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dimanche 7 octobre 2012
Mauvais temps sur la Guadeloupe
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lundi 28 mai 2012
27 MAI 1848…ABOLITION DE L’ESCLAVAGE EN GUADELOUPE, une abolition inéluctable et contrôlée.
Le 27 mai 1848 en Guadeloupe est la résultante d’un long processus conflictuel, de massacres et d’exil, notamment lors de la première abolition de l’esclavage de 1794, une abolition que n’a pas connu la Martinique étant passée sous domination anglaise. La guillotine et la terreur ayant fonctionné à plein régime en Guadeloupe lors de la révolution française sous le gouvernement de Victor Hugues 1794-1798. Toutefois, l’esclavage sera restauré par Napoléon en 1802.
A la veille de l’abolition de 1848, la Guadeloupe est animée par plusieurs forces antagonistes qui s’affrontent et se confrontent. Tout d’abord, chez les planteurs, une volonté émancipatrice est à l’œuvre chez certains colons, les partisans de l’abrogation de l’esclavage, une dynamique qui entre en collision avec la position des autres planteurs s’arc-boutant sur la défense du système esclavagiste et de leurs privilèges.
Les tenants du système esclavagiste par le biais de leurs organes de presse comme : L’avenir de la Guadeloupe, le Commercial se livrent à de la propagande en propageant leur idéologie esclavagiste qui consiste à présenter l’esclavage comme un bienfait pour les esclaves. Ils s’opposent aux réformes assouplissant et humanisant le régime de l’esclavage, d’ailleurs ils ne voient pas se profiler la future abolition ou refusent de le voir.
En réaction au front abolitionniste, les esclavagistes ayant prééminence au Conseil Colonial durcissent le régime, faisant preuve d’une cruauté, dont on aurait du mal à s’imaginer.
Depuis les lois réformistes de 1830, les esclaves sont sous la protection directe des magistrats-contrôleurs, mais à l’aube de l’abolition, les châtiments corporels perpétrés sur les esclaves sont de plus en plus abominables, sans que nullement les maîtres ne soient inquiétés par la justice.
Les annales judiciaires guadeloupéennes regorgent de faits particulièrement bien détaillés, faisant état de sévices corporels des maîtres sur leurs esclaves, allant jusqu’à la mort de l’esclave.
En dépit des lois, les maîtres sont protégés par la justice coloniale collusoire et complice, une justice supposée protéger les esclaves.
Dans les faits, très peu de peines sont appliquées et celles appliquées sont d’une légèreté outrancière contre les propriétaires d’esclaves.
Cette situation est connue en métropole et donne du grain à moudre aux abolitionnistes français tels que Victor Schoelcher, Lamartine, Victor Hugo, Ledru-Rollin, ils s’en prévalent dans leurs argumentaires dénonçant ce système esclavagiste moribond et mortifère. Des arguments qui ont un impact très fort puisqu’ils contribuèrent fortement au décret du 27 avril 1848.
Les libres de couleurs subissent les contrecoups de la radicalisation des planteurs, désormais, ils se voient refuser l’entrée de certains cafés, on refuse de les servir. De nombreux incidents éclatent, dont celui du 1 mai 1846 à Pointe à Pitre où suite à l’altercation avec quatre libres de couleur, les cafés sont devenus des clubs privés, d’autres se sont mués en Cercle. La ségrégation sévit dans l’île et exacerbe les tensions.
En revanche, d’autres planteurs sentant le vent tourner vendent à tour de bras leurs esclaves dans l’île de Porto Rico ou dans les autres colonies proches de la Guadeloupe, afin d’en tirer un bénéfice tant qu’ils le peuvent encore.
Car, face au durcissement des planteurs et des exactions envers les esclaves, ces derniers résistent, les cas de marronage se multiplient, ce qui est rapporté également à Victor Schoelcher, constituant un autre argument décisif dans le plaidoyer abolitionniste.
Nombres sont les esclaves qui n’hésitent plus à braver leurs maîtres, allant jusqu’à les tuer en affrontement physique ou par empoisonnement par exemple.
On dénombre des cas d’empoisonnement de planteurs, de leur famille ainsi que de leurs esclaves domestiques, de leurs animaux en représailles aux mauvais traitements. Des incendies de cases à bagasses, de champs de cannes ou de locaux administratifs s’accroissent entre 1847 et 1848.
De plus, les esclaves ont vent des thèses abolitionnistes en France, ce qui les galvanisent d’autant plus dans leur lutte quotidienne et le marronage s’accentuent, de même que les fuites d’esclaves vers les autres îles voisines de la Guadeloupe.
De réels réseaux clandestins se sont créés pour acheminer les esclaves hors de Guadeloupe, avec des passeurs qui monnaient à prix fort la traversée. On les appelle les Embaucheurs, ce sont des libres de couleurs propriétaires d’embarcations ou des marins pêcheurs.
Ces afflux massifs d’esclaves guadeloupéens créent des déséquilibres dans les îles voisines, ce qui préoccupe les autorités coloniales de ces colonies.
Ainsi, en mai 1848 la colonie guadeloupéenne est une vraie poudrière qui menace à tout instant d’exploser à l’instar de la Soufrière, ce d’autant que les esclaves savent qu’un décret d’abolition a été pris, qu’ils attendent et qu’ils ne voient toujours pas venir.
L’arrivée dans l’île du gouverneur Layrle sera un autre facteur qui contribuera à l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe.
Ce gouverneur au fait de l’état des choses dans la colonie souffle le chaud et le froid. Aux esclaves, il leurs martèle qu’ils doivent être patients, que leurs bons maîtres à demander pour eux la liberté et qu’une fois libres, ils devront continuer à travailler, car c’est à cause d’eux, ayant mal fait usage de leur liberté de 1794, que l’on a été contraint de les remettre en esclavage en 1802.
Tandis qu’il culpabilise les esclaves, aux colons, il les exhorte à préparer l’émancipation des esclaves afin d’organiser le travail libre pour qu’ils ne soient pas perdant dans l’histoire.
Peu à peu, du côté des planteurs, on saisit que si une émancipation devait survenir, il était essentiel de tout contrôler afin de pérenniser leur domination économique et politique.
Ainsi, quand la Martinique se libère de l’asservissement esclavagiste le 22 mai et que le décret du gouverneur Rostolan est proclamé le 23 mai, cette abolition sert d’accélérateur, l’histoire s’emballe, dès lors en Guadeloupe, il est certain aux yeux de tous, que l’abolition est incontournable.
Le gouverneur Layrle pour contenir toute insurrection décrète l’état de siège dans la colonie et presse le Conseil Colonial d’abonder en son sens, puis dans la foulée, le gouverneur Layrle décrète l’abolition le 27 mai, après avis unanime du Conseil privé, ce que son homologue Rostolan n’a pas eu loisir de faire.
L’émancipation des esclaves qui s’ensuit, se fait de façon très cadrée au profit du pouvoir colonial, le 29 mai 1848, une fête républicaine de l’émancipation est organisée à Basse-Terre, une messe est célébrée à l’Eglise de St François en présence du gouverneur et de l’ensemble du corps des autorités coloniales, civiles et militaires, ainsi que les colons.
Un arbre de la liberté est planté à côté duquel jouxte un drapeau tricolore, que les esclaves ont confectionné.
Dans ces célébrations le facteur ou l’image de l'esclave-résistant est complètement gommé, à dessein.
Contrairement à la Martinique, l’abolition en Guadeloupe a été un bouleversement régulé en quelque sorte, par le pouvoir colonial, les colons quant à eux, ont opté pour une décision opportune dans un souci stratégique de survie, ils ont su au pied levé préparer à leur avantage le changement de régime.
Indéniablement l’abolition de l’esclavage du 27 mai 1848 en Guadeloupe est un aboutissement maîtrisé, le fruit d’un processus inéluctable.
