vendredi 24 juin 2011

Haïti: 18.000 cas de choléra en 40 jours


L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué vendredi que plus de 18.000 nouveaux cas de choléra avaient été enregistrés en quarante jours, de mai à juin, à Port-au-Prince en Haïti où l'épidémie a tué 5.397 personnes depuis son apparition en 2010. "Depuis mai 2011, il y a une augmentation des cas de choléra dans certaines régions en Haïti, spécialement dans les environs de Port-au-Prince et du Sud de la Péninsule", a expliqué un porte-parole de l'OMS. L'ONU a publié début mai une enquête sur l'origine de l'épidémie incriminant une souche venue d'Asie du sud tout en se gardant de pointer les Casques bleus népalais, accusés par plusieurs scientifiques d'être la source de la contamination. Au plus fort de l'épidémie, plusieurs dizaines de décès étaient enregistrés par jour.

Des témoins ont cherché à étayer les accusations de Luc Ferry


PARIS (Reuters) - Plusieurs personnes se sont présentées à la police judiciaire de Paris pour appuyer les accusations de pédophilie portées par Luc Ferry contre un ancien ministre, a-t-on appris vendredi de source policière.
Ces témoins ont fait état il y a une dizaine de jours d'enquêtes policières dans un ou plusieurs hôtels de Marrakech et fourni des "éléments concrets", précise le Parisien, qui a révélé l'information.
Interrogée par Reuters, la PJ parisienne n'a pas précisé si ces personnes avaient évoqué spécifiquement le cas d'un ancien ministre ou porté des accusations plus générales.
L'ancien ministre de l'Education avait déclenché un tollé le 30 mai dernier en rapportant, sans preuves, qu'un ancien ministre s'était fait surprendre avec de jeunes garçons dans un hôtel de Marrakech avant 2002.
Il avait dit tenir ces informations du sommet de l'Etat, notamment d'un ancien Premier ministre.
Depuis, un médecin et un disc jockey, notamment, se sont présentés spontanément à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire de Paris chargée d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris.
Certains témoins ont raconté avoir été bloqués dans leur hôtel de Marrakech par la police marocaine après la découverte de faits criminels commis dans l'établissement.
Ils ont situé les faits entre 2000 et 2003, ce qui correspond à la période sur laquelle travaillent les enquêteurs, dit-on de source policière.
Selon Le Parisien, les enquêteurs ont demandé à pouvoir entendre les diplomates français en poste au Maroc à l'époque des faits présumés.
Ils ont entendu le 10 juin l'ancien patron des Renseignements généraux Yves Bertrand, qui avait évoqué cette affaire dans ses carnets saisis dans le cadre de l'affaire Clearstream.
Devant les journalistes, Yves Bertrand a toutefois évoqué de "simples rumeurs", laissant entendre qu'il en avait parlé aux responsables socialistes de l'époque tout en affirmant ne pas avoir rédigé de rapport officiel.
"Ce n'est pas parce que je l'ai écrit dans mes carnets que c'est vrai", a dit l'ex-patron des RG au Point.fr, qui est accusé par des responsables de gauche de chercher à semer la confusion.

Yves Clarisse 

L’image qui choque les Baoulés


Charles Coovi Gomez écrit : « La France de Nicolas Sarkozy humilie la Côte d’Ivoire en Obligeant avec la la honteuse complicité d’Henri Konan Bédié les Chefs baoulés à se prosterner un à un devant le ‘‘préfet’’ Dramane Ouattara… Même au temps de Houphouet Boigny cela ne s’était jamais produit. »

Buju Banton dort en prison

Le chanteur Reggae Buju Banton, de son vrai nom Mark Myrie a été jugé et reconnu coupable par un tribunal de Tampa en Floride pour négociation et transaction de drogue, le juge l’a condamné à 10 ans de prison, il se retrouvera à la prison fédérale de Miami. La peine est lourde, malgré qu’il ait bénéficié de nombreux soutiens dont Danny Glover, Grampa Morgan, Delly Ranx. Son avocat David Oscar Markus interjettera appel du verdict et espère faire libérer l’artiste ayant reçu un Grammy Awards au mois de février.


Une victime des gendarmes de Bitam au Gabon



Pardon pour toutes les âmes sensibles, cette image choquante est la photo de l'un des nombreux étrangers morts à la brigade de gendarmerie de Bitam la semaine dernière. Après que les autorités gouvernementales nous ont menti sur les conditions de leur mort, voilà que de nombreuses images que nous nous abstenons de vous montrer viennent prouver le contraire. Non ils ne sont pas morts de choléra mais plutôt du fait de la stupidité et du manque d'humanisme de gendarmes zélés.

