'attaque contre le Palais national le 17 décembre 2001», lorsqu’une bande des « rebelles » de Philippe a brièvement pris le Palais national à l’occasion d’un coup d’État raté, a expliqué notre source bien placée. « Dans le cadre de l'enquête après l'attaque, nous avons appris que c’étaient les gens de Youri – ses protégés – dans l’USGPN, travaillant à l'intérieur du Palais, qui ont laissé les attaquants s’introduire dans l’enceinte du Palais. »
Enfin Lucas, Latortue, Philippe, l’IRI et les 184 ont réussi leur campagne de déstabilisation après qu'une équipe SEAL des É.-U. eut enlevé Aristide à son domicile le 29 février 2004, complétant le deuxième coup d'État contre ce dernier.
Après le coup d’État de 2004 Youri Latortue s’est alors envolé pour Haïti accompagné de son cousin au deuxième degré, Gérard Latortue. Quelques semaines plus tard, Gérard Latortue a été installé comme Premier ministre de facto. Youri Latortue, souvent appelé le « neveu » de Gérard a été nommé chef de sécurité et chef espion, avec le titre de « responsable des services de renseignements de la Primature ».
« Le problème était que Gérard avait travaillé pour des organisations internationales outre-mer la majeure partie de sa vie et n’avait pas vraiment de repères en Haïti, », explique notre source. « Il dépendait largement de Youri pour le guider. En ce sens, Youri était pratiquement le Premier ministre dans les coulisses. Et pendant ce coup d'État, il fut le principal responsable du massacre de nombreux militants au Bélair, à Cité Soleil et d’autres poches de résistance ».
Dans ces fonctions, Latortue a été « surnommé ‘Monsieur 30 pour cent’ à cause du pourcentage qu'il exigeait en échange de faveurs », écrit Thierry Oberlin dans l’édition du 21 décembre 2004 du Figaro.
«Inquiet, non sans raison, pour sa propre sécurité, le Premier ministre verse 20 000 euros par mois à cet ancien policier impliqué dans divers scandales pour ‘organiser un service de renseignements’.»
Mais quelque chose d’intéressant survenait en 2004; Gérard Latortue a quitté Haïti pour se rendre à une conférence au Canada, en passant par Miami. Youri faisait partie de sa délégation. Mais en Floride, les agents des É.-U. ont détenu Youri pour son implication présumée dans le trafic de drogue.
(Joel Deeb, un trafiquant d'armes haïtiano-américain qui aurait fait des affaires avec Youri Latortue, « a déclaré que Youri Latortue a actuellement quatre mises en accusation scellées de la DEA qui pèsent contre lui, et que la DEA a fais parvenir une lettre pour l’extradition de Youri Latortue au gouvernement intérimaire »,a appris Fenton à partir de nombreuses interviews avec Deeb entre avril et juin 2005. « Youri Latortue, pour sa part, a esquivé les questions au sujet des accusations de la DEA, niant que Deeb et lui, comme le prétend Deeb, étaient en contact régulier. »)
Gérard Latortue a téléphoné aux responsables à Washington et demandé que Youri soit relâché. Les responsables aux É.-U. ont finalement dit qu’ils ne détiendraient pas Youri, à condition que celui-ci prenne le prochain avion pour Haïti, ce qu’il fit. « Lorsque Gérard est retourné en Haïti après sa visite au Canada, il s’est entretenu avec Youri à propos de l’incident et sur sa vulnérabilité aux poursuites », explique notre source. « Ils ont décidé que la meilleure solution était que Youri devienne un élu, ce qui lui conférerait l’immunité contre les poursuites. Voilà pourquoi et comment la carrière politique de Youri a débuté, assuré par Gérard, sous qui son élection était garantie. »”
Ainsi, sous le gouvernement de son « oncle », Youri a été élu pour un mandat de six ans comme premier sénateur du département de l’Artibonite lors de l’élection du 7 février 2006 qui a également amené Préval à la Présidence pour la deuxième fois.
Voilà à partir d’où les câbles de l’ambassade des É.-U. reprennent le fil du récit. Un trafiquant de drogue et kidnappeur au Palais ?
Quand Youri Latortue travaillait au Palais sous Aristide et René Préval, aucun des deux présidents n’était à l’aise avec sa présence et ils savaient que Youri Latortue trempait dans des activités illégales. Mais ils craignaient de prendre des mesures contre lui.