Différents facteurs ont permis que cette abolition se fasse, à la fois dans et à l’extérieur de l’île, avec une interaction des uns sur les autres, les esclaves même si contrairement à ceux de la Martinique n’ont pas fait une révolte, il n’en demeure pas moins, que les esclaves guadeloupéens ont été acteurs de leur émancipation.
Emmanuelle Bramban
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vendredi 16 décembre 2011
" Cette violence qui ronge la société "
"Une indigestion de violence", titrait le mois dernier France-Antilles, à la veille d'un week-end au cours duquel trois nouveaux crimes de sang étaient perpétrés. Agressions, violences sexuelles, homicides, vols à main armée, cambriolages : la Guadeloupe a le triste privilège de figurer parmi les départements les plus violents de France.
Les maires ayant tiré la sonnette d'alarme, le congrès des élus s'est réuni pour chercher des solutions à ce fléau, deuxième source d'inquiétude après le chômage pour les Guadeloupéens. Au-delà des polémiques politiciennes, ces assises ont permis de mieux cerner les causes du phénomène, au nombre desquelles un chômage frappant 60 % des jeunes, un taux d'illettrisme de 25 % et des inégalités croissantes. A ces injustices s'ajoutent une crise du modèle familial et de l'école et un délitement des liens sociaux. "Nous avons connu une histoire troublée avec les violences fondatrices que sont l'esclavage, la colonisation, les luttes sociales ", rappelle aussi Victorin Lurel, président socialiste du conseil régional, à l'initiative de ces rencontres."C'est comme si notre société se rongeait de l'intérieur, jette de son côté la députée maire Gabrielle Louis-Carabin.On tue pour un rien."
Un constat partagé par les services de l'Etat, absents du congrès. Directeur du cabinet du préfet, Etienne Desplanques souligne la rapidité du passage à l'acte. "50 % des homicides sont liés à des accès de colère pour des motifs futiles", assure-t-il. Dans son commissariat tout neuf de Pointe-à-Pitre, Frédéric Peyran, directeur départemental de la sécurité publique, note que cette violence impulsive est favorisée par le nombre des machettes et fusils de chasse en circulation. "On attaque des commerces ou des automobilistes pour satisfaire un besoin immédiat."
Les moyens sont-ils à la hauteur de la situation ? "La Guadeloupe n'est pas plus mal lotie que les autres départements, assure Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l'Outre-mer.La réponse aux problèmes n'est pas dans les moyens, mais dans la façon de les utiliser." Il n'empêche ! Avec des effectifs de police en baisse, un parc automobile vétuste (il faut six mois pour obtenir une pièce détachée, trente mois pour faire venir un véhicule neuf), des policiers obligés d'utiliser leurs téléphones portables personnels faute de disposer d'un réseau de communication, l'absence de matériel lumineux ou de gilets de protection, "c'est de plus en plus dangereux d'être policier en Guadeloupe", concluait, lors du congrès, Christian Vinqueur, délégué de l'unité SGP police de FO.
"La courbe est en train de s'inverser, affirme pourtant Etienne Desplanques ; les atteintes aux personnes ont chuté de 6,4 % en un an. " Des équipes de patrouilleurs, une cellule police/gendarmerie anti-cambriolage, deux escadrons de gendarmerie mobile ont été mis en place. "Ces efforts commencent à payer ", se félicite le directeur de cabinet du préfet. "Tous nos agrégats sont en baisse, confirme de son côté Frédéric Peyran.Et il n'y a pas en Guadeloupe de zone de non-droit."
Médiation familiale. Mais il y a suffisamment de zones d'insécurité pour que les pouvoirs publics songent à réagir. Les élus départementaux et régionaux se sont engagés à accentuer les actions de prévention, à développer la médiation familiale ou à mettre en place un conseil guadeloupéen de la parentalité. Des mesures qui, pour le seul conseil régional, représentent 1,5 million d'euros. L'Etat - dont la sécurité est une compétence régalienne - s'est vu réclamer le classement de la Guadeloupe en zone difficile (synonyme de moyens accrus), la reconstruction de la maison d'arrêt de Basse-Terre (en surpopulation de 150 %) ou la création d'une unité canine. Comme le suggère Jean-Jacques Urvoas, député socialiste du Finistère et spécialiste des questions de sécurité, "il faudrait peut-être admettre l'idée que la France républicaine doit adapter ses moyens à la situation particulière de la Guadeloupe."
CHRISTINE RIGOLLET
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vendredi 25 novembre 2011
UNE ESPECE GUADELOUPEENNE : LE TOUTBITENTOLOGUE
Qu'est-ce que le toutbitentologue ? Comme son nom l'indique, c'est un expert en "toutbiten". Le suffixe "logue" permet de savoir que c'est une personne qui possède un savoir, une science dans un domaine. Le domaine du toutbitentologue comme son nom l'indique est très, très, très, très vaste. Sé dlo lanmè ! Il est expert en tout, c'est un professionnel de tout donc du "toutbiten" selon le langage scientifique de la Guadeloupe.
Sur quels sujets intervient le toutbitentologue ? Sur tous les sujets évidemment. Tous les sujets rentrent dans le champ de compétence du toutbitentologue. Le toutbitentologue maîtrise tout : le carnaval, les crimes de sang ou sans sang, la violence des jeunes, les femmes battues, les animateurs radio, les journalistes, la psychologie des enfants des femmes des hommes, les conflits sociaux, le chlordéchone, l'agriculture, les mouvements sociaux, le désespoir des supporters de l'OM ou du PSG, les pwa di bwa qui tardent à porter cette année, les accidents de la route, la violence routière, l'échec scolaire, le sport, le foot, le créole, le basket, le gwo ka, le rap, la peinture, l'art, la mode, l'humour, la réussite scolaire, l'éducation nationale, la justice, l'esclavage, l'histoire, la philosophie, la sociologie, la géographie, les soukougnans, les gadèdzafè, les sôsié et tant et tant d'autres sujets qui sont de toute façon de sa compétence.
Quelles formations, quels diplômes, quelles expériences pour être toutbitentologue ? Pas besoin de formation validée en quoi que ce soit de particulier pour être toutbitentologue. Ecrivez un texte sur un sujet, ayez un diplôme quelconque, n'importe lequel (même avec psychologue canin ça marche) diffusez le et attendez que l'on vous tende un micro ou un plateau télé.
Qui vérifie sur quelles bases sont posées les analyses et les affirmations du toutbitentologue ? Personne. Ce n'est pas nécessaire ! Il a un avis sur tout donc ça en fait un expert en tout. Normal : c'est un toutbitentologue ! Plus besoin de valider quoi que ce soit ! D'ailleurs fermons cette université de Fouillole qui ne servira bientôt plus à rien ! La toutbitentologie n'a pas besoin d'université, de profs d'université, d'enseignants, La toutbitentologie s'apprend surtout dans la rue, dans les cercles politiques, intellectuels, dans les buvettes, ....d'autres formes d'universités. Et tant qu'à faire pa ni pon iniversité ki pli iniversité ki dôt iniversité...Nivelons par le bas c'est plus simple et moins coûteux. Déscolarisons nos enfants : ce seront de grands toutbitentologues.
Cette espèce endémique à la Guadeloupe ne voit son génie reconnu qu'en Guadeloupe malheureusement car sur d'autres cieux, il faut des références solides, une expérience qui fait autorité à plusieurs titres, des publications, des diplômes, un discours un tant soit peu cohérent et objectif pour au moins donner son avis et être interrogé en tant qu'expert ou exper-tologue. C'est la même chose que toutbitentologue.
Si vous vous ennuyez, si vous avez du temps devant vous : devenez toutbitentologue. Brandissez un diplôme quelconque ou pas de diplômes précis c'est la même chose. Trouvez un thème sur lequel vous savez envie de vous lâcher, écrivez un texte et trouvez un micro ou une télé et voilà vous êtes intronisé toutbitentologue et votre carrière commence.
Le jour où la prolifération de cette espèce de spécialiste commencera à poser sérieusement problème en Guadeloupe et à menacer l'équilibre de la biosphère du savoir et de la science chacun devra se rappeler son rôle actif ou passif dans cette prolifération.
