lundi 23 janvier 2012

POURQUOI PAS LE RETRAIT DES TROUPES MILITAIRES FRANCAISES DES L'AFGHANISTAN, DU GABON, DE LA RCA ET DE LA CÔTE D'IVOIRE MONSIEUR SARKOZY ?


Oui, on se serait senti mieux si NICOLAS SARKOZY avait annoncé le retrait des troupes Français de l'Afrique en général et pas seulement de l'Afghanistan. En effet, les citoyens français s'interrogent : que font donc nos braves loin de leur terre, loin de leur familles à mourir si loin de leurs parents, si loin si loin de la douce France ? Au delà des meurtres de nos braves soldats par les fous de Dieu, l'on pourrait aujourd'hui conclure qu'ils meurent pour rien, oui pour des raisons cachées si cachées que les seules raisons de ces sales guerres se trouvent dans l'esprit de Nicolas Sarkozy, homme de sang et de guerre, de malheur et de tristesse ! Oui que de tristesse distillée depuis cinq ans par notre Président ! Des tonnes de bombes sur les Libyens ! Des kilos de bombes sur les Ivoiriens ! Des Afghans massacrés, pourquoi ? Oui pourquoi ? Difficile de se l'expliquer pour la Française que je suis, car nous n'avons pas un ministère de la guerre, mais un ministère de la défense- Ce qui signifie que notre armée est là pour nous protéger des agressions extérieures, assurer notre sécurité ; ce qui veut dire que notre armée n'est pas un corps d'envahisseurs mais une formation constituée d'hommes de paix dont le rôle essentiel est le maintient de la paix et d'assurer la sécurité des citoyens français ! Diantre, que sont-ils donc allés chercher en Afghanistan, en Côte d'Ivoire ou en Libye? Rien pour les Français ! Rien de bénéfique pour notre économie... Juste la mort, donc des larmes ! Outre le faite que ces guerres coûtent chers aux pauvres contribuables que nous sommes, elles meurtrissent profondément des centaines des familles françaises qui perdent leurs enfants, brouillent l'image de la France en tant que pays des droits de l'homme devenu depuis plus d'un an, un pays d'hommes violents, capables de traverser les mers pour tuer, tuer... L'incompréhension sur les raisons qui fondent ces guerres créent une féroce rancune chez les peuples ainsi agressés. Jamais la France n'a été aussi haïe à travers le monde et il ne fait pas bon être un citoyen français dans plusieurs parties du globe ! Au MAF, nous sommes convaincus qu'il conviendrait de retirer nos troupes de tous les pays pour des raisons humanistes d'une part et, d'autre par,t pour des raisons économiques. En effet, il nous semble peu judicieux qu'un Etat aussi puissant soit-il, puisse un seul instant s'imaginer qu'il pourrait dominer d'autres civilisations par les armes, par la soumission ou par la terreur, ce d'autant plus fortement que par les périodes qui courent, l'éducation massivement des populations, leur scolarisation ne permet plus de les tromper longtemps sur une quelconque présence étrangère. Elles ne croient plus à la mission civilisatrice de l'Occident ! Elles savent que invasions étrangères sont exclusivement muées par l'envie féroce celui de leur arracher leurs richesses ! Ce constat établi, il conviendrait que Monsieur Sarkozy établisse un autre type relationnel avec les peuples d'ailleurs, mais en est-il seulement capable ? Il nous faut absolument changer de logiciel, comprendre que après une guerre, les peuples meurtris sont moins enclins à commercer avec nous ; comprendre qu'après une guerre, les peuples meurtris sont moins disposés à parler notre langue et à faire rayonner notre culture ! il est temps que les futurs dirigeants français comprennent que le défi de ce troisième millénaire n'est ni guerrier, ni économique, mais... culturel ! Il est temps qu'ils comprennent que pendant que nous faisons la guerre, la Chine fait des affaires et propage sa culture.

Calixthe Beyala

Nouvelles de la Libye

23/01/2012 : Abdel Selam Saad, chef des rebelles du groupe armé 28 mai de Ben Walid a été tué et son groupe armé s'est rendu. Ben Walid est maintenant sous contrôle des pro Kadhafi.




‎21/01/2012 au soir : Le véhicule du président du conseil de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil attaqué par une foule en ébulition à Benghazi.

N’OUBLIONS PAS ABIDJAN ET TRIPOLI !


Au comble de leur infamie, après s’être mis d’accord pour s’en aller bombarder, massacrer, et dévaster, à des milliers de kilomètres de chez eux, des populations et des villes, de pays lointains dont ils ne savaient rien, et qui ne leur avaient strictement rien fait, les partis crapuleux de gauche et de droite, fauteurs de ces crimes et de ces malheurs, semblent là encore s’être mis d’accord, pour exclure de leurs affrontements électoraux, ces questions de politique étrangère, là où il y aurait bien sûr le plus à dire, quant à leur totale malfaisance...