« Parmi les observateurs politiques, c'est un article de foi que Latortue était impliqué dans le trafic de drogues sous Aristide et durant les premières administrations de René Préval », a rapporté l’ambassadrice des É.-U., Janet Sanderson, dans un câble du 27 juin 2007 à l’intention de Washington. « Préval lui-même a rapporté que Latortue ‘trafiquait de la drogue’ à partir de son bureau au Palais durant le mandat d’Aristide. » Préval a fait les mêmes affirmations au successeur de Sanderson, l’actuel ambassadeur Kenneth Merten, qui a rapporté dans un câble secret du 6 octobre 2009 que le président haïtien avait « également fait part de ses préoccupations concernant le manque d’intégrité du président de la Commission du Sénat sur la sécurité et la justice, le sénateur Youri Latortue, mentionnant les liens qu’il avait avec le trafic de drogue.
Il a soutenu son point de vue en rappelant le refus présumé du gouvernement des É.-U. de laisser entrer Latortue aux États-Unis » en 1995 et 2004. L'ambassade des États-Unis a traité Latortue avec méfiance lorsqu'il est retourné en Haïti en 2004.
Le premier conflit qu’ils ont eu avec lui est survenu lorsque ce dernier a pris l’initiative de dire à « certains des ex-soldats du Cap-Haïtien », qui avaient participé à la « rébellion » de Guy Philippe, « qu’ils seraient admis dans la PNH ». « Cela a sonné l’alerte pour nous et pour le reste de la communauté internationale et a fait l’objet d’une réunion du Noyau le 12 mars », rapporte le prédécesseur de Sanderson, l’ambassadeur James Foley, dans un câble du 15 mars 2005.
Les É.-U. et ses alliés ont été voir Gérard Latortue qui « a assuré que tel n’était pas le cas ». Leur faisant plaisir en « admettant publiquement que la PNH ne constituait pas une option automatique pour les anciens des FADH ».
Deux mois plus tard, un membre bien connu de la bourgeoisie haïtienne, l’homme d'affaires Fritz Mevs, faisait part à l’ambassade des É.-U. que « des trafiquants de drogue colombiens » travaillaient avec une « petite clique d’individus puissants et bien introduits, dont Youri Latortue... pour créer une entreprise criminelle qui se nourrit de l’instabilité et l’alimente », écrit Foley dans un câble du 27 mai 2005. Youri faisait partie d’« une petite camarilla de trafiquants de drogue et d’intrigants politiques qui contrôlent un réseau de policiers corrompus et de gangs, responsables [...] de la perpétration de kidnappings et de meurtres... »
L’ambassade était également préoccupée par le fait que Youri commençait à s’aliéner certains membres de la coalition anti-Lavalas qui avait chassé Aristide du pouvoir, surtout les étudiants. Ils commençaient à ne plus faire confiance au gouvernement intérimaire d’Haïti, tel que l’on nommait le régime de facto de Latortue, à cause des « rumeurs qui couraient à l’effet que le gouvernement intérimaire d’Haïti (notamment Youri Latortue) créait une ‘cellule de renseignements’ au sein du mouvement étudiant à des fins politiques », écrit le chargé d’Affaires intérimaire, Douglas M. Griffiths, dans un câble du 6 juillet 2005.
Washington surveillait de près l’émergence d’Artibonite en Action (LAAA), le parti créé par Youri Latortue en 2005 pour se faire élire au Sénat. « Ce parti pourrait être financé par de l’argent de provenance délictueuse et a déjà été impliqué dans des violences liées aux gangs dans les quartiers défavorisés de Raboteau et Jubilée aux Gonaïves », écrit une autre chargée d'Affaires intérimaire, Erna Kerst, dans un câble du 30 novembre 2005. Alors qu’elle entrait en fonction à l’ambassade au début de l’année 2006, Sanderson, a également fait écho au fait que Youri Latortue est « largement soupçonné d’être impliqué dans des activités illégales », dans un câble du 16 juin 2006.
Moins de deux mois plus tard, le 2 août, elle fait parvenir un autre câble rapportant qu’Edmond Mulet, le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), était préoccupé par le fait que « le trafic de la drogue est devenu un problème de plus en plus alarmant, qui est difficile à combattre, en partie à cause des liens au trafic de la drogue au sein du gouvernement haïtien », écrit Sanderson. « Dans cette communication, il a mentionné le président du Sénat, Joseph Lambert, et le président de la Commission du Sénat sur la sécurité, Youri Latortue – décrivant ce dernier comme un ‘trafiquant de drogue’ ».