Patricia Braflan-Trobo
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mardi 15 novembre 2011
LETTRE AUX ANCIENS JEUNES DE GUADELOUPE
Cessons de jeter la pierre à la jeunesse ! Aucun enfant ne naît en se rêvant naturellement futur salarié pauvre, chômeur, allocataire du RSA ou voyou. C’est quand l’environnement socioéconomique et politique ne permet plus de rêver d’autre chose que tous les leurres sont agités par notre mauvaise-bonne conscience.
Aucune nostalgie n’est de mise. Rien n’a vraiment changé. La société guadeloupéenne du temps de notre jeunesse, de nos pères et de nos ancêtres n’était pas moins coloniale que celle d’aujourd’hui. C’est bien à force d’accepter d’être coloniale qu’elle est aujourd’hui dans l’impasse.
C’est vrai, moins d’enfants atteignaient le Secondaire. Il était juste, cependant, qu’en 1957 les lycéens de Carnot fassent grève pour réclamer plus de professeurs et plus de salles de cours. Il était juste que des profs, des élèves, des parents se battent durant des décennies pour ouvrir l’accès du Secondaire, voire de l’Université au plus grand nombre. Ce n’était rien d’autre qu’une aspiration démocratique. Sur ce plan, il n’y a pas eu échec, mais succès contre l’élitisme colonial encore empreint de l’idéologie esclavagiste, afin que l’origine raciale et sociale ne soit plus un obstacle au droit à l’Instruction... Alors, cherchons l’erreur !
La question qui se posait hier se pose aujourd’hui avec encore plus d’acuité. C’est le rapport de l’Education, de la Formation en général, avec le pays voulu. Le combat des Guadeloupéens pour l’accès aux libertés démocratiques élémentaires aura obéré à la longue cette liberté fondamentale pour un peuple qu’est le droit à l’autodétermination. Nos luttes ont privilégié les enveloppes institutionnelles en laissant toujours l’Etat français maître des contenus.
La France s’accommoda fort bien d’une colonie de services avec un personnel autochtone. Le relais de classes moyennes, issues du pays, composées de fonctionnaires, de professions libérales, de quelques cadres d’entreprises de commerce ne gênait en rien la domination étrangère. Au contraire, ces classes moyennes fournissaient une représentation politique locale, dirigeants-alibis, sans pouvoir d’Etat. Rien de bien méchant, pourvu que les affaires de la France continuent de plus belle, que la production se limite strictement aux exportations nécessaires sous pavillon français, que la grande distribution soit monopole d’importateurs français et le pouvoir politique monopole français.
Conditionnés de la sorte à servir autrui, rien qu’autrui, sans ambition pour les nôtres,penser efficace voulait dire prendre ce qu’on nous donne. Les esprits se trouvaient amputés de ce qu’un pays pourrait imaginer pour lui-même. Comment pourrions-nous rêver, et nos enfants de même, d’être entrepreneurs, ingénieurs, chercheurs, inventeurs, artistes professionnels, femmes et hommes d’Etat, sans du coup vouloir s’expatrier ? Comment pouvions-nous nous faire inventeurs du pays qui nous manque ?
Non, ce n’est pas seulement l’Ecole coloniale qui propose comme perspective le RSA, l’émigration ou la délinquance, mais l’incapacité pour la Guadeloupe de se projeter librement, en émerveillant sa jeunesse et son peuple. Longtemps les patriotes guadeloupéens ont réduit la question guadeloupéenne à une question de statut juridique. Toujours inscrit dans la Constitution française, toujours finalement octroyé, quand bien même la revendication s’appuierait sur de fortes mobilisations populaires. Il faut définitivement admettre que les Guadeloupéens, pères, mères, jeunes, professionnels, élus politiques, citoyens de toute classe, sont ensemble – je dis bien : ensemble - responsables de la Guadeloupe telle qu’elle est ou sera.
L’économie, l’Education, l’Emploi, la Culture, la Santé, la Sécurité, la Solidarité Sociale l’Aménagement du territoire, la gestion de l’Environnement, l’exploitation de la terre et de la mer, tout ce qu’un pays à le devoir de prendre en charge pour s’appartenir, sont notre affaire. L’avenir de la Guadeloupe n’est pas naturellement une compétence de l’Etat français.
N’y-a-t’il pas de guadeloupéens capables de s’y atteler ensemble ? C’est cela la vraie question : il est urgent d’y répondre. Si nous savons y répondre, les jeunes entendront autre chose que le RSA ou des boulots de merde, dans un pays de merde. La RESPONSABILITE est aujourd’hui une plate-forme politique minimale, surtout un comportement collectif à assumer. Ça vaut mieux que de ressasser tout le mal que nous fait le méchant colonialisme français.
Frantz Succab
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guadeloupe
dimanche 13 novembre 2011
La Gwadloup, sé tan nou, La Gwadloup, a pa ta yo, disaient-ils !
C’était le slogan lancé par les manifestants de la grève générale de février 2009, une grève contre la vie chère ayant pris naissance en Guyane puis se diffusant rapidement à la Guadeloupe et à la Martinique, une grève portée par le LKP et par le Collectif du 5 février dans leur pays respectif.
Le conflit a duré 44 jours à la Guadeloupe, de grandes manifestations du LKP drainant des dizaines de milliers de personnes, la vie économique de l’île paralysée, des désordres…
Toutefois, des avancées notables ont été obtenues suite à ces grèves, dont la légitimité n’est pas à remettre en cause. Par ailleurs, c’est une grève que j’avais anticipée ou appelé de mes vœux dès 2006, le niveau de prix étant prohibitif aux Antilles et les revenus de la population ne suivant pas, cette inadéquation entre les revenus et le coût de la vie allait forcément à un moment ou un autre créer un mouvement de révolte.
La révolte a eu lieu, mais une autre couve…
Je me suis rendu dans un supermarché pour de visu constater si les prix avaient effectivement baissé, et aussi pour acheter des fruits locaux ou des Antilles. En rentrant dans ce Leader qui ne différenciait en rien à ceux que l’on trouve en France, fut ma première surprise, nous étions dans l’identité commerciale. Me rendant dans le rayon fruits et légumes, qu’elle ne fut pas mon étonnement de ne trouver aucun fruit antillais, rien, nada, ayen, pa yonn, pas un seul fruit provenant de notre aire géographique.
J’ai tchippé et me suis dit que les Guadeloupéens sont une bande de petits de farceurs.
Libellés :
Evariste Zephyrin,
guadeloupe,
lkp
lundi 20 juin 2011
Guadeloupe, l'école de la malbouffe
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| Mc Donald's Guadeloupe - photo E-Z |
Alors que l'obésité atteint des proportions alarmantes dans l'île, la moitié des collèges et lycées du département accueillent des camionnettes-snacks à l'heure de la récré. Instructif.
Au collège de Pointe-Noire (Guadeloupe), la grande récré du matin sonne à 9 h 55. Aussitôt, les élèves dévalent les escaliers quatre à quatre pour se ruer vers... la roulotte d'un marchand de restauration rapide stationnée dans la cour! C'est à celui qui arrivera le premier pour s'approvisionner en sandwichs, pizzas, chips, boissons sucrées ou barres chocolatées. Une scène saisissante: alors que la file des clients s'étire sur une dizaine de mètres, une odeur de cuisson s'échappe de la camionnette et enveloppe la cour du collège. Puis les élèves réintègrent la classe tandis que le commerçant fait des maths appliquées en calculant son chiffre d'affaires.
