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mercredi 15 juin 2011

La chasse à la dépouille dOussama Ben Laden est ouverte en mer d’Arabie



Si les Américains, plus précisément les Étasuniens comme un seul homme ont applaudi la mort de Ben Laden, suite à une supposée opération militaire  réalisée par les Navy Seal, il n’en va pas de même pour le reste du monde.

Oussama Ben Laden, selon les propos de l’ancienne Première  ministre du Pakistan Benazir Bhutto,  de certains services secrets, entre autres ceux de l’Arabie Saoudite, de l’Iran et de bons nombres de  journalistes,  serait mort  depuis une dizaine d’années. 

L’opération militaire américaine présentée par le président Barack Obama comme une réussite, n’ayant occasionné aucun mort de leur côté, là encore démentie par des témoins pakistanais, le crash d'un  des  hélicoptères de combat aurait occasionné la mort de dizaines de soldats US, selon eux.

Mais ce qui a retenu l’attention dans cette affaire, est l’exécution supposée de Ben Laden, d’une balle dans la tête, les militaires aguerris n’ayant pu maîtriser un vieil homme diminué par la maladie, après les sommations d’usage l’aurait descendu.

Le corps récupéré, aurait été immergé dans la mer d’Arabie, après avoir subi un rite religieux soit disant musulman, ils ont procédé ainsi afin d’éviter que les fidèles du chef d’Al-Qaïda ne lui érige un mausolée, disent-ils !

Pas une seule photo pour preuve, pas une seule vidéo pour étayer la version de la Maison Blanche et du Pentagone. Les photos seraient trop horribles aux dires des responsables de l’administration Obama, alors on doit se contenter de la parole du Président américain.

L’homme fort de la Maison Blanche a dit que Ben Laden est mort, donc Oussama Ben Laden est mort, c’est une vérité apodictique, une vérité d’état, elle vaut parole d’évangile.

Mais beaucoup n’adhèrent à cette parole officielle. Les gens n’y croient pas, pour d’aucuns Oussama Ben Laden a été l’épouvantail, celui qui a justifié la guerre menée par la ploutocratie occidentale contre le monde arabe, contre les musulmans en général et aussi une guerre  pour s’accaparer les ressources énergétiques…

Face à la défiance de la parole présidentielle, un chasseur de trésors américain a décidé de partir à la recherche du corps d’Oussama Ben Laden.

Bill Warren explorateur californien  des fonds marins, envisage d’aller repêcher  la dépouille du chef d’Al-Qaïda et prouver au monde que Ben Laden est bien mort.

Il motive son projet par ces raisons : « Je le fais parce que je suis un Américain patriote qui veut savoir la vérité. Je le fais pour le monde. […] L’administration Obama aurait dû publier la photo, comme nous l’avons fait pour Billy the Kid, Dillinger ou Saddam Hussein. Ma petite amie est russe et elle me dit que là-bas, dans le milieu du renseignement, ils ne croient pas que Ben Laden soit vraiment mort.»

Nous voilà avec un homme dont les découvertes d’épaves lui ont rapporté  des millions de $, qui mettra 1 million de $ de sa poche, pour prouver à sa copine et au monde que Ben Laden a bien été tué par les Américains.

N’est-ce pas beau l’amour et  le patriotisme !  Toutefois, Bill Warren envisage de toucher les 25 millions de $ de la mise à prix de la tête de Ben Laden, même si la presse des USA assure que la prime ne serait plus d'actualité, il compte tout de même mettre aux enchères  le corps du chef d'Al-Qaïda.




Evariste Zephyrin 

dimanche 8 mai 2011

La seconde mort d’Oussama ben Laden


Si nous étions le 1er avril et non le 2 mai, nous pourrions prendre pour un poisson d’avril les gros titres de ce matin annonçant que Ben Laden a été tué dans une fusillade au Pakistan et rapidement immergé. En l’occurrence, nous devons les considérer comme une preuve de plus que le gouvernement des États-Unis a une croyance illimitée en la jobardise des Américains.
Pensez-y. Quelles sont les chances pour qu’une personne réputée atteinte d’une grave insuffisance rénale requérant des dialyses et souffrant, par-dessus le marché, de diabète et d’hypotension, puisse avoir survécu pendant dix ans dans un refuge de montagne ? Si Ben Laden avait été en mesure de se procurer du matériel de dialyse et les soins médicaux que son état exigeait, la simple expédition du matériel de dialyse n’aurait-il pas suffi à révéler l’endroit où il se cachait ? Comment se fait-il qu’il ait fallu dix ans pour le trouver ?

