Affichage des articles dont le libellé est Claudy Siar. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Claudy Siar. Afficher tous les articles

jeudi 11 octobre 2012

LE RACISME ANTI-BLANC N'EXISTE PAS !


Y a t'il un racisme plus grave qu'un autre racisme? Le mot racisme peut-il se conjuguer au pluriel ? racisme: anti-noirs, anti-juifs, anti-roms, anti-arabes, anti-asiatiques...et anti-blancs !?

Les inégalités entre les citoyens de ce pays,  qu'elles soient ethniques, religieuses, culturelles, seraient aujourd'hui si grandes que certains, à droite comme à gauche, politiciens, intellectuels et journalistes s'autorisent l'emploi d'une telle expression?
La vulgarisation de la terminologie " racisme anti-blanc " nourrit la crise identitaire qui gangrène notre pays. Ceux qui s'en servent, le font à des fins personnelles et sont des irresponsables.
Une part importante de la classe dirigeante est incapable de reconnaître et d'accepter la France dans sa mutation identitaire, culturelle et cultuelle.
A droite comme à gauche, nombre d'entre eux s'accordent à dire : "Le racisme anti-blanc existe, il ne faut pas se voiler la face! " Affirmer cela, témoigne d'une méconnaissance de l'histoire de notre pays et de l'humanité.
Comme le dit Kery James : " il n'y a pas de couleur pour être raciste! "
Le racisme c'est du racisme, et ce quelle que soit l'origine de celui qui s'en rend coupable ou qui le subit.

En 2005, dans l'émission "Riposte" sur France 5, j'en avais fait la démonstration. A l'époque, A. Finkelkraut avait lancé sa pétition baptisée: "Sébastien, David et Kader" co-signée par P.Bruckner et B.Kouchner. Une protestation très médiatique accompagnée de son slogan "le racisme anti-blanc". On doit cette expression à Jean Marie Le Pen... Belle référence ! Quelques responsables politiques ont souvent dit de l'ancien leader du front national qu'il posait les bonnes questions  mais apportait les mauvaises réponses... Belle connivence ! 
Mais revenons aux événements de 2005.  En marge des manifestations estudiantines , de jeunes voyous avaient agressés des étudiants/manifestants. Serge Moati me dit avec insistance que nous avions bien vu sur les images des différents reportages des noirs agressant des blancs. Je lui répondis : "j'ai vu  des jeunes s'en prendre à d'autres jeunes ! Ils sont coupables des actes qu'ils ont commis et la couleur de leur peau ne doit pas influencer notre réprobation.
Nous n'avons  pas le droit d'ethniciser les comportements des uns ou des autres, aussi délictueux soient-ils. Je terminais mon propos en démontrant que cette pétition  "Sébastien, David et kader" était raciste. Elle sous entendait que tous les noirs n'avaient pour prénoms que Boubacar, Mamadou ... et pourquoi pas Bamboula !
  Un blanc raciste , ce n'est dans l'esprit de beaucoup, que du racisme "ordinaire", le racisme originel ... Lorsque le blanc devient la victime, on adjoint au terme racisme les mots "anti-blanc", quelle absurdité! 
Le racisme est  protéiforme. L'une de ses facettes est né du sentiment de supériorité des Européens envers d'autres peuples réduits en esclavage ou (et) dominés par la Colonisation. Les rhizomes du racisme se sont propagés dans cet asservissement. Les revendications légitimes de liberté et d'égalité se heurtèrent aux mouvements racistes aux Etats Unis, au Brésil, en Australie, en France (et dans ses colonies), en Belgique (et dans ses colonies), en Grande Bretagne (et dans ses colonies) , au Portugal (et dans ses colonies), aux Pays Bas (et dans ses colonies)....
Plusieurs générations de ces victimes de crimes contre l'Humanité n'ont pas accepté leur condition. Leurs descendances portent en elles les douleurs de leur naissance  dans les fers de la discrimination.
Certains cultivent envers les "Blancs" une haine raciste et ravageuse. Il ne s'agit pas de racisme anti-blanc mais de racisme tout simplement. 
Cependant, au regard de l'histoire, peut-on comparer le racisme d'un Sud-Africain blanc à l'égard d'un noir à celui d'un Sud Africain noir à l'égard d'un blanc? 

J'avoue humblement ne pas avoir de réponse. Mais je ne peux me résigner à accepter, ni à comprendre une forme de racisme plutôt qu'une autre. Il n'y a qu'un racisme et quelles qu'en soient les raisons, le racisme est inacceptable !