Un snack ambulant dans l'enceinte d'une école de la République: voilà qui aurait pu faire plancher les meilleurs experts de la surcharge pondérale réunis du 25 au 28 mai dernier à Istanbul (Turquie), à l'occasion du 18e Congrès européen sur l'obésité... A l'heure où la société française prend conscience des ravages du surpoids sur la santé, la vision de certaines cours de récréation guadeloupéennes paraît surréaliste. D'autant que la roulotte du collège de Pointe-Noire n'est pas unique en son genre. Le rectorat de la Guadeloupe le déplore mais l'admet: au moins la moitié des 68 établissements du second degré (collèges et lycées) accueillent depuis plusieurs années de tels garde-manger. Or leur présence contredit totalement les préconisations du ministère de l'Education nationale, qui recommande aux établissements "d'apprendre aux élèves les règles d'un bon comportement alimentaire" et "de leur faire connaître les effets de l'alimentation sur la santé", notamment "en veillant à la régularité des repas". C'est d'ailleurs en vertu de ce principe que, depuis 2005, les distributeurs automatiques de boissons et de produits alimentaires payants sont interdits.
Dès lors, les camionnettes-snacks sont-elles illégales? Le cas n'est pas prévu par les circulaires du ministère de l'Education nationale, ni au chapitre "santé des élèves", ni à celui de "la restauration scolaire". "On nage en plein flou artistique", résume le Dr Josiane Clépier, coordinatrice du Réseau Grandir, spécialisé dans la prise en charge des enfants obèses. D'ailleurs, loin de combattre la présence de tels commerces, des chefs d'établissements guadeloupéens signent avec leurs propriétaires des conventions annuelles stipulant la liste des produits vendus, les tarifs (1,50 euro le sandwich) et les horaires d'ouverture (généralement le matin). Près de 1 Guadeloupéen sur 4 est considéré comme obèse: une proportion deux fois plus élevée qu'en métropole.
Aux yeux des professionnels de santé, en Guadeloupe et en France métropolitaine, la situation est insensée. Avec la Martinique, la Guadeloupe est en effet le département français où le problème du surpoids et de l'obésité est le plus aigu. Les raisons? Un changement de mode de vie marqué par la "culture de la bagnole", la sédentarité et la présence écrasante des hypermarchés, vecteur de "malbouffe". Selon une étude récente, plus de 1 Guadeloupéen sur 2 (55 %) a un poids supérieur à la norme. Plus grave: près de 1 Guadeloupéen sur 4 (et 1 enfant sur 10) est considéré comme obèse. Une proportion deux fois plus élevée qu'en métropole. Résultat, les maladies cardio-vasculaires, les cas de diabète et certains cancers explosent. "Si nous ne changeons pas nos habitudes alimentaires, notre société ressemblera un jour aux Etats-Unis", s'alarme le Dr André Atallah, chef du service de cardiologie du centre hospitalier de Basse-Terre et coordinateur de l'étude. Mais le chemin sera long. Car l'acculturation est en marche. Lorsqu'on les invite à citer le nom d'un fruit, les enfants guadeloupéens répondent fréquemment "la pomme". Comme on sait, celle-ci ne pousse pas dans les bananeraies.
Malgré la menace des kilos en trop, les parents d'élèves sont plutôt favorables au statu quo. Leur raisonnement -qui désespère les nutritionnistes- se résume ainsi: certains élèves se réveillant à 5 heures du matin afin de rejoindre, en car et le ventre vide, leur lycée, parfois situé loin de leur domicile, à l'autre bout de l'île, il est normal de leur vendre des en-cas au milieu de la matinée. "L'ennui, objecte le Pr Serge Hercberg, responsable du Programme national nutrition santé -qui recommande de manger cinq fruits et légumes par jour-, c'est qu'à cette heure-là il est déjà trop tard pour remplacer le petit déjeuner. Et qu'en outre les aliments proposés dans de tels endroits ne répondent pas aux besoins nutritionnels." Seule solution: renouer avec le petit déjeuner, fût-ce à 5 heures du matin.
Améliorer la qualité des produits proposés
"Nous pourrions supprimer les voitures-boutiques, explique Odile Derussy, du rectorat de la Guadeloupe. Mais, en pratique, cela soulèverait un tollé auprès des parents, des élèves et, même, d'une partie du personnel." Pragmatique, le rectorat préfère mobiliser son énergie à améliorer la qualité des produits. "Ces dernières années, nous avons obtenu la suppression de la mayonnaise, des poulets grillés, des viennoiseries, des barres chocolatés, des chips et des sodas", se réjouit le médecin scolaire Michèle Guduff. En principe, seuls les sandwichs non cuits, l'eau, les fruits et les yaourts sont autorisés. En principe...
Quoi qu'il en soit, les pouvoirs publics prennent peu à peu conscience des spécificités de l'Outre-mer. La troisième phase du Programme national nutrition santé, qui s'ouvrira cette année, prêtera une attention particulière aux départements ultramarins, assure le Pr Serge Hercberg. "Il faut faire attention aux symboles et délivrer des messages cohérents, martèle-t-il. On ne peut pas exiger des ados qu'ils cessent de grignoter et, en même temps, leur proposer une offre alimentaire pendant les interclasses. Posons au moins un principe: le système éducatif ne doit pas cautionner ce qui nuit à la santé des enfants." C'est en effet la moindre des choses.
Axel Glydén
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samedi 28 août 2010
Pointe à Pitre
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samedi 22 mai 2010
Crise de mai 1967 en Guadeloupe 4e conférence AMGT et A.A le 29 mai 2010

Cycle de conférences 2010
Crise de mai 1967 en Guadeloupe
4ème conférence :
animée par
José VATIN et son invité
Serge GLAUDE
Guadeloupéen un des membres fondateurs du GONG, de l'UTA, l'UPG, l'UGTG et l'UPLG aux côtés de Sony Rupaire, membre du collectif lkp. Il participa aux évènements de mai 67 à Pointe-à-Pitre. Il fut incarcéré à la prison de la santé de juin 1967 à mars 1968, il a été condamné à 4 ans de prison avec sursis. C'est l'un des témoins clés qui peut éclairer jeunes et moins jeunes sur ces évènements qui feront plus de 100 morts en Guadeloupe et dont les archives restent encore secrètes.
Samedi 29 mai 2010
13h45 à 17h 30
Maison des Associations du 14e
22, rue Deparcieux 75014 Paris
Métro : Denfert-Rochereau
Les évènements
En mai 1967, des ouvriers du bâtiment de Guadeloupe mènent une grève pour obtenir une augmentation de salaire et la parité en matière de droits sociaux.
Déjà dans la matinée du 26 mai, des gendarmes mobiles auraient tiré sur des manifestations violentes de grévistes, faisant plusieurs blessés. Vers midi, une foule est rassemblée devant la Chambre de Commerce, à Pointe-à-Pitre et attend pendant que se déroulent des négociations entre organisations syndicales et représentants du patronat.
Finalement les négociations sont rompues et un bruit court : le représentant du patronat, Georges Brizzard, aurait dit : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ».
Les affrontements commencent à coup de grenades lacrymogènes contre conques de Lambi. Les forces de l'ordre chargent, apparemment pour permettre la sortie des négociateurs, et finalement ouvrent le feu, sur ordre du préfet, provoquant notamment la mort de Jacques Nestor, militant du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG). Selon les autorités, les gendarmes mobiles, après que quelques coups de feu aient été tirés sur eux, devaient riposter pour se dégager. Un certain nombre d'autres Guadeloupéens seront tués durant les 3 jours d'émeutes et/ou de répression qui s'ensuivent.
Un bilan imprécis
L'imprécision sur le nombre des victimes, paradoxale dans un département français doté d'un état civil, serait due, selon ceux qui contestent le bilan officiel de 7 ou 8 morts, au classement "secret défense" jusqu'en 2017, des documents de l'époque, à la peur des représailles ressenties par les familles[ et à la destruction d'archives municipales et hospitalières.
Sept noms de victimes sont cités, Jacques Nestor - Zadig Gougougnam - Pincemaille - Camille Taret - Gildas Landrée, Tidace et Fengarol.