Le trafiquant d’armes Joel Deeb a également qualifié Latortue de « caïd trafiquant de drogue, ‘ avec des liens étroits’ avec le chef paramilitaire Guy Philippe », a rapporté Anthony Fenton dans son article de ZNet. « Deeb a également dit que ‘tout le monde est au courant’ de l’implication de Youri Latortue dans les kidnappings », qui sévissaient en Haïti à l’époque. « Il est également de notoriété publique que Youri Latortue et son assistant, Jean-Wener Jacquitte,... font, au moins, office d’intermédiaires pour l’argent provenant des kidnappings », a poursuivi Fenton. « Ceci a été confirmé par des sources dans les cercles diplomatiques, de même que par des sources à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement de facto haïtien ».
Dans un câble du septembre 2006, Sanderson a rapporté que Youri a été en mesure « d’embaucher ses‘petits amis’ pour gérer les opérations de la douane aux Gonaïves » et, dans un câble de novembre 2006, que le juge des Gonaïves, Napela Saintil, qui avait présidé au procès emblématique du massacre de Raboteau en 2000 (auquel Youri Latortue « a refusé de témoigner »), considérait Latortue comme son « ennemi juré » et a « accusé un agent de sécurité de Latortue, Léon Leblanc, d’avoir tenté de l’assassiner en mars 2004 ».
L’un des câbles les plus édifiants de Sanderson est sans nul doute celui daté du 20 novembre 2006. Il tire sa source d’une réunion du 9 novembre qu’a eue l’un des proches associés de Youri (dont le nom a été retiré de ce rapport et du câble affiché sur le site de WikiLeaks pour sa protection) avec des responsables politiques de l’ambassade. Le collègue « a fait part aux responsables politiques de ses préoccupations concernant les activités illégales ou peu recommandables de Latortue dans la ville portuaire des Gonaïves et d’autres secteurs de l’Artibonite », a écrit Sanderson. « Les liens de famille de Latortue et sa proche association avec les gangs armés et des trafiquants de drogue lui permettent de manipuler la région ».
Un politicien ambitieux « La famille Latortue étend partout ses tentacules dans la politique haïtienne », a confié l’homme à l’ambassade en Haïti. « La sœur de Youri à déjà été mairesse des Gonaïves, et l'ancien délégué de la région était également l’un de se cousins. L’administration a rempli les bureaux locaux et municipaux d’Haïti par décret présidentiel durant le gouvernement intérimaire.
Le sénateur Latortue exerçait une influence sur ces nominations par l’entremise de ses relations avec le Premier ministre du gouvernement intérimaire, Gérard Latortue, et a réussi à placer des membres de son parti dans la plupart des postes à travers l’Artibonite. Le sénateur s’est servi de ces gens pour consolider son pouvoir et son influence dans la région jusqu’à ce que le nouveau délégué de l’Artibonite nomme de nouveaux responsables locaux et régionaux qui n’étaient pas inféodés au sénateur Latortue ». Le collègue a comparé « l’autorité du sénateur Latortue dans la ville portuaire des Gonaïves à celle d’un parrain de la mafia », poursuit le câble. « Il a affirmé que le port quelque peu léthargique et la drogue et les autres trafics qui y ont cours sont totalement sous le contrôle du sénateur.
Le port des Gonaïves est largement sous le contrôle du gang de l’Armée cannibale, qui fait face à la concurrence persistante des deux autres gangs, Des Cahos and Jubile Blan.
Le sénateur Latortue exerce une influence sur les trois groupes et est ainsi en mesure de garder la main mise sur le port. Parmi les autres entreprises de Latortue aux Gonaïves on compte une boîte de nuit et une salle de cinéma, toutes les deux d’une légitimité douteuse » Sanderson a également remarqué qu’« une organisation populaire souvent perturbatrice de Saint-Marc du nom de ‘Bale Wouze’ a récemment accusé le sénateur d’avoir distribué des armes dans le but de déstabiliser le gouvernement ».
Le collègue de Latortue « a téléphoné à l’ambassade le 16 novembre pour appuyer les accusations de Bale Wouze, et également pour rapporter un autre incident au cours duquel le sénateur Latortue et ses amis volaient des poteaux et des boîtes de service téléphoniques de Port-au-Prince pour être utilisés aux Gonaïves ». Le collègue a décrit comment Youri était un politicien rusé.
« Après les immenses inondations dans l’Artibonite en septembre [2006], le gouvernement central avait donné des approvisionnements d'urgence à être distribués aux victimes des inondations », écrit Sanderson, mais le « sénateur Latortue a intercepté les provisions et les a temporairement cachées quelque part aux Gonaïves, avant de les apporter aux victimes comme s’il était personnellement responsable de cette distribution de vivres ».
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