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lundi 18 février 2013

BENOIT XVI RENONCE A POURSUIVRE SON PONTIFICAT


Benoît XVI  a annoncé ce matin, 11 février 2013, qu'il se démettait de ses fonctions, à partir du 28 février.

Voici son annonce traduite du latin au français par le Saint-Siège :

"Frères très chers,
Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire."



 Benoît XVI : quel coup de maître du Saint Esprit !

Le pape n’est pas parti. Loin de là !
Par son geste inattendu et presque unique, le voici qui arrive enfin dans les esprits et passe à l’Histoire.
Quel coup de maître de la part du Saint-Esprit qui le conduit !
Le Souffle divin ne pouvait pas faire mieux que ce coup d’éclat qui n’en a pas l’air pour maintenir ce « Joseph », charpentier de la théologie, comme un trésor dans les  consciences.
Certes, nous ne verrons plus son visage au sourire mesuré — mais tellement vrai !
Nous allons perdre de vue sa silhouette fragile, inquiète, inadaptée aux dimensions de l’univers dont il eut la charge, nous allons peut-être même (ce serait dommage !)
égarer ses livres, oublier ses encycliques, laisser sous la poussière d’une étagère son Jésus de Nazareth, mais lui, cet homme, ce prêtre, ce pape, il va rester en nous, je l’assure,
 comme un être à part, ce que le chrétien doit être.
 On a salué, y compris ses ennemis bornés et souvent infamants, sa large intelligence et son érudition — il eût été difficile de penser le contraire — mais ses efforts de chaque
jour pour tenir l’Église debout et fidèle à son Christ, sous le feu d’un contexte universel qui l’attendait, non en face mais au tournant, peu d’êtres les ont recueillis et salués. Tant
pis pour nous qui avons toujours un pape de retard !

Si, par son dernier geste pontifical, qui n’est pas une bénédiction, mais un au revoir de la main, Joseph Ratzinger révèle la grandeur de son être uniquement harnaché à son Dieu, éloigné de toute gloire mondaine, il y a mieux : sans grand bruit de mots, ce qui est un comble pour celui que l’on maintenait dans le camp des intellectuels et même des  professeurs qui, paraît-il, ne comprennent rien au réel, il offre à présent une dernière chance à l’humanité en lui montrant par le simple fait de sa démission qui n’est autre qu’un  engagement, la nécessité pour l’homme contemporain, sûr de lui, bavard et faussement autonome, de calmer le jeu. Et, par un saut radical dans l’intériorité, de rejoindre sa Source. Demain, si les heures se couvraient d’ombres — on ne sait jamais ! — il est une chose certaine, c’est que nous ne pourrions pas accuser Benoit XVI de silence !

 Cet homme nous a dit la vérité, la seule, la vraie qui, aujourd’hui, au grand jour, transpire de son front : à la fin, c’est l’humilité qui gagne !

 En se retirant sur la montagne, avec l’Église non plus sur les épaules, mais dans le cœur, celle-ci n’a rien à craindre, puisque la prière des saints comme celle des humbles est infaillible. Bon travail, très Saint-Père… et mille fois merci !

Père Zanotti-Sorkine,
le 13 février 2013



mercredi 13 février 2013

Les enjeux de la démission du pape



Le monde catholique s’interroge sur les conséquences du départ du pape. La démission de Benoît XVI a été une grande surprise pour tout le monde. Alors que le souverain pontife passe ses derniers jours à la tête du Saint-Siège, le monde chrétien d'Occident se demande ce qui va se passer ensuite ? Les experts répondent : un pape latino-américain et une collaboration entre le christianisme et l’islam.

En huit ans de pontificat, Benoît XVI est non seulement devenu le souverain de l’Église catholique le plus âgé, mais il a aussi de nombreuses fois surpris ses ouailles par des déclarations ambiguës. Ainsi, il a, à plusieurs reprises, condamné l’homosexualité, l’avortement et les romans de J. K. Rowling Harry Potter. On se souvient également de ses propos acerbes envers les musulmans et de ses déclarations concernant le scandale de la pédophilie.

Ce n’est pas mal en si peu de temps. Mais le fait que personne ne s’attendait à un tel dénouement, c’est une autre affaire. Les Occidentaux essaient de comprendre s’il a pris cette décision seul ou s’il a subi une pression extérieure. Si la seconde hypothèse se confirme, les experts soulignent que le nouveau pape devra être très prudent.
John Moody, ancien correspondant au Vatican, pense que Benoît XVI a dans l’ensemble assez bien préparé le terrain pour des réformes.

« Je pense que Benoît XVI a ouvert une nouvelle ère dans l’histoire de la papauté. Cela pourrait créer certains problèmes. Tous les précédents papes pensaient qu’ils communiquaient seulement avec Dieu, qu’il y avait un lien direct entre eux et le Très-Haut seulement. Aujourd’hui, la situation fait que tout le monde pourra observer ce que fera le prochain pape. Il aura Twitter. Que fera-t-il ? Exprimer son point de vue ? C’est le début d’une nouvelle ère. La prééminence absolue du pape est maintenant remise en question. »

Aujourd’hui, beaucoup prédisent l’avènement d’un cardinal originaire d’Amérique latine, parce que plus de 40 % des catholiques vivent dans cette région. Cependant, les prêtres européens représenteront la moitié des voix pour l’élection du prochain pape. Selon les experts, les favoris sont l’archevêque de São Paulo Odilo Pedro Scherer, l’archevêque de Milan Angelo Scola et le cardinal originaire du Ghana Peter Kodwo Appiah Turkson. Un de principaux critères de sélection sera la capacité de défendre les intérêts du catholicisme dans le monde actuel. Selon Viatcheslav Kostikov, ancien ambassadeur russe au Vatican, ce problème est le plus urgent pour l’Église chrétienne d’Occident.

« Aujourd’hui, l’Europe est submergée d’islamistes et, évidemment, cette nouvelle vague a une grande influence sur le monde chrétien. Comment l’arrêter ? Voilà la grande question, à laquelle devra répondre le pape nouvellement élu. D’un côté, il devra faire attention à ne pas élargir le fossé qui sépare les mondes chrétien et musulman. D’un autre côté, il devra tout de même défendre les valeurs chrétiennes traditionnelles, qui sont une composante de la civilisation d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord. »

En ce qui concerne la politique intérieure du nouveau pape, son sort est déjà réglé. Les spécialistes estiment que le prochain souverain pontife devra tirer les enseignements des erreurs de Benoît XVI. Pour le théologien José Manuel Vidal, il devra trouver un compromis pour résoudre les questions litigieuses.

« L’Église catholique est en train de perdre sa base : le soutien des jeunes. Elle a presque perdu l’Europe. Pour la faire revenir dans le giron du catholicisme, il faudra que le nouveau pape mène une politique nouvelle. »

Le Vatican a annoncé qu'un conclave serait organisé dans les 15 à 20 jours suivant la démission du pape, prévue pour le 28 février. T

Darya Manina
source


Le Vatican foudroyé le jour du renoncement du Pape Benoît XVI /

mardi 12 février 2013

SELON LA PROPHÉTIE DE SAINT MALACHIE, LE SUCCESSEUR DE BENOÎT XVI SERA LE DERNIER DES PAPES



Publié sur Slate.fr, un article de France Ortelli rappelait fin décembre aux lecteurs trop optimistes qu’en dépit du raté de la fin du monde maya,d’autres apocalypses –beaucoup d’autres– les attendaient.
Or selon l’une d’entre elles, la prophétie de saint Malachie ou prophétie des Papes, le 112e pape sera le dernier à exercer, puisque lors de son règne, Rome et le monde seront détruits. Et devinez qui sera le 112epape? Gagné: il s’agira du successeur de Benoît XVI, le 111e pape qui, âgé de 85 ans, vient d’annoncer sa renonciation (sa démission) à cause de sa santé déclinante.
Heureusement, la prophétie des papes n’est pas un modèle de rigueur scientifique. Découvert vers 1590, le texte de cinq pages a été publié pour la première fois en 1595. «C’est une liste de papes qui sont chacun résumé par une formule lapidaire. Pour les premiers siècles, ces phrases tombent très juste, et ce n'est pas étonnant puisqu'elles ont été écrites au XVIe siècle, bien qu'on les ait attribuées à un moine irlandais du XIIesiècle», expliquait alors à Slate Jean-Noël Lafargue, auteur des Fins du Monde: de l’Antiquité à Nos Jours.
Le site Wikipedia, dans sa notice sur la prophétie de saint Malachie, donne pour la formule latine associée au 112e pape la traduction suivante:
«Dans la dernière persécution de la sainte Eglise romaine siégera Pierre le Romain qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite, et le Juge redoutable jugera son peuple.»
Mais comme avec les prophéties de Nostradamus, qui veut croire trouve forcément dans la vie d’un homme un indice qui coïncide avec le texte ésotérique. Ainsi «on cite souvent le 109e, Jean-Paul 1er, dont le règne pontifical n'a duré qu'un mois, et dont la phrase “malachienne” peut se traduire comme "le temps d'une Lune". Un mois, quoi», poursuivait Jean-Noël Lafargue.
Ne paniquons pas tout de suite: selon certains traducteurs, le texte laisserait entendre qu'il ne s'agira pas du successeur direct de Benoît XVI mais d'un prochain pape «dans la suite des temps». La prochaine fin du monde pourrait donc attendre encore quelques règnes pontificaux.

lundi 11 février 2013

Le pape annonce sa démission pour le 8 février (son annonce)



L'annonce du Pape en intégralité :

"Frères très chers, Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l'Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l'avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les oeuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière.

Cependant, dans le monde d'aujourd'hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de Saint-Pierre et annoncer l'Evangile, la vigueur du corps et de l'esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s'est amoindrie en moi d'une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m'a été confié.

C'est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d'évêque de Rome, successeur de Saint-Pierre, qui m'a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l'élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire."

lundi 4 juin 2012

Les attaques contre Benoît XVI dans l'affaire des fuites


Le n°2 du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, a dénoncé ce soir les attaques contre Benoît XVI dans l'affaire des fuites de documents confidentiels au Vatican. "Les attaques instrumentalisées ont toujours existé, de tout temps, cette fois-ci, cependant, il semble que les attaques soient plus ciblées, parfois aussi féroces, mordantes et organisées", a-t-il déclaré dans un entretien télévisé. Benoît XVI "ne se laisse certainement pas effrayer par les attaques, quel que soit leur genre", a-t-il ajouté. Selon la presse italienne, l'enjeu de la publication de ces documents, dont beaucoup expriment des doléances contre le cardinal Bertone, aurait été précisément de pousser vers la sortie ce proche du pape en raison d'une gestion jugé trop autoritaire, centralisée, et insuffisamment diplomatique. Le cardinal Bertone a beaucoup d'ennemis, notamment parce qu'il vient du terrain pastoral et non du sérail diplomatique de la secrétairerie d'Etat. Les investigations, dans le plus grand secret, sont menées à deux niveaux: par la justice vaticane et par une commission de trois cardinaux qui continue d'entendre de nombreuses personnes.

mardi 10 janvier 2012

Le mariage gay menace l'humanité, estime le pape



CITE DU VATICAN (Reuters) - Benoît XVI a estimé lundi que le mariage entre homosexuels était l'une des menaces à la famille traditionnelle susceptibles d'ébranler "l'avenir même de l'humanité".
Cette condamnation sans appel des unions homosexuels a été faite par le pape lors de la cérémonie traditionnelle des voeux au corps diplomatique accrédité au Saint-Siège.
Pour le prélat bavarois, "l'éducation des enfants a besoin de lieux. Parmi ceux-ci figure en premier lieu la famille, fondée sur le mariage d'un homme avec une femme".
"Il ne s'agit pas d'une simple convention sociale, mais bien de la cellule fondamentale de toute société. Par conséquent, les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l'avenir même de l'humanité", a-t-il expliqué.
Le Vatican et les responsables de l'Eglise catholique, qui compte 1,3 milliard de fidèles à travers le monde, sont hostiles à la légalisation du mariage gay intervenue dans plusieurs pays européens et ailleurs.

samedi 19 novembre 2011

Le Pape convie l'Afrique à entrer dans la modernité

Benoît XVI adresse à tous les pays africains une exhortation apostolique pour encourager ce continent à aller de l'avant. 


C'est en «passeur» que le Pape est entré vendredi au Bénin. À peine arrivé à Cotonou, où il séjourne jusqu'à demain, Benoît XVI a été chaleureusement accueilli par le président Boni Yayi et s'est adressé aux chefs traditionnels pour leur demander de contribuer «par leur sagesse et leur intelligence» au «délicat passage qui s'opère entre la tradition et la modernité» .

Vocations florissantes 

Benoît XVI, plutôt en forme malgré la perspective de ses 85 ans, a redit à l'Afrique, dans un français très appliqué, la conviction qui anime à la fois sa vision de l'Église et du monde : «La modernité ne doit pas faire peur mais elle ne peut se construire sur l'oubli du passé.» D'où la nécessité selon lui d'«accompagner» cette transition «avec prudence» afin d'éviter une série «d'écueils» dont il a dressé une liste sans appel : «la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance, le nationalisme ou le tribalisme exacerbé et stérile qui peuvent devenir meurtriers, la politisation extrême des tensions interreligieuses (…) et l'effritement des valeurs humaines, culturelles, éthiques et religieuses».

Le ton de ce court voyage était donc donné. Le second pour lui en Afrique et le vingt-deuxième de son pontificat hors d'Italie. Dans l'esprit du Pape, il s'agit surtout de trouver «les critères sûrs» pour «guider» ce «passage à la modernité». Et pas seulement au Bénin. L'exhortation apostolique post-synodale, un document de 140 pages qu'il rendra public ce matin (conclusion du synode africain de 2009) a le statut d'une véritable charte pour bâtir l'avenir. Benoît XVI est même venu spécialement au Bénin pour remettre cette feuille de route, lors d'une cérémonie officielle ce matin, aux représentants des Églises catholiques de tout le continent.

Mais ce voyage, qui est une fête pour les catholiques de ce pays - un tiers d'une population de neuf millions d'habitants -, et cette volonté d'apporter de l'espérance interviennent dans un contexte très lourd. Le chômage touche 70 % de la population. La réforme agraire visant à distribuer trois millions d'hectares profite plutôt aux grosses entreprises agricoles, ce qui accélère l'exode rural massif, à l'opposé de l'objectif recherché. La corruption frappe à tous les étages. Les évêques la dénoncent mais une enquête vient de démontrer que 80 % des habitants affirment devoir payer sous la table pour obtenir ce qui leur revient de droit.

Sur le plan religieux enfin, les vocations religieuses sont florissantes (800 séminaristes pour 1 500 prêtres) mais l'animisme est roi. «La majorité de notre population pratique encore la religion traditionnelle africaine», a reconnu hier après-midi, devant le Pape, Mgr  Antoine Ganyè, archevêque de Cotonou. Sans compter les sectes protestantes qui «se diffusent comme une tâche d'huile» au Bénin selon l'expression de l'Osservatore Romano d'hier.

Un thème que Benoît XVI a d'ailleurs abordé de front devant les cinquante journalistes qui l'accompagnaient sur le vol papal : «Nous ne devons pas imiter ces communautés mais nous demander ce que nous pouvons faire, nous, pour donner une nouvelle vitalité à la foi catholique. Et je dirais qu'il faut certainement un message simple, profond et compréhensible. Il est important que le christianisme n'apparaisse pas comme un système difficile et européen que d'autres ne pourraient pas comprendre. Il doit apparaître comme un message universel.»

Jean-Marie Guénois 

jeudi 17 novembre 2011

Benoît XVI au Bénin pour son deuxième voyage en Afrique


Benoît XVI effectuera son deuxième voyage en Afrique, du 18 au 20 novembre, au Bénin, un petit pays où l'Eglise a joué un grand rôle. A la différence de son prédécesseur, Jean-Paul II, Benoît XVI se déplace peu et privilégie l'Europe aux destinations plus lointaines.
Ce deuxième voyage en Afrique revêt donc une importance particulière. Le Bénin condense à la fois les espoirs et les difficultés que rencontrent les catholiques du continent noir.
L'Eglise que le pape trouvera en Afrique est en pleine croissance et très vivante, mais en même temps confrontée à maints défis, des scandales de moeurs à la concurrence des sectes en passant par les violences et la corruption.
Le synode africain de 2009, présidé par Benoît XVI, avait répondu à une kyrielle de questions des Eglises locales sur la meilleure manière d'assurer la réconciliation, la justice et la paix, notamment après le génocide rwandais de 1994.
Celles-ci sont invitées à incarner ces trois réalités, dans un document, "l'exhortation apostolique", que le pape remettra dimanche à Cotonou aux évêques du continent.
Une Eglise d'Afrique qui croît mais aussi des problèmes multiples
Nulle part ailleurs qu'en Afrique le catholicisme ne progresse autant (plus de 8 millions, + 0,29% entre 2007 et 2008), au point que le continent envoie ses prêtres dans les églises désertées d'Occident. Le dynamisme est visible aussi dans les ordres féminins mais les problèmes sont multiples. Le clergé est éclaboussé par des scandales: des relations extraconjugales fréquentes aux abus pédophiles avec des filles mineures, des collusions avec le pouvoir politique aux fortunes mal acquises.
Un prêtre africain va, par exemple, laisser des francs-maçons se réunir dans sa paroisse ou pratiquer des exorcismes ou des sacrifices vaudous.
Au Bénin, pas moins de deux évêques, dont l'archevêque de Cotonou, Marcel Honorat Agboton, ont été démis pour des scandales de moeurs.
L'exode rural et l'émancipation vis-à-vis du clan traditionnel constituent une chance, analyse Mario Giro de la Communauté de Sant'Egidio, car il conduit à "réévaluer le rôle des laïcs africains, à se battre davantage contre la situation subalterne des femmes".
L'Eglise est amenée à retrouver sa vocation de "protéger les faibles", comme une "nouvelle famille" au-delà des liens communautaires, alors que les structures traditionnelles s'affaiblissent, note-t-il.
La précarité sociale conduit à la concurrence entre religions
Des catholiques déçus vont vers des sectes pentecôtistes chaleureuses qui "proposent la prise en charge totale, alors que l'Eglise n'offre que des +je vous salue Marie+", note un observateur béninois.
"Il faut une seconde évangélisation, qui aide les baptisés à ne pas se laisser attirer par les marchands d'illusion", juge le père togolais Ballang, directeur de la section africaine francophone de Radio Vatican.
Donnant un avant-goût de son message, Benoît XVI a demandé récemment l'arrêt des violences entre chrétiens et musulmans au Nigeria, alors que des groupes salafistes concurrencent un islam majoritairement tolérant.
Il a aussi dénoncé les meurtres rituels des plus faibles, dans une mise en garde contre la sorcellerie.
Il a invité à ne pas "avoir peur de faire la vérité" sur les crimes commis lors des crises nationales comme récemment en Côte d'Ivoire.
L'Eglise catholique agit sur plusieurs fronts
L'Église "ne désire pas se substituer à l'État, mais peut à travers ses nombreuses institutions dans les domaines éducatifs et sanitaires apporter réconfort et soin", a-t-il observé.
Elle est effectivement au premier plan sur le front scolaire. Malgré l'opposition officielle de l'Eglise aux préservatifs, elle est la première institution engagée dans les soins aux malades du Sida.
Alors que la mauvaise gouvernance est omniprésente, les évêques doivent aider les catholiques à développer une "conscience juste", a souligné une source de l'Eglise.
Plus que d'administrateurs, "l'Eglise africaine a besoin d'évêques théologiens qui habitent l'intérieur de leurs cultures en les mettant en relation avec les autres cultures", selon elle. Et les évêques doivent refuser une "évangélisation à bon marché" et le laxisme notamment sur la polygamie.
En 2009, Benoît XVI avait qualifié l'Afrique de "poumon spirituel pour une humanité en crise d'espérance" mais l'avait jugé menacée par le fondamentalisme et l'exportation par l'Occident de ses "déchets toxiques spirituels". On critique à Rome la volonté de celui-ci d'imposer ses conceptions sur la famille et le contrôle des naissances.
Un chrétien sur cinq, un musulman sur sept en Afrique subsaharienne
Un chrétien sur cinq dans le monde et un musulman sur sept vivent en Afrique subsaharienne, qui enregistre une poussée très rapide des nouveaux cultes pentecôtistes à la faveur de la grande précarité sociale que vit le continent.
470 millions de personnes étaient chrétiennes (catholiques, anglicans, orthodoxes, protestants de diverses obédiences, membres des groupes pentecôtistes et évangélistes) en 2010 au sud du Sahara, selon une étude du centre d'études américain Pew Research Center, soit vingt fois plus qu'au début du siècle dernier.
Selon cette enquête, le nombre de musulmans en Afrique subsaharienne est passé de 11 millions en 1900 à 234 millions en 2010.
Sur le continent africain tout entier (Magreb et Egypte compris), "les deux religions s'équilibrent": on compte de 400 à 500 millions de chrétiens comme de musulmans.
L'Afrique, une coexistence relativement pacifique entre chrétiens et musulmans
Selon l'Annuaire pontifical 2011, en 2009, 15,2 % des 1,181 milliard de catholiques étaient Africains, soit 179 millions.
Plus d'un quart de la population dans la plupart des pays est engagée dans des pratiques spirituelles traditionnelles africaines (qu'ils peuvent observer tout en étant membres d'Eglises).
L'Africain juge normal de croire en des divinités et souhaite que ses dirigeants aient des convictions religieuses.
"Ni le christianisme, ni l'islam ne progressent aux dépens de l'une ou l'autre religion", affirmait le Pew Research Center, qui note par ailleurs un assez grand degré de tolérance des Africains, musulmans ou chrétiens, vis-à-vis de l'autre religion.
Alors que le Nord de l'Afrique est massivement musulman et le Sud majoritairement chrétien, la zone de rencontre, parfois conflictuelle, se situe sur une ligne qui va de la Somalie livrée aux islamistes shebab au Sénégal démocratique, en passant par le Nigeria.
Si l'islam reste majoritairement tolérant, les tendances rigoristes salafistes progressent sur le continent.
Ils ont en commun avec les nouvelles "Eglises du salut" le rigorisme et le puritanisme. Dans des pays comme le Nigeria ou le Kenya, elles sont désormais omniprésentes, parfois financées par des groupes religieux étrangers, notamment américains, parfois créées de toutes pièces par des prêcheurs exaltés. Elles promettent des guérisons et prélèvent des dîmes sur les adeptes.
"Nous assistons à une explosion du marché des biens spirituels. Fonder une Eglise peut être un moyen rapide d'enrichissement et d'ascension dans la société", observent Jean-Michel Severino et Olivier Ray, dans leur livre Le Temps de l'Afrique.
Plusieurs centaines de milliers d'Africains auraient rejoint ces cultes nouveaux.
AFP