Dans un article du Monde du 26 mai 2009, ces noms sont précisés et complétés : Jacques Nestor, Ary Pincemaille, Olivier Tidas, Georges Zadigue-Gougougnan et Emmanuel Craverie pour Pointe-à-Pitre, Jules Kancel, Aimé Landres, Camille Taret pour la commune voisine des Abymes[] Six noms étaient donc déjà connus : Jacques Nestor, Georges Zadigue-Gougougnan, Ary Pincemaille, Camille Taret, Olivier Tidas, Aimé Landres (au lieu de Gildas Landrée). Deux nouveaux apparaissent : Emmanuel Craverie et Jules Kancel. Un autre n'est plus dans cette liste : Fengarol.
14h00-14h30 Présentation
14h45-15h45 Projection d’un documentaire durée 1h 00
15h50-16h50 Débat
Retrouvons-nous le samedi 29 mai 2010 de 13h45 à 17h30
Votre régularité à ce rendez-vous mensuel nous permettra de développer nos actions dans le cadre d’une meilleure connaissance de notre environnement.
Départ : Paris 14, Denfert-Rochereau (Métro)
Continuer sur : Place Denfert-Rochereau (0.1 km)
Faire demi-tour : Place Denfert-Rochereau (0.1 km)
Prendre Rue Froidevaux (0.5 km)
Prendre à gauche : Rue Fermat (0.1 km)
Continuer sur : Rue Daguerre (0.1 km)
Prendre à gauche : Rue Deparcieux (0.1 km)
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mercredi 21 avril 2010
Guadeloupe : déclaration du LKP relative à la problématique des carburants

La sollicitation de l’ANACT par le Ministère des DOM relève de la démagogie.
Depuis des mois, les Guadeloupéens, rassemblés autour du LKP, n’ont cessé de dénoncer la pwofitasyon en cours dans notre pays et singulièrement autour de la question des prix des carburants.
Pendant longtemps, les compagnies pétrolières, la Raffinerie des Antilles, l’Etat, ont laissé entendre que l’approvisionnement de la Guadeloupe en carburants provenait d’Europe (Brent) ; documents douaniers à l’appui, il n’en est rien.
Le carburant consommé en Guadeloupe provient principalement du Venezuela, de Trinidad et Tobago, et des Iles Vierges Américaines.
Mettre en avant la problématique de la production des carburants, aux normes européennes, relève donc d’une méconnaissance de ce dossier.
Différents rapports et non des moindres (Autorité de la Concurrence, Rapport OLLIER, CESR…) mettent en exergue l’opacité qui existe tant en matière de fixation des prix et d’approvisionnement du marché Guadeloupéen que dans le contrôle quasi-total d’une compagnie pétrolière sur notre approvisionnement, avec un droit de vie et de mort sur les gérants et employés des stations services de Guadeloupe. Et pourtant, rien n’a été fait, les pwofitan sévissent toujours malgré leurs soi-disant états généraux et comité interministériel pour l’outre-mer. Une vaste blague. Il y a là, une volonté manifeste de l’Etat français, principal pwofitan, de revenir sur ses engagements.
Aussi, est-il curieux, malgré les rapports d’experts officiels et de parlementaires, malgré le protocole du 04 mars, que l’on veuille nous faire revenir au point de départ. C’est là l’objectif poursuivi par Mme PENCHARD, bras armé de la pwofitasyon aux ordres des compagnies pétrolières.
Force est de constater qu’à ce jour, l’Etat, principal appui des compagnies pétrolières, ne respecte pas les termes de l’accord du 4 mars. Rien n’a changé. Le Préfet fixe les prix décidés par les compagnies pétrolières et les Guadeloupéens paient.
Et que dire des autorisations données par l’Etat français aux compagnies pétrolières pour stocker des carburants dans les îles anglophones de la Caraïbe, au mépris de dispositions commerciales et douanières ?
Et que dire de l’accord donné par le Ministère du Budget à la Raffinerie des Antilles lui garantissant une marge bénéficiaire annuelle alors que c’est une entreprise privée ?
Et que dire de l’exportation de carburants de la Guadeloupe vers l’Europe ?
Et que dire du fait qu’aucune sanction n’ait été prise à l’encontre des pwofitan par l’Autorité de la Concurrence ?
Et que dire de la compagnie pétrolière française qui a investi pour plus de 20 milliards d’euros dans des installations pétrolières au Venezuela ?
Et que dire de la nouvelle raffinerie flambant neuve sur le point de voir le jour en Guyane Hollandaise ?
Et que dire de la Raffinerie des Antilles qui nous vend depuis tantôt les 70% de notre consommation achetée en produits finis aux prix le plus bas, dans la Caraïbe même, aux coûts de production de la Raffinerie ?
Vous l’aurez compris, mais visiblement vous ne le savez pas, il s’agit d’un système mafieux savamment organisé par les compagnies pétrolières avec la complicité de l’Etat, et cela au détriment des Guadeloupéens.
Le LKP continue la lutte et réaffirme ses exigences, notamment :
• le reversement de toutes les sommes abusivement perçues par la Raffinerie des Antilles et les Collectivités dans un fonds destiné à la Formation et à l’Emploi des Jeunes et à l’organisation d’un véritable service public des transports de passagers ;
• la création d’un véritable service public d’approvisionnement et de distribution des carburants, garantissant la transparence dans la formation des prix et le circuit d’approvisionnement, la qualité et l’accès à un carburant au meilleur coût ;
• l’annulation des augmentations des prix du carburant du 16 septembre 2009 et 1er janvier 2010, prises en totale illégalité par le Préfet ; un référé en annulation a été déposé depuis 4 mois maintenant devant le Tribunal Administratif de Basse-Terre ; aucune réponse du tribunal à ce jour ;
• la restitution des 3 millions d’euros versés en compensation à la Raffinerie des Antilles par la Région et le Département Guadeloupe, en décembre 2008 ;
• la restitution des 94 millions versés par le Ministère des DOM à la Raffinerie des Antilles, sous prétexte d’un manque à gagner ;
• la collecte des taxes sur le volume réel de carburants livrés aux distributeurs (prise en compte de l’effet température dans la structure des prix du carburant).
Vous l’aurez compris, nous avons bien compris que les problématiques du prix des carburants relèvent d’une escroquerie dont les acteurs bénéficient du soutien de l’Etat en personne, et nous LKP ne saurons servir de caution ou d’alibi pour quelque décision que ce soit, à qui que ce soit.
Que chacun assume ses responsabilités, nous LKP nous assumons et assumerons les nôtres.
A bas la pwofitasyon.
Le Porte Parole du LKP
Elie DOMOTA
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dimanche 21 mars 2010
N'Ka SLAMik - Temps des Poètes de la Médiathèque du Gosier

Dans le cadre du Temps des Poètes, Stéphanie Melyon-Reinette (aka Nèfta Poetry) est invitée par la Médiathèque du Gosier. Elle offrira avec Florence Naprix (chanteuse) et un percussionniste, un N'Ka SLAMik, un nouveau concept de scène poésie/acoustique qu'elle propose.
CONCEPT:
L’encas slamique ou N’Ka SLAMik est une prestation mettant en scène mes textes (poésie tirées de mon recueil « Les Bleus de l’existence » et d’inédits composés pour une circonstance particulière) avec un ou des accompagnements/accompagnants :
Encas (snack, petit quatre heure) rappelle une idée de dégustation, de partage, de goût, de sensations… Il s’agit de transmettre des sensations, des émotions et de partager un discours artistique avec les spectateurs.
Le « N’Ka » (encas modifié et stylisé) renvoie également au tambour Gwo Ka qui accompagne la poésie par des rythmes du Gwo ka (ou autres rythmes et saccades) amplifiant les énergies, les sentiments et idées véhiculés dans le texte. Généralement, Arnaud Dolmen est le percussionniste attitré de cette scène slam/acoustique.
La partie acoustique est mise en valeur par la voix d’une chanteuse qui produit les chœurs. Florence Naprix apporte une sonorité chaude et originale, à la fois traditionnelle et moderne à la performance.