Considérez aussi les affirmations répétées des médias triomphalistes, prétendant que « Ben Laden s’est servi de ses millions pour financer des camps d’entraînement terroristes au Soudan, aux Philippines et en Afghanistan, envoyant des guerriers saints fomenter des révolutions et combattre avec les forces musulmanes intégristes en Afrique du Nord, en Tchétchénie, au Tadjikistan et en Bosnie ». Voilà bien des activités avec rien qu’une poignée de millions (peut-être les États-Unis auraient-ils dû lui confier la direction du Pentagone), mais la question principale reste : comment Ben Laden s’est-il débrouillé pour les faire circuler ses millions ? Le gouvernement US réussit à mettre la main sur les avoirs de gens et de pays entiers, la Libye n’étant que le plus récent. Pourquoi pas sur ceux de Ben Laden ? Ou se promenait-il avec cent millions de dollars sur lui en pièces d’or et envoyait-il ses émissaires distribuer tous azimuts les fonds destinés à ses opérations de grande envergure ?

L’annonce de ce matin pue la mise en scène. La puanteur émane des éditoriaux triomphalistes bouffis d’exagération, comme des célébrants agiteurs de drapeaux qui scandent « USA-USA ». Que pourrait-il être en train de se passer d’autre ?

Il ne fait aucun doute que le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur imbécile de relancer la guerre d’Afghanistan, et maintenant, au bout d’une décennie de combats, les États-Unis sont dans une impasse, sinon en pleine défaite. Les guerres des régimes Bush/Obama ont conduit le pays à la banqueroute, laissant d’énormes déficits et un dollar en chute libre dans leur sillage. Et le temps de la réélection approche. Les mensonges et tromperies divers et variés tels que les « armes de destruction massive » des dernières administrations ont eu des conséquences terribles pour les États-Unis et pour le monde. Mais toutes les tromperies ne sont pas les mêmes. Rappelez-vous : la seule et unique raison invoquée pour envahir l’Afghanistan fut d’y traquer Ben Laden. Maintenant que le président Obama a déclaré que Ben Laden venait d’être tué de plusieurs balles dans la tête par des forces spéciales US opérant dans un pays indépendant et jeté à la mer, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.

Peut-être la chute à pic du dollar US dans les bourses étrangères rend-elle obligatoires de réelles réductions budgétaires, qui ne peuvent se faire qu’en mettant fin à des guerres interminables. Jusqu’à ce que le déclin du dollar atteigne son point de rupture, Oussama ben Laden, que beaucoup d’experts considèrent comme mort depuis des années, a été un épouvantail bien utile pour alimenter les caisses du complexe militaro-sécuritaire US.

Paul Craig Roberts,
pour Information Clearing House
2 mai 2011

L’assassinat d’Oussama Ben Laden


Ceux qui s’occupent de ces thèmes savent que notre peuple s’est solidarisé, dès le 11 septembre 2001, avec celui des États-Unis et qu’il a offert sa modeste coopération médicale aux victimes du brutal attentat commis contre les Tours jumelles de New York.
Nous avons offert aussitôt les pistes aériennes de notre pays aux avions étasuniens qui n’auraient pas su où atterrir par suite du chaos régnant dans les premières heures de l’attentat.

Nul n’ignore la position historique de la Révolution cubaine, toujours contraire aux actions qui mettent la vie des civils en danger.

Partisans décidés de la lutte armée contre la tyrannie de Batista, nous étions en revanche opposés par principe à tout acte terroriste qui aurait provoqué la mort d’innocents. Cette conduite, que nous avons suivie pendant plus d’un demi-siècle, nous donne le droit d’exprimer nos vues sur ce thème épineux.
Lors d’un meeting de masse à la Cité des sports, j’avais affirmé ce jour-là ma conviction que jamais la guerre ni la violence ne réglerait la question du terrorisme international.

Ben Laden a été d’ailleurs, et pendant de longues années, un ami des États-Unis qui l’a formé militairement parlant, et un ennemi de l’URSS et du socialisme. Mais, quels qu’aient été les actes qu’on lui a attribués, l’assassinat d’un homme désarmé et entouré de sa famille constitue un acte abominable. Or, c’est apparemment ce qu’a fait le gouvernement de la nation la plus puissante qui ait jamais existé.

Obama affirme dans le discours préparé avec soin pour annoncer la mort de bin Laden : « Et nous savons que les pires images sont celles qui sont invisibles aux yeux du monde. La chaise vide à table. Les enfants contraints de grandir sans mère ou sans père. Les parents qui ne sentiront plus jamais l’étreinte de leurs enfants. Près de trois mille citoyens nous ont été arrachés, laissant un trou béant en nos cœurs. »

Ce paragraphe contient une vérité dramatique. Mais il ne saurait faire oublier aux gens honnêtes les guerres injustes que les États-Unis ont déclenchées en Iraq et en Afghanistan, les centaines de milliers d’enfants qui ont été contraints de grandir sans mère ou sans père, et les parents qui ne sentiront plus jamais l’étreinte d’un enfant. Des millions de citoyens ont été arrachés aux peuples d’Iraq, d’Afghanistan, du Vietnam, du Laos, de Cambodge, de Cuba et de bien d’autres pays du monde.

Des centaines de millions de personnes n’ont pas oublié non plus les images horrifiantes des êtres humains qui, à Guantánamo, territoire occupé de Cuba, défilent en silence, soumis durant des mois, voire des années, à des souffrances insupportables capables de rendre fou, après avoir été séquestrés et transportés dans des prisons secrètes avec la complicité hypocrite de sociétés censément civilisées.

Obama ne peut cacher qu’Oussama ben Laden a été exécuté devant ses enfants et ses femmes, maintenant aux mains des autorités du Pakistan, un pays musulman de presque deux cent millions d’habitants dont les lois ont été violées, la dignité nationale bafouée et les traditions religieuses outragées.

Comment empêchera-t-il maintenant les femmes et les enfants de la personne exécutée sans loi ni procès d’expliquer ce qu’il s’est passé, et les images d’être transmises dans le monde ?
Le 28 janvier 2002, Dan Rather, journaliste de la CBS, avait fait savoir qu’Oussama ben Laden avait été, le 10 septembre 2001, la vieille donc des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, soumis à une dialyse du rein dans un hôpital militaire du Pakistan. Il n’était pas en condition de se cacher et de se réfugier au fond d’une grotte.

L’assassiner et lancer son corps dans les profondeurs de la mer sont une preuve de crainte et d’insécurité, et le convertissent en un personnage encore plus dangereux.

L’opinion publique étasunienne, une fois passée l’euphorie initiale, en arrivera à critiquer des méthodes qui, loin de protéger les citoyens, finissent par multiplier les sentiments de haine et de vengeance contre eux.

Fidel Castro Ruz

Le 4 mai 2011
Traduction J-F Bonaldi, La Havane

Après Oussama, voici Obama !


La Xème mort d’Oussama Ben Laden déjà annoncée de nombreuses fois, que ce soit par des chaines de télévision US comme Fox News ou par des chefs de gouvernement comme Benazir Bhutto, a eu cette particularité qu’elle a cette fois été annoncée par le Président des Etats-Unis lui-même qui , à cette occasion, a employé le langage du western, immédiatement repris par Bush qui s’y reconnait pleinement : « Justice est faite ! ».

Quelle « Justice » ? Sans tribunal, sans jugement d’un personnage condamné à l’avance alors que, souvenons-nous des termes employés par ou attribués à Ben Laden, celui-ci a « approuvé » les attentats du 11 Septembre mais n’a jamais reconnu les avoir organisés.

Qui peut d’ailleurs croire que les dirigeants d’Al Qaeda s’ils avaient vraiment eu la capacité d’organiser sur le territoire de la première puissance mondiale en déjouant toutes ses défenses un attentat de l’importance de celui du 11 Septembre aient été assez débiles pour n’en tirer aucun bénéfice politique ?
En même temps le Président des Etats-Unis a endossé face au monde la tenue de l’exécuteur d’une sentence qui n’a été prononcée par aucune juridiction, c’est-à-dire celle du tueur.
Un motif à lui seul suffisant pour lui retirer le Prix Nobel de la paix en observant que depuis qu’il a obtenu ce blanc-seing médiatique son comportement agressif n’a fait que croitre : non fermeture de Guantanamo, effectifs supplémentaires en Afghanistan, forces spéciales et bombardements en Libye…

La Cour Pénale Internationale si elle ne veut pas définitivement passer pour une juridiction mineure et servile et comme un outil supplémentaire de domination impériale ne peut qu’inculper un chef d’Etat qui revendique l’assassinat d’un personnage dont il fait disparaitre aussitôt la dépouille- ce qui interdit définitivement toute enquête contradictoire sur l’identité réelle du mort - sur le territoire d’un pays étranger.

Obama a encore dévoilé plus profondément son idéologie lorsque, parlant récemment de Kadhafi, il a déclaré, faisant sien le langage des lyncheurs du KU KLUX KLAN : « Le nœud se resserre progressivement autour de son cou ». Le dit nœud ne s’est pour l’instant resserré qu’autour du cou de son fils mais le KKK a encore soif de sang.

Le coup de tonnerre médiatique que constitue cette liquidation s’inscrit dans une conjoncture politique précise dont les principaux traits sont les suivants :
- Obama est en campagne électorale pour un second mandat et il se positionne pour empêcher toute candidature républicaine sérieuse (il restera une candidature grotesque comme celle de Sarah Palin pour faire croire aux nigauds que la démocratie n’est pas morte) en s’affirmant comme le meilleur des présidents impérialistes.

- Les positions du secrétaire général de l’ONU, d’Interpol, comme celle des officiels français et européens au lendemain de l’assassinat confirment que les politiques militaristes et répressives des gouvernements de l’OTAN sur fond de crise économique vont encore se renforcer sous prétexte de menaces de rétorsion des « terroristes islamistes », dits terroristes qui comme un certain Ben Laden auront pu être été formés par les services secrets des mêmes puissances. Les angéliques pacifistes qui ont ici et là pu déclarer que la mort de Ben Laden devait marquer la fin de la « guerre contre le terrorisme » devront très vite ouvrir les yeux. C’est tout le contraire qui va avoir lieu.

- Frapper un grand coup au Pakistan devenait une urgence car s’y déroulent des manifestations de plus en plus larges regroupant jeunes, femmes et militants politiques contre les interventions permanentes et destructrices de l’armée US sur le sol pakistanais. Ces manifestations mettent directement en cause le gouvernement pakistanais et le Président Zardiri d’une faiblesse coupable face à cette ingérence permanente. Zardiri était donc le premier destinataire du « message » d’Obama. Le second était l’armée pakistanaise et les services secrets puisque la maison de « Ben Laden » était située à proximité de l’académie militaire pakistanaise dans la ville la mieux protégée du Pakistan contre toute attaque aérienne. Que les forces spéciales US aient pu atteindre leur objectif montre soit que les défenses pakistanaises ont été percées soit que des traitres sont en action au sein même de l’appareil militaire pakistanais mais cette action ne peut que renforcer la détermination des pakistanais qui manifestent pour le respect de la souveraineté de leur pays.

La guerre contre le terrorisme vient de prendre un nouvel essor et OBAMA qui a voulu démontrer que les Etats-Unis ont la capacité d’assassiner n’importe qui, n’importe quand, n’importe où, a endossé définitivement l’uniforme de grand chef mondial du terrorisme d’Etat : OBAMA BEN LADEN !

COMAGUER