lundi 26 décembre 2011

L’effondrement silencieux des Etats-Unis


Une des bizarrerries d’être régulièrement en avance sur son temps c’est celle de découvrir à intervalles régulières que, soudain, vous ne l’êtes plus. Par exemple, pendant dix ans j’ai avancé l’idée, étrange aux yeux de certains, que la Première République Américaine était morte et que nous étions passés à une adhocratiepost-constitutionnelle. Dernièrement, cette idée paraît de plus en plus banale, presque comme un commentaire sur la météo.

Mais à quel moment cette pensée radicale est-elle devenue une banalité ? Je ne me souviens pas d’avoir vu de débats sur les grandes chaînes de télévision, d’articles dans le New York Times, de thèmes abordés dans les campagnes électorales ou d’analyses dans les revues spécialisées. C’est juste arrivé, comme ça. L’évolution la plus importante de l’histoire de la nation depuis la Guerre de Sécession s’est simplement glissée discrètement parmi nous. Et puis à un moment donné, une conjecture radicale est devenue une norme.

Nous sommes entrés dans une époque où le « Bill of Rights » (Droits garantis par la Constitution US - NdT) est régulièrement piétiné, où le taux effectif de chômage atteint des records depuis les années 30, où nos grandes entreprises échappent à tout contrôle, où plus personne au gouvernement ne semble se soucier du changement climatique, et où tous les candidats à la présidence, à l’exception de Ron Paul, vous enverraient à Guantanamo sans inculpation et sans procès.

Ce qui est essentiel ici, ce n’est pas simplement que cette nouvelle réalité soit reconnue mais qu’elle ait été acceptée comme inéluctable, sans débats, sans colères, sans protestations virulentes.

Il y a quelques années, j’avais écrit ceci à ce propos :
Ce qui était inattendu, à la fois de par le calendrier des événements que de par leur intensité, c’est que j’allais non seulement vivre un des grands moments de la renaissance de l’Amérique mais connaître aussi par la suite l’époque où mon pays – sans discussion, sans hésitation, sans résistance – déciderait qu’il ne voulait tout simplement plus être l’Amérique.

Très peu en parlaient mais, en tant qu’écrivain et en tant qu’enfant de la ségrégation, je savais que le silence pouvait être plus révélateur et maléfique que les mots. Après tout, dans le langage du vieux Sud, c’étaient le silence - ou ce qui était interdit de mentionner - qui était le plus parlant.

Bien plus tard, j’ai découvert les mots d’un professeur d’université allemand qui décrivait au journaliste Milton Mayer la vie sous les nazis dans les années 30 :
Vivre au milieu du processus c’est en être totalement inconscient – je vous prie de me croire – à moins d’avoir un niveau de conscience politique et de lucidité bien plus grand que la plupart d’entre nous n’auront jamais. Chaque pas était si infime, si insignifiant, tellement bien justifiée et parfois même « regretté » …
Croyez-moi. Chaque fait, chaque incident est pire que le précédent, mais un tout petit peu seulement. Vous attendez le suivant, puis encore le suivant. Vous attendez celui qui fera déborder le vase en pensant que les autres se joindront à vous pour résister d’une manière ou d’une autre.
Puis d’un seul coup, tout s’écroule. Vous réalisez qui vous êtes, ce que vous avez fait ou, pour être plus précis, ce que vous n’avez pas fait (car c’est cela qui était demandé à la plupart d’entre nous : ne rien faire). Vous vous souvenez de ces premières réunions à l’université où, si quelqu’un avait résisté, d’autres auraient peut-être résisté, mais personne n’a résisté. Pour une question triviale, comme l’embauche de telle personne plutôt que de telle autre, vous avez effectivement embauché celle-ci plutôt que celle-là. A présent vous vous souvenez de tout et votre cœur se brise. Trop tard. Vous êtes définitivement devenu complice.
William Shirer avait écrit quelque chose de similaire dans Nightmare Years (les années cauchemar – trad. litt. - NdT) :
Ce qui m’a surpris au début était que la plupart des Allemands, pour ce que j’ai pu constater, ne semblaient pas être gênés par la confiscation de leur liberté personnelle, ni que leur magnifique culture soit détruite et remplacée par une barbarie bêtifiante, ni que leur vie et leur travail soient réglementés à un niveau jamais atteint auparavant y compris par un peuple habitué pendant des générations à une grande réglementation...
Peu après la scène de sa mort dans « Tom Stoppard’s Rosencrantz & Guildenstern Are Dead  », Rosencrantz dit :
De quoi s’agissait-il ? Quand est-ce que ça a commencé ? … Ne pouvions-nous simplement nous tenir tranquilles ? … Nous n’avons rien fait de mal ! Nous n’avons fait de mal à personne. N’est-ce pas ? … Il a bien du y avoir un moment, au début, où nous aurions pu dire « non ». Mais je ne sais pas comment nous avons fait pour rater l’occasion... Bon, eh bien nous ferons mieux la prochaine fois.
Avons-nous encore une fois raté l’occasion ?

