lundi 7 octobre 2019

Doha day 9 : L'envol des performances


Les mondiaux se terminent en trombe. 


Ce samedi dans la nuit de Doha, les athlètes ont puisés au fond d’eux-mêmes et révélés des performances inattendues. La plupart des athlètes à ce stade de la compétition ont déjà fait leur entrée, les finales pour certains concrétisent leurs attentes de nombreuses saisons de sacrifices ou révèlent leur talent jusque là endormi. 

La fonction de la compétition est le juge de paix. Elle permet de valider la pertinence des programmes de développement, la programmation des coaches et la fiabilité de l’athlète. 


La dureté de l’athlétisme est que le verdict est souvent sévère et tombe en peu de temps. Le bonheur se joue, sur un événement, des fractions de secondes, quelques centimètres, une erreur technique, un mauvais placement, une faute réglementaire.


La sanction frappe l’athlète qui doit revenir 2 ans après, c’est le cas du championnat du monde ou encore 4 ans dans le cas des jeux olympiques avec en suspens une éventuelle qualification souvent non garantie. Voir les réactions des champions après une victoire est aussi comprendre le sens, le ressenti de tout ce que résume l’aboutissement d’un succès : vaincre la frustration, l’adversité au prix de lourds sacrifices, un accomplissement d’une vie. 

Les médias avides d’images sensationnelles passent sous silence cet aspect fondamental pour un sportif. Sans être dupe de l’usage politique que représente le succès d’un champion. il traduit aussi place d’une nation dans l’hégémonie à l’échelon mondial de la compétition qui se joue entre les grandes puissances de la planète. Autrement dit, le sport ne traduit que la guerre sous d’autres formes.



Revenons à la piste. 

Les dernières épreuves de qualifications ont livré leur finalistes dans les concours de longueur femmes, du javelot hommes, en course aux 100 m haies et aux relais 4x400 m hommes et femmes. Les athlètes guadeloupéennes de l’équipe de France n’ont pas pu passer le cap. En longueur, nos ressortissantes restent à 6,46 m. Eloise Lesueur et Yanis David calent en dépit d’un dernier mordu par David, qui visiblement semblait loin. 


La plasticine de la planche d’appel vous oblige son respect. 

Au 100 m haies, Fanny Quennot dans un couloir extérieur semblait être dans un jour sans . Surement déconcentrée par le coup de tonnerre de la disqualification de la championne olympique l’américaine Brianna McNeal suite à un faux départ.

La guadeloupéenne réalise une course très décousue avec des erreurs techniques. Souhaitons un avenir meilleur pour nos ressortissantes pour Tokyo, elles ont 10 mois de travail pour faire le point. 

Le javelot hommes fut tranquille pour les favoris. Les relais 4x400 m hommes et femmes ont permis aux grandes nations de quarter miler de se qualifier. La France, à son niveau, sur deux relais engagés ne qualifie que son relais hommes.


Les courses de longues distances ont donné un beau spectacle. Sifan HASSAN (3.51.95), la néerlandaise , championne du monde du 5000 m établit un nouveau record du championnat. Elle a fait le grand écart ne laissant peu d’espoir à la Kenyane Faith KIPYEGON (3.54.22) et l’Éthiopienne Gudaf TSEGAY (3.54.38). Au 5000 m femmes, le doublé du Keyna dans une fin de course ultra rapide atteste des ressources retrouvées du Kenya qui, en cette soirée place ses ressortissants sur les podiums au plus hautes places. La kenyane Hellen OBIRI (14.26.72) toute comme HASSAN établit une meilleure performance de championnat. elle devance Margaret Chelimo KIPKEMBOI (14.27.49) et la surprenante allemande Konstanze KLOSTERHALFEN (14.28.43) qui a manqué de vitesse terminale face à ses rivales.

Le triple saut féminin a eu un gout sud américain et Caribéen. C’est un concours d’une grande intensité que se sont livrée les leaders de la saison. L’immense vénézuélienne Yulimar ROJAS (15,37m) a tenu son rang en gratifiant le public de deux sauts à plus de 15 m elle devance la Jamaïcaine Shanieka RICKETTS (14.92m) et la Colombienne Caterine IBARGUEN (14.73m).


Au poids, les hommes ont écrit un scénario digne d'un western avec pour titre: "pour quelques centimètres de plus". Dans ce film, les trois protagonistes du podium marqués par un doublé américain ont tutoyé les 23 m Joe KOVACS (22,91 m) Ryan CROUSER (22,90), le Néo zélandais Tomas WALSH (22,90 m)
Les relais en athlétisme témoignent de l’état de santé de votre discipline. 


Le clou de la soirée fut les relais, le show de présentation donnait à l’événement encore plus de dramaturgie. Chez les femmes, les jamaïcaines (41.44) ont voulu affirmer leur domination sur le sprint féminin mondial en montrant qu’elles ont de la réserve. Les anglaises en gros progrès prennent l’argent (41.85) derrière des américaines (42.10) décapitées de leurs meilleurs éléments. 