Je suis un Afro-Caribéen de la Guadeloupe, le peuple auquel j'appartiens est né dans les fers de l'esclavage, et je connais le bruit et l'odeur du racisme.
Agressés, nous devons adopter la posture de Nelson Mandela.  Que l'on soit victime de discrimination depuis des générations ou que l'on appartienne à une caste pétrie d'une domination illusoire,  rien ne justifie le racisme.
Au nom des valeurs universelles de l'égalité et de la construction sociétale, nous devons poser les bases fondatrices d'une nouvelle identité française respectueuse de toutes les parcelles qui la composent .

Non, le racisme anti-blanc n'existe pas ! Si vous hiérarchisez, vous divisez! Le racisme anti-blanc est un fantasme de conservateurs réactionnaires ! Ce n'est qu'un concept de politiciens et de journalistes en mal de succès à qui l'avenir ne réserve qu'échec et marginalisation.

Si en 1900, être français voulait dire être blanc et catholique , en 2012, il n'y a plus de couleur ni de religion pour être citoyen de ce pays... notre pays.
 Comment y aurait-il un racisme que l'on banalise, condamné pour le principe et ce "R.A.B" (racisme anti-blanc) que l'on nous sert en nous faisant bien comprendre qu'il est plus grave que toutes les autres formes de discriminations ! 


CLAUDY SIAR

mardi 17 janvier 2012

Tarification inégale de la téléphonie mobile entre les DOM et l’Hexagone


Claudy Siar, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer interpelle les opérateurs de téléphonie mobile sur leurs politiques tarifaires qui assimilent les départements d’Outre-mer à des pays étrangers.

Le déficit de valorisation de l’Outre-mer à l’échelle nationale entraîne parfois une inégalité de traitement et une absence de prise en compte des problématiques des populations issues de ces départements.

La France est une et indivisible. La continuité territoriale est un principe de service public appliqué dans l’Hexagone et qui peine à l’être envers les originaires d’Outre-mer. Comment justifier des forfaits spécifiques pour communiquer entre la France hexagonale et ses régions d’Outre-mer ? En effet, selon où l’on réside, les opérateurs proposent dans ces forfaits « Métropole/International », « Dom/Europe », « Dom/International ». 

Chez certains opérateurs le coût d’un appel dans les Dom est identique à celui d’un appel en Belgique. Chez d’autres, l’appel vers les DOM est facturé plus cher que celui vers les USA , le Brésil ou Madagascar.

L’argument de la distance ne peut donc être retenu, cette pratique inégalitaire des prix de communications entre l’Hexagone et l’Outre-mer nourrit un sentiment d’injustice déjà très présent chez les Français d’Outre-mer. Les originaires des DOM en colère ne supportent plus ces disparités.

Un habitant de Lille peut appeler Marseille de son portable au tarif d’une communication locale. Il ne comprendrait pas aujourd’hui que son appel entre ces deux villes soit plus onéreux qu’un appel intramuros.

La Délégation Interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer a le devoir de défendre le principe de continuité territoriale et de l’imposer à tous. Le rapport, de juillet 2009, de la Commission 12 des Etats généraux de l’Outre-mer dans l’Hexagone rapportait déjà « Les Ultramarins utilisant des portables dans un département français d’Outre-mer, sont traités comme les utilisateurs des portables de pays étrangers. L’itinérance sur la téléphonie mobile pratiquée par les opérateurs est appelée roaming. Ainsi, un abonné des opérateurs d’Outre-mer qui se déplace dans l’Hexagone voit sa facture augmenter de manière scandaleuse, à cause de ce fameux roaming. Il en est de même pour un hexagonal
utilisant son portable en Outre-mer ou appelant l’Outre-mer depuis l’Hexagone ».

Aussi, le Délégué est déterminé à oeuvrer avec toutes les parties prenantes de ce dossier afin de sortir de cette politique discriminatoire. Associations, consommateurs et groupes présents sur les réseaux sociaux soutiennent l’action entreprise par le Délégué.

Claudy Siar saisira pour avis l’Autorité de la concurrence.


jeudi 1 décembre 2011

Claudy Siar réagit à la synthèse « violence et insécurité en Guadeloupe »


«… La seconde porte sur la dimension ethnique, ce qui est à l’opposé de la tradition républicaine mais s’avère à bien des égards éclairante : la majorité des crimes et des délits est commise par des guadeloupéens d’ascendance africaine, ce qui pose la question de la définition identitaire et communautaire de ce territoire »*.