Il est impossible à dire mais le seul moyen de le vérifier est de mettre bruyamment fin au silence et de décrire l’Amérique telle qu’elle est devenue – pas encore une dictature mais très certainement un pays dirigé par des gens dont le mépris envers la Constitution et l’absence de morale la plus élémentaire leur ôte toute légitimité à gouverner, et à qui il ne reste que la cupidité, la corruption et le cynisme de ceux qui n’ont du respect que pour le pouvoir.

Ce qu’il faut maintenant, c’est la mobilisation de ceux qui en sont conscients, qui le disent, qui le détestent et qui sont prêts à se battre pour reconquérir notre pays. Nous devons faire connaître l’enjeu de manière à ce que même notre presse Prozac ne puisse plus l’ignorer, comme le mouvement Occupy l’a fait pour les enjeux économiques.

En gros, notre pays est divisé entre ceux qui croient encore à la démocratie et ceux qui ne croient qu’à la culture de l’impunité pour ceux qui ont le pouvoir. A quelques très rares exceptions, ces derniers sont constitués non seulement de politiciens Républicains et Démocrates mais aussi des dirigeants d’entreprises, des personnalités médiatiques et d’un nombre étonnant d’universitaires. Il suffit de comparer le rôle des intellectuels d’aujourd’hui avec ceux des années 60 pour voir à quel point la situation s’est dégradée.

Pour réagir, nous ne devons pas ignorer les enjeux économiques, écologiques et sociaux, mais nous devons aussi comprendre, et agir en conséquence, que la plus grande des divisions dans notre pays aujourd’hui est entre ceux qui croient encore à la démocratie, la décence et la liberté et ceux qui prennent l’Amérique pour un gros fonds d’investissement que personne n’a envie, ou la capacité, de réguler...

Il pourrait être utile, par exemple, que les Verts et les Libertariens concoctent ensemble un plan pour affronter le crise. Ou si Bernie Sanders et Ron Paul s’unissaient pour lui donner vie. Ou si les gens du mouvement Occupy et du Tea Party prenaient des conseils auprès de leurs membres de Memphis et Richmond et, malgré tous leurs autres désaccords profonds, travaillaient ensemble pour sauvegarder la société constitutionnelle. Comme l’a dit le caporal de marine Stephen Mark Allen, membre du Tea Party, « rien ne fait plus peur à la classe dirigeante qu’une union entre le mouvement Occupy et celui du Tea Party. »

Mais une chose est sûre : le temps presse. Lorsque vous avez un président Démocrate qui soutient l’emprisonnement militaire sans protections constitutionnelles, il ne vous reste plus beaucoup d’amis. Il ne s’agit plus de divergences idéologiques : il s’agit de deux Amériques.

Et il se peut que nous n’ayons plus le loisir d’attendre pour apprendre et faire mieux la prochaine fois.

Sam Smith

Sam Smith publie « the Progressive Review » et est l’auteur de « The Great American Repair Manual »
Traduction « lorsqu’un empire s’écroule dans le silence des médias, est-ce que sa chute fait quand même du bruit ? » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

Bob Marley et les Wailers , White Christmas



Pas peu fier de vous avoir déniché cet ovni dans la discographie de Bob Marley...

samedi 24 décembre 2011

Noël : les voeux de Marine Le Pen

Les mensonges de l'actuelle majorité néo PPM du Conseil Régional de Martinique


J'ai fait la liste non exhaustive des mensonges du camp de l'actuelle majorité. Je dis bien mensonges et non inexactitudes. Mensonges car il y a une volonté manifeste de nuire

Premier mensonge :   Pendant la campagne électorale, les militants, sympathisants et élus de l'actuelle majorité n'ont cessé de parler du "matelas" qui, après leur élection, se transforme en déficit.

S'il y a un déficit, c'est un déficit créé par l'actuelle majorité qui, à cause de sa gabegie, se retrouve en difficulté financière.

Si les élus de l'opposition de l'époque (élus PPM) ont cru en l'existence d'un matelas, cela démontre leur incapacité à analyser des chiffres.