Arrestation de Laurent Gbagbo; L'ex Dame de compagnie de Simone Gbagbo fait des révélations


Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien(Fpi) jusqu’au 11 Avril 2011, Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l’Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d‘Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l’arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livredans cet entretien les derniers instants dans le bunker…


Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d’Angré que nous sommes, ce n’était pas du tout le repos car la nuit c’était les bruits d’armes en provenance d’Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d’Abidjan ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d’habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j’ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d’avant nous avions été informés que j’étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j’habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j’apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ‘’Allées’’ et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu’ à l’arrestation du Président Gbagbo. D’ailleurs je préférais être sur les lieux dans ces circonstances. 

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvé dans les mêmes circonstances et je me suis rendu utile. J’ai ouvert les bureaux de la première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d’être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J’étais la quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n’était pas en fuite. J’ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l’accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé. 

Pour ce qui s’est passé, il faut noter qu’avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d’arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en actions. Ainsi, il y a eu l’attaque de l’école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d’Agban( etc). 

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l’Ambassade du japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l’Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l’entrée de la résidence. C’est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l’arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au dessus de sa chambre alors qu’il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous sol car c’est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D’autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21h à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au levé du jour. Le bureau de la première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l’Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l’accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c’est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu’ à l’arrestation du Président. 

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous nous attendions 21 heures pour la ‘’pluie de feux’’, comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s’est poursuivi jusqu’ à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n’a pas atteint l’intérieur du sous-sol. 

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d’égouts. Cela s’est transformé en une fumée opaque. Ils l’ont fait a dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d’électricité étaient à cet endroit. Le commandant Seka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la notre, il n’y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adje Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ‘’certainement’’ la Première Dame, le Ministre Aboudramane Sangare, etc.

Le Ministre Tagro s’est proposé à la négociation. Je l’ai vu et entendu téléphoner quelqu’un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, « demandez leur d’arrêter de tirer, je viens discuter ». J’ai appris plus tard que cette personne était l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l’attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous - sol, il était encore à l’entrée de la résidence, téléphone à l’oreille. 

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine, a-t-il mis le nez dehors qu’il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d’entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grande chose. Quelques instants après, d’autres (soldats rebelles ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo ndlr) qu’ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit, qu’ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s’il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c’est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d’autres garder notre porte. La suite de l’arrestation, vous l’avez vu par les images qu’ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury , le Ministre Adjobi Christine, l’ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en dessous de l’aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l’assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant complètement trempé de son sang. Il est allé s’adosser au mur de la résidence de l’Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l’un d’eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L’objectif des deux groupes (forces licorne et des forces rebelles ndlr) était de tuer le Pr Laurent GBAGBO et d’éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d’entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armée des forces nouvelles ndlr) pour commettre l’exploit de l’assassinat de plus d’une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n’ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C’est Dieu qui a travaillé en notre faveur, psaume 23

Abidjandirect.net : Qu’en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l’enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d’une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d’un obus la veille, n’ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu’après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l’Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s’échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s’ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C’est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu’elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n’étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c’est qu’il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l’Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu’ au golf.

Réalisé par Abidjandirect.net

jeudi 23 juin 2011

Doutes autour de la guerre en Libye

Un rapport publié par un groupe d'experts indépendants estime que les Occidentaux sont trop indulgents avec le Conseil national de transition, dont certains membres seraient des extrémistes.

En Libye, la guerre dure. A tel point que l’Assemblée nationale devra débattre et voter le 12 juillet sur l’intervention française. La Constitution l’exige lorsqu’un conflit dure plus de 4 mois. Au-delà de la question du coût, terriblement difficile à évaluer, comme le raconte le Guardian, la situation sur le terrain ne semble pas vraiment évoluer.

Sur le front est, les rebelles sont toujours bloqués à Ajdabiya, comme lors des premiers jours de leur avancée. Misrata, après un petit mois d'accalmie, est à nouveau attaquée par les forces de Kadhafi. L’Otan, elle, bombarde régulièrement Tripoli et reconnaît même avoir commis deux bavures le week-end dernier – ses premières officielles – ce qui était inévitable. L’arrivée sur le terrain d’hélicoptères britanniques puis français n’a pas vraiment changé la donne. Un drone a même été abattu ce mardi.