Tout se passe donc comme si la survie du porte-monnaie des Français, question d’un intérêt universel comme chacun sait, constituait un sujet qui ne souffrait pas le moins du monde d’être concurrencé par les questions quant à la survie des gens de ces contrées dévastées, par ceux qui en leur nom, ont massacré des dizaines de milliers de personnes, pour pouvoir s’approprier les richesses de leurs pays, et que l’intérêt du porte-monnaie gaulois, valait davantage que la vie de ces gens, et constituait un sujet plus grave et plus préoccupant, que le malheur des survivants.

Ainsi, au mépris du droit des peuples de pays souverains, de disposer d’eux-mêmes, au mépris de leur liberté, de leur dignité, et de la vie même de leurs ressortissants, et à tout le racisme crasseux de ceux qui pensent qu’étant d’une essence supérieure à celle des gens du Sud, il leur appartient de décider à leur place de ce que doit être leur forme de gouvernement, s’ajoute le mépris de considérer si l’action d’une sauvagerie inouïe, menée contre eux, au motif de leur apporter encore une fois, la “civilisation”, aurait eu quelque conséquence qualifiable dans un sens ou dans un autre, eu égard sait on jamais, à quelques buts de guerre, puisqu’il y eut bel et bien “guerre”.

Rien de tout cela ne semble avoir d’intérêt pour les braves et honnêtes citoyens de ce pays massacreur, et c’est au comble de l’indécence que nous voyons se congratuler, ces gens d’un parti prétendument “progressiste”, pour la logorrhée de leur champion déclinant son catalogue de bonimenteur, bien sûr de tradition en saison électorale, sans qu’à aucun moment, le moindre compte ne lui soit demandé, quant au trois actes qui furent de loin les plus graves de cette triste mandature, et pour lesquels il a apporté son franc soutient, c’est à dire les trois guerres criminelles et imbéciles, dans lesquelles la nation toute entière s’est trouvée engagée.

Le courage n’est visiblement pas de ces rangs là. Mais, malheureusement il demeure que jusqu’à ce jour, même si tous ces gens ne veulent d’évidence plus rien en savoir, hors la capture des richesses de la Côte d’Ivoire et de la Libye, qui était le véritable motif de ces croisades colonialistes, ni la démocratie, ni la justice, ni la liberté, ni le droit, et surtout pas la paix, n’ont à ce jour été apportés dans ces pays qui, en plus de la dévastation totale de leurs équipements publics, et le pillage de leurs ressources naturelles, se voient infligés une dette pour leur faire payer les bombes qu’on leur à balancées, et dont on espère que les traitres placés à leur tête, s’en acquitteront.

A cette heure où nous parlons, on se bat encore dans ces contrées, et des nouvelles d’exactions de la part des marionnettes au pouvoir en Côte d’Ivoire nous parviennent tous les jours. Quant à la Libye, nous en sommes déjà à l’heure des règlements de compte entre factieux, probablement à cause de mécontentement quant au partage du gâteux, que constitue la partie restreinte des avoirs de cette république, restituée par les braqueurs occidentaux.

De ces désastres causés en leur nom et par leurs forces armées, nos braves concitoyens n’en ont cure, et ils s’en iront aux urnes, avec l’espoir que la victoire de leur champion, les soulagera d’une partie de leurs impôts, et sans se soucier de savoir combien les bombes qui furent achetées avec ceux qu’ils ont déjà payés, ont pu tuer, avec leur consentement implicite, de gens qui ne leur avait pourtant absolument rien fait...

Le bellicisme ne peut pas être célébré, comme étant une option progressiste, à chacun donc, d'être digne de son droit de vote...

Paris, le 23 janvier 2012
Richard Pulvar

« Vœux du Président en Guyane : un grand discours qui fait écho à un vrai bilan sur l’outre-mer »



En effet, ces vœux ont été l’occasion de rappeler le bilan considérable du Président pour l’outre-mer et les ultramarins.Samia Badat, secrétaire nationale de l’UMP en charge des nouveaux engagements solidaires, et originaire du Département de La Réunion, se félicite du discours tenu par le Président de la République lors des vœux présentés hier à la France d’outre-mer depuis la Guyane.
Jamais un Président ne se sera autant investi pour l’outre-mer : création de la délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer qui a à son actif plus de 180 mesures en faveur des ultramarins de l’Hexagone, instauration de  « 2011, Année des outre-mer » et les 550 manifestations, mise en place des Etats généraux de l’outre-mer et des mesures issues du Conseil interministériel pour l’Outre-mer, sans parler de la mise en œuvre des changements institutionnels voulus par les territoires et départements pour tenir compte de leurs différences…
Malgré ce bilan déjà considérable, Nicolas Sarkozy a souhaité hier aller encore plus loin en promettant de tout mettre en  œuvre pour faire baisser les tarifs de la téléphonie mobile vers l’outre-mer, mais aussi de mettre en place des mesures permettant aux fonctionnaires ultramarins de retourner s’ils le souhaitent dans leur territoire d’origine. Ces mesures, très attendues des ultramarins, prouvent s’il en était besoin la profonde connaissance et le sincère attachement de Nicolas Sarkozy aux compatriotes d’outre-mer.

Samia Badat 
Secrétaire nationale de l’UM


La guerre mondiale contre la démocratie



Lisette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçu dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes: “Continuez à sourire les filles !”
Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit: “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons; ils devaient nous terrifier pour que nous partions ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu les rumeurs que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”
Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les “socialistes” britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit “nettoyée” et “aseptisée” de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. “Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques”, dit Lisette, “quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler.”
Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant: de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. “Ils sont morts de tristesse”, dit-elle. “Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse.”
Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de “Maintenir la fiction”, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en “reclassifiant” la population comme étant une population “flottante, nomade” et de “refaire les règles au fur et à mesure”. L’article 7 des statuts du TPI dit que “la déportation ou le transfert forcé de populations” est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la “défense” qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. “Il n’y a rien dans nos dossiers”, dit un officiel du ministère, “à propos des habitants ou à propos d’une évacuation.”
Aujourd’hui, l’île de Diego Garcia est cruciale à la guerre contre la démocratie menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les plus gros bombardements qui ont eu lieu en Afghanistan et en Irak ont été lancés de cette base, au delà de laquelle le cimetière et l’église abandonnés par les insulaires se dressent comme des ruines archéologiques. Le jardin en terrasse d’où Lisette souriait à la caméra est maintenant un dépôt pour des bombes anti-bunkers transportées sur leurs lieux de bombardements sur deux continents par des bombardiers B-2 furtifs aux allures de chauve-souris. Une attaque sur l’Iran commencera de là. Comme pour compléter le blason du pouvoir criminel omni-présent, la CIA y a ajouté une prison du style de Guantanamo pour les victimes de son programme de “rendition”, appelé “Camp Justice”.
Ce qui fut fait au paradis de Lisette a une signification forte et universelle dans la mesure où cela représente la nature violente et sans pitié d’un système entier derrière sa façade démocratique et la mesure de notre propre endoctrination avec ses suppositions messianiques, décrites par Harold Pinter comme “de brillants numéros d’hypnose, spirituels même, qui fonctionnent”. Plus longue et plus sanglante que toute guerre depuis 1945, faite avec des armes démoniaques et un gangstérisme déguisé en politique économique, parfois connu sous le nom de mondialisme, la guerre contre la démocratie n’est pas mentionable dans les cercles de l’élite. Comme l’a écrit Pinter: “Cela ne s’est jamais produit et dans le même temps cela se produisait”. En Juillet dernier, l’historien américain William Blum a publié son sommaire mis à jour des statistiques de la politique étrangère américaine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont:
1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entr’eux démocratiquement élus.
2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.
3. Interféré éhontement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.
4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.
5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.
Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos.
La véritable échelle de la souffrance, sans parler de celle de la criminalité impliquée, n’est pas connue en occident, malgré la présence des systèmes de communication les plus avancés au monde, nominalement le journalisme le plus libre et l’académie la plus admirée. Que le plus grand nombre de victimes du terrorisme, du terrorisme occidental, soient les musulmans est quelque chose qu’on ne peut pas dire, si cela est seulement su. La mort d’un demi million d’enfants irakiens dans les années 90 suite à l’embargo imposé par la Grande-Bretagne et l’Amérique n’a absolument aucun intérêt. Que le djihadisme extrême, celui qui mena aux attentats du 11 Septembre, fut couvé et développé comme une arme par la politique occidentale (“Opération Cyclone”) est une information connue des spécialistes mais autrement complètement supprimée.
Alors que la culture populaire en Grande-Bretagne et en Amérique immerge la seconde guerre mondiale dans un bain éthique pour les vainqueurs, les holocaustes qui émergent de la domination anglo-américaine des régions riches en ressources naturelles sont consignés dans le tiroir de l’oubli. Sous le tyrant indonésien Suharto, adoubé “notre homme” par Thatcher, plus d’un million de personnes furent massacrées. Décrit par la CIA comme “le pire massacre de masse de la seconde partie du XXème siècle”, les estimations ne prennent même pas en compte le tiers de la population du Timor oriental qui fut affamé ou massacré avec la complicité de l’occident, des avions et des mitrailleuses britanniques.
Ces histoires vraies sont racontées dans des documents déclassifiés et archivés dans les archives publiques, néanmoins elles représentent une dimension entière de la politique et de l’exercice du pouvoir complètement exclu de la vie publique et de la considération du public. Ceci fut réalisé par un régime non-coercitif de contrôle de l’information, depuis le mantra évangélique de la publicité consumériste aux informations de la BBC en passant par les médias sociaux éphémères.
C’est comme si les écrivains faisant fonction de rempart n’étaient plus ou sont sous l’emprise d’un zeitgeist sociopathe, convaincus qu’ils sont trop intelligents pour être dupés. Voyez la ruée des sycophants en mal de déifier Christopher Hitchens (NdT: journaliste anglo-américain grand supporteur de la guerre d’Irak), un amoureux de la guerre qui s’est languit d’être autorisé à justifier les crimes du pouvoir prédateur. “Pour presque la première fois depuis deux siècles”, écrivit Terry Eagleton, “il n’y a pas de poète britannique éminent, de dramaturge ou de romancier, préparés à questionner les fondations même du mode de vie occidental”. Plus d’Orwell pour nous dire que nous ne devons pas nécessairement vivre en société totalitaire pour être corrompu par le totalitarisme. Plus de Shelley pour parler pour les pauvres, plus de Blake proférant une vision, plus d’Oscar Wilde pour nous rappeler que “la désobéissance, aux yeux de tous ceux qui ont lu l’histoire, est la vertu originelle de l’Homme.”
Et plus de Pinter rageant contre la machine de guerre comme dans American Football:
Hallelujah.
Praise the Lord for all good things … [Rendons grâce à Dieu pour toutes les bonnes choses...]
We blew their balls into shards of dust, [Nous leur avons explosé les couilles en débris de poussière,]
Into shards of fucking dust … [En débris de putain de poussière...]
En débris de putain de poussière s’en vont toutes les vies détruites là par Barack Obama l’Auguste du changement et de l’espoir de la violence occidentale. Quand un des drones d’Obama élimine une famille complète dans une région tribale lointaine du Pakistan, de Somalie, ou du Yémen, les contrôleurs du jeu américains devant leurs écrans de jeu vidéo, tapent sur leur clavier “insecte écrabouillé” (NdT: “bugsplat” en anglais). Obama aime les drones et a fait des plaisanteries à ce sujet avec les journalistes. Une de ses premières actions comme président des Etats-Unis fut d’ordonner une vague d’attaques de drones Predator sur le Pakistan, qui tua 74 personnes. Il a depuis tué des milliers de personnes, pour la plupart des civils. Les drones Predator tirent des missiles Hellfire “feu de l’enfer” qui vide les poumons des enfants de leur air et laissent des lambeaux de chair humaine sur le terrain.
Rappelez-vous des manchettes de journaux noyées de larmes lorsque la “marque” Obama fut élue: “Monumental, donne la chair de poule”, titra le Guardian. “Le futur américain”, écrivit Simon Schama “est fait de vision, sacré, léger…” Le chroniqueur du San Francisco Chronicle y vît “un éclairagiste spirituel qui peut pousser pour une nouvelle façon d’être sur la planète”. Au delà de ce radotage, comme l’avait prédit le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire se déroulait à Washington et Obama était leur homme. Après avoir séduit le mouvement anti-guerre jusqu’à un silence virtuel, il donna à la classe des officiers militaires corrompue américaine des pouvoirs d’état et d’engagement sans précédent. Ceci inclut la possibilité de guerres en Afrique et des opportunités de provocations contre la Chine, le plus grand créditeur de l’Amérique et nouvel “ennemi” d’Asie. Sous le régime Obama, la vieille source de paranoïa officielle, la Russie, a été encerclée par un rideau de missiles ballistiques et l’opposition russe a été infiltrée. Des équipes d’assassins de la CIA et de l’armée ont été déplacées dans 120 pays, les attaques planifiées de longue date sur la Syrie et l’Iran laissent présager d’une guerre mondiale. Israël, le clone américain de la violence et de l’illégalité par proxy vient juste de recevoir son argent de poche annuel de 3 milliards de dollars avec la bénédiction d’Obama pour voler toujours plus de territoires palestiniens.
La réussite la plus “historique” d’Obama a été d’amener la guerre contre la démocratie sur le sol de l’Amérique. Au réveillon du nouvel an, il signa la loi du National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui donne le droit au Pentagone de kidnapper à la fois des étrangers et des citoyens américains, de les détenir de manière indéfinie, de les interroger, de les torturer et même de les tuer. Les victimes n’ont seulement besoin que d’être “associées” avec ceux qui sont en guerre contre les Etats-Unis. Il n’y aura aucune protection légale, aucun procès, aucune représentation légale. Ceci est la première législation qui abolit le Habeas Corpus (le droit a une procédure judiciaire légale) et réfute de facto les droits civiques de 1789.
Le 5 Janvier, dans un discours incroyable au Pentagone, Obama a dit que l’armée devra non seulement être prête “à sécuriser territoires et populations” à l’étranger, mais également à se battre ™à domicile” et “donner du soutien aux autorités civiles”. En d’autres termes, les troupes américaines seront déployées dans les rues des villes des Etats-Unis lorsque les troubles sociaux inévitables se déclancheront.
L’Amérique est aujourd’hui un pays de la pauvreté épidémique et de prisons barbares: la conséquence d’un extrémisme de marché, qui sous Obama, a favorisé le transfert de 14 000 milliards de dollars d’argent public aux entreprises criminelles de Wall Street. Les victimes en sont le plus souvent les jeunes chômeurs, sans abri, incarcérés afro-américains, qui ont été trahis par le premier président noir américain. Le corollaire historique d’un état de guerre perpétuel, ceci n’est pas le fascisme, pas encore du moins, mais cela n’est pas non plus la démocratie dans une forme reconnaissable, indépendemment de la politique placebo qui se déroulera juqu’à Novembre. La campagne présidentielle, dit le Washington Post va “mettre en scène le choc des philosophies enracinées dans des vues différentes de l’économie.” Ceci est faux. La tâche qui incombe au journalisme des deux côtés de l’Atlantique est de créer l’illusion d’un choix politique là où il n’y en a aucun.
La même ombre plane sur la Grande-Bretagne et la plupart de l’Europe où la social-démocratie, un article de foi il y a encore deux générations, a capitulé devant les dictateurs des banques centrales. Dans la “grande société” de David Cameron, le vol de 84 milliards de Livres en emplois et en services dépasse même le montant des impôts “légalement” évités par les entreprises pirates. Le blâme demeure non pas avec l’extrême-droite, mais avec une culture politique libérale couarde qui a permis à tout cela de se produire, ce qui, écrivit Hywel Williams juste après les attentats du 11 septembre 2001, “peut devenir en soi une forme de fanatisme de l’auto-satisfaction”. Tony Blair est un de ces fanatiques.. Dans sa gestion indifférente des libertés qu’il clame pourtant être chères, la Grande-Bretagne bourgeoise blairienne a créé un état policier avec plus de 3000 lois et actes délictuels nouveaux: plus que pour l’ensemble du siècle précédent. La police croit de manière évidente qu’elle a l’impunité totale de tuer. A la demande de la CIA, des cas juridiques comme celui de Binyam Mohamed, un citoyen britannique innocent, torturé puis emprisonné pour cinq ans à Guantanamo, seront traités dans des cours de justice spéciales et secrètes en Grande-Bretagne afin de “protéger les agences de renseignement”, les bourreaux.
L’état invisible a permis au gouvernement de Blair de lutter contre les habitants des îles Chagos alors qu’ils se levaient de désespoir depuis leur exil pour demander justice dans les rues de Port Louis et de Londres. “Seulement quand vous menez une action directe, face à face, et même que vous enfreignez la loi, alors on vous remarque”, a dit Lisette. “Et plus vous êtes petit, le plus grand est l’exemple pour les autres.” Une telle réponse éloquente donne de quoi réfléchir à ceux qui demandent toujours: “Que puis-je faire ?”
J’ai vu pour la dernière fois la fine silhouette de Lisette debout sous une pluie battante, aux côtés de ses camarades devant le parlement. Ce qui me frappa par dessus tout fut le courage endurant de leur résistance. C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.

John Pilger 


Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=28753

Traduction par Résistance 71.
Visitez le site de John Pilger : http://www.johnpilger.com/

dimanche 22 janvier 2012

Est-ce ainsi que les leaders africains sont tués ?


MALCOM X, LAURENT GBAGBO, KADHAFI UM YOBE ETC... EST-CE AINSI QUE LES LEADERS NOIRS SONT SACRIFIES ? POUR UN PLAT DE LENTILLES ? 

Chers amis, j'ai hésité longtemps à vous parler des cette histoire... Certes depuis quelques temps, je vous informais déjà des tentatives d'infiltration du MAF, aujourd'hui, alors que le MAF est plus que jamais puissant, je vous relate le fin mot de l'histoire, car notre organisation semble être protégée par nos ancêtres ! Après l'énorme succès du MAF à Lille, un passage de mon discours va déplaire fortement aux autorités françaises, celui dans lequel je dis, je me cite : " Dans un avenir proche, le Mouvement des Africain-français deviendra la première puissance politique de France avec un million d'adhérents. " Après notre départ, une de nos soeurs est convoquée par les autorités qui lui disent leur appréhension, à savoir celle de voir le MAF devenir un grand lobbying politique. Qu'il conviendrait d'arrêter cet engouement des africain-français pour le MAF ! Que pour cela, elle et sa petite bande de copains et de coquins devraient en prendre le contrôle à Paris, à Lille, à Marseille etc... Elles donnèrent à l'africain-française ( qui d'ailleurs avait une position confortable au sein du MAF ! ) les moyens nécessaires. Ce qui est très drôle ce que les arguments qu'ils lui donnèrent pour mener son coup d'Etat sont les mêmes que ceux utilisés ces derniers temps contre Laurent Gbagbo et la Libye. Donc, il fallait qu'elle et ses sbires disent : a) Qu'il n'y avait pas de démocratie au sein du MAF, qu'eux la revendiquaient b) Que le MAF depensait de l'argent ( soi dit en passant que le MAF est essentiellement financé par une poignée de la bourgeoisie africain-française dont fait partie votre toute dévouée, alors que ces comploteurs n'ont pas de quoi vivre au quotidien et n'ont jamais donné quoique ce soit au MAF ! ) Face à autant de moyens, notre soeur accepta ; elle appela pour mener à bien sa mission, deux soi-disant jeunes du MAF en leur proposant monts et merveilles, deux de Marseille en leur promettant qu'ils seront en haut de l'affiche qui acceptèrent de conduire la vendetta avec elle. Elle se cassa les dents à Lyon et à Nantes, fermement tenus par deux Africain-français purs et durs. Les premières semaines je savais qu'il se tramait des complots, sans bien saisir le comment du pourquoi. Puis, lors de la réunion du MAF, une jeune personne qu'ils avaient contacté pour faire partie de leur bande de voyous et qui avait décliné l'offre, expliqua devant une grande assemblée les tenants et les aboutissants de cette histoire. Elle dit tout son amour pour son peuple, qu'elle n'avait pas accepté parce qu'elle refusait de trahir les siens etc... Le MAF est protégé par nos ancêtres, et soudain j'ai compris pourquoi nos leaders ont été tué : juste pour un plat de lentilles ! Adhérez au MAF et construisons notre histoire !

Calixthe Beyala

INTERVENTION DE FRANCIS CAROLE A PROPOS DE LA DEMANDE D’ADHESION DE LA MARTINIQUE AUX ORGANISATIONS DE LA CARAÏBE




Chers collègues,

Il nous est donc demandé de donner mandat au président du Conseil Régional pour  « saisir l’Etat afin de négocier l’adhésion de la Martinique » à l’OECS, à l’AEC et au CARICOM. Mandat est aussi sollicité  « en vue de la participation de la Martinique, au  nom de la France, aux travaux du sous-groupe régional de la Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPALC). »

A l’évidence, le Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants accorde son soutien à cette démarche,  tant il est vrai  que la précédente mandature, on le sait,  a beaucoup œuvré pour développer et consolider la coopération avec la Caraïbe. RAYI CHYEN MEN DI DAN-Y BLAN… S’il y a -et je le dis avec la distance de l’observateur- une équipe qui a fait de l’intégration à la Caraïbe une grande ambition martiniquaise, c’est bien celle qui a été aux affaires jusqu’en 2010.

                          LA CARAÏBE ET LE DISCOURS DES PERROQUETS VERTS

C’est d’ailleurs cette question précise  de la coopération avec la Caraïbe qui a été à l’origine des attaques les plus viles contre Alfred MARIE-JEANNE ,  attaques portées, clandestinement, sous la cagoule , par la confrérie dite des « perroquets verts » ou « green parrots », pour des raisons bassement électoralistes.

Je le dis comme je le pense, nous n’avons pas le droit d’oublier, par souci hypocrite d’un faux consensus, cet épisode lamentable de la  vie politique de notre pays où certains ont cherché, machiavéliquement, à opposer coopération vitale avec la Caraïbe et solidarité obligatoire avec les Martiniquais en difficulté. Une propagande « lepénisante « a alors été organisée par la confrérie des perroquets verts pour faire croire que « l’argent de la Martinique était gaspillé dans des pays étrangers ».

 Je veux, aujourd’hui,  dire à celles et à ceux qui nous écoutent que certains membres de la dite confrérie sont devenus, depuis mars 2010, les porteurs les plus zélés de dossiers de  solidarité avec  certains pays de la Caraïbe, solidarité qu’ils dénonçaient avec une rare haine, jadis !

Je m’empresse de préciser, pour ne laisser place à aucune confusion et à aucune manœuvre, que nous avons, dans la cohérence de notre vision, apporté  notre soutien à ces opérations.

 « Les perroquets verts sont », en apparence en tout cas, devenus de bons samaritains à la conscience immaculée.


Mais leur discours était fondé sur le vieux socle idéologique réactionnaire qui a instrumentalisé Haïti comme repoussoir facile contre toute idée de responsabilité et d’émancipation de notre pays. Cette idéologie réactionnaire a eu pour effet collatéral d'exacerber la xénophobie, la méfiance systématique et le dénigrement pervers envers nos voisins les plus proches. Le mal est fait et il a laissé des traces !

Le dynamisme de la région Caraïbe et de l’Amérique du Sud,  aujourd’hui, dans un contexte de crise de la zone euro, montre que nous aurions commis une erreur de jugement impardonnable en ne cherchant pas à accélérer  la coopération avec les peuples de notre bassin géographique naturel. La création de la Communauté des Etats de l’Amérique Latine et de la Caraïbe (CELAC), en décembre 2011, avec 33 pays et 550 millions d’habitants, le dynamisme de pays comme le Brésil, confirment l’intérêt et l’urgence de mieux nous ancrer dans notre environnement.

Contrairement à ce que l’on a voulu faire croire à  nos compatriotes, la coopération ce n’est pas la charité faite aux autres, c’est le rendez-vous de l’échange, du donner et du recevoir. Nous pouvons en tirer profit pour nous-mêmes si nous savons nous montrer à la hauteur des enjeux et des mouvements du monde, si nous sommes imaginatifs et entreprenants. C’est donc une opportunité de développement pour notre pays, pouvant ouvrir un nouvel horizon pour la jeunesse martiniquaise.

                    UNE LONGUE LUTTE POUR L’INTEGRATION DANS NOTRE CARAÏBE

J’ai dit que nous voterons ce rapport, mais je dois admettre que sa rédaction est extrêmement pauvre et décevante. On a fait dans le petit, on a fait dans l’égotisme banal, on a fait dans la récupération sans intelligence.

En effet, pour le concepteur du rapport, l’action de plusieurs générations d’élus de tous bords se résume à deux dates :

  • La Loi d’Orientation de l’Outre-Mer, de décembre 2000
  • Et le vœu exprimé par l’URAG, en juin 2010 (en 2010 ! Yè bonmaten !), d’adhérer aux organisations de notre région.


On procède ainsi à une tentative éhontée  visant à effacer de la mémoire un processus très long pour, croit-on, mieux se faire valoir.  Pire ! On n’a aucune honte à écrire (avant -dernier paragraphe de la page 1) : « A ce jour, les dispositions législatives relatives à l’adhésion des collectivités territoriales aux organisations régionales n’ont pas été mises en œuvre  ». Et on met tout cela en gras dans le rapport, manière de suggérer : Zot wè ! Yo pa fè ayen ! Sé nou sèl ki sa fè ! Refrain que nous ne connaissons que trop bien !

La LOOM, c’est incontestable, prévoit  en effet la possibilité pour les présidents des conseils généraux et régionaux des « DOM » de solliciter, auprès des  autorités françaises, le pouvoir de négocier avec un Etat étranger ou une organisation internationale des accords à caractère technique, dans leurs domaines de compétences et  dans le strict respect des engagements internationaux de la France. Ils peuvent donc, en principe,  siéger dans les organisations internationales de leur zone géographique respective, avec l’accord de l’Etat français.

Mais il n’est pas vain de rappeler que le contenu de la LOOM est, en partie, l’aboutissement des nombreuses pressions des élus. En effet, la loi de décentralisation de 1982 n’avait pas accordé aux collectivités de  marges de manœuvre particulières dans le domaine de la coopération. D’ailleurs, une circulaire en date du 12 juillet 1987 réaffirmait le rôle central des ambassades et des préfectures dans les relations  internationales. C’est  dans cet esprit que la France signait, le 24 mai 1996, à Mexico, un accord d’association avec l’AEC, au titre de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.


La conférence de Cayenne, en 1990, a contribué à remettre en question cette situation figée et inacceptable. Vers la fin des années 90, une forte impulsion est donnée par l’équipe précédente à la coopération. En 1998, Alfred MARIE-JEANNE participait au conseil des ministres de Barbade ; en avril 1999, il était présent, en République Dominicaine, au second sommet des chefs d’Etats de la Caraïbe ; en décembre 2000, il était invité au 7ème conseil des ministres, au Honduras ; puis au troisième sommet des chefs d’Etats et de gouvernements à Margarita, en décembre 2001 et, enfin, au quatrième sommet, à Panama, en juillet 2005.

Je tiens à rappeler ici, à l’attention de ceux qui seraient, éventuellement, victimes, malgré eux, d’une amnésie opportune, que la première demande d'adhésion   au Caricom / Cariforum date de 1999.

Quant à la première demande d’adhésion, en tant que membre associé, à  l'Association des Etats de la Caraïbe (AEC), elle remonte au 1er juin 2001 (courrier adressé à M. Lionel JOSPIN, premier Ministre de la cohabitation avec Jacques  CHIRAC). L'intention d'adhésion avait été exprimée dès 2000.

 Souvenez-vous que le processus amorcé avait été capoté… par l’Etat français lui-même ! En effet, Lionel  JOSPIN avait  donné  son aval pour que soit inscrite à l'ordre du jour de la réunion  de l’AEC, des  12 et 13 juillet 2001, la demande d’adhésion de la Martinique. Sous les  conseils  pressants d’un de ses proches « amis », Madame Lucette Michaux-Chevry,  Jacques CHIRAC  était alors  intervenu  pour faire  retirer  cette question  , la veille même  de la réunion de l’AEC.

Le débat a ensuite été relancé en 2006, lors de la visite officielle du Secrétaire général de l'AEC de l'époque, Ruben Silie Valdes  (du 02 au 5 février 2006).

Point n’est besoin de mentionner  les relances et démarches du député MARIE-JEANNE  auprès du  gouvernement français.

Si donc  « A ce jour, les dispositions législatives relatives à l’adhésion des collectivités territoriales aux organisations régionales n’ont pas été mises en œuvre », il y va de la seule responsabilité de l’Etat français dont on sait bien qu’il ne se précipite jamais pour appliquer les lois qu’ils votent, en particulier dans les colonies.

Soit dit en passant, j’ai entendu le candidat socialiste à la présidentielle  française déclarer le week-end dernier que, dès son élection, il mettrait tout en œuvre pour favoriser l’adhésion de notre pays à l’AEC, au CARICOM et à l’OECS …Je ne sais pas comment il a été briefé ,ou s’il comprend  vraiment ce qui se passe, mais, apparemment, Sarkozy est en train de lui brûler la politesse puisque, saisi de  cette question par les soins du président de la région Martinique, Alain JUPPE a demandé à notre assemblée de prendre une délibération en faveur de cette adhésion… Ce que nous faisons aujourd’hui. Tout cela montre que nous restons trop souvent les jouets des Gouvernements qui lâchent du leste au gré d’enjeux très éloignés des intérêts fondamentaux de notre pays.

                                             DES INITIATIVES CONCRETES DEJA EN COURS

D’autre part, même si notre adhésion ne s’est pas encore formellement concrétisée, la mandature précédente,  avec l’accord de l’ensemble des élus, a pris des initiatives et mis en place des mécanismes qui ont déjà considérablement amélioré la qualité de notre intégration dans la Caraïbe.

Contrairement à ce que pourraient prétendre des esprits qui considèrent que l’histoire du monde ne peut pas avoir commencé sans  eux,  Il ne s’agit pas seulement d’études - lesquelles sont d’ailleurs toujours indispensables aux opérations  futures- mais bien d’actions concrètes développées sur le terrain.

Il en va ainsi du séminaire « Clovis BEAUREGARD » pour le développement de la coopération régionale dans la Caraïbe à travers les fonds européens (17-18 novembre 2005). Clovis BEAUREGARD, à qui il faut rendre hommage,  a été le pionnier de cette coopération dans l’immédiat après seconde guerre mondiale. A ce propos, sous l’impulsion de certains élus et de Claude LISE, alors président du Conseil Général, les Archives Départementales, avec l’aide précieuse de la famille de monsieur BEAUREGARD, ont constitué un fonds Clovis BEAUREGARD dont l’intérêt n’est pas à démontrer (2007). Nous avions d’ailleurs, dans la même période, lancé une recherche dans les pays de la région où il avait exercé ses fonctions pour retrouver d’autres documents pouvant enrichir encore les archives confiées par ses enfants.

 En ces temps d’amnésie savamment entretenue et joyeusement assumée, il  n’est pas vain de rétablir quelques vérités  sur la politique de coopération menée de 1998 jusqu'en mars 2010 :

  • La mise en place de chargés de mission Martinique pour la Caraïbe (des jeunes martiniquais diplômés envoyés à Barbade, Trinidad& Tobago ou encore en République Dominicaine avec pour mission le développement des affaires et de la coopération entre les pays respectifs et la Martinique).

  • Les  nombreux projets  touchant diverses thématiques : 

  • Le lancement du projet Invest Karaïb pour le développement du Commerce et de l'investissement entre les pays du Cariforum et la Martinique,  

  • la mise en œuvre du projet de  construction d'une identité caribéenne à travers à travers notamment le multilinguisme, l'histoire et la culture,

  • La mise en œuvre du projet de mécanisme de coopération régionale pour la constitution de la  zone de tourisme durable (en partenariat justement avec l'AEC),

  • La mise en œuvre du projet ARICABA, réseau de surveillance des maladies émergentes dans la Caraïbe,

  • Le projet CARES (Caraïbe Expérience et Service) pour le transfert d’expériences et de savoir-faire de notre région géographique ainsi que l’identification des pôles d’excellence,

  • Le projet de valorisation scientifique des propriétés de nos plantes médicinales (TRAMIL) ou encore  la Stratégie pour la réduction des risques naturels(NRSS),

  • Le projet de multidestination dans sa phase 2.
    
Fruits de longs mois de discussions partenariales avec des institutions de coopération dans chacun des domaines  ciblés, tous ces projets ont été choisis comme projets phares de la mandature Marie-Jeanne. Le personnel de la Région qui s’y est consacré, aux côtés des élus, doit être félicité et remercié pour ses efforts et son engagement.

Mais qu’en a fait la « gouvernance nouvelle » ?

La participation de la Martinique aux travaux des comités spéciaux de l’ASSOCIATION des ETATS de la CARAÏBE doit être  tout particulièrement  soulignée (Comité spécial Catastrophes naturelles, Comité spécial tourisme durable, Comité spécial transport, Comité spécial sur le Développement du commerce et des relations économiques extérieures, Fonds Spécial etc). 

Démonstration est donc faite que la coopération  voulue par Alfred Marie-Jeanne ne s'est pas contentée d’attendre le bon vouloir des autorités françaises pour agir.

Bien entendu, toutes ces initiatives, toute cette expérience méritent d’être évaluées et, le cas échéant, nous devons procéder à des améliorations, mais on ne peut pas faire comme si rien n’avait jamais existé auparavant et que l’histoire de la coopération régionale venait tout juste de commencer avec l’URAG. C’est pour le moins absurde et abscons !

Chers collègues,

On ne peut pas penser la coopération avec la Caraïbe et l’Amérique du Sud sans repenser notre développement et notre modèle économique, sans repenser notre production, sans définir les axes stratégiques les plus porteurs pour notre pays.

Sans une rupture radicale avec l’économie de comptoir, sans une mobilisation intelligente de nos ressources humaines, notamment dans une perspective de développement  national, cette coopération connaîtra rapidement de sérieuses limites. Nous ne saurions en effet  être de simples relais de l’économie française dans la région. La vocation de la Martinique ne consiste pas à être une banale vitrine de l’Europe dans la Caraïbe. La Martinique doit avant tout défendre ses propres intérêts, sans chercher à nier ceux des autres peuples.

A terme, nous devrons trouver notre place dans ce vaste espace que constitue la Communauté des Etats de l’Amérique Latine et de la Caraïbe (CELAC).

La coopération devra  s’étendre à l’Afrique qui , dans la difficulté aujourd’hui, prépare sa Renaissance et laisse entrevoir des signes encourageants pour l’avenir . Elle devra s’étendre à l’Inde et à l’Asie.

L’ambition consiste à permettre à la Martinique de s'ouvrir sur le reste du Monde, pour  mieux le comprendre, mieux anticiper les enjeux et mieux s'adapter à la perpétuelle recomposition du monde. Si notre vision du futur ne doit pas  exclure l’Europe, elle ne saurait se focaliser sur la seule Europe. Notre avenir c’est le Monde.  Cette coopération, nous devons la construire avec le peuple martiniquais et dans l’intérêt de la jeunesse et du peuple martiniquais.



Francis CAROLE
Pour le Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants
Plénière du Conseil Régional du jeudi 19 janvier 2012


 LE PALIMA
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