Deuxième mensonge :   Fred Lordinot, Président de la Commission Finances, a dit que l'ancienne équipe n'a pas appliqué les règles qu'elle a elles-mêmes adoptées.

Les patriotes ont adopté un Règlement Financier contrairement à l'actuelle majorité, qui n'a pas adopté de Règlement Financier en début de mandature avant toute décision budgétaire comme l'y oblige la loi.

Il y a effectivement un Règlement Financier adopté le 12 Novembre 2009 applicable au 1er Janvier 2010.

Or, les élections régionales ont eu lieu en Mars 2010.

C'est à l'actuelle équipe d'appliquer ce Règlement Financier.

" Pourquoi un Règlement Financier en 2009 ?  ", a demandé Serge Letchimy. D'une part, il y en avait un en 2005. D'autre part, Alfred Marie-Jeanne et son équipe ont adopté un nouveau Règlement Financier en 2009 pour préparer l'application de la M 71, qui devenait obligatoire à compter du 1er Janvier 2010.


Troisième mensonge :   Faire croire que la M 71 était obligatoirement applicable.

Or, l'ordonnance n° 2009-1400 du 17 novembre 2009 prévoit en son article 13 que les dispositions de cette ordonnance entrent en vigueur à compter de l'exercice 2010.

Sur le site colloc.bercy.gouv.fr, il est précisé qu’antérieurement à loi et au décret de Novembre 2009, la M71 était provisoire et expérimentale. En effet, il est indiqué :

« L'expérimentation de l'instruction budgétaire et comptable provisoire M71, débutée en 2005, a pris fin à compter de l'exercice 2010, à la suite de l'entrée en vigueur des textes législatifs et réglementaires réformant définitivement le cadre budgétaire et comptable des régions.
L'ordonnance n°2009-1400 du 17 novembre 2009, relative à la simplification et à l'amélioration des règles budgétaires et comptables applicables aux régions et aux syndicats mixtes de l'article L.5721-2 du code général des collectivités locales, a entériné les mécanismes expérimentés avec satisfaction par les régions depuis cinq ans. Cette ordonnance est complétée des décrets n°2009-1785 et n°2009-1786 du 31 décembre 2009. »

Il y a eu cinq années d'expérimentation et, après ces cinq années, la M71 mérite tellement encore adaptations, qu'elle a fait l’objet de nouvelles modifications par arrêté du 16 décembre 2010 relatif à l'instruction budgétaire et comptable M71 des régions (applicable à l’exercice 2011) et par arrêté du 21 Février 2011.

D’ailleurs, cette M71 a vocation à disparaître pour la future collectivité unique puisque l’étude d’impact sur cette future collectivité précise qu’il devra y avoir une nouvelle instruction :

Le choix d'une instruction comptable
Du choix du cadre budgétaire et comptable découlera le choix d'une instruction budgétaire et comptable. En effet, il existe actuellement deux instructions budgétaires et comptables différentes, l'instruction budgétaire et comptable M52 pour le département et la M71 pour la région. Il n'est pas envisageable en pratique de continuer à fonctionner avec ces deux instructions. Il est nécessaire de n'avoir, comme pour le cadre budgétaire et comptable, qu'une seule instruction budgétaire et comptable commune à la nouvelle collectivité territoriale unique.
Trois solutions peuvent ici encore être envisagées, chacune présentant des avantages et des inconvénients.
La première consisterait à créer une nouvelle instruction comptable propre à ces collectivités. Néanmoins, cela suppose de créer une nouvelle application informatique générant des contraintes techniques et un coût financier.
La deuxième solution serait d'utiliser l'instruction existante pour le département, notamment car elle a déjà fait l'objet d'une application aux collectivités de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy qui exercent les compétences des départements et des régions, et a prouvé sa plasticité et son adaptabilité.
La dernière solution résiderait dans l'utilisation de l'instruction existante pour la région, celle-ci offrant des marges de manœuvre importantes en matière de pluri-annualité et de fongibilité des crédits entre chapitres.
Les élus seront consultés tout au long du processus d'élaboration de la norme budgétaire et comptable.

Par ailleurs, concernant la prime de vie chère, l'affectation de toute la charge sur l'exercice 2009 n'était nullement obligatoire puisqu'il s'agit d'une innovation introduite le 30 décembre 2009 par le Décret d'application de l'ordonnance instituant la M71 à compter de l'exercice 2010.


Quatrième mensonge :   Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes de 2004 porte sur les années antérieures à 2000 et ce qui est reproché à la Région dans ce rapport concerne des décisions de garanties d'emprunts prises sous la mandature de Camille Darsières (Semair et Air Martinique).

Comment prétendre, comme le fait l'actuelle équipe, que le commentaire de Chambre Régionale des Comptes de 2004 concernerait la gestion de 2009 ? Il serait un commentaire par anticipationpour 2009... ? La Chambre Régionale des Comptes est décidément très forte... Bravo à elle ! ...


Cinquième mensonge :   L'utilisation du terme "in-sincérité" à mauvais escient pour manipuler l'opinion et lui faire accroire que l'ancienne équipe aurait eu des pratiques peu orthodoxes. Le terme insincère n'a pas la même signification en langage courant et en langage comptable.

Voici sa définition en langage comptable :

Définition de Sincérité - Lexique de finance
Sincérité (Pour plus de détails, voir la page 100 du Vernimmen 2012)

La sincérité est, selon le Plan comptable, « l’application de bonne foi [des] règles et procédures[comptables] en fonction de la connaissance que les responsables des comptes doivent normalement avoir de la réalité et de l’importance des opérations, événements et situations ». Des comptes sincères résultent donc d’une parfaite connaissance des règles et de leur application, de la situation de l’entreprise et de la perception extérieure des comptes ainsi présentés, afin que leur contenu ne soit pas perçu de manière déformée.

Un compte administratif qui ne serait pas sincère ne signifierait nullement qu'il y aurait eu fraude, détournement, malversation... mais qu'il y aurait simple non-respect, méconnaissance ou mauvaise application des règles comptables en vigueur.

Cependant, le principe de la prééminence de la réalité économique sur l'apparence juridique permet de déroger aux règles comptables.


Sixième mensonge :  Faire croire que la collectivité publique se gère comme le patrimoine d'une personne physique.

La comparaison du Professeur Jean Crusol avec la comptabilité d'une personne physique - très démagogique - n'a aucun sens car une personne physique ne pratique pas de provisions pour risques, de dotations aux amortissements... Elle ne bénéficie pas non plus des subventions de l'Europe et en aurait-elle bénéficié que certainement, elle n'aurait pas besoin de contracter de prêts...


Septième mensonge :  Jean-Philippe Nilor a, dans son intervention, démontré que l'auditeur a fabriqué un tableau dans lequel il a changé de référentiel, sans nullement le mentionner, ce qui accrédite l'opinion que cet auditeur n'est pas neutre.

Dans le tableau en question, pour les années 2006, 2007 et 2008, le référentiel est un référentiel d'encaissement - décaissement (excédent global de clôture) puis à partir de 2009, le référentiel utilisé est un référentiel de résultat (recettes réelles - dépenses réelles, c'est-à-dire montant de l’ensemble des titres de recettes moins montant de l’ensemble des mandats de dépenses de l’exercice considéré).


Huitième mensonge :   L'actuelle majorité cherche dans le passé pour expliquer l'incurie du présent et attaque tout le monde : l'ancienne équipe, mais aussi le Préfet (qui n'aurait pas bien exercé le contrôle de la légalité), la Payeur Régionale (qui n'aurait pas décelé les irrégularités), la Chambre Régionale des Comptes (qui n'aurait pas accompli son travail en effectuant un contrôle des comptes du Conseil Régional)...

J'espère que ces personnes sauront s'en souvenir...

Jean Crusol a appelé l'ancienne équipe " prophètes du zéro endettement  ".

Mais les élus de l'actuelle majorité sont des "adeptes de la secte du surendettement " ainsi que des  "illusionnistes ".

Mon espoir c'est que l'exemple de la Grèce provoque une crise de scepticisme pour permettre à ces adeptes et à ces fanatiques embrigadés de sortir des griffes de cette secte satanique qui privilégie les spéculations financières au détriment du peuple.

Car sinon, il y aura des cadavres comme pour l'Ordre du Temple Solaire.


Mes observations seront les suivantes :


1°) Le Président Serge Letchimy a déclaré que sa majorité ne fait pas appel à "papa Préfet" ni à "papa Chambre Régionale des Comptes" mais il fait en revanche appel à "papa auditeur", pour remettre un audit qui est orienté politiquement dans le sens de l'actuelle majorité.

De plus, son audit privé n'a qu'un seul but : déclencher un audit de la Chambre Régionale des Comptes. D'ailleurs, l'auditeur précise clairement, page 11 du rapport, l'objet de sa mission : "Préparer un éventuel audit de la Chambre Régionale des Comptes".