L’idée est de faire connaître le texte et de faire apprécier la poésie par une approche novatrice et « gustative », « sensible », voire sensitive. Nous sommes sensibilisés à la musique, au tambour qui nous « dévore le ventre, nous happe dans l’univers de nos racines », aux sons, plus que par le papier souvent plus « impersonnel ».
Date : jeudi 25 mars 2010
Heure : 19:00 - 20:00
Lieu : Médiathèque Raoul Georges Nicolo (Gosier)
Adresse : Boulevard Amédée Clara
Ville : Le Gosier, Guadeloupe
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Journée : "Mieux Connaître Haïti".

Au programme de la journée : " Mieux Connaître Haïti”.
10 H/ Préambule :
Lecture d’extraits de la première Constitution d’Haïti par Joël Jernidier accompagné d'un musicien.
10 h 30 / Ateliers de la matinée
• « Parle-moi de ton pays » :
Témoignages d’Haïtiens parmi lesquels Mr. Louis (jardinier), les lycéens de Baimbridge et leurs accompagnateurs, M. Jean-René Pierre ( ouvrier agricole)
Modérateur : Philippe Zacaïr
• Court-métrages / Documentaires sur Haïti
• Lecture de textes d’Haïti pour la jeunesse
12 h 00 / Décryptage de la culture haïtienne par Louis-Auguste Joint, représentant de la Fédération des associations haïtiennes.
13 h 00 – 16 h 00/ Projection en continu de longs métrages sur Haïti
16 h 00 / Ateliers de l’après-midi
• « Parle-moi de ton pays » :
Témoignage de Mme Blandine Virassamy (marchande haitienne à Pointe-à-Pitre)
• Présentation artistique par de jeunes haïtiens de Basse-Terre (chorégraphie, chant, poème)
• Projection de courts métrages et documentaires sur Haïti
• Lecture de textes haitiens à destination du jeune public
• Lecture de textes par Joël Jernidier (Les sans papiers de Frantz Succab et Au rendez-vous de la vie de René Depestre)
18 h 00/ Interventions:
• Diaspora haïtienne et caribéanité (Stéphanie Mélyon-Reinette )
• Immigrés guadeloupéens en Haïti (Philippe Zacaïr)
• La géopolitique d’Haïti (Julien Mérion)
Modératrice : Marie-José Viscard
19 h 00 / L’Art d’Haïti vus par Joël Nankin et Maurice Vital
20 h 00/ Prestation musicale de Marie-Line Dahomey
Partenariats : LAMECA, Comité Sud-Basse-Terre de Solidarité Guadeloupe-Haïti, RFO, Radio Inter S’cool
Toute la journée : Collecte de fonds (contributions volontaires) / Vente diverses / Vente de l’ouvrage de Stéphanie Mélyon-Reinette « Haïtiens à New York City, entre Amérique noire et Amérique multiculturelle »
Contacts :
- LAMECA(0590993747),
- Christiane Bourgeois ( Responsable du comité du Basse-Terre du CO.RE.CA(0690731587),
- Philippe Zacaïr (0690156806)
Date :
samedi 27 mars 2010
Heure :
10:00 - 20:00
Lieu :
La Médiathèque Caraïbe, Le Carmel à Basse-Terre
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samedi 20 mars 2010
Discours d'installation de Victorin Lurel (région Guadeloupe)

Madame la ministre,
Monsieur le préfet,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le président du Conseil général,
Mesdames et messieurs les conseillers régionaux,
Mesdames et messieurs les conseillers généraux,
Mesdames et messieurs les maires,
Messieurs les présidents des conseils consultatifs,
Madame et messieurs les présidents des chambres consulaires,
Mesdames et messieurs les invités,
Mesdames et messieurs,
Peuple de Guadeloupe,
Le 14 mars 2010, il n’y pas a eu un, mais deux vainqueurs : la Guadeloupe et l’espoir.
Et c’est avec une profonde émotion et une certaine gravité que j’accueille cette seconde élection à la tête de la Région Guadeloupe, avec l’ambition exaltante de ne décevoir ni l’une, ni l’autre. De ne décevoir ni la Guadeloupe, ni cet espoir.
En cet instant solennel, je veux une nouvelle fois, avant toute chose, adresser mes remerciements aux 78.261 électrices et électeurs guadeloupéens qui ont accordé leur confiance à la liste « Tous pour la Guadeloupe » que j’ai eu l’honneur et le bonheur de conduire.
C’est la première fois dans l’histoire électorale et politique de notre pays qu’un si grand nombre de nos compatriotes se rassemblent, dès le premier tour, autour d’un bilan, d’une démarche et d’un projet, alors qu’ils disposaient d’un très large choix de 9 listes.
Ce fait politique majeur n’attire cependant pas sur ma personne une quelconque gloire, car les urnes ne placent pas un homme au sommet d’un classement, elles le mettent en face de ses responsabilités. Et ces responsabilités, dans la Guadeloupe d’aujourd’hui, sont immenses.
Pour en prendre la mesure, en un jour comme celui-ci, il est donc bon d’être bien entouré et je crois avoir cette chance.
Je veux ainsi saluer la présence de ma mère, sans qui je ne serai assurément pas l’homme que je suis aujourd’hui.
Je veux aussi remercier mon épouse Francette, pour son soutien indéfectible depuis que je suis en politique.
Je tiens également à saluer respectueusement deux figures importantes de la politique guadeloupéenne qui m’ont fait l’honneur de leur présence : le docteur Henri BANGOU et mon lointain prédécesseur, José MOUSTACHE.
J’avais invité les autres anciens présidents de Région, MM. PENTIER, et PROTO, ainsi que Mme MICHAUX-CHEVRY. Je regrette leur absence, même si M. PENTIER m’a fait savoir qu’il ne pouvait se déplacer à sa guise depuis la Martinique.
Qu’il me soit également permis d’avoir un salut fraternel pour Jacques GILLOT, le sénateur-président du Conseil général, avec lequel je chemine depuis de nombreuses années. Les épreuves – et il y en a eu ! – loin de nous avoir séparés, ont renforcé notre relation qui est cimentée par une exigence commune d’unité et de convergence de vues pour notre Guadeloupe.
Je veux aussi adresser des remerciements appuyés à mes colisitiers, avec lesquels il me tarde de travailler après la belle campagne que nous avons menée.
J’associe à ces remerciements ceux qui, dans notre équipe, n’ont pas été élus, ainsi que les conseillers régionaux sortants qui sont restés à nos côtés et sur lesquels nous comptons nous appuyer lors de cette mandature.
Je salue la présence de Mme la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce PENCHARD, qui fait son entrée aujourd’hui dans notre assemblée.
Enfin, je remercie le public très nombreux dans cette enceinte qui, plus que jamais, mérite d’être appelée la « maison du peuple ». Cette présence nombreuse est une nouvelle preuve, après la participation supérieure à celle dans l’Hexagone dimanche dernier, que la politique intéresse toujours nos compatriotes, pour peu qu’elle sache s’adresser à leurs préoccupations et qu’elle se donne pour objectif de contribuer concrètement à leur bonheur.
Hélas, la politique ne donne pas toujours cette image. Ces dernières semaines, elle a même souvent donné une image détestable d’elle-même. Elle a illustré les difficultés que nous éprouvons encore à faire vivre un débat démocratique, respectueux des personnes et confrontant les idées. Certes, ce n’est pas une spécificité guadeloupéenne, car il y a eu ailleurs des moments navrants, mais évoquer cela devant vous me permet de formuler le vœu que nous sachions, tous, être exemplaires dans cet hémicycle, car je tiens à le dire avec force : la campagne est terminée et la Guadeloupe nous regarde.
Nos concitoyens attendent de nous que nous soyons au travail. Prêts à nous saisir des dossiers brûlants du moment. Tournés résolument vers la Guadeloupe de demain qui se prépare et se décide aujourd’hui.
C’est pourquoi, tout au long de la campagne, je me suis efforcé de respecter nos adversaires. C’est pourquoi, depuis dimanche soir, je n’ai pas eu une seule déclaration sans prononcer le mot de réconciliation.
Car, sans réconciliation, c’est l’amertume, l’esprit de revanche et l’opposition systématique qui domineront nos travaux. Et si nous ne parvenions pas à cette réconciliation, c’est que nous n’aurions rien compris au message que nous a adressé le peuple guadeloupéen.
Un an presque jour pour jour après la fin d’une crise sociale de grande ampleur durant laquelle notre cohésion de peuple a été mise à mal, durant laquelle des Guadeloupéens se sont parfois dressés contre d’autres Guadeloupéens, le vote de dimanche a montré l’adhésion et l’attachement de nos compatriotes aux valeurs que nous avons portées.
Pour eux, par ce vote, la Guadeloupe est et doit rester une démocratie au sein de laquelle les choix de société, les orientations politiques et les décisions économiques majeures se font dans les urnes, par le vote libre et sans contrainte.
Une démocratie au sein de laquelle on est libre d’avoir ses opinions et de penser différemment, sans avoir peur pour sa personne, pour sa famille ou pour ses biens.
Une démocratie dans laquelle les conflits, qu’ils soient sociaux ou civils, se règlent par le dialogue et, si besoin, devant la justice, mais pas systématiquement dans la rue.
Pour eux, l’urgence est de retrouver la confiance dans la stabilité, de se remettre au travail en se demandant, tous, ce que nous pouvons faire pour faire avancer notre pays.
Pour eux, la clé de notre réussite et de notre prospérité de demain, réside dans notre capacité à nous rassembler, à bâtir un nouveau « vouloir vivre ensemble », à faire de nos différences des atouts, bref, à transformer nos antagonismes d’hier en consensus de demain.
Pour eux, la diversité ethnique, culturelle, religieuse et sociale de la Guadeloupe est une richesse que la fragilité intrinsèque des sociétés métissées nous commande de préserver à tout prix en veillant à ce que toutes nos composantes aient droit à la parole et soient représentées.
Pour eux, l’entreprise n’est pas obligatoirement et nécessairement l’ennemie du travailleur, si la création de richesse est équitablement répartie et génère des créations d’emplois.
Pour eux, la lutte contre les profitations, contre les monopoles, contre les abus de position dominante, contre la vie chère, contre les injustices, contre les inégalités, est une cause juste qui vaut de mobiliser l’ensemble des pouvoirs publics dans l’intérêt des consommateurs et des citoyens.
Pour eux, à la manière de Lacordaire, « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, c'est la liberté qui opprime, c'est la loi qui affranchit ».
Pour eux, pour autant, il n’y a pas une vérité de la contestation sociale qui s’imposerait en supplantant toutes les autres : il y a une société à bâtir autour d’un intérêt général qui, lui, supplante et surplombe tous les intérêts particuliers.
Le choix citoyen du 14 mars en faveur de « Tous pour la Guadeloupe » ne peut que nous rendre fiers d’avoir porté haut ces valeurs-là durant des mois et fiers d’avoir rassemblé la Guadeloupe autour d’un discours et d’une démarche qui postulent que les solutions au marasme, au mal-être et aux malaises sont d’abord et avant tout en nous-mêmes, car notre peuple est un concentré de talents et d’énergie.
Ce choix citoyen nous impose donc d’autant plus d’être des ferments de réconciliation.
Et pour aller au-delà des mots, je fais une première proposition à notre assemblée qui est de confier la présidence d’une commission, la commission des Affaires européennes, au premier groupe de la minorité. Nos collègues, par leur expérience et leur parcours, peuvent en effet apporter beaucoup à notre collectivité et, au-delà, à la Guadeloupe. J’espère qu’ils accepteront, eux aussi, ce geste de réconciliation au nom du bien commun.
De même, je souhaite proposer à Cédric CORNET, qui a mené une belle campagne, qui a su marquer les esprits par son énergie et son enthousiasme et qui a témoigné d’une réelle volonté d’agir, une mission dont nous définirons ensemble les contours. Cette mission sera dans le cadre de l’une des priorités que j’ai fixées pour cette mandature : le plan d’urgence pour la jeunesse en déshérence, cette jeunesse « an la ri la » qui nous préoccupe tant.
Les deux élus de sa liste, comme l’ensemble des groupes de la minorité, seront représentés à la commission permanente et dans l’ensemble des commissions thématiques de notre collectivité.
Le règlement intérieur que nous adopterons prochainement pour notre assemblée comportera également des innovations de façon à donner encore plus de vitalité à notre démocratie et nous permettre d’atteindre l’exemplarité que j’évoquais au début de mon propos.
La réconciliation, il faudra aussi l’insuffler hors les murs de notre hémicycle, car nous devons tous nous atteler à restaurer le dialogue social si difficile en pays de Guadeloupe. Je prendrai dans les prochaines semaines une initiative en direction des partenaires sociaux afin d’étudier avec eux le principe d’une charte d’engagements mutuels pour bâtir ensemble une démocratie sociale apaisée sans laquelle notre développement sera constamment entravé par une conflictualité sans fin.
« Que chacun mette un peu d’eau dans son rhum ! », ai-je dit plus d’une fois. J’espère que je serai entendu et je souhaite qu’avec les organisations syndicales, nous puissions mettre sur pied, très vite, cette Maison des syndicats qui figure dans les accords du 4 mars et qui pourrait être le lieu de ce dialogue social rénové.
Mais, au-delà de ce nécessaire effort de réconciliation, nous devons tous mesurer le poids des responsabilités que nous ont confiées nos compatriotes.
L’une de nos missions, je crois, est de donner à notre pays une chose précieuse qui s’est peut-être évanouie dans les tumultes et l’accumulation des crises : un sens.
Un sens qui soit autant une « signification », qu’une « direction ». Un sens qui corresponde et qui nous conduise à la société que nous voulons : démocratique, disposant des instances d’un Etat de droit, au sein de laquelle il nous est possible de « faire peuple », ce qui ne se réduit pas à « faire simplement foule », passant trop souvent à côté de son cri.
Un sens qui soit une boussole pour l’action. Car, les défis devant nous sont nombreux.
Il y a une économie à soutenir, à cause d’une crise mondiale et d’une crise nationale qui perdurent.
Il y a une crise du logement, qui pèse lourd aujourd’hui dans le ralentissement de l’activité, mais qui prive surtout nombre de nos compatriotes d’un cadre de vie décent.
Il y a des enjeux considérables autour de notre politique de l’eau, aussi bien en matière de réseaux qu’en matière de ressources. La sécheresse que nous subissons actuellement nous impose de nous préoccuper rapidement de ce dossier.
Il y a des besoins criants en matière de structures d’accueil des personnes âgées dépendantes et cela n’ira pas en s’améliorant compte tenu du vieillissement de notre population.
Il y a une jeunesse en déshérence et notre obligation morale est de ne pas la laisser au bord du chemin.
Il y a aussi une jeunesse formée, et même bien formée, qui trop souvent peine à connaître sa première expérience professionnelle.
Il y a une problématique des transports de voyageurs interurbains et inter-îles que nous avons commencée à résoudre, mais qui nécessite de déployer de nouveaux efforts.
Il y a une politique de traitement des déchets à poursuivre en dotant notre territoire des infrastructures adaptées à nos besoins.
Il y a une politique de l’énergie que nous devons amplifier afin de parvenir à 50% d’indépendance énergétique par rapport aux énergies fossiles à l’horizon 2030.
Il y a à faire émerger des groupes guadeloupéens aux reins solides en mesure d’investir dans le domaine de la grande distribution. C’est le moyen le plus efficace dont nous disposons aujourd’hui, avec la constitution de centrales d’achats de détaillants, pour faire baisser significativement les prix des produits de première nécessité.
Il y a un plan séisme à accélérer pour mettre aux normes parasismiques l’ensemble des bâtiments publics, à commencer par nos écoles, nos collèges et nos lycées, ce qui déjà représente plus d’un milliard d’euros d’investissements.
Nombre de ces enjeux ne relèvent pas des compétences de la Région. Mais quand la Région n’a pas à faire seule, elle peut néanmoins inciter à faire ou contribuer à faire en accompagnant les autres pouvoirs publics.
Pendant 6 ans, avec le Conseil général et son président Jacques GILLOT, nous avons fait vivre une synergie historique au service de la Guadeloupe. A cette même tribune, il y a six ans presque jour pour jour, nous disions qu'en lieu et place d'une logique de compétition stérile et politicienne, nos deux collectivités devaient pratiquer une logique de complémentarité et une logique d'union sur les grands dossiers qui doivent relever d'une seule et même logique : la logique guadeloupéenne. Nous parlions de dossiers qui transcendent les compétences de telle ou telle Assemblée et qui réclament une transversalité, une synergie, un décloisonnement.
Voilà un engagement fort que nous pouvons être fiers d’avoir respecté. C’est désormais un acquis et un atout sur lequel nous pouvons compter pour relever les défis que j’ai mentionnés à l’instant.
Pourtant, même coalisés, nos moyens ne suffiront pas à tout faire dans les quatre ans que doit durer ce mandat.
C’est pourquoi, nous aurons très rapidement à engager un dialogue franc avec le gouvernement sur les différents dossiers qui nécessitent l’accompagnement de l’Etat. Et c’est, je crois, une chance pour la Région Guadeloupe de pouvoir compter une ministre dans ses rangs. Elle pourra en effet témoigner de la réalité et de la consistance des dossiers que nous continuerons à soumettre à Paris et elle pourra également mieux nous expliquer, je l’espère, la politique gouvernementale dont la logique, par certains aspects hélas, nous échappe parfois…
Concernant le plan séisme, compte tenu de l’acuité du problème, j’ai de toute façon l’intention de demander audience aux plus hautes autorités de l’Etat et, en particulier, au président de la République, afin d’élaborer un plan de financement correspondant à un échéancier de travaux permettant d’engager rapidement les investissements indispensables à la sécurisation de nos enfants.
Mais, un autre défi nous attend, et non des moindres : c’est celui de la réforme territoriale et la question de l’évolution de nos institutions.
Evoquer cette question un 19 mars, date du 64ème anniversaire des lois de départementalisation de 1946, ne manque d’ailleurs pas de saveur. Cette départementalisation qui a malgré tout fonctionné et contribué à élever considérablement le niveau de vie de nos territoires tout en consolidant leur sentiment d’appartenance à la République.
Nous sommes aujourd’hui face à un gouvernement qui a choisi de considérer que le cadre départemental actuel a vécu et qu’il est temps de simplifier les échelons administratifs sur tout le territoire national.
Je ne m’attarderai pas sur les arrières-pensées évidentes de ce type de réforme pour ne relever qu’une chose : le chef de l’Etat et le gouvernement semblent particulièrement pressés de faire évoluer nos institutions. Or, notre population a plusieurs fois démontré qu’il ne s’agit pas là, pour elle, d’une priorité et les élus ont, pour leur part, demandé 18 mois de réflexion pour faire connaître leurs options en matière institutionnelle.
Je ne tiendrai pas devant vous un discours différent de celui que j’ai tenu tout au long de la campagne. Le débat entre l’article 73 et l’article 74 est à mes yeux tranché par le vote de dimanche dernier, compte tenu de la clarté de notre position en faveur du droit commun. Sans même rappeler que l’ampleur du rejet de l’article 74 par la Guyane et la Martinique semble avoir douché l’ardeur des plus fervents défenseurs de l’autonomie…
Il reste la question secondaire, mais tout de même importante, à discuter entre nous des différentes solutions institutionnelles possibles dans le droit commun : statu quo, assemblée unique, collectivité unique, l’application de la réforme Balladur voire, comme certains l’ont suggéré, la bi-départementalisation.
Le chef de l’Etat a plusieurs fois affirmé que le statu quo n’était « plus possible ». Il aurait été plus exact de dire « peut-être plus tout à fait souhaitable ». Car, en l’espèce, le chef de l’Etat a livré une opinion, la sienne, car dans les faits et en droit notre population peut très bien choisir, dans le cadre d’une consultation, de rester dans le système actuel.
C’est pourquoi, je crois nécessaire d’avancer sur cette question avec prudence. Avec prudence. Car, je le redis une nouvelle fois, l’urgence est économique et sociale. Elle n’est pas institutionnelle. Mais, s’il faut évoluer, car le reste du territoire évolue, nous y sommes prêts. À condition que ce ne soit ni Paris, ni Fort de France, ni Cayenne qui choisissent pour nous parmi les différentes options possibles ou qui nous dictent la direction à prendre. Et, à condition, que l’on ne nous oblige pas à suivre à marche forcée une feuille de route qui conduise à des télescopages avec le calendrier électoral de 2011. Pour ma part, compte tenu de la complexité du sujet, je souhaiterais que cette consultation, si consultation il doit y avoir, ait lieu en même temps que le renouvellement à moitié du Conseil général en mars 2011 ou au plus tard en juin 2011, mais pas avant mars.
Nous avons tant de dossiers ouverts, en particulier dans la continuité des actions menées lors de la précédente mandature… Je pense à la mise en œuvre de l’Etablissement public de formation professionnelle, je pense à la mise en œuvre de l’habilitation en matière d’énergies, je pense à la finalisation de la révision du Schéma d’aménagement régional, je pense à la reconstruction de Baimbridge, et j’en passe… qu’il m’apparaît périlleux pour ne pas dire dangereux de s’engager tête baissée dans une nouvelle agitation autour d’une question institutionnelle pour laquelle nous savons si bien nous diviser. Nous voulons procéder à notre rythme pour prendre le temps de faire la pédagogie nécessaire en direction de la population.
Avant de conclure, j’entends dire ici et là que l’ampleur de notre victoire nous commande de réussir et qu’elle nous place en position d’être responsable de tout ce qui se passera dans notre pays dans les quatre années qui viennent.
Ce n’est évidemment pas ma conception de l’action publique. Nous sommes en république française et il y a sur notre territoire un Etat, des collectivités locales, des partenaires sociaux, une société civile et des citoyens. Et tous, nous sommes responsables. Les institutions ont, chacune, leurs compétences et c’est dans le respect de ces compétences et de ces prérogatives que nous agirons en étant fidèles à nos engagements et à nos objectifs, et en rendant compte de notre action.
Jamais, lors des six dernières années, je ne me suis laissé aller à promettre l’impossible. Jamais durant cette campagne, je n’ai cédé à la démagogie.
Je demeure l’adepte du parler vrai, de la rigueur en matière de gestion des deniers publics, et des engagements réalistes. Seule la vérité est révolutionnaire. Mais, je crois que tous ensemble, dans une coalition de bonnes volontés, nous pouvons faire avancer notre pays, nous pouvons donner les moyens à nos compatriotes de réaliser leurs projets, nous pouvons approcher notre ambition que chaque guadeloupéen dispose d’un logement, d’un savoir, d’un emploi, d’une santé, de loisirs.
Les utopies réalistes ne sont sans doute pas les plus lyriques. Elles n’enchantent peut-être pas les cœurs comme les mélodies de ceux qui vous composent ce que vous voulez entendre. Mais ces mélodies-là ne durent qu’un temps, le temps d’une mode, le temps d’être trompé, le temps d’être déçu.
Pour notre part, nous vous proposons de composer avec nous une œuvre durable, capable de résister à l’usure du temps et qui, donc, a l’ambition de faire date.
Je suis particulièrement fier que la Guadeloupe ait choisi avec éclat ce chemin-là, cette rationalité-là, en se défiant des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent.
« Tous pour la Guadeloupe », ce n’est plus un slogan, ni une signature. C’est désormais notre feuille de route.
« Tous pour la Guadeloupe ! », dans cet hémicycle, je l’espère, comme ailleurs, ici dans le pays mais aussi dans la communauté guadeloupéenne de l’Hexagone.
Tous pour la Guadeloupe, vous dis je !
Merci !
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