Chez les hommes, c’est nul doute le 4x100 m le plus rapide de l'histoire (en moyenne de performance) qui a n’a jamais été couru au monde qui s’est déroulé à Doha. Le sprint était en état de grâce dans cette finale où le relais français n'a pas su profiter de l'aubaine. Il s’arrête suite à une grande faute de transmission au premier passage. Adepte de la "bonne technique", privilégiant le groupe sur la vitesse des individualités, cette option subjective n’a pas payé ce soir dans les hautes sphères de la vitesse. Vicaut parti trop vite n’a pas être rattrapé par Golitin manifestement en manque de vitesse terminale. Cette course marque une descente aux enfers et surtout un net recul du sprint français au niveau international.

Cette course folle de tous les records – 5 équipes sous les 38 seconde- est remportée par le team de choc USA emmené par les jeunes flèches Christian COLEMAN, Justin GATLIN, Michael RODGERS, Noah LYLES qui établissent un record national (37.10) après plus de 10 ans de disette au sommet mondial, la Grande Bretagne (37.36) Adam GEMILI, Zharnel HUGHES Richard KILTY Nethaneel MITCHELL-BLAKE en argent dépossède la France du record d’Europe; le Japon (37.43) Shuhei TADA Kirara SHIRAISHI ,Yoshihide KIRYU Abdul Hakim SANI BROWN en bronze frappe un grand coup avant Tokyo prend le record d’Asie; le Brésil (37.72) Rodrigo DO NASCIMENTO, Vitor Hugo DOS SANTOS, Derick SILVA, Paulo André CAMILO DE OLIVEIRA bien que 4 éme bat de record d’Amérique du Sud.

Dans les rues de DOHA très tard dans la nuit les Éthiopiens ont montré à leur rival de toujours le Kenya l'étendue de leurs réserve sur Marathon. 

Le doublé après une arrivée au sprint de Lelisa DESISA (2h10.40) et Mosinet GEREMEW (2H10.44) montrent qu’en l’absence de Kenenisa BEKELE (2H01.41 ), ce pays reste ultra compétitif. Le Kenyan Amos KIPRUTO (2.10.54) prend le bronze. 

Cinquante-cinq  concurrents ont terminé cette course ravageuse et 18 abandons nous rappelle aussi que les conditions étaient extrêmes pour les organismes.

En cette fin de compétition, dans le golfe persique, les Etat-Unis sont revenus au premier plan dans l’athlétisme international, ce qui atteste de la qualité des plans de développement, ceux produit dans les Universités.


Derrière le Kenya, presque à domicile et la Jamaïque qui fait mieux que résister dans l’ère post Bolt. Cette nation de la Caraïbe a su se diversifier dans d’autres sphère que le sprint (les sauts, les lancers). Nos ressortissants guadeloupéens bien que présent doivent être sans doute mieux accompagnés pour être plus compétitif dans un contexte de grave crise nationale enfin révélée dans la discipline et d’une élite vieillissante qui peine à se renouveler. De grandes questions se posent.


Harry Méphon
Doha, 7/10/19

Doha day 8 : Les mondiaux prennent de la hauteur


Ce vendredi, jour de week-end à Doha, il fallait venir très tôt pour ne pas se faire prendre dans les embouteillages qui vous amènent au stade. Les stations de métro du stade,- elles sont luxueuses- ne sont pas encore mises en service. La voiture, le taxi, le bus restent les seuls moyens d’accès pour ceux qui se déplacent.



La foule était là, d’un autre type, plus nombreuse, le Khalifa stadium était comble et on s’en, rendait bien compte en se rapprochant progressivement du stade.

En prenant le chemin, de manière intuitive, on savait que quelque chose d'important attendait les aficionados ce soir. C'est sur ces attentes, ces espoirs que se mobilisent les "vrais supporters" , les fans qui veulent vivre le rendez-vous, participer à la fête en tant qu'acteur.


Ce rapport à l’événement sportif est tout autre que celui qui regarde à la télévision, plus en tant que consommateur. C'est ce en quoi le sport moderne - aujourd'hui l'athlétisme - à bien compris dans les nouveaux modèles marketing mis en œuvre à Doha : la cible des consommateurs fait plus de profit. 


Hier soir, les énergies positives étaient au rendez-vous, contredisant de jour en jour dans les faits des constats alarmistes non re-contextualisés dans une société dont ils n’en n’ont rien à faire.

Nombreux se sont donnés rendez-vous pour célébrer l’athlétisme mondial, pour tout dire qu’ils se sont pris au jeu progressivement, mais surtout pour encourager leurs champions, leur héros. 