Cette phrase hautement condamnable est extraite du « rapport sur la délinquance en Guadeloupe » présenté le 8 novembre 2011. Dans un chapitre intitulé « Un état des lieux édifiant », le Docteur en Droit et criminologue Gaëlle Comper ethnicise le comportement délictueux de jeunes guadeloupéens.


Cette analyse scandaleuse de la « dimension identitaire et communautaire de notre territoire » a suscité émoi et colère non seulement en Guadeloupe mais aussi dans l’hexagone. Cette déclaration inacceptable franchit la limite de la légalité et on peut s'étonner du silence de la classe politique, médiatique et intellectuelle.


Il est certain que la délinquance a augmenté en Guadeloupe plus qu’ailleurs. L’Observatoire national de la délinquance en a recensé les chiffres dans tous les départements français. Qu’il s’agisse de cambriolages, de violences sexuelles ou même d’escroqueries et d’abus de confiance, la Guadeloupe se retrouve au-dessus des moyennes nationales. Pour autant, je m’inscris en faux contre les déclarations de Madame Comper. Inappropriées et nauséabondes, elles viennent raviver les plaies de notre pays et qui ne sont pas sans en rappeler celles, toutes aussi délétères, d’Eric Zemmour qui s’était permis de justifier les contrôles au faciès par le fait que les dealers sont surtout les Noirs et les Arabes.


Cet extrait vient nous rappeler les maux qui gangrènent notre société des Antilles : Nous avons si bien intégré les codes du racisme que certains d’entre-nous préfèrent offrir une piste de réflexion ethnique aux vraies raisons de la délinquance en Guadeloupe. Il me semble cependant qu’il a déjà été démontré que la criminalité puise ses racines ailleurs : dans un contexte psychosocial difficile et dans la discrimination.


La terre de Guadeloupe porte encore les stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Cette « analyse fumeuse » nous impose un insupportable retour en arrière. Notre île est un berceau de métissages. À partir de quel taux de mélanine est-on d’ascendance africaine ? Les Noirs foncés sont-ils plus dangereux que les Noirs clairs de peau ? Madame Comper se doute-t-elle que l’extrait de ce rapport peut allumer le feu de la poudrière de la jeunesse guadeloupéenne qui se sent déjà si peu considérée ? Une partie de la jeunesse est coincée entre chômage et misère. Son horizon, aussi bleu soit-il, ne cesse d’être gris. La situation économique à laquelle elle est réduite est au mieux une source de mal-être, au pire une cause de déviance.


On ne peut, ni ne doit ethniciser un comportement, même délictueux. Comme tant d’autres, je me définis comme un afro-caribéen de la Guadeloupe et comme tant d’autres Guadeloupéens, je me sens insulté par de tels propos. Suis-je moi aussi un délinquant potentiel ? Fais-je partie de cette catégorie « à risque » ?


Je condamne fermement ces écrits et demande à chacun de prendre ses responsabilités face à un rapport qui aurait sans doute provoqué de plus vives réactions s’il avait été publié à Paris.


Claudy Siar, 
délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer

* Extrait de la synthèse des auditions préparatoires au Congrès des Elus Régionaux et Départementaux du 7 novembre 2011 sur le thème « violence et insécurité en Guadeloupe »



samedi 23 avril 2011

Communiqué de la délégation interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer


C'est avec tristess que nous avons appris la disparition de Serge NUBRET, à l'âge de 73 ans. Ce fils de la Guadeloupe, originaire de la commune d'Anse-Bertrand fut l'un des premiers héros de son Ile. Ses victoires dans le monde du culturisme et du sport permirent à toute une génération d'Antillais de s'identifier à lui.

Par ses nombreux succès, Serge NUBRET a fait notre fierté, il a nourri nos ambitions de réussite.

Surnommé "la panthère noire", il fut le symbole de cet outre-mer qui rayonne à travers le monde, et qui fait la grandeur de toute la République. Dirigeant de Fédération, culturiste de renom, il se distingua aussi dans le monde du cinéma notamment dans "César et Rosalie" de Claude Sautet et "Le Professionnel" de Georges Lautner.

La France a perdu l'un de ses ambassadeurs, un homme dont l'engagement pour les valeurs sportives et républicaines font honneur à la communauté nationale.

La Déléguation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer, présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Claudy SIAR
Délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer.