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mercredi 21 septembre 2016

Mail envoyé à deux sénateurs qui veulent imposer le vote obligatoire :


Bonjour madame la Sénatrice, (je fais suivre ce courriel à M. Bailly)
J'ai bien noté en lisant la presse de ce matin, que vous défendez le principe de vote obligatoire (ce qui est déjà le cas) et surtout contraignant (ce qui reste à faire).

Cependant, je tiens à vous informer qu'à l'égal de la majorité des abstentionnistes, je ne compte pas exercer mon devoir de citoyen pour les prochaines présidentielles, pour les raisons suivantes qu'il vous faudra examiner, si vous souhaitez que ce projet de loi soit complété des mesures nécessaires pouvant restaurer un souffle de citoyenneté en France.

1) Pour commencer, je précise qu'être abstentionniste ne fait pas de moi un être dépolitisé, bien au contraire. D'ailleurs, étant activiste, je peux vous dire que nombre de réseaux militants très engagés en France, ne votent plus. Il faut donc chercher à comprendre pourquoi des gens qui s'intéressent à la politique ne votent pas.

2) La France n'est pas une démocratie comme l'expliquait fort justement l'Abbé Sieyes. Le régime démocratique suppose le pouvoir conféré par la constitution aux citoyens, d'initier et voter les lois, ainsi que faire et défaire leurs mandataires par le biais du référendum, cela indépendamment de leur représentation parlementaire.

"La démocratie représentative" n'est qu'un slogan visant à faire accepter une tyrannie molle aux gens les plus crédules ou les moins éduqués, du fait d'ailleurs que ni les médias, ni l'école et encore moins les juristes et politiciens, ne font de pédagogie à la population sur les lois et la philosophie du droit. Vous me pardonnerez donc mon manque de béatitude face au discours ambiant de notre appareil politico-médiatique et d'adapter ma participation à la vie politique du pays, en dehors des schémas électoraux et partisans.

3) Le mandat impératif est interdit par la constitution, ce qui permet à n'importe quel larbin encravaté, de produire des slogans en guise de programme électoral, sans les justifier par un calendrier des réformes et une évaluation économique sur celles-ci, et même de retourner sa veste une fois élu. J'ajoute que depuis la réforme du quinquennat - et à bien y réfléchir depuis bien plus longtemps encore - le parlement n'est plus un contre-pouvoir au gouvernement puisqu'élu durant la même période électorale que le président de la République. J'ajoute que les parlementaires ont démontré à maintes reprises qu'ils trahissent le peuple :
- La Constitution dans son titre premier, consacre la souveraineté et l'indépendance de la nation. La souveraineté du peuple est réputée imprescriptible et inaliénable, ce qui n'a pas empêché toute une oligarchie de "droite" comme de "gauche", de prostituer la France à tous les intérêts capitalistes, étrangers et supra-nationaux. En quoi mon vote changera quelque chose si nous n'avons pas le contrôle de la monnaie, du commerce, des règles économiques les plus propres à satisfaire au bonheur de mes concitoyens ? Le peuple avait refusé par référendum le TCE en 2005 (rappelons que le référendum est décisionnel en France), et pourtant, quelle institution a autorisé la ratification du Traité de Lisbonne mais aussi tous les autres traités pourris qui ont suivi (T.S.C.G ; FESF ; MES et actuellement dans les cartons, TISA et TAFTA) ? 

LE PARLEMENT
- Tout parlementaire un peu sérieux, aurait observé que les écoutes de la NSA, l'affaire de l'interdiction de survol de l'avion d'Evo Morales de notre espace aérien début juillet 2013 ou encore l'annulation de vente des navires Mistral, constituent au sens des articles 411-2 à 8 du Code Pénal, des crimes d'intelligences avec des puissances étrangères. Qu'a fait le parlement ? S'est il constitué en Haute Cour pour juger M. Hollande et les ministres concernés par ces affaires ? Absolument pas. En revanche, nous avons bien vu le Parlement autoriser l'annulation de vente des navires Mistral à la Russie par un vote. Et vous souhaitez que je fasse confiance à des mandataires du peuple qui trahissent nos intérêts fondamentaux et notre indépendance ?

4) Évoquons maintenant la légitimité de la représentation politique. Vous admettrez si vous disposez d'un peu d'honnêteté intellectuelle, que lorsque les grands médias PUBLICS et privés pratiquent une propagande éhontée pour certains candidats soit disant "modérés" (je considère que les traîtres ne sont pas des modérés), CENSURENT d'autres candidats plus alternatifs ou réduisent le débat intellectuel à des échanges entre libéraux et européïstes convaincus visant à marginaliser tous les penseurs démocrates, régulateurs et hostiles à l'U.E (à juste titre), il n'y a pas de réel débat, ni même de choix laissé à la population. Et ce n'est pas la dernière réforme du Code électoral (et du CSA en particulier) qui va améliorer les choses. Si je dois choisir entre la peste et le choléra, je choisi la révolution (j'y viendrai en fin de courriel).

5) Un autre aspect de cette légitimité est le terme même de "représentation", notamment au sein du parlement. Si le Gouvernement a la charge d'apporter une vision et une cohérence dans ses politiques publiques, le parlement est censé représenter fidèlement la nation pour assurer son réel rôle de contre-pouvoir. Or, pour que le parlement soit un échantillon représentatif (fidèle) de la diversité du peuple, l'élection est une fausse route. L'élection supposant les divisions intestines des Français par les partis politiques (pourquoi la Laïcité s'arrête-t-elle aux religions ?), elle ne permet de nominer au parlement, que des partisans du PS et de l'UMP pour son écrasante majorité, soit le régime des copains. Les petites formations politiques ou les citoyens sans parti n'ont pas les moyens et la visibilité pour mettre en déroute électorale votre oligarchie (pardonnez moi de me montrer dur). En outre, le régime électoral, contrairement au suffrage par le sort, ne permettra pas de disposer au parlement, de députés et sénateurs sans attaches partisanes ou idéologiques particulières, avec autant de femmes que d'hommes, de vieux que de jeunes, de Français issus de l'immigration comme de Français de "souche".

Autrement dit, l'élection au niveau du parlement continue de nous imposer une armée de traîtres entre deux ages, tous blancs, majoritairement des hommes, et totalement asservis aux directives des chefs de parti. Par exemple, la pire pourriture du PS qu'est Bruno Le Roux (Cambadélis prétend tout de même à ce titre avec Fabius et Valls), n'a cessé de harceler vos troupes pour que vous votiez toutes les saloperies émanant de Bruxelles, ainsi que la loi travail clairement contestée par la majorité des Français. Vous n'avez pas écouté les Français, vous avez écouté un responsable de parti, lui-même au service d'intérêts étrangers et privés. Ce qui ne restera pas sans conséquences pour sa carrière.

Voila pourquoi Madame, si je trouve que le vote contraignant peut être une bonne mesure, il ne pourra cependant qu'exacerber la défiance des Français pour leur oligarchie si d'autres réformes constitutionnelles et électorales ne sont pas produites pour donner au peuple un réel pouvoir démocratique. Vous n'obtiendrez au mieux, qu'une poussée du vote blanc, ce qui ne changera rien à l'affaire puisqu'il n'y a pas de quorum pour déclarer une élection non valable et la réorganiser. Actuellement, l'on sait en prenant tous les chiffres des derniers suffrages, que les grands partis n'obtiennent fondamentalement que le soutien de 15 % des Français chacun. Avec quelle légitimité peut on imposer des lois au peuple dans ce cadre ?

CONCLUSION
Je vous le disais, je suis activiste. Je milite pour que la France sorte de toute urgence de l'U.E ; l'euro et l'OTAN (et tout slogan anxiogène sur la question m'indiffère, je suis éduqué sur l'économie, le droit et les traités), et établisse une Constitution démocratique en France. Non pas une Constitution qui supprimerait des institutions représentatives, mais les contrôlerait mieux et les soumettrait de toute façon au pouvoir du peuple de légiférer et foutre à la porte les mandataires qui le trahissent.

Les révolutions sont des phénomènes cycliques et je pense que nous sommes très proches de la prochaine. Je ne vous dirais pas comment je compte avec d'autres la mener, mais toujours est-il que je tiens à vous avertir, que si nos parlementaires continuent de nous trahir ostensiblement avant l'explosion finale, je crains que malgré le pacifisme d'une partie d'entre nous, nous finissions par retrouver des politiciens pendus sur place publique un jour ou l'autre. D'autant que les leaders d'une révolution n'ont jamais totalement la main sur les actions d'un peuple en colère. Et vous n'imaginez pas à quel point la colère est immense dans les foyers, loin des ors de la République.

J'espère que vous aurez la bien-séance de me répondre, et que vous comprendrez quel est le sens profond du message que je vous délivre.
Bien cordialement,

Sylvain Baron

vendredi 22 janvier 2016

Allemagne : le parti anti-immigration AFD interdit de télévision pendant les élections


Le parti Alternatives pour l’Allemagne (AFD), qui se prononce contre l’immigration de masse, sera interdit de débats télévisés durant les élections locales qui auront lieu en mars prochain.

Peter Boudgoust, le directeur de la station de télévision SWR, a annoncé dans un communiqué que sa compagnie avait pris la décision d’exclure « en serrant les dents » le parti après que les autres candidats ont menacé de boycotter tout débat impliquant l’AFD.

Au lieu de cela, seuls les candidats favoris des partis déjà représentés dans les parlements locaux seront autorisés à prendre part aux débats, selon Der Spiegel.

Trois États allemands, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et la Saxe-Anhalt, vont tenir des élections au mois de mars. Aussi, l’AFD devrait récolter un pourcentage non-négligeable de voix en lien avec l’afflux de migrants qui continue outre-Rhin.

Le principal candidat pour le Bade-Wurtemberg, Jörg Meuthen, a qualifié cette exclusion de « tentative de chantage » par les partis au pouvoir en Allemagne, ajoutant que ces derniers ont une « compréhension étrange de la démocratie ».

Cette controverse intervient alors que la chancelière Angela Merkel voit sa cote de popularité s’effondrer, un sondage paru dans les médias allemands indiquant même que son parti a perdu près de la moitié de ses soutiens depuis le début de la crise des migrants.

samedi 10 novembre 2012

L'illusion de la démocratie.



Le Souverain n'a plus son mot à dire, le 1% ont confisqué le pouvoir, la démocratie n'existe pas.


lundi 13 août 2012

La démocratie et ses plafonds de verre



À la question « Quel est l’événement le plus émancipateur de l’histoire de l’humanité ? » nombreux sont ceux qui auraient répondu, il y a une trentaine d’années, 1789 ou 1917. La Révolution française ou la Révolution d’Octobre. Posée aujourd’hui, l’embarras et l’hésitation gagneraient l’auditoire, tant les certitudes ont vacillé. Pourtant l’insistance à obtenir réponse serait légitimée par la pertinence de la demande.

Risquons une réponse. Et si c’était le mouvement des Lumières du XVIIIe siècle. Pour la première fois des hommes de grande renommée, philosophes, écrivains, scientifiques, s’élèvent et disent ouvertement que la façon dont l’organisation de la société est fondée ne peut plus durer et doit être totalement repensée. Les lois ne doivent plus être d’essence divine et s’imposer aux hommes par la médiation d’appareils religieux, seuls qualifiés pour interpréter le sacré. L’homme doit s’émanciper du diktat religieux sur la vie sociale et prendre lui-même en mains son destin. Il doit pouvoir résister aux interdits et prescriptions d’origine divine et librement décider du type de société dans lequel il entend vivre. Il doit pouvoir souverainement délibérer. Il doit se dégager des superstitions, des croyances et des formes d’irrationalité.

La bifurcation des Lumières

Il s’est agi d’une grande bifurcation dans l’histoire de l’humanité. Sa portée a été perçue d’emblée comme universelle et saluée comme telle. Dès lors ce que les hommes avaient décidé pouvait être revu, corrigé ou supprimé. Si, dans nos régions, cette avancée a été décisive et actée au début du XXe siècle par les lois sur la laïcité, on conviendra aisément que dans de larges régions du monde ce saut décisif n’a pas encore été réalisé. Il est même au cœur d’affrontement sociétaux contemporains dans le monde arabo-musulman en pleine révolte. Le débat s’y cristallise autour de la forme que doit prendre la Constitution et notamment si elle doit consacrer la référence à l’islam comme fondement essentiel.

Mais les classes dirigeantes, faute de pouvoir aussi facilement qu’avant instrumentaliser la religion, ont su peu à peu introduire des limites à ce que le peuple pourrait décider. Car, comme le disait déjà un fameux Rapport de la Commission Trilatérale au début des années 70, la démocratie, c’est ingérable et il convient d’y apporter des limitations. Telle était le credo de ces élites mondialisées qui prétendaient faire notre bonheur à l’aide d’une « gouvernance globale ». Mondialisation et effondrement du système soviétique allaient pouvoir réactualiser le concept dès les années 90. Mais bien avant d’édulcorer le concept de démocratie en lui adjoignant celui de gouvernance, nos élites ont su pervertir celui de Constitution.

La Constitution contre la démocratie

De quoi s’agit-il ? Une constitution codifie le mode de fonctionnement d’un système politique. Elle en définit en quelque sorte les règles du jeu. Son contenu s’impose à tous et notamment aux législateurs qui ne peuvent produire des lois qui ne lui soient reconnues que comme conformes. Elle est adoptée dans des conditions particulières –majorité spéciale- et ne peut être modifiée que dans les mêmes conditions. Donc tout ce qui peut être constitutionnalisé reste « gravé dans le marbre ». Car ce qui est "constitutionnel" c’est ce qui ne peut être remis en cause au gré des changements politiques et a pour fonction de limiter la portée de ceux-ci. Plus le spectre des questions abordées par une constitution sera large, moins le Parlement aura de compétences. La tentation est donc forte pour un Gouvernement d’« enrichir » ou de modifier la Constitution et de figer ainsi des orientations.

Le débat autour des constitutions n’est donc jamais un débat technique. Son enjeu est d’importance parce que, au-delà de l’organisation des pouvoirs, c’est là que se fixe l’ampleur de la démocratie « résiduelle » dont le peuple pourra se saisir. L’histoire est riche d’exemples.

Si le mouvement des Lumières a été le premier à poser la question de la tutelle religieuse sur la société, le débat auquel on assiste dans les pays touchés par les « révoltes arabes » est de même nature. Une fois le dictateur chassé, où mettre le curseur entre ce qui sera constitutionnalisé, donc intouchable, et le reste ? C’est le cœur du débat qui anime les Constituantes. La référence à la charia doit-elle être explicitement affirmée ? On en mesure les conséquences immédiates sur le statut des femmes, le droit de la famille et sur les délits qui apparaîtront, à commencer par celui de blasphème. Une chape de plomb intégriste et moyenâgeuse peut s’abattre brutalement sur la société sans possibilités de s’y opposer.

Le monde soviétique était lui-même tombé dans ce travers. En faisant explicitement référence à la construction du socialisme dans sa Constitution, il faisait de celui qui ne partageait pas cette perspective, non pas un opposant politique, mais un dissident qu’il convenait de combattre avec toute une palette d’outils répressifs. Le concept de dictature du prolétariat en fut l’un des plus efficace. De son côté, c’est en s’appuyant sur sa Constitution que la République fédérale d’Allemagne put décréter les « interdits professionnels ».

La chape des institutions européennes

La mécanique de la construction européenne nous montre un autre exemple. C’est dans cette région que des éléments de constitutions économiques se sont successivement empilés (Acte unique, Traité de Maastricht avec ses critères, Pacte de stabilité, etc.) pour être repris dans le corset du Traité de Lisbonne. C’est là que se prépare la constitutionnalisation de l’austérité avec des traités à venir sur la gouvernance de la zone euro et la bonne gestion budgétaire. Des pans entiers de souveraineté ont ainsi peu à peu été enlevés aux états rendant aujourd’hui impossible toute application d’un programme de gauche radicale. Le Mur de l’Europe est en place qui veille à ce que l’on ne puisse sortir du « cercle de la raison ». Faisant fi de toute démocratie, une oligarchie financière a construit, à l’échelle de l’Europe, brique après brique les murs d’une prison néolibérale qui ne laisse d’autre issue pour en sortir que de les casser. C’est pourquoi la mise en œuvre d’une véritable alternative de gauche porte en elle les germes d’un affrontement avec le carcan européen constitutionnalisé. Elle est lourde de désobéissances. Reprendre sur de toutes autres bases le processus de la construction européenne suppose avant tout de préserver pour chaque pays l’éventail des possibles et rendre l’Europe compatible avec ces aspirations voulues par le peuple de tout état-membre. L’Europe ne doit plus être une Sainte alliance opposée à toute volonté de changement, mais doit devenir permissive de toute espérance.

Le concept de gouvernance représente une démarche qui vise à dépasser la démocratie en la piétinant. Prétendant pallier ses insuffisances, il la nie en réintroduisant dans les mécanismes décisionnels le poids de tous les lobbies existants. Dans le mécanisme de la gouvernance, le principe égalisateur de la démocratie, où chacun compte pour un, est écarté au profit des groupes constitués porteurs d’intérêts particuliers. On renoue avec la tradition totalitaire du fascisme italien ou les corporations de l’état vichyste.

Partout des résistances s’organisent face à la volonté des oligarchies de brider ainsi l’éventail des choix politiques. En France, l’ampleur du débat sur le projet constitutionnel européen et son rejet en 2005 a montré combien la vigilance était forte sur ces questions et sera présente sur ce qui se prépare pour fixer pour longtemps des politiques austéritaires en Europe. L’enjeu des Constitutions est devenu un fait politique majeur et devient un terrain de bataille important pour préserver la vie démocratique et nouer des solidarités internationales. C’est un plafond de verre auquel il faut s’attaquer.

Michel Rogalski 


économiste, CNRS, directeur de la revue Recherches internationales

jeudi 9 août 2012

Le dogme de l’infaillibilité démocratique



Comme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntes d’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire (Irak, Soudan, Libye).

Dès que vous questionnez l’innocence de vos dirigeants (sur des sujets comme le 11-Septembre, l’Irak, la Libye, la Syrie) qui incarnent, semble-t-il, à eux seuls, la démocratie et ses valeurs supposées, les défenseurs de ce dogme lâchent contre vous leurs inquisiteurs chargés de le faire respecter (de BHL à Botul et de Botul à Bernard-Henri Lévy). Ainsi, prêter aux démocraties occidentales de mauvaises intentions dans les relations internationales, c’est contester ce dogme et s’exposer à faire l’objet d’un lynchage médiatique. Se poser des questions sur les arrières pensées de ses dirigeants, c’est remettre en cause ce dogme et risquer de se faire diffamer (vous devenez un paranoïaque, un révisionniste, un antisémite, un anti-américain, etc.). Penser que ses élites puissent commettre des crimes contre l’humanité de manière répétée, c’est manquer de respect à l’égard de ce dogme et s’attirer les mauvaises grâces du pouvoir et de ses gardiens.

L’opinion publique occidentale qui baigne, sans nécessairement le savoir, dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, est prompte à prendre la défense de l’inquisiteur en qui elle voit l’honnête homme, le défenseur des vertus démocratiques, celui qui porte la règle et sa légitimité. L’effronté qui oserait, par exemple, jeter toute la force de sa réflexion contre ce dogme dans les conflits libyen et syrien et qui mettrait en avant l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à l’origine du chaos politique, économique, social et humanitaire que connaissent ces deux pays, se verrait accusé immédiatement de soutenir les dictateurs massacreurs de leur peuple. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun défenseur du dogme que l’on puisse honnir les dictateurs laïques tout autant que ceux qui veulent les faire tomber afin de les remplacer par mille tyrans wahhabites et islamistes au service d’élites occidentales massacreuses d’innocence et fauteuses de guerre. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun lecteur assidu du Monde, duGuardian ou du New York Times de douter de la présentation des événements par ces quotidiens qui dépeignent les insurgés syriens sous les traits des combattants de la liberté, alors que la quasi-totalité d’entre eux ne sont pas Syriens (mais Jordaniens, Irakiens, Libyens, etc.), qu’ils tentent d’imposer la charia par le terrorisme de masse, qu’ils défendent le salafisme façon wahhabite et sa vision obscurantiste de l’Islam, qu’ils massacrent systématiquement tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue ou appartiennent aux minorités religieuses, qu’ils répondent à des donneurs d’ordres basés en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis et, enfin, qu’ils portent les couleurs d’Al-Qaïda.

Le citoyen occidental ne veut ou ne peut pas croire que ses dirigeants et ses médias puissent à ce point le manipuler et lui cacher la vérité. Cette pensée est au-dessus de ses forces ou de ses défenses immunitaires psychologiques et contraire au dogme qui est encré dans son cerveau de bourgeois cultivé depuis sa plus tendre enfance. Car s’il devait admettre qu’une telle manipulation était possible, il viendrait immanquablement à perdre ses repères, à douter de la nature réellement démocratique de son régime politique et il verrait, alors, toutes ses croyances dans les vertus de son système s’effondrer sur leur base. Reconnaître les crimes de nos élites, qu’il s’agisse de crimes politiques ou des crimes médiatiques, requiert de se projeter hors de soi et de son ethnocentrisme occidental pour penser que ‘l’autre’ n’est pas nécessairement un ‘barbare’ et pour effleurer l’idée que ses dirigeants, pourtant élus démocratiquement, puissent être des démocrates aux mains sales.

Les inquisiteurs du dogme ne peuvent pas s’élever au-dessus de leur aveuglement sans perdre leur foi dans leur système, sans perdre aussi tous les bienfaits personnels qu’ils peuvent tirer de leur position au sein de la hiérarchie des défenseur du dogme. Ne vous attendez donc pas à ce que les profiteurs du dogme répondent aux arguments soigneusement étayés que vous pourriez développer, ils ne détestent rien tant que la réalité. Ils n’ont, par ailleurs, pas plus de conscience morale que les profiteurs de guerre et ne méritent sans doute pas que nous engagions avec eux un dialogue courtois : ce sont, à vrai dire, les mêmes. Mais qui sont-ils au juste ? Ils ont un nom : on les appelleles Atlantistes.

Ce qui unit les élites politiques, culturelles, financières occidentales, c’est cette idéologie atlantiste qui ne souffre la contestation qu’à la marge. Si les hommes politiques ou les journaux de droite et de gauche peuvent s’étriper à loisir sur le droit à l’avortement ou l’abolition de la peine de mort, ils retrouvent toujours la voie de l’unanimisme lorsqu’il s’agit de défendre l’atlantisme dans ses fondements : ils seront ainsi unanimes pour défendre les traités européens qui ne font qu’entériner la doctrine libérale imposée par Washington ; ils seront unanimes également pour laisser l’Occident s’allier avec l’islamisme radical afin d’orienter les Printemps arabes selon les intérêts particuliers de leurs élites tout en prétendant, en même temps, défendre les valeurs des Lumières.

Pour tout démocrate sincère, celui qui croit davantage aux valeurs démocratiques qu’au système qui est sensé les mettre en œuvre, il est impératif de s’attaquer avec force à ce dogme parce qu’il est l’un des plus meurtriers qui soit : il permet, avec une impunité déconcertante, les actions les plus criminelles de la part des démocraties occidentales qui sont, si on y prête bien attention, les régimes les plus violents et les plus meurtriers de la planète depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de la menace communiste.

Il est nécessaire de s’acharner contre les bases de ce dogme pour le faire crouler avant qu’ils ne nous emporte tous, démocrates d’ici ou d’ailleurs, dans le chaos sans fin d’une guerre des peuples et des civilisations voulue par une élite indigne de gouverner nos destinées. Les dogmes, comme les dictatures et leurs représentants, sont faits pour être renversés. Et comme le Krak des Chevaliers, cette forteresse imprenable en terre syrienne, ils ont leurs failles.

Guillaume de Rouville

auteur de La Démocratie ambiguë, Éditions Cheap, juillet 2012

mercredi 25 avril 2012

De la "démocratie" à l'Occidentale:


"Après 1981, je demandais à François Mitterrand : -Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque ... Mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. En France, on élit, et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire." 

DANIELLE MITTERRAND

mardi 17 avril 2012

La peur de la tyrannie désormais considérée comme un trouble mental en Occident


L'État totalitaire moderne se prend pour le psychothérapeute de la société tout entière. Il se base sur le principe élitiste selon lequel il est omniscient, et que les gens méritent d'être contrôlés mentalement et endoctrinés « pour leur bien ». Les défenseurs du système totalitaire diabolisent les démocrates qui les critiquent en les qualifiant de fous, et atomisent le discours politique avec les armes mentales que leur fournissent l'expertise psychologique et les recherches actuelles dans le domaine de la santé mentale.

Peu importe la nature de l'idéologie pervertie derrière laquelle se cachent les obsédés du pouvoir. Ça pourrait aussi bien être le communisme que le nazisme, l'islamisme, le néoconservatisme ou l'environnementalisme. Tout mot se terminant par « isme » est une prison fondée sur le contrôle mental. Les citoyens sont réprimés de la même façon, peu importe la nature de l'enfer totalitaire auquel les soumettent leurs géôliers mentaux.

Les élites anti-démocratiques de toutes les prisons totalitaires du monde utilisent le langage de la santé mentale pour écarter les dissidents et imposer leurs croyances dogmatiques et leurs politiques totalitaires à un public récalcitrant. En 2009, Brendan O'Neill du site Spiked.com a écrit un essai percutant intitulé "The Psychologisation of Dissent: The Global Warming Skepticism Mental Disorder" (La psychologisation de la dissidence : le trouble mental que constitue le scepticisme à l'égard du réchauffement climatique), qui décrit de quelle façon l'Occident suit les traces de l'Union soviétique. O'Neill écrit :
L'idée selon laquelle la « négation du changement climatique » serait un trouble mental - le produit d'une incapacité neuronale malveillante, délibérée ou simplement innée à faire face à la catastrophe du réchauffement climatique - devient de plus en plus populaire parmi les activistes et les universitaires de tendance « écolo ». Et rien ne résume mieux l'élitisme et l'autoritarisme du lobby environnementaliste que sa psychologisation de la dissidence. Le fait de qualifier la moindre critique à l'égard de la politique du réchauffement climatique de « déni », et maintenant de preuve d'une grave instabilité psychologique, reflète une tentative de balayer toutes les critiques et tous les sceptiques en les qualifiant d'individus dérangés, et de poser les bases de solutions autoritaristes inévitables au problème du changement climatique. Historiquement, seuls les régimes les plus antilibéraux et misanthropes considéraient la contestation et le débat comme des signes de maladie mentale.

En Occident, l'étiquetage erroné de la dissidence comme « paranoïa » et « folie » a atteint un degré extrême. Ceux qui croient en la nécessité d'une transparence au niveau du gouvernement et d'une responsabilisation des médias ont été rayés de la communauté politique mainstream.

Quand on voit que ceux-là mêmes qui parlent au nom du système totalitaire en Amérique et qui accusent leur contestataires démocratiques de souffrir de troubles psychologiques et de retard mental sont à moitié demeurés, il y a de quoi rire. On citera comme exemples l'ex-Président George W. Bush et la secrétaire au Département de l'esclavage humain, Janet Napolitano. Être accusé par ces demeurés de souffrir de retard mental parce qu'on ne croit pas à la propagande gouvernementale officielle est trop drôle. Je pense qu'il vaut mieux en rire plutôt que fulminer contre ces bouffons mal dégrossis.

Mais ça devient plus grave quand on apprend que ces acharnés du pouvoir qui balancent des termes comme « maladie mentale », « théoricien du complot » et « attardé » pour décrire leurs opposants politiques mettent secrètement au point des programmes gouvernementaux visant à exterminer non seulement ceux qui les critiquent mais aussi la population dans son ensemble. À la manière d'Hitler, ils veulent se débarrasser des « malades mentaux » au sein de la société. Et qui est défini comme malade mental ? Les gens qui remettent en question la pseudo-science du changement climatique et le conte de fées officiel sur les attentats du 11/9 qui a été utilisé pour détruire les libertés civiques et la justice.

Les voix qui au sein de la communauté universitaire, médiatique et politique défendent la science du changement climatique et la validité de la version officielle du 11/9 se considèrent comme les leaders de l'évolution humaine. Mais très souvent, ces individus sont les plus attardés mentalement et les plus dérangés psychologiquement, avec leurs têtes de demeurés. Un de ces individus est le professeur Norgaard, de l'Université de l'Oregon.


Paul Joseph Watson a écrit un article intitulé "Climate Change Skepticism a Sickness That Must be 'Treated' Says Professor" (Le scepticisme à l'égard du changement climatique est une maladie qui doit être « traitée », selon un professeur), à propos de l'idée insensée et méprisable du professeur Norgaard de faire taire les critiques de l'hystérie du réchauffement climatique en les accusant de souffrir de maladie mentale, de dégénérescence psychologique et de régression sociale. Watson écrit :
Comparant le scepticisme à l'égard du réchauffement climatique d'origine humaine à des croyances racistes, un professeur de sociologie et d'études environnementales basé dans l'Oregon a qualifié les doutes sur le changement climatique d'origine anthropogénique de « maladie » pour laquelle les individus devaient être « traités ».

Le professeur Kari Norgaard, qui participe actuellement à la conférence "Planet Under Pressure" (Planète sous pression) à Londres, a soumis un article dans lequel elle soutient que la « résistance culturelle » à accepter l'hypothèse de la responsabilité des hommes dans le changement climatique « devait être reconnue et traitée » comme un comportement sociologique aberrant.

Norgaard assimile le scepticisme à l'égard des alarmistes du changement climatique - dont les données s'avèrent constamment politisées, partiales et totalement inexactes - au racisme, remarquant que ce genre de points de vue posaient un défi similaire à celui du « racisme ou de l'esclavage dans les États du Sud ».
John Aziz a également critiqué les croyances dérangées, anti-humaines et totalitaires du Professeur Norgaard dans son article éclairant, "The Face of Authoritarian Environmentalism" (Le visage de l'environnementalisme autoritaire), dont voici un extrait :
Le fait de pathologiser les dissidents n'est-il pas la marque de l'autoritarisme ? Les dissidents sous l'Union soviétique n'étaient-ils pas envoyés à l'hôpital psychiatrique pour y être « traités » pour leurs comportements ? Norgaard n'a-t-elle donc pas lu L'Archipel du Goulag de Soljenitsyne ?

Et franchement, le terme « sceptique » peut désigner un tas de choses. Est-ce qu'il désigne exclusivement ceux qui croient qu'il n'y a pas de changement climatique en cours ? Qu'en est-il est des agnostiques climatiques ? Est-ce qu'il désigne ceux qui croient qu'il y a bien un changement climatique mais qu'il n'est pas d'origine humaine ? Est-ce qu'il désigne ceux qui croient qu'il y a bien un changement climatique mais qui contestent les solutions proposées par Norgaard ?
Si on reprend la logique de Norgaard, alors les gens qui doutent de l'analyse selon laquelle le 11/9 était un acte de terrorisme d'État de la part des États-Unis et d'Israël sont mentalement dérangés et racistes.

Le fait de qualifier une opinion différence de « mentalement dérangée » et « d'anti-rationnelle » est très dangereux, pour des raisons évidentes. Les abus de pouvoir se manifestent quand une société accepte que des étiquettes empruntées au vocabulaire de la santé mentale posent les limites du débat sur tout sujet donné, mais surtout sur ceux qui ont des conséquences sociales et politiques fatales.

Dans une société collectivisée et totalitaire comme celle de l'Amérique, les membres du gouvernement peuvent assassiner en toute impunité des milliers d'innocents et commettre des atrocités et des crimes horribles contre leur propre population en reléguant leurs contestataires au rang de fous et en délimitant la frontière entre le discours politique légitime et le discours politique illégitime et insensé.

Ceux qui au sein du pouvoir veulent faire croire aux gens que le fait de douter de la version officielle sur le 11/9 et de critiquer les propagandistes du changement climatique sont des exemples de maladie mentale cachent de toute évidence des intentions maléfiques. Ils ne veulent pas que les gens soient informés et éduqués, mais endoctrinés et stupides, afin de leur faire gober n'importe quoi.

Je suis étonné qu'ils n'aient pas accusé les truth tellers du 11/9 de sorcellerie, afin de les envoyer au bûcher. Les psychothérapeutes hystériques du gouvernement et des médias pourraient bien décider un jour de passer à la vitesse supérieure et d'écraser les cerveaux avec la bonne vieille méthode : la force brute.

La situation a empiré au point que les esclaves noirs de 1776 étaient plus libres que les Américains d'aujourd'hui. Si George Washington, John Adams, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson étaient en vie aujourd'hui, on les accuserait d'être des théoriciens du complot souffrant de maladie mentale et de dangereux extrémistes. Thomas Jefferson rédigerait une déclaration d'indépendance mentale vis-à-vis de la tyrannie totalitaire. Et Washington se battrait pour légaliser toutes les drogues en Amérique.


Saman Mohammadi

Espagne : Le Ministère de l’Intérieur projette de qualifier la résistance passive d’attentat contre l’autorité


Le Ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, annonce que le fait d’organiser des rassemblements protestataires par Internet sera qualifié de « délit de participation à une organisation criminelle ».

Le gouvernement de Mariano Rajoy est conscient que le démantèlement du système social ainsi que la réforme du travail vont continuer de durcir le climat insurrectionnel présent dans les rues. Cela est apparu nettement lors des mobilisations des Indignés du 15-M [1], des étudiants du « Printemps Valencien » et de la grève générale du 29 mars 2012. Face à l’escalade de la tension sociale, l’Exécutif a décidé de « réformer en profondeur » le Code Pénal, la loi de Procédure Criminelle et la Loi Organique de Protection de la Sécurité des citoyens.

Aujourd’hui, au cours de la séance de contrôle du Congrès, le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz a justifié ce durcissement en alléguant la nécessité de lutter contre ce qu’il appelle « une spirale de violence » pratiquée par ce qu’il a qualifié de « collectifs anti-système » qui pratiquent des « techniques de guerre urbaine », selon Europa Press. Mais la législation dépasse largement la mise au pas des protestataires, elle vise la mise en place d’une batterie de restrictions des droits.

Le but de toutes les mesures qui ont été annoncées ces derniers jours, et de celle que le Ministre de l’Intérieur a présentée aujourd’hui est de renforcer le maintien de l’ordre public. Parmi ces mesures, le durcissement des sanctions contre la violence de la rue par l’application de la législation anti-terroriste conçue pour traiter les cas de kale borroka [2] au Pays Basque, et le rapport direct établi avec les affrontements survenus à Barcelone au cours de la grève du 29-M [3]. Il s’agit de faire en sorte que « le système inspire davantage la peur aux gens », comme l’a dit la semaine dernière le Conceller [4] de l’Intérieur, le Catalan Felip Puig.

Cependant, les protestataires ne sont pas la cible unique des réformes que proposent les conservateurs. Une autre de leurs propositions est de qualifier la résistance passive ou fortement active de « délit d’attentat contre l’autorité ». Ceci est une référence claire aux mobilisations estudiantines de Valence et au Mouvement 15-M. Avec cette législation, pourraient être condamnées pour attentat toutes les personnes participant aux mobilisations des Indignés, qui le plus souvent sont organisées sans notification préalable à la Délégation [5] du Gouvernement.

La participation à ces manifestations ne sera pas le seul acte à être réprimé. La réforme proposée prévoit que sera considéré comme « délit d’appartenance à une organisation criminelle » le fait de diffuser via Internet et les réseaux sociaux les appels à des rassemblements « protestataires susceptibles d’altérer gravement l’ordre public », ce qui concerne tous ceux qui n’auraient pas été notifiés et qui s’accompagneraient du refus de vider les lieux malgré l’avertissement de la Police. Exactement ce qui s’est passé le 15 mai 2011 et les jours qui ont suivi, place de la Puerta del Sol à Madrid.

L’Espagne a le taux de détenus le plus élevé d’Europe Occidentale et les indices de criminalité les plus bas. Néanmoins, seront incluses aussi « toutes les formes d’agression » attaque violente à l’encontre d’un policier, les menaces et comportements synonymes d’intimidation ou le jet de projectiles dangereux.

Une autre mesure, signalée par Europa Press, permettra de considérer comme circonstance aggravante le fait de perpétrer ces actions violentes dans des manifestations ou des rassemblements. Sera considéré comme délit contrevenant à l’ordre public le fait de pénétrer dans des établissements publics ou d’entraver l’accès à ces derniers. En conséquence, la quantité des dégâts comptabilisée sera étendue non seulement à ceux commis dans ces établissements mais aussi à ceux engendrés par l’interruption du service public.

Bien que le Ministre de l’Intérieur ait déclaré : « Il ne s’agit pas seulement de répondre avec le Code Pénal à des initiatives de guérilla urbaine qui tendent à proliférer dans nos rues, mais il ne s’agit pas non plus de nous installer dans une béatitude juridique », l’Espagne possède déjà un Code Pénal dur par rapport à celui des autres pays européens.

Il est de fait qu’actuellement, l’Espagne possède le taux de détenus le plus élevé de toute l’Europe occidentale. En revanche, ses indices de criminalité sont, pour le moment, parmi les plus bas.

Luis Giménez San Miguel

Madrid le 11/04/2012

http://www.publico.es/espana/429078/interior-considerara-la-...

Traduction : Simone Bosveuil-Pertosa pour LGS

[1] NdT Mouvement du 15 mai 2011
[2] NdT Lutte de la rue, en basque
[3] NdT Grève générale du 29 mars 2012
[4] NdT Ministre du Gouvernement de la Generalitat de Catalogne
[5] NdT Organe du gouvernement central dans les Communautés autonomes


lundi 23 janvier 2012

La guerre mondiale contre la démocratie



Lisette Talate est décédée l’autre jour. Je me rappelle d’une fine femme à l’intelligence aiguisée qui masquait sa peine avec une détermination qui était une présence en elle-même. Elle était la personnification de la résistance des peuples à la guerre contre la démocratie. Je l’ai d’abord entr’aperçu dans un film du bureau des colonies datant des années 1950, à propos des gens des îles Chagos, une petite nation créole vivant à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie dans l’Océan Indien. La caméra se déplaçait dans des villages fourmillant, une église, une école, un hôpital, construits dans un endroit phénoménal de beauté naturelle et de paix. Lisette se rappelle du producteur du film lui disant à elle et ses amies adolescentes: “Continuez à sourire les filles !”
Assise dans sa cuisine de l’île Maurice plusieurs années plus tard, elle dit: “On n’avait pas besoin de me demander de sourire. J’étais une enfant heureuse, parce que mes racines descendaient profondément dans ces îles, mon paradis. Mon arrière grand-mère était née là-bas, j’ai fait 6 enfants là-bas. Voilà pourquoi ils ne pouvaient pas nous jeter légalement en dehors de nos maisons; ils devaient nous terrifier pour que nous partions ou nous forcer à partir. Au début, ils ont essayé de nous affamer. Les vaisseaux de ravitaillement cessèrent de venir, ensuite ils ont répandu les rumeurs que nous serions bombardés, puis ils se sont retournés contre nos chiens.”
Au début des années 1960, le gouvernement travailliste (NdT: les “socialistes” britanniques) d’Harold Wilson acquiesça secrètement à une demande de Washington pour que l’archipel des Chagos, une colonie britannique, soit “nettoyée” et “aseptisée” de ses 2 500 habitants afin qu’une base militaire puisse être construite sur l’île principale de l’archipel, l’île de Diego Garcia. “Ils savaient que nous étions inséparables de nos animaux domestiques”, dit Lisette, “quand les soldats américains sont arrivés pour construire la base, ils firent reculer leurs gros camions jusqu’aux baraques de briques dont nous nous servions pour préparer les noix de cocos; des centaines de nos chiens avaient été emprisonnés dedans. Ils les ont gazé avec des raccords fait à leur pots d’échappement. On pouvait les entendre hurler.”
Lisette, sa famille et des centaines d’insulaires furent mis de force sur un vieux bateau à vapeur rouillé à destination de l’île Maurice, distante de 4 000 km. Ils devaient dormir dans les cales contenant du fertilisant: de la merde d’oiseaux. La météo était dure, tout le monde était malade; deux femmes firent des fausses-couches. Larguée sur les quais de Port Louis, les deux plus jeunes enfants de Lisette Jollice et Régis, moururent à une semaine d’intervalle. “Ils sont morts de tristesse”, dit-elle. “Ils avaient tout entendu et ont vu l’horreur du gazage de nos chiens. Ils savaient qu’ils quittaient leur maison pour toujours. Le médecin de Maurice nous a dit qu’il ne pouvait pas guérir la tristesse.”
Cet acte fut fait dans le plus grand des secrets. Dans un document d’archive officiel, sous le titre de “Maintenir la fiction”, le conseiller juridique du ministère des affaires étrangères exorte ses collègues de camoufler leurs actions en “reclassifiant” la population comme étant une population “flottante, nomade” et de “refaire les règles au fur et à mesure”. L’article 7 des statuts du TPI dit que “la déportation ou le transfert forcé de populations” est un crime contre l’humanité. Que la Grande-Bretagne ait commis un tel crime en échange d’une ristourne de 14 millions de dollars sur un sous-marin nucléaire américain Polaris, n’était pas dans l’agenda d’un groupe de correspondants de la “défense” qui furent envoyés aux îles Chagos par le ministère de la défense lorsque les travaux de la base américaine furent terminés. “Il n’y a rien dans nos dossiers”, dit un officiel du ministère, “à propos des habitants ou à propos d’une évacuation.”
Aujourd’hui, l’île de Diego Garcia est cruciale à la guerre contre la démocratie menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les plus gros bombardements qui ont eu lieu en Afghanistan et en Irak ont été lancés de cette base, au delà de laquelle le cimetière et l’église abandonnés par les insulaires se dressent comme des ruines archéologiques. Le jardin en terrasse d’où Lisette souriait à la caméra est maintenant un dépôt pour des bombes anti-bunkers transportées sur leurs lieux de bombardements sur deux continents par des bombardiers B-2 furtifs aux allures de chauve-souris. Une attaque sur l’Iran commencera de là. Comme pour compléter le blason du pouvoir criminel omni-présent, la CIA y a ajouté une prison du style de Guantanamo pour les victimes de son programme de “rendition”, appelé “Camp Justice”.
Ce qui fut fait au paradis de Lisette a une signification forte et universelle dans la mesure où cela représente la nature violente et sans pitié d’un système entier derrière sa façade démocratique et la mesure de notre propre endoctrination avec ses suppositions messianiques, décrites par Harold Pinter comme “de brillants numéros d’hypnose, spirituels même, qui fonctionnent”. Plus longue et plus sanglante que toute guerre depuis 1945, faite avec des armes démoniaques et un gangstérisme déguisé en politique économique, parfois connu sous le nom de mondialisme, la guerre contre la démocratie n’est pas mentionable dans les cercles de l’élite. Comme l’a écrit Pinter: “Cela ne s’est jamais produit et dans le même temps cela se produisait”. En Juillet dernier, l’historien américain William Blum a publié son sommaire mis à jour des statistiques de la politique étrangère américaine. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont:
1. Tenté de renverser plus de 50 gouvernements la plupart d’entr’eux démocratiquement élus.
2. Tenté de supprimer un mouvement populiste ou national dans 20 pays.
3. Interféré éhontement dans des élections démocratiques dans au moins 30 pays.
4. Bombardé les populations de plus de 30 pays.
5. Tenté d’assassiner plus de 50 leaders politiques étrangers.
Au total, les Etats-Unis ont commis une ou plus de ces actions dans 69 pays. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a été la complice et la collaboratrice. L’”ennemi” change de nom, de communisme à islamisme, mais le plus souvent c’est la montée de mouvement démocratique indépendant du pouvoir occidental ou une société occupant un territoire stratégiquement utile, jugée aléatoire, comme les îles Chagos.
La véritable échelle de la souffrance, sans parler de celle de la criminalité impliquée, n’est pas connue en occident, malgré la présence des systèmes de communication les plus avancés au monde, nominalement le journalisme le plus libre et l’académie la plus admirée. Que le plus grand nombre de victimes du terrorisme, du terrorisme occidental, soient les musulmans est quelque chose qu’on ne peut pas dire, si cela est seulement su. La mort d’un demi million d’enfants irakiens dans les années 90 suite à l’embargo imposé par la Grande-Bretagne et l’Amérique n’a absolument aucun intérêt. Que le djihadisme extrême, celui qui mena aux attentats du 11 Septembre, fut couvé et développé comme une arme par la politique occidentale (“Opération Cyclone”) est une information connue des spécialistes mais autrement complètement supprimée.
Alors que la culture populaire en Grande-Bretagne et en Amérique immerge la seconde guerre mondiale dans un bain éthique pour les vainqueurs, les holocaustes qui émergent de la domination anglo-américaine des régions riches en ressources naturelles sont consignés dans le tiroir de l’oubli. Sous le tyrant indonésien Suharto, adoubé “notre homme” par Thatcher, plus d’un million de personnes furent massacrées. Décrit par la CIA comme “le pire massacre de masse de la seconde partie du XXème siècle”, les estimations ne prennent même pas en compte le tiers de la population du Timor oriental qui fut affamé ou massacré avec la complicité de l’occident, des avions et des mitrailleuses britanniques.
Ces histoires vraies sont racontées dans des documents déclassifiés et archivés dans les archives publiques, néanmoins elles représentent une dimension entière de la politique et de l’exercice du pouvoir complètement exclu de la vie publique et de la considération du public. Ceci fut réalisé par un régime non-coercitif de contrôle de l’information, depuis le mantra évangélique de la publicité consumériste aux informations de la BBC en passant par les médias sociaux éphémères.
C’est comme si les écrivains faisant fonction de rempart n’étaient plus ou sont sous l’emprise d’un zeitgeist sociopathe, convaincus qu’ils sont trop intelligents pour être dupés. Voyez la ruée des sycophants en mal de déifier Christopher Hitchens (NdT: journaliste anglo-américain grand supporteur de la guerre d’Irak), un amoureux de la guerre qui s’est languit d’être autorisé à justifier les crimes du pouvoir prédateur. “Pour presque la première fois depuis deux siècles”, écrivit Terry Eagleton, “il n’y a pas de poète britannique éminent, de dramaturge ou de romancier, préparés à questionner les fondations même du mode de vie occidental”. Plus d’Orwell pour nous dire que nous ne devons pas nécessairement vivre en société totalitaire pour être corrompu par le totalitarisme. Plus de Shelley pour parler pour les pauvres, plus de Blake proférant une vision, plus d’Oscar Wilde pour nous rappeler que “la désobéissance, aux yeux de tous ceux qui ont lu l’histoire, est la vertu originelle de l’Homme.”
Et plus de Pinter rageant contre la machine de guerre comme dans American Football:
Hallelujah.
Praise the Lord for all good things … [Rendons grâce à Dieu pour toutes les bonnes choses...]
We blew their balls into shards of dust, [Nous leur avons explosé les couilles en débris de poussière,]
Into shards of fucking dust … [En débris de putain de poussière...]
En débris de putain de poussière s’en vont toutes les vies détruites là par Barack Obama l’Auguste du changement et de l’espoir de la violence occidentale. Quand un des drones d’Obama élimine une famille complète dans une région tribale lointaine du Pakistan, de Somalie, ou du Yémen, les contrôleurs du jeu américains devant leurs écrans de jeu vidéo, tapent sur leur clavier “insecte écrabouillé” (NdT: “bugsplat” en anglais). Obama aime les drones et a fait des plaisanteries à ce sujet avec les journalistes. Une de ses premières actions comme président des Etats-Unis fut d’ordonner une vague d’attaques de drones Predator sur le Pakistan, qui tua 74 personnes. Il a depuis tué des milliers de personnes, pour la plupart des civils. Les drones Predator tirent des missiles Hellfire “feu de l’enfer” qui vide les poumons des enfants de leur air et laissent des lambeaux de chair humaine sur le terrain.
Rappelez-vous des manchettes de journaux noyées de larmes lorsque la “marque” Obama fut élue: “Monumental, donne la chair de poule”, titra le Guardian. “Le futur américain”, écrivit Simon Schama “est fait de vision, sacré, léger…” Le chroniqueur du San Francisco Chronicle y vît “un éclairagiste spirituel qui peut pousser pour une nouvelle façon d’être sur la planète”. Au delà de ce radotage, comme l’avait prédit le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’état militaire se déroulait à Washington et Obama était leur homme. Après avoir séduit le mouvement anti-guerre jusqu’à un silence virtuel, il donna à la classe des officiers militaires corrompue américaine des pouvoirs d’état et d’engagement sans précédent. Ceci inclut la possibilité de guerres en Afrique et des opportunités de provocations contre la Chine, le plus grand créditeur de l’Amérique et nouvel “ennemi” d’Asie. Sous le régime Obama, la vieille source de paranoïa officielle, la Russie, a été encerclée par un rideau de missiles ballistiques et l’opposition russe a été infiltrée. Des équipes d’assassins de la CIA et de l’armée ont été déplacées dans 120 pays, les attaques planifiées de longue date sur la Syrie et l’Iran laissent présager d’une guerre mondiale. Israël, le clone américain de la violence et de l’illégalité par proxy vient juste de recevoir son argent de poche annuel de 3 milliards de dollars avec la bénédiction d’Obama pour voler toujours plus de territoires palestiniens.
La réussite la plus “historique” d’Obama a été d’amener la guerre contre la démocratie sur le sol de l’Amérique. Au réveillon du nouvel an, il signa la loi du National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui donne le droit au Pentagone de kidnapper à la fois des étrangers et des citoyens américains, de les détenir de manière indéfinie, de les interroger, de les torturer et même de les tuer. Les victimes n’ont seulement besoin que d’être “associées” avec ceux qui sont en guerre contre les Etats-Unis. Il n’y aura aucune protection légale, aucun procès, aucune représentation légale. Ceci est la première législation qui abolit le Habeas Corpus (le droit a une procédure judiciaire légale) et réfute de facto les droits civiques de 1789.
Le 5 Janvier, dans un discours incroyable au Pentagone, Obama a dit que l’armée devra non seulement être prête “à sécuriser territoires et populations” à l’étranger, mais également à se battre ™à domicile” et “donner du soutien aux autorités civiles”. En d’autres termes, les troupes américaines seront déployées dans les rues des villes des Etats-Unis lorsque les troubles sociaux inévitables se déclancheront.
L’Amérique est aujourd’hui un pays de la pauvreté épidémique et de prisons barbares: la conséquence d’un extrémisme de marché, qui sous Obama, a favorisé le transfert de 14 000 milliards de dollars d’argent public aux entreprises criminelles de Wall Street. Les victimes en sont le plus souvent les jeunes chômeurs, sans abri, incarcérés afro-américains, qui ont été trahis par le premier président noir américain. Le corollaire historique d’un état de guerre perpétuel, ceci n’est pas le fascisme, pas encore du moins, mais cela n’est pas non plus la démocratie dans une forme reconnaissable, indépendemment de la politique placebo qui se déroulera juqu’à Novembre. La campagne présidentielle, dit le Washington Post va “mettre en scène le choc des philosophies enracinées dans des vues différentes de l’économie.” Ceci est faux. La tâche qui incombe au journalisme des deux côtés de l’Atlantique est de créer l’illusion d’un choix politique là où il n’y en a aucun.
La même ombre plane sur la Grande-Bretagne et la plupart de l’Europe où la social-démocratie, un article de foi il y a encore deux générations, a capitulé devant les dictateurs des banques centrales. Dans la “grande société” de David Cameron, le vol de 84 milliards de Livres en emplois et en services dépasse même le montant des impôts “légalement” évités par les entreprises pirates. Le blâme demeure non pas avec l’extrême-droite, mais avec une culture politique libérale couarde qui a permis à tout cela de se produire, ce qui, écrivit Hywel Williams juste après les attentats du 11 septembre 2001, “peut devenir en soi une forme de fanatisme de l’auto-satisfaction”. Tony Blair est un de ces fanatiques.. Dans sa gestion indifférente des libertés qu’il clame pourtant être chères, la Grande-Bretagne bourgeoise blairienne a créé un état policier avec plus de 3000 lois et actes délictuels nouveaux: plus que pour l’ensemble du siècle précédent. La police croit de manière évidente qu’elle a l’impunité totale de tuer. A la demande de la CIA, des cas juridiques comme celui de Binyam Mohamed, un citoyen britannique innocent, torturé puis emprisonné pour cinq ans à Guantanamo, seront traités dans des cours de justice spéciales et secrètes en Grande-Bretagne afin de “protéger les agences de renseignement”, les bourreaux.
L’état invisible a permis au gouvernement de Blair de lutter contre les habitants des îles Chagos alors qu’ils se levaient de désespoir depuis leur exil pour demander justice dans les rues de Port Louis et de Londres. “Seulement quand vous menez une action directe, face à face, et même que vous enfreignez la loi, alors on vous remarque”, a dit Lisette. “Et plus vous êtes petit, le plus grand est l’exemple pour les autres.” Une telle réponse éloquente donne de quoi réfléchir à ceux qui demandent toujours: “Que puis-je faire ?”
J’ai vu pour la dernière fois la fine silhouette de Lisette debout sous une pluie battante, aux côtés de ses camarades devant le parlement. Ce qui me frappa par dessus tout fut le courage endurant de leur résistance. C’est le refus d’abandonner que le pouvoir pourri craint par dessus tout, car il sait que c’est la graine plantée sous la neige.

John Pilger 


Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=28753

Traduction par Résistance 71.
Visitez le site de John Pilger : http://www.johnpilger.com/