(cliquez ici pour agrandir la carte)Et alors que la coalition semble à court d’idées, un rapport publié la semaine dernière par le Ciret, le Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme, est venu remettre fortement en cause l’intervention (le consulter ici).

Grand écart

Ses auteurs, que l’AFP, reprise notamment par le Monde.fr,présente comme «un groupe d'experts français et étrangers des questions de défense et du monde arabe» estiment que les Occidentaux sont trop indulgents avec le Conseil national de transition alors que certains de ses membres sont des extrémistes. Selon eux, «la coalition militaire sous l’égide de l'OTAN soutient une rébellion comprenant des terroristes islamiques». Sont mis en cause notamment des combattants du GIGL, le Groupe islamique des combattants libyens, un mouvement lié à Al-Qaeda. «La région qui va de Benghazi à Tobrouk, en passant par Derna, représente l'une des plus grandes concentrations de terroristes du monde, avec un combattant envoyé en Irak pour 1000 à 1500 habitants», racontent-ils.

Les auteurs rappellent également que, depuis qu’à Benghazi les arsenaux ont été pillés, «les services de renseignement sont très inquiets sur le devenir des armes pillées par les insurgés dans les arsenaux libyens. En particulier des missiles sol-air portables de type SAM-7.».


Ce qui surprend dans ce rapport est son grand écart avec les analyses de l'Otan ou des médias sur le terrain. Au fil des pages, on a parfois l’impression que tout est fait pour décrédibiliser la rébellion et critiquer la région cyrénaïque. Pour le directeur du Centre Français de recherche sur le Renseignement, Eric Denécé, l’un des auteurs du rapport, cette impression est due «à la désinformation pratiquée par les médias sur place».

Un autre des auteurs, Yves Bonnet, ancien député et directeur de la DST a, sur RFI, reproché à des médias comme Al-Jazira d’avoir menti, en annonçant notamment que Kadhafi bombardait sa population à Tripoli. Il estime «qu’accuser un dirigeant politique de bombarder sa propre population c’est une accusation extrêmement grave, surtout quand la justification de l’intervention internationale c’est la protection des populations civiles.» Précisons toutefois que comme le racontait à l'époque l'envoyé spécial de Libération sur place, le régime lybien a bombardé sa population dans d'autres villes, notamment à Benghazi.

Eric Denécé explique «qu’ils ne sont pas du tout pour Kadhafi, qu’ils sont bien conscients que c’est un despote», mais qu’il faut avoir conscience de certaines réalités, notamment que «c’est une guerre du pétrole» et que «plusieurs acteurs internationaux, comme l’Arabie Saoudite et le Qatar, verraient d’un bon oeil l’instauration d’une monarchie pétrolière en Cyrénaique».

Théorie du complot

Une autre des auteurs, Saïda Benhabyles, ancienne ministre de la Solidarité algérienne, va plus loin. Au quotidien Le Temps d’Algérie, elle a déclaré qu’elle estimait que le conflit libyen était monté de toutes pièces. Selon elle, «les forces de l'Otan tuent les civils, les enfants, les femmes, des simples citoyens et tirent sur tout ce qui bouge. Nous avons vu des images horribles, même les hôpitaux n'ont pas échappé à cette alliance militaire».
Des propos à remettre dans le contexte algérien, pays dont le régime ne veut absolument pas connaître le sort des autocrates voisins. Sur RFI, Yves Bonnet a estimé ainsi que «l’Algérie ne tient pas du tout à ce que Kadhafi s’en aille».

Encore plus surprenant, alors qu’Eric Denécé explique qu’ils n’ont «eu aucun problème pour travailler des deux côtés», le journal algérien raconte que Saïda Benhabyles «a passé des nuits blanches par crainte d'être arrêtée par les services de renseignements israéliens ou européens».De plus, l'ancienne ministre, sombrant dans la théorie du complot, estime que Bernard-Henry Lévy est «le chef des insurgés» et «est au courant de tout et coordonne toutes les actions». Interrogé sur ces déclarations, Eric Denécé raconte au contraire que BHL «a été très correct avec lui» lorsqu'ils se sont rencontrés à Paris et que les propos de Saïda Benhabyles «ont dû être mal rapportés».


Certains de ses auteurs semblent donc avoir des intérêts divergents et quelques biais idéologiques. Mais le rapport reste intéressant dans le sens où il n’aurait peut-être pas été écrit si l’intervention militaire s’était parfaitement déroulée. De même, les médias ne l’auraient peut-être pas autant relayé sans poser la question de sa légitimité si de nombreux doutes sur le succès de la coalition internationale ne survenaient pas déjà.