Les auditeurs - qui ont travaillé avec les éléments remis par l'actuelle majorité (qui en a caché certains) - n'ont pas respecté le principe du contradictoire puisqu'à aucun moment, ils n'ont cherché à interroger l'ancienne équipe.

Ils ont ainsi montré qu'ils n'étaient pas neutres.

Le déficit artificiellement créé par des auditeurs mercenaires (pour reprendre l'expression de Sylvain Bolinois) et partiaux est insincère : il n'est pas fiable car réalisé par des auditeurs connotés politiquement.


2°) Par ailleurs, plusieurs questions des élus du groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants sont restées sans réponses lors de la Plénière du 23 décembre 2011 : quand et par qui l'audit financier a-t-il été décidé, combien a-t-il coûté, combien coûtera-t-il encore puisque les auditeurs ont fait une offre de services jusqu'à 2014...

Par conséquent, il n'y a aucune transparence.


3°) Je dis oui aux audits. Oui à un audit de la Chambre Régionale des Comptes pour la Région. Oui à un audit de la Chambre Régionale des Comptes pour la Ville de Fort-de-France. Oui à un audit de la Chambre Régionale des Comptes pour la SEMAFF. Oui à un audit de la Chambre Régionale des Comptes pour la CACEM.


4°) Enfin et surtout, lors de cette Plénière, où est la prospective ?

Comme l'a si bien dit  Miguel Laventure dans son intervention : "une plénière pour quoi faire ?" précisant qu'il n'a trouvé nulle trace d'une quelconque prospective...

Cela fait deux ans que l'actuelle équipe est à la tête de la Région.

Il lui appartient d'agir enfin, au lieu d'essayer d'autopsier des comptes...


Sandrine SAINT-AIME
Conseillère régionale du groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants

Joyeux Noël, malgré la crise !


C'est la crise et cela se ressent sur le moral et sur les fêtes, les  raisons de cette crise sont en rapport avec un système financier qui fait la part belle aux banques privées, nous leur payons une dette illégitime, force à la complicité de politiques qu'ils ont salariés, notamment G. Pompidou ayant fait en sorte que l'Etat ne puisse plus porter escompte auprès de sa banque centrale, une loi repris dans les différents traités européens.

Après plus 30 ans de rigueur, ils nous offrent encore plus de rigueur, ils étaient censés privatiser les entreprises publiques afin de rembourser cette dette, ils ont privatisé au  grand dam des salariés, mais leur dette s'est accrue, nous devons toujours plus aux banques...

Tout système s'inscrit dans un principe de ternalité, qu'ils en profitent à un moment les peuples leur donneront leur du.

A tous, je vous souhaite un joyeux Noël et de bonnes fêtes.

vendredi 23 décembre 2011

L’Armée syrienne libre commandée par le gouverneur militaire de Tripoli, par Thierry Meyssan



IRIB- À la faveur du «printemps arabe» et des interventions de l’OTAN, officielles ou secrètes, le Qatar tente d’imposer, partout, où il le peut, des dirigeants islamistes.
Cette stratégie l’a conduit, non seulement, à financer les « Frères musulmans » et à leur offrir Al-Jazira, mais aussi, à soutenir les mercenaires d’Al-Qaida. Ces derniers encadrent, désormais, l’Armée syrienne libre. Cependant, cette évolution soulève de vives inquiétudes, en Israël, et parmi les partisans du «choc des civilisations». Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies s’affrontent, sur l’interprétation à donner des événements, qui endeuillent la Syrie. Pour la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, une révolution agite le pays, dans le prolongement du «printemps arabe», et fait l’objet d’une répression sanglante. Au contraire, pour la Russie et la Chine, la Syrie fait face à des bandes armées, venues de l’étranger, qu’elle combat, maladroitement, en faisant des victimes collatérales, parmi la population civile, qu’elle tente de protéger.
L’enquête que le Réseau Voltaire a menée, sur place, valide cette seconde interprétation. Nous avons recueilli des témoignages directs des survivants des attaques de ces groupes armés. Ils décrivent certains agresseurs comme étant des Irakiens, des Jordaniens ou des Libyens, reconnaissables à leur accent, ainsi que des pachtounes.
Au cours des derniers mois, certains journaux arabes, favorables à l’administration al-Assad, ont évoqué l’infiltration, en Syrie, de 600 à 1.500 combattants du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), renommé, depuis novembre 2007, Al-Qaïda, en Libye. Fin novembre, la presse libyenne a relaté la tentative de la milice de Zintan d’arrêter Abdelhakim Belhaj, compagnon d’Oussama ben Laden, chef historique d’A- Qaïda, en Libye, devenu gouverneur militaire de Tripoli, par la grâce de l’OTAN. La scène a eu lieu, à l’aéroport de Tripoli, alors qu’il partait, en Turquie. Enfin, des journaux turcs ont évoqué la présence de M. Belhaj à la frontière turco-syrienne. Ces imputations se heurtent à l’incrédulité de tous ceux, pour qui, Al-Qaïda et l’OTAN sont des ennemis irréductibles, entre lesquels, aucune coopération n’est possible. Au contraire, elles confortent la thèse que je défends, depuis les attentats du 11 septembre 2001, selon laquelle, les combattants étiquetés Al-Qaïda sont des mercenaires utilisés par la CIA.
Qui dit vrai ?
Depuis une semaine, le journal monarchiste espagnol, « ABC » publie, en épisode, le reportage du photographe Daniel Iriarte. Ce journaliste côtoie l’Armée syrienne libre (ASL), dans le Nord du pays, justement, à la frontière turque. Il a pris fait et cause, pour la «révolution» et n’a jamais de mots assez durs contre le «régime al-Assad». L’Armée syrienne libre serait composée de plus de 2.000 hommes, selon son chef politique, le colonel Riyad al-Asaad, de seulement, quelques centaines, selon les autorités syriennes. Pourtant, dans l’édition datée du samedi 17 décembre 2011, Daniel Iriarte témoigne d’une rencontre qui l’a choqué. Alors que ses amis de l’ASL le conduisait, dans une nouvelle cachette, il se trouva avec d’étranges insurgés : trois Libyens. Le premier d’entre eux était Mahdi al-Hatari, un Libyen ayant vécu, en Irlande, avant de rejoindre Al-Qaïda. À la fin de la guerre de Libye, il devint le commandant de la Brigade de Tripoli, puis, le numéro 2 du Conseil militaire de Tripoli, dirigé par Abdelhakim Belhaj. Il démissionna de cette fonction, selon les uns, parce qu’il était entré en conflit avec le Conseil national de transition, selon d’autres, parce qu’il souhaitait rentrer, en Irlande, dont son épouse est ressortissante. En réalité, il a rejoint la Syrie. Plus étrange encore : ce membre d’Al-Qaïda se trouvait, en juin de l’an dernier, parmi les militants pro-palestiniens embarqués sur le navire turc « Mavi Marmara ». Des agents de nombreux services secrets, notamment, US, s’étaient infiltrés, dans la «Flottille de la Liberté». Il fut blessé et retenu prisonnier, durant neuf jours, en Israël. Enfin, durant la bataille de Tripoli, Mahdi al-Harati a commandé le groupe d’Al-Qaïda, qui a assiégé et attaqué l’hôtel Rixos, où je me trouvais avec mes compagnons du Réseau Voltaire et la presse internationale, et dont les sous-sols servaient d’abri à des dirigeants de la Jamahiriya, sous la protection de la garde de Khamis Kadhafi. Selon ce dernier, Mahdi al-Harati bénéficiait des conseils d’officiers français, présents, sur le terrain. Le second Libyen, rencontré, par le photographe espagnol, dans l’Armée syrienne libre n’est autre que Adem Kikli, un autre lieutenant d’Abdelhakim Belhaj. Enfin, Daniel Iriarte n’a pas été en mesure d’identifier le troisième Libyen, que l’on appelait Fouad.
Ce témoignage recoupe ce que les journaux arabes anti-Syriens clament, depuis plusieurs semaines : l’Armée syrienne libre est encadrée par, au moins, 600 «volontaires» d’Al-Qaïda, en Libye. Toute l’opération est dirigée par Abdelhakim Belhaj, en personne, avec l’aide du gouvernement Erdogan. Comment expliquer qu’un quotidien aussi anti-Assad qu’ »ABC » ait décidé de publier le témoignage de son envoyé spécial, alors qu’il met en lumière les méthodes nauséabondes de l’OTAN et confirme la thèse gouvernementale syrienne de la déstabilisation armée ? C’est que, depuis une semaine, certains idéologues du choc des civilisations se rebellent contre ce dispositif qui intègre des extrémistes islamistes, dans la stratégie du «monde libre».
Invité du blog de CNBC, l’ancien Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, a révélé, le 9 décembre 2011, qu’Abdelhakim Belhaj était suspecté d’être impliqué, dans les attentats du 11 mars 2004, à Madrid ; attentats qui mirent fin à la carrière politique nationale d’Aznar. La sortie de M. Aznar correspond à des interventions de ses amis du « Jerusalem Center for Public Affairs », le think tank dirigé par l’ancien ambassadeur israélien à l’ONU, Dore Gold. Ils expriment, publiquement, leurs doutes, sur le bien-fondé de la stratégie actuelle de la CIA de placer des islamistes au pouvoir, partout, en Afrique du Nord. Leur critique vise, d’abord, la très secrète confrérie des « Frères musulmans », mais, surtout, deux personnalités libyennes : Abelhakim Belhadj et son ami le Cheikh Ali Al-Salibi. Ce dernier est considéré comme le nouvel homme fort du pays [14]. Les deux hommes sont réputés être les pions du Qatar, dans la nouvelle Libye. C’est d’ailleurs le Cheikh Salabi qui a distribué les 2 milliards de dollars d’aide qatariote à Al-Qaïda, en Libye.
Ainsi, la contradiction que l’on s’efforce de masquer, depuis dix ans, revient à la surface : les mercenaires, jadis, rémunérés, par Oussama Ben Laden, n’ont jamais cessé de travailler au service de la stratégie US, depuis la première guerre d’Afghanistan, y compris, durant la période des attentats du 11-Septembre. Ils sont, pourtant, présentés, par les dirigeants occidentaux, comme des ennemis irréductibles. Il est probable que les objections de M. Aznar et du « Jerusalem Center for Public Affairs » seront balayées par l’OTAN, comme l’ont été celles du général Carter Ham, commandant en chef de l’Africom. Il s’indignait, au début de la guerre de Libye, de devoir protéger des jihadistes, qui venaient de massacrer des GI’s, en Irak. Loin de la réalité, le Comité anti-terroriste de l’ONU (dit «Comité d’application de la résolution 1.267») et le département d’État des États-Unis maintiennent sur leur liste noire, l’organisation d’Abdelhakim Belhaj et du Cheikh Salabi sous son ancienne dénomination de Groupe islamique combattant, en Libye. Il est, paraît-il, du devoir de chaque État d’arrêter ces individus, s’ils passent sur leur territoire.

Accords contre la vie chère BCBa : Le retrait de l’Etat est scandaleux et dangereux !


Ainsi le gouvernement Sarkozy-Fillon a jeté bas le masque. Les représentants de l’Etat, à savoir la Préfecture et la DIECCTE (Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi, ex DDCCRF), ont décidé de ne plus participer au Comité de suivi de l’accord BCBa (cf Communiqué K5F publié dans Justice n° 50 du 15/12/2011- France-Antilles du 12/12/2011). Cette décision est scandaleuse et dangereuse de notre point de vue.
De quoi s’agit-il ?
Suite au mouvement social de 38 jours de février-mars 2009 où la question de la vie chère était au centre de la colère de la population martiniquaise, un accord avait été signé le 12 mars 2009 pour la baisse des prix de 20 % de 400 produits dans les grandes surfaces et diverses autres dispositions concernant les prix des fruits et légumes, de la viande, etc. C’est l’accord BCBa.
Cet accord était prévu pour une durée de trois ans et doit donc venir à échéance le 12 mars 2012. Le Comité de suivi où siégeait les représentants de l’Etat (préfecture, Dieccte/ex-Ddccrf), la grande distribution (SGDA) et le K5F(Collectif du 5 février) devait discuter le 2 décembre de la suite à prévoir à l’accord de prix BCBa.
La grande distribution se disait prête à faire un effort sur les prix d’un nombre limité de produits (50 dit-on), mais à la condition d’obtenir des contre-parties de l’Etat et des collectivités sous forme de baisse de taxes, d’aide au fret, etc.
Les représentants du K5F, s’appuyant sur l’article 1er de la Lodéom du 27 mai 2009 qui permet au gouvernement de fixer par décret les prix des produits ou familles de produits de première nécessité dans les collectivités d’outre-mer, avait écrit depuis plusieurs mois à la ministre de l’outre-mer pour lui demander de prévoir la mise en place d’une réglementation des prix afin de prendre le relais de l’accord BCBa. Le K5F avait préparé une liste de produits à négocier et attendait de l’Etat des études pour fixer les marges de la distribution. Pas de réponse de Mme Marie-Luce Penchard.
En écrivant qu’il se retirait du Comité de suivi et qu’il laissait face à face les représentants du Collectif du 5 février et ceux de la grande distribution, l’Etat a failli à sa mission qui consiste à maintenir l’ordre public économique. En réalité, aussi bien le gouvernement en la personne de la ministre de l’outre-mer que les représentants locaux de l’Etat sont revenus à la case départ du dogme de la liberté des prix qui leur sert lieu de jugement et de cécité.
Et pourtant le mouvement social du début de l’année 2009, non seulement en Guadeloupe et en Martinique, mais en Guyane et à la Réunion et aussi après en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie est la conséquence de l’inaction de l’Etat depuis 20 ans et plus face à la vie chère et aux abus des monopoles et oligopoles qui dominent la grande distribution dans tous ces pays assujettis au néo-colonialisme français. Lorsqu’il a fallu négocier, on s’est rendu compte que les représentants de l’Etat ignoraient la manière dont se formaient les prix outre-mer car, depuis la liberté des prix Chirac-Balladur de 1987, toutes les études sur ces questions avaient été abandonnées. L’une des conséquences de la mobilisation populaire a été d’arracher à l’Etat la promesse de réaliser des études sur la formation des prix dans les Dom et sur la différence de niveau de coût de la vie par rapport à la France.
Ces premières études, quoiqu’insuffisantes, confirment bien qu’il y a « pwofitasyion ».
Primo : Certes les différences de prix s’expliquent pour une part par la distanceet le coût du transport , mais pas essentiellement par l’octroi de mer puisque la TVA est inférieure dans les DOM. Elles s’expliquent aussi par les surmarges et les situations structurelles de non-concurrence dans de nombreux secteurs et l’existence de parasitisme dans les circuits d’importation.
Deuxio : l’écart de niveau général des prix avec la France est réel et il a été évalué par l’INSEE à plus 17 % en Martinique et à plus 45 % pour les produits alimentaires. D’autres études chiffrent le différentiel de prix Martinique/ France à un niveau supérieur.
Du coup tous les revenus fixés en référence avec le niveau et l’évolution des prix sont amputés de la différence : salaires de la fonction publique, minimum vieillesse, retraites, Smic, RSA, allocations familiales, etc. L’autre conséquence des luttes populaires contre la vie chère est que le pouvoir a été contraint d’accepter une entaille à sa bible de la liberté des prix par l’acceptation d’un amendement des élus des DOM à la loi pour le développement économique de l’outre-mer, dite Lodéom-Jego, qui permet de réglementer les prix des produits de première nécessité en outre-mer par décret. Mais à ce jour le pouvoir refuse de prendre ce décret. Il continue à démanteler les services de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Il favorise la concentration de la grande distribution (effondrement de Leclerc-Lancry risquant d’être absorbé par ses concurrents directs et absorption de Cora par GBH).
Son refus de jouer son rôle dans la mise en place d’un filet de sécurité contre les abus en matière de vie chère est une manière de laisser le champ libre à l’oligarchie qui pille le pays en misant sur l’apparente démobilisation des travailleurs et des consommateurs.
La Martinique, après avoir crié « Péyi-a sé ta nou, sé pa ta yo », n’a-t-elle pas rejeté l’autonomie et l’article 74 ? Tout va bien Madame La Marquise pour la reprise du business, pensent certains. 
Cela est un faux calcul. La Martinique est le pays de la Montagne Pelée et de Désanm 59. A tout moment il peut se produire une éruption dévastatrice. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé à Mayotte que l’on croyait domptée parce que son peuple avait opté pour la départementalisation. Même cause, mêmes effets : La départementalisation a permis la mise en coupe réglée de l’économie par une minorité de profiteurs et a fait monter le coût de la vie. Le peuple mahorais s’est révolté.
La lutte contre la vie chère est une nécessité dans une société où il existe tant de pauvreté, d’exclusion, de chômage et de bas salaires, de précarité, de retraités miséreux, etc. Le pouvoir devrait comprendre qu’il doit revenir à la table des négociations au plus tôt.
Les candidats à la présidentielle française doivent se positionner sur la question de la vie chère en Martinique et dans les autres pays de ce qu’on nomme l’outre-mer qui constitue une priorité puisqu’elle ravage le pouvoir d’achat populaire et ruine notre compétitivité.
Toutes les révoltes de ces dernières années en Afrique et dans le monde arabe sont parties de protestations contre la vie chère.
L’aveuglement et la soumission aux pressions de l’oligarchie compradore égoïste qui tient l’économie de ces pays risquent de coûter cher.     

Michel Branchi

*Economiste, ex-Commissaire Concurrence et Consommation