Cette journée fut de loin la plus belle; la plus réussie dans la dramaturgie – nous vivons tous les soirs en direct des actes nouveaux – dans les émotions partagées entrecoupées de passions exprimées, d’angoisses, de soulagements, mais surtout de hautes performances. Les athlètes offrent au public un spectacle sans égal avec de nouveaux acteurs repoussant les limites humaines, défiant ainsi des théories fondées sur le déterminisme génétique, la fatalité et/ou le mauvais sort. Ce vendredi soir, le Qatar s’en souviendra longtemps.

Le tour de chauffe a commencé par les demi-finales du 1500 m, avec pour surprise, l’élimination d’un favori, l’Ougandais Musagala, pourtant le deuxième meilleur performer de la saison. Cet écumeur de meeting paye le prix d’une saison qui éprouve les organismes ; il arrive à Doha lessivé sans ressort incapable de reproduire ce qu'il sait faire confortablement derrière des lièvres. 

Le kenya aura du mal à s’imposer tant la concurrence s’est accrue en provenance de nouveaux contestataires, l’Europe et du Maghreb.


Les relais de qualification des 4x100 m hommes et femmes ont affichés des séries très lourdes dans le nouveau mode de qualifications de l’IAAF qui restreint les places à 16 – pour des raisons marketing et la création d'un nouvel événement mondial de relais- et ne permet pas ainsi aux nations de présenter leurs équipes comme dans le passé. 

Chez les femmes, les américaines dans une série plus facile ont dominé leur sujet, tout en faisant perdre à la France - qualifiée dernière minute- la possibilité d’exprimer leur potentialités collectives d'un sprint moribond. On a vu de grosses erreurs de transmissions pourtant répétées dans des stages notamment au Japon.

Dans l’ autre série, digne d’une finale les jamaïcaines ont marqué les esprits des anglaises. La finale aura du suspens.



Les relais masculins ont eu un verdict sévère. Les américains sont passés à deux doigts de la correctionnelle ; deux grosses cylindrées ont été sorties, le Canada de Degrasse et la Jamaïque détentrice du record du monde. Cette absence - une première depuis plus de 10 ans - confirme le net recul du sprint jamaïcain depuis le retrait d’Usain Bolt qui laisse une nation orpheline. Elle peine à se reconstruire. Le travail risque d’être long si l’on en croit les ambitions affichées des nouveaux prétendants, la Grande Bretagne, l’Afrique du sud et les deux puissances asiatiques le Japon et la Chine. La France quant à elle réalise son meilleur temps de la saison avec des sprinters pour la plupart n'ayant pas participé à une course individuelle. 


Ce choix, une option discutable - au détriment de la vitesse intrinsèque et la compétitivité des athlètes - compte sur un collectif et surtout une « bonne technique » de transmission qui à mon avis s'appuie sur des répétitions collectives plus nombreuses de collectifs alors que les modes de sélection des autres nations passent par des trials. 


Ces épreuves moins arbitraire livrent au dernier moment leurs sélectionnés d'abord sur des épreuves individuelles "Et " des relais. D'autres choix son faits en France,dans beaucoup d'opacité, les effets se font attendre espérons que Doha rendra pertinente cette option dans un contexte international rajeuni hyper-compétitif. 

Demain, le verdict. 

Force est de constater la régression du sprint français (hommes et femme) qui reste incapable de créer de larges dynamiques au profit de "groupes parisiens", d’entraîner de nouvelles générations sous les 10 et les 20 seconde, des standards minimum pour entrer dans les grandes finales.


Les cinq finales de la soirée ont données à l’athlétisme de très belles images et surtout une compétition totale de bout en bout. Au disque féminin, Cuba retourne sur la scène des victoires avec un doublé de Perez (69,17 m) en or et de Cabelero (68,44 m) en Argent, Perkovic (66,72 m)en Bronze laissant loin la française ROBERT-MICHON (59, 99 m) en manque de repères qui a vu ses ambitions à la baisse.


Les 400 m ont permis au quater miler d’offrir des courses d’anthologie. Ils ont pu se départager après une saison plein de rebondissements en se bagarrant jusqu’au bout de leur course. Chez les hommes, la forte coloration caribéenne a influencé le verdict. Le Bahaméen de 23 ans Gardiner (43.18) triomphe. Il signe un temps de référence le 6 ème temps de tous les temps et le record national. La barrière des 43 seconde risque de passer de vie à trépas l’année prochaine. Le surprenant Colombien Zambrano (44.15) suite à très grand finish remporte l’argent et le record d’Amérique du Sud, laissant le bronze au rescapé américain Kerley (44.17). Il est bon de rappeler que nos voisins de la Caraïbe ont montré – une fois de plus- la force de leur école de 400 m. Les Guadeloupéens ont beaucoup à apprendre de ses proximités sur une épreuve redoutable que nous ignorons au détriment d'adoption de modèles inappropriés (surtout inefficaces), situés très loin de nos latitudes.


Les filles, elles ont écrit au Qatar une page de l’histoire de la discipline 400 m haies en offrant au public un record du monde. Dalilah MUHAMMAD ( 52.16) déjà détentrice du record, après une course âpre sans se désunir en résistant à sa poursuivante a fait reculer la marque entraînant derrière elle une jeune de 20 ans Sydney MCLAUGHLIN (52.23) et la jamaïcaine Rushell CLAYTON (53.74). Ces trois filles signent respectivement les deux meilleures et la 5 ème performances mondiales de tous les temps.


Le 3000 m steeple a eu un dénouement qui permet au Kenya de se refaire. Kipruto (8.01.35) en emmène l’Ethiopien Girma vers l’argent et le record national, le marocain Bakkali prend le bronze (8.03.76).

Le clou de la soirée a été le magistral concours de saut en hauteur qui opposait le Qatari Mutaz Essa BARSHIM (2,37m) aux Russes Mikhail AKIMENKO (2,35m) et Ilya IVANYUK (2,35m). Plus de 7 concurrents ont effacés des barres à plus de 2,30m. Le Qatari a failli se faire éliminer à 2,33m passant à côté de sa mission du leadership mondial, mais surtout emblème d’une nation. Il a su compter sur son public qui lui a bien rendu ce moment difficile. Il triomphe dans une atmosphère de transe et d’effervescence collective au moment où le public Kényan célébrait dans la ferveur l’arrivée du 3000 m steeple. Le public et surtout l’aréopage des notables, plénipotentiaires locaux sont venus rendre un hommage et surtout les honneurs à ce héros national.



Cette soirée de vendredi, les mondiaux d’athlétisme ont pris de la hauteur à deux jours de la fin. On peut déjà dire que le Qatar a réussi ses championnats en laissant des images puissantes aux générations futures, mais surtout une trace dans le sport international.

Plus tard, dans la chaleur de la nuit dans les rues de Doha au 2O km marche le Japonais remporte au sprint l’or Tosikazu YAMANISHI (1h 26.34) devant le Russe Vasiliy MIZINOV (1H26.49) en argent et le Suédois Perseus KARLSTRÖM (1H 27.00) en bronze.


Harry Méphon
Doha, 05/10/19

samedi 5 octobre 2019

Doha day 7 : La nuit des surprises


Le public a pris place dans les tribunes trop délaissées dans ces championnats comme pour répondre aux critiques de son manque d'enthousiasme, la foule était au rendez-vous. Elle nous a gratifiée de la première ola, et de nombreuses animations ont été menées par des ambianceurs plus à leur place dans les stades de football.

La foule dans les stades d'athlétisme se caractérise par sa connaissance du sujet. Elle doit traiter de nombreuses informations en même temps, s’intéresser aux départs des courses, au lancer ou au saut qui se déroule aux quatre coins du stade. C'est un public avertit, fin connaisseur, des performances, des athlètes. Contrairement au sport collectif en particulier le football, la passion certes est présente sans fanatisme, chauvinisme, enivrée d'alcool prête à en découdre à la moindre erreur de l'arbitre ou d'un mauvais geste. La foule d'athlétisme est plus calme. 


Hier soir, on pouvait voir de nombreux drapeaux souvent inconnus dans les mondiaux, ceux de l'Ouganda, du Burundi, de Somalie, du Népal, associés à ceux des "grandes nations" de l'athlétisme, les USA, la Jamaïque, la Grande Bretagne, l'Allemagne, la Chine... pour ne citer qu'eux. 

Autrement dit, souvent des nations dont les habitants ont le pouvoir économique pour se déplacer dans les quatre coins du monde où se déroule les compétitions. Ce soir, ce fut comme une certaine revanche dans les tribunes, souvent me déplaçant sur différents stade du monde, ce fut la première fois que j'ai pu observer autant de nations africaines rassemblées en un même lieu pour une même cause. Ca et là, on pouvait voir un père indien avec ses deux filles, un Qatari avec son tout jeune fils dans les tribunes avec des gestes très touchants à leurs égards. 


On pouvait voir un basque venu avec son drapeau supporter les athlètes espagnols, les Suisses avec leur drapeaux faisaient retentir une grosse cloche mise au cou des vaches. Pour revenir à certaines polémiques entretenues dans des débats euro-centrés concernant le public; chaque public a ses codes, ses éthiques, ses centres d’intérêts majeurs, vouloir retrouver des ambiances standardisées dans tous les stades du globe est une entreprise dangereuse, c'est aussi négliger la force des cultures locales qui entretiennent avec les sports une relation particulière - le football en Amérique du sud au Brésil par exemple, le Basket au Etats-Unis.

Parmi le meilleur public d'athlétisme que j'ai pu côtoyer ce sont les tribunes aux Bahamas, c'est joyeux , festif durant toute la compétition, à lui seul c'est un spectacle unique qui contraste avec les foules russes. Sur le plan animation, sonorisation, les anglais sont sans doute les meilleurs en sono jamais mise dans un mondial; en 2017 il avait été fait appel à un DJ avec une foule prête à faire la fête. 

Revenons à la compétition. Elle était concentré sur la fin des épreuves combinées hommes et femmes entrecoupées de courses et de qualifications de saut et des lancers. Au poids les hommes forts se sont qualifiés, les gros bras seront bien en finale avec les trois américains. 

Le 1500 m hommes verra après ce tour de qualification quel pays d'Afrique qui prendra le leadership, une occasion pour le Kenya d'améliorer leur copie méconnaissable en référence à leur riche passé. 


Que de surprises cette soirée, ce qui atteste une fois de plus rien n'est acquis en athlétisme tant que les lignes ne sont pas franchies et qu'il n'y a pas de déterminisme. 


La plus grande vient du 400 m femme, qui au vu des séries promettait le titre à la bahamienne Miller-Uibo tant elle était facile, ses chronos prestigieux avant les championnats. Elle se fait surprendre en terminant à la deuxième position (48.37) par une jeune de 21 ans Eid Naser du Bahrain en 48.14, la 3 ème performance de tous les temps possession d'une certaine Marie José Pérec. 

Cette athlète a eu une grosse semaine, médaille de bronze aux 4X400 m mixte, elle revient de plus de 4 tours de 400 m sans donner aucun signe d’épuisement. 

En cette fin de saison, d'où prend elle autant d'énergie qui a cloué Miller au tapis elle avait du mal à le croire après une course record pour elle. La jamaïcaine Shericka JACKSON (49.47) prend la troisième place en améliorant son record personnel. 

L'autre coup de tonnerre vient des épreuves combinées qui détrônent les leaders jusque là incontestés. Chez les femmes, c'est la Britannique de 26 ans, Jonhson-Thompson (6981 pts) qui détrône la Belge Thiam (6677 pts),  la grande favorite se place 2 ème. 

L'Autrichienne Preiner (6560 pts) prend le 3 ème place. Chez les hommes, le Français Mayer recordman du monde a été lâché par son corps - ses ischios et son tendon d'achille- il termine la compétition de manière prématurée. 

L'Allemand Kaul (8691 pts) triomphe, l'Estonien Uibo (8604 pts) est en argent, le bronze revient au Canadien Warner (8529 pts). 


Les mêmes aventures sont arrivés à la Guadeloupéenne David qui ne c'est pas présentée aux qualifications des épreuves de triple-saut. 

Au moment où les nations rajeunissent leurs cadres avec une élite hyper compétitive qui risque de durer, l'athlétisme français affiche des vides et d'autres orientations à 10 mois des Jeux de Tokyo et 5 ans de Paris 2024. 


Harry Mephon
Doha, 04/10/19

jeudi 3 octobre 2019

Doha Day 6 : L'irrésistible changement de générations.


A mi-parcours des mondiaux d’athlétisme, la chaleur de DOHA ne faiblit pas, elle soumet les organismes les mieux préparés à rude épreuve, testant ainsi l’efficacité des programmations, la pertinence des choix fait par les staffs coaching. Les Corps résistent et redoublent d’intensité pour prendre part au spectacle donné au Khalifa International Stadium. De grandes tendances s’affirment dans l’athlétisme mondial. De manière irréversible, il bouge, se transforme, change de format et de visages vers de nouvelles perspectives. Hier soir, on a pu voir les nouvelles ambitions à l’œuvre.



Cette dense soirée a permis de confirmer la tendance du renouvellement des générations dans toutes les disciplines, tendance annoncée depuis 2 ans lors de Jeux de Rio. Les épreuves de qualifications ont permis de jauger les prétentions aux podiums. Les lanceuses de disque, les heptathlètes et les décathloniens entament leurs travaux d’Hercule. En longue distance les femmes sur 5 000 m prennent leurs marques pour des retrouvailles après le 10 000 m qui a laissé des traces dans les corps mais surtout les esprits.


Dans de telles conditions, les moindres défaillances sont sans appel dans la performance. Cette soirée illustre cette tendance dans un championnat en fin de saison dans des conditions extrêmes. Les femmes du 1 500 m'ont fait leur tour de chauffe. On verra bien les oppositions Kenya/ Ethiopie avec une Obiri revancharde – quoique fatiguée- elle vendra chère sa peau en finale ; attention aux américaines dans ce match. 



Les hommes du 400 m ont trouvés leurs finalistes avec une grande surprise l’élimination de Norman, ce quarter miler américain crédité 43.45, meilleur temps de la saison, incapable d’accélérer d’ouvrir ses jambes a couru à l’envers en 45.94. Le 400 m a connu une grande hécatombe cette année avec la blessure au genou du recordman du monde, le sud-africain Van Niekerk. Cette défection américaine notable – une saison trop longue ? trop de meeting ?- laisse le champ libre aux Caribéens présents en force dans cette finale, Gardner le Bahaméen reste facile. Il faudra compter sur kirani James de retour de maladie crédité de 44.23, sans oublier le Trinitéen Cedenio et fort avantage au Bahaméen Gardner. Nous croyons voir un remake des cariftas games de nos latitudes.  A noter que les 400m, le quater mile, est en forte régression en France sans que cela interroge plus, c'est une fatalité, la faute à pas de chance !



La présence d’aucun athlète engagé dans cette compétition au niveau masculin fait un peu désordre, en mode colonie de vacances on amène des relais en ce fondant nos manques de vitesse individuelle dans un collectif. Chez les femmes, la succession de Marie-José Pérec attendra encore longtemps. Les engagées piétinent et reste à la traîne loin derrière la Bahaméenne Uibo-Miller. Elle risque de l’emporter sans trop de danger. 

Chez les hommes, Il faut remonter en 2003 pour voir un Français, Raquil (44.79) en argent aux mondiaux de Paris. Cette discipline exigeante ne trouve pas son format dans les contenus des programmes athlétiques nationaux (scolaire et civil) où elle apparaît tardivement (en cadet). Sa disparition programmée dans les contenus fédéraux au profit de loisirs proposés comme base athlétique dans club n’est pas sans conséquence. En Guadeloupe, au moment où la Caraïbe produit massivement de tels coureurs, nous avons laissés passer (une fois de plus) le train, préférant regarder vers des impasses inadaptées à nos réalités et se perdre dans le champ des sirènes. Le prix est fort payé à Doha.



Les épreuves de haies ont été nombreuses hier soir et le public a été gratifié de tous les modèles et haies basses pour les femmes et haies hautes pour les hommes. Chez les femmes le duel fratricide des américaines aura bien lieu, les deux favorites Muhamad, récente recordwoman du monde (52.20) et McLaughlin (20 ans) se retrouveront bien en finale pour tenter le record, mais surtout le leadership mondial avant Tokyo. Les USA risquent de faire un doublé, signe d’un athlétisme triomphant qui s’affiche dans la péninsule du Golfe arabique. 

Doha marque le renouveau de l’athlétisme US sous le signe de la jeunesse en recherche d’Or en terre d’Or noir. Aux haies hautes, c’est bien un noir en or qui éclabousse le 110 m haies, Grant Holloway (13.10). Un nom à retenir dans le futur qui replace l’école des haies américaine dans son leadership, bousculé par les écoles cubaines et françaises. Holloway parti en trombe n’a laissé aucune chance à ses adversaires. Cet athlète surpuissant, très équilibré est un jeune étudiant de Florida Gators qui a 22 ans arrive à maturité. Adepte du 400 m plat, il risque d’aller vers le record du monde du 110 m voire 400 m haies. Dans cette course à rebondissement le Russe Shubenkov (13.15) prend l’argent et Martinot Lagarde (13.18) au prix d’un retour et d’une fin de course magistrale prend une troisième place inespérée. Cette épreuve a causé de gros dégâts. En finale, Ortega cale et Mc Leod, le Jamaïcain en délicatesse avec son ischio crashe (disqualifié). Trop de course ? celui désigné successeur de Bolt dans le difficile leadership jamaïcain ne trouve pas le format; cette année ses chutes récurrentes et les blessures en fin de course attestent d’un répertoire technique en berne et surtout une grande perte de vitesse. Les dégâts collatéraux de cette course ont stoppés les ambitions de Belocian en demi-finale. Le Guadeloupéen arrivé sans trop de repères, sans rythme de compétition, suite à une blessure en août a confirmé les observations faites en série sur sa forme. Pas de miracle à Doha, mais de sérieuses questions doivent se poser pour cet athlète qui fut un junior talentueux. Cette course risque de laisser de lourdes traces dans les esprits.

Au sprint féminin, comme attendu, à 24 ans, la Britannique Ascher Smith (21.88) n’a laissé planer aucun doute sur sa suprématie dans cette discipline touchée par une hécatombe de désistements. Elle relègue loin derrière ses poursuivantes immédiates l’américaine Brown (22.22) et la Suisse (22.51). A Tokyo si les programmes des jeux le permettent une opposition avec Miller des Bahamas apporterait des temps record.



Les lancers avec les femmes au disque ont fait leur choix des finalistes ; chez les hommes au marteau Le polonais Fajdek (80,50m) s’impose. La surprise vient du français Bigot (78,19m) en argent. Il débloque un compteur de médaille qui peine à s’alimenter, révélateur d’une santé fébrile.



Aux épreuves combinés les favoris hommes et femmes tiennent leurs ambitions. Thiam chez les femmes, chez les hommes le duel franco-canadien Mayer/Warner reteint toutes les attentions pour le titre mondial en dépit d’une alerte au pied du Français.


Harry Méphon

Doha, 03/10/19

mercredi 2 octobre 2019

Doha Day 5 : Une soirée de haute voltige


Les jours se suivent à Doha, au Khalifa international stadium, la soirée a commencé doucement avec des qualifications en hauteur hommes, au 400 m haies femmes, 400 m hommes, au marteau et au 3000 m steeple.

Les favoris ont assuré facilement leurs qualifications, Kirani James de Grenade au 400 m, le Qatari Barshim en hauteur, les américaines Mc Laughling et Muhamad aux haies, le Polonais Fadjek, le Français Bigot au marteau. 




Au 3000 m steeple, les protagonistes Kényans et Éthiopiens vont refaire le match en finale. Le Kenya reste, à ce jour, le grand battu de cette compétition sans pitié pour les organismes mal préparés et/ou usés par les circuits de meetings.


Beaucoup de favoris en font les frais, Talou, Schippers, Thompson, lâchées par leur corps ne peuvent pas répondre à l'appel. Dans le futur, il faudra choisir entre les titres et l’argent. Ce choix cornélien se posera plus fréquemment, où la donne spectacle a pris l’avantage ; confirmé à Doha. Ces défections donnent des épreuves très ouvertes et laisse place à la fraîcheur. C'est ce qui se passe en sprint, l’anglaise Dina Asher-Smith risque de n'avoir aucun problème au 200 m, tout comme la Bahaméenne Miller-Uibo au 400 m, tant elles dominent leur discipline en absence d'opposition.

Une surprise est venue du javelot où l'Australienne au dernier essai avec un jet de 66,56 m vole la vedette aux deux chinoises - en cette date de célébration des 70 ans de Révolution chinoise - pourtant leader durant tout le concours Lui (65,88 m) et Lyu (65,49 m) font un tir groupé. La Chine risque d'être très forte aux jeux de Tokyo, chez le voisin, rival de toujours, en recherche du leadership asiatique, en sport , mais aussi au niveau économique, militaire et industriel. Le 800m a confirmé les progrès de courses de mi et long distances des USA.



Le jeune américain, Brazier remporte le titre en 1.42.34 un temps de référence record des championnats. Il efface les 1.43.06 du Kenyan Billy Konchella établit à Rome en 1987. Ce jeune américain de 22 ans devient le premier athlète US sacré sur cette distance réputée une chasse gardée africaine. 


Cette performance traduit la pertinence des plans de développement US. Comparativement à certains systèmes en panne à Doha, ces programmes permettent un renouvellement perpétuel de leurs cadres – donc leur compétitivité - dans tous les familles de l’athlétisme (course-saut-lancer) sans les brader. 

Doha 2019 confirme cette émergence qui risque de durer et s’affirmer dans les années 2020. Dans cette course ultra rapide, le Bosnien Tuka (1.43.7) prend la deuxième place reléguant le Kényan Rotich (1.43.82) à la 3 ème place.



Deux autres finales ont tenues l'haleine des spectateurs, la perche et le 200 m. Le concours de perche a offert au public un concours de haute voltige, une dramaturgie avec des rebondissements. Dès le début les fins connaisseurs étaient amassés près du sautoir pour ne rien rater d’une épreuve au vu des résultats de la saison (3 athlètes à 6 m) devait atteindre les sommets. 

A l’échauffement, les derniers conseils étaient donnés sous l’œil attentif des coachs fixés sur leur athlète assisté de moyens vidéo. Le sauteur développe une relation particulière de dépendance avec son coach durant toute la compétition avec une assistance permanente. 

Le coach de sprint que je suis reste toujours surpris de ce besoin des sauteurs de vouloir être « sur-rassuré » de tout (parfois de rien) sur son geste par des allers-retours permanents vers le coach. Force est de constater que les différences entre un sprinter que vous laissez seul une heure avant son épreuve dans une chambre d’appel n’est en rien comparable en terme de psychologie – donc de fragilité- entre ces deux activités. L’un doit s’assumer seul, l’autre est toujours en dépendance à la recherche d’assistance (Clapping du public, mot du coach, regards etc..)



Le concours à partir des barres de 5,80 m a sélectionné les concurrents du podium. Le champion Olympique de Rio, le brésilien Braz en délicatesse avec son mollet à abdiqué tout comme le plus grand nombre des autres concurrents à l’image du benjamin des Lavillenie qui prend une prometteuse 6 éme place. Le jeune Suédois de 20 ans, Armand Duplantis (5,97m) avait un temps le concours gagné. Ce n’était pas sans compter avec la détermination de l’Américain Sam Kendris le champion du monde sortant, un compétiteur hors pair, en difficulté à 5,87 m mais efface au premier essai une barre à 5,92 m pour effacer une barre à 5,97 m la même marque que le Suédois mais qui s’incline au nombre d’essai après avoir tenté tous les deux sans succès 6,02 m. Le Polonais, Piotr Lisek, pourtant auteur de nombreuses barres à 6 m s’arrête au bronze à 5,87m. La discipline affiche une grande densité de jeunes sauteurs qui font progresser la discipline attention aux records dans les prochaines années.



Au 200 m, Noah Lyles venu archi favori a cependant dû batailler pour triompher dans une course dominée dans la première partie par le britannique Gemili. C’était sans compter sur la réserve d’accélération de l’Américain qui s’impose en 19.83 devant le médaillé d’argent du 100 m, le Canadien Degrasse (19.95) et l’équatorien Quiñónez (19.98).


Harry Méphon

Doha 2/10/19

mardi 1 octobre 2019

DOHA DAY 4 : LA FRAICHEUR VENUE D'AFRIQUE



Hier soir le public s'est déplacé au stade, répondant ainsi à la grogne grandissante envers l'organisation. On a pu remarquer la présence certes d'un public "amené"; force est de constater que les tribunes ont reçu un public venu soutenir une cause précise. 


Il est rare de voir autant de personnes venues d'Afrique dans des mondiaux d'athlétisme, à part les Éthiopiens - souvent des expatriés dans les pays organisateurs- rare est d'entendre massivement des foules africaines. Hier, ce fut le cas. Les Qataris ont aussi répondu à l'appel de leur champion. 



La soirée a débuté avec les séries des 200 m femmes. Sans trop d’excès de vitesse les leaders ont fait leur travail pour se qualifier en demi finale. L'anglaise Dina Asher-Smith semble dominer son sujet en absence de beaucoup de leaders, fatigués et blessés en cette longue saison.

Les hommes quant à eux ont affiché leur prétention pour le titre en se qualifiant en finale. Noah Lyles en s'imposant en 19.86 n'aura pas de concurrence à part lui-même, rendez-vous demain. 


La vitesse a vu l'entrée en matière des hurdleurs au 110 m haies. Ces courses pleines de rebondissement ont eu leur lot de surprises et de questionnements. 




Au niveau des surprises, c'est la disqualification d'un favori, l'américain Roberts qui est un coup de tonnerre qui en dépit d'avoir dominé en série Martinot Lagarde tombe sous les coups des règlements. Ils est disqualifié. 

Une autre surprise est la performance inquiétante de Belocian crispé et sans ressort qui prend une 4 ème place en 13.67. Espérons qu'il se ressaisisse en finale. 



L'équipe de France attend beaucoup de cette discipline, surtout où en milieu de championnats, les compteurs sont à zéro au niveau des médailles, chères à certains. Les signaux sont au rouge. On semble s'orienter vers un grand recul au moment où d'autres nations se renouvellent et rajeunissement leurs cadres.




Certains tentent de faire diversion en évoquant des problèmes d'organisation, la chaleur et j'en passe. Le malaise est plus profond et on évite de l'évoquer. 

Les discoboles se sont livrés une âpre compétition qui se jouait sur des centimètres. A ce jeu, le Suédois Sthal triomphe avec un jet de 67,08 m devant le Jamaïcain Dacres (66,94m) et l'Autrichien Weisshaindinger (66,82m). 

Les courses de demi-fond et de fond ont révélé les vrais motifs de la foule. Une foule africaine bruyante, manifestement un public avec les codes footballistiques a qui on demandait le silence avant les courses de vitesse. 



Au 5000 m hommes le duel fratricide Ethiopie-Kenya n'a pas eu lieu malgré la foule enthousiaste des deux clans venue en nombre. Les athlètes britanniques en arbitre, ont laissés planer le doute jusqu'au dernier kilomètre qui a donné un spectacle de vitesse terminale palpitant où les Éthiopiens font le doublé avec Edris (12.58. 85) et Barega (12.59.70) suivi du Canadien Ahmed.

Au 3000 m steeple, Chepkoech fait un cavalier seul et emporte l'or (enfin) pour le Kenya en 8.57.84 soit le record du championnat, deux autres filles du podium battent leur record personnel l'Américaine Coburn (9.02.35) et l'allemande Krause (9.03.30) s'adjuge du record d'Europe.




Les performances de cette course doit nous amener à réfléchir sur ceux qui alimentent les controverses de la chaleur de Doha. 

Les temps réalisés sur longue distance affichent de très bonnes performances et d'athlètes en provenance de toutes les contrées du Globe. Au 800m féminin, en absence de la sud africaine Caster Semenya empêchée par une controverse hormonale trop masculinisante; pourtant créditée de 1.54.98 cette année, c'est une jeune Ougandaise Nakaayi (1.58.04) qui ramène à l'Ouganda le titre mondiale avec un record national. Les deux américaines Rogers (1.58.18) et Wilson (1.58.98) forment le podium.


Le stade a vécu un grand moment d'athlétisme hier soir lors du 400 m haies. La mise en scène à l'image des 100 m a permis à deux jeunes de s’exprimer sur une discipline qui depuis la retraite de Kevin Young avec une course de record du monde ( 46.78) attend un successeur et surtout de grands leaders.

Le Norvégien Warlhom pourtant attendu triomphe en 47.42, devance l'Américain Benhamin (47.66) et le Qatari Samba (48.03). C'est ce dernier qui a attiré le public qatari. Il ne s'est pas trompé. Les hommages leur ont été rendus.


Harry Méphon

Doha